mardi 30 décembre 2014

Les dérapages de Zemmour et la dictature de la pensée unique


L'éviction d'Eric Zemmour de la chaine d'information Itélé, consécutive à son interview dans le journal italien Corriere Della Serra, début décembre, aura déchaîné toutes les passions dans l'univers politico-médiatique français.
Le polémiste n'en finit plus de susciter la controverse entre ceux qui le soutiennent et ceux qui le détestent.
Les prises de position de plus en plus virulentes d'Eric Zemmour, particulièrement sur l'immigration et sur l'islam, ne sont pas de nature à maintenir la sérénité au sein d'une opinion publique inquiète et divisée sur ces deux sujets extrêmement sensibles.
Encouragé par le sucés incontestable de son dernier livre " Le suicide français", Eric Zemmour, euphorique, a sans aucun doute manqué de discernement et même d'intelligence au cours de ce fameux interview où, trop imbu de lui-même, il n'a pas vu le piège se refermer sur lui.
Certes, le journaliste italien a confirmé qu'Eric Zemmour n'avait jamais prononcé le fameux mot, à l'origine de tout, " déportation " au sujet des musulmans, contrairement à ce qu'une certaine presse, la bave aux lèvres, avait annoncé.
Cependant, il faut reconnaître honnêtement que certains propos ou certaines attitudes du polémiste, dans cette même interview, ont créé un véritable malaise et de ce fait ont terni les valeurs du vivre ensemble.
Il me paraît en effet inacceptable de stigmatiser sans cesse une religion sous prétexte que de dangereux extrémistes agissent en son nom.
 
Itélé devait-elle pour autant licencier Eric Zemmour ?
Les autres médias pour lesquels travaille le polémiste n'ont pas suivi l'exemple de cette chaîne d'information et personnellement, je pense que c'est une bonne chose car, malgré ses dérives, la présence d'Eric Zemmour, dans le monde médiatique, me paraît indispensable pour faire contrepoids à la dictature insidieuse du politiquement correct.
Cela dit, il me semble que si les responsables d'Itélé ont estimé qu'Eric Zemmour avait dépassé les limites du tolérable et que par conséquent il ne correspondait plus à l'image que souhaite véhiculer la chaîne d'information, des décisions s'imposaient.
On peut les regretter mais celles-ci ne sont pas condamnables pour autant.
Tout ne peut être dit au nom de la seule liberté d'expression, qui n'exonère pas du devoir de respect des peuples et des religions.
 
Cependant, en dehors du cas spécifique d'Eric Zemmour, j'ai la conviction que dans une démocratie qui est sûre de ses valeurs et qui a la volonté farouche d'en défendre les principes, la confrontation des idées et les différents courants de pensée devraient pouvoir s'exprimer sans craintes dès lors que cette expression ne dépasse pas la frontière du respect qui est dû à tous et apporte des éléments de preuves incontestables.
Il ne me semble pas choquant de dénoncer ouvertement des vérités connues de tous, que beaucoup d'entre nous n'osons pas aborder par crainte d'être catalogué dans la case de la xénophobie.
- Affirmer haut et fort que l'intégrisme musulman progresse dangereusement en France et qu'il est nécessaire de le combattre, sans la moindre tolérance, est une pure évidence.
Il suffit de s'informer un minimum des affaires du monde et de se promener en France, dans certaines rues, pour prendre conscience de l'avancée inexorable de l’obscurantisme pur et dur.
- Déclarer que de nombreux français au pouvoir d'achat très limité ont déserté des quartiers entiers de certaines villes de France, pour laisser la place à des étranger, dont le mode de vie est incompatible avec le leur, est également une vérité, aussi crue soit-elle.
Il ne serait pas difficile pour les médias de trouver des milliers de témoins qui ont vécu ce douloureux désagrément au cours des précédentes décennies.
- Annoncer qu'une certaine catégorie de gens du voyage constitue une véritable nuisance pour les habitants des villes où elle séjourne est encore une vérité indéniable.
Il suffirait de permettre aux forces de police et de gendarmerie de s'exprimer librement pour avoir confirmation de la recrudescence des cambriolages et des larcins, lorsque ces gens du voyage montrent le bout de leur nez.
Or, les défenseurs de l'ordre républicain sont astreints au silence absolu sur ce sujet.

Malheureusement, nous vivons désormais sous le règne de la pensée unique et formatée, où le politiquement correct est une discipline obligatoire, stricte et qui ne tolère aucune déviance, aucune latitude.
Au nom d'une bien pensance nauséeuse, il n'est plus possible de formuler la moindre idée qui dénoncerait les méfaits avérés d'une communauté spécialiste de la victimisation ou les dérives notoires d'une religion qui tarde à faire le ménage dans ses rangs.
Au nom de cette sacro-sainte bien pensance et pour éviter d'être cloué au pilori, il est de rigueur de cacher certaines vérités qui, soi-disant, attiseraient la haine.
Et pour pousser au ridicule cette politique systématique de la bien pensance, on en vient même à attaquer en justice des auteurs de bandes dessinées célèbres dans le monde entier, vieilles de plus de 60 ans, pour atteinte au respect de la dignité humaine.
Sous prétexte " du respect de la dignité humaine ", expression placée à toutes les sauces, nous assistons progressivement à une hégémonie de la bêtise dans toute sa splendeur.
Et pendant ce temps-là, alors que jouer la politique de l'autruche devient un sport national imposé et que la bêtise se développe à grandes enjambées, le FN poursuit sa progression dans les sondages pour se positionner déjà au second tour des présidentiels de 2017.

Rien n'arrive par hasard au sein d'une société où l'homme est entièrement responsable de son évolution, positive comme négative.

En attendant, Eric Zemmour fait plus que jamais parler de lui, malgré ses récents déboires.
Aussi, si ce monsieur se laisse aller à des dérapages de langage coupables, qu'il convient de dénoncer, ses propos ne sont pas toujours empreints d'insanités et correspondent parfois, et malheureusement, à une certaine vérité.
Diaboliser Eric Zemmour, comme on a toujours tenté de le faire avec le FN, ne le fera pas disparaître de la sphère médiatique et ne contribuera pas à amoindrir son influence.
L'existence et la pérennité de quelques personnages controversés, à l'image de certains partis à l'idéologie douteuse, sont le plus souvent garanties par l'incohérence et l'aveuglement stupide de prétendus hauts responsables politiques qui, bien à l'abri dans leurs confortables bureaux, ont perdu depuis longtemps le sens des réalités.
Pauvre France !