samedi 31 mai 2014

Le triomphe du FN : A qui la faute ?


Comme les sondages le laissaient présager, le Front National aura donc triomphé aux élections européennes de 2014.
Madame Le Pen jubile autant qu'elle le peut du mauvais tour qu'elle a joué à la classe politique français où du moins ce qu'il en reste.
Le résultat du 25 mai dernier n'aura surpris personne tant cette victoire était attendue.
Pourtant, les 25% de suffrages obtenus par le parti de Marine Le Pen auront provoqué un choc retentissant en France et en Europe, comme si cela constituait une surprise colossale.
Le tremblement de terre annoncé a donc bien eu lieu et on pourrait même évoquer un véritable "big bang" tant les effets paraissent dévastateurs pour l'image de la France dans le monde.
Les principaux partis républicains ont été étrillés, pour ne pas dire ridiculisés, le PS en tête.
Quant à L'UMP, il n'aura pas eu le loisir de profiter très longtemps de sa victoire aux dernières municipales. 
Il sera descendu bien vite du piédestal, qu'un temps, la grande impopularité de François Hollande lui aura permis de gravir. 
Comme d'habitude, les politiques de droite et de gauche, après l’effarement de rigueur, ont pestiféré contre la montée de l'extrémisme et nous ont servi leur éternelle litanie vaseuse qui consiste à argumenter sur les raisons pour lesquelles le FN a le vent en poupe.
Alors qu'ils se sont montrés incapables de renverser la tendance qui se dessinait depuis de nombreux mois, aucun d'entre eux n'a été en mesure d'énoncer la moindre solution crédible pour se relever du tsunami FN.
Le paysage politique français, déjà désœuvré par la médiocrité et le manque de charisme de ses responsables, est désormais dévasté et en état de ruine manifeste.
Et après l'énorme claque reçue, la question que se pose aujourd'hui est de savoir si les grands partis traditionnels sont parvenus au fond du gouffre où s'ils poursuivront encore leur descente aux enfers.
Le mal paraît si profond que le pire reste peut-être encore à venir.
Voici quelques années, personne n'aurait imaginé un résultat aussi favorable du Front National aux élections européennes de 2014.
De ce fait, on ne peut s'empêcher de se projeter directement sur les prochaines présidentielles de 2017.
Le récent triomphe du FN, qui incarne à lui seul la faillite collective de tous les partis politiques français, est-il annonciateur, dans 3 ans, de l'explosion d'une bombe atomique qui dévastera toute l'Europe ?
Que se passera-t-il si le peuple français, toujours écœuré par les insuffisances coupables de ses responsables politiques qui se succèdent au pouvoir, saute le pas et traverse la ligne rouge pour élire Marine Le Pen ?
Noyés dans leurs certitudes de bas étage comme l'étaient nos "brillants" généraux en 1940, juste avant la débâcle, les chefs de l'UMP et du PS sauront-ils finalement prendre des initiatives consistantes et crédibles pour contrecarrer les plans de bataille de Marine Le Pen ?
Les récents déboires du président de L'UMP, François Copé, rattrapé par l'affaire de la société Bygmalion, n'incitent guère à l'optimisme.
Le discrédit des politiques atteint désormais des sommets jamais franchis auparavant.
Une partie non négligeable du peuple français a totalement perdu confiance en ceux qui la gouverne, quelque soit la sensibilité politique présente au pouvoir, et ne sait plus à quel saint se vouer.

- Cette partie se montre particulièrement mécontente de cette Europe dictatoriale, trop intrusive dans la vie des nations, la France prenant pratiquement tous ses ordres à Bruxelles pour avaliser la moindre décision économique. La liberté d'action a été annihilée par une bureaucratie pointilleuse et zélée, dont les membres se situent fort loin des réalités sociales.
Pour ma part, ce n'est pas l'Europe pour laquelle j'ai voté, animé à l'époque par tant d'espoir.

- Cette partie demeure extrêmement inquiète de l'effritement progressif de son identité face à un fondamentalisme religieux de plus en plus vindicatif, que l'état accepte au nom d'une tolérance républicaine mais qui nous amène tout droit vers une future guerre de religion.
J'ai l'intime conviction que si l'esprit de tolérance républicain persiste à accepter l'intolérable en s’asseyant sur nos propres valeurs, un jour viendra où il sera nécessaire de se battre pour défendre l'existence des clochers de nos églises, qui à eux seuls racontent tout un pan de l’histoire de France.

- Cette partie craint sans cesse pour la stabilité de l'emploi, toujours plus bancale et ne parvient plus à se situer dans la société pour y prendre sa place. Elle sait que l'industrie française, qui n'a pas su prendre le train de la modernité, manque de compétitivité et que dans sont état actuel, elle ne proposera rien d'autre que des suppressions d'emplois.
Dans de telles circonstances, il me paraît bien compliqué de trouver une lueur d'espoir qui permettrait de croire en des jours meilleurs.

Face à ces inquiétudes légitimes, l'impuissance des partis politiques de droite et de gauche reste flagrante et aucune digue ne semble suffisamment solide pour casser la vague FN sur laquelle surfe fièrement Marine Le Pen.
Bien au contraire, leur affligeante guerre des chefs, l'existence de casseroles financières diverses et leurs trop nombreuses incohérences auront fortement contribué à accentuer une certaine forme de radicalisation qui se propage au fil des années.
Dans une France en déclin, dirigée par des hommes et des femmes qui inspirent la plus profonde méfiance, les sirènes du Front Nationale attirent irrésistiblement les français les plus fragiles et les plus inquiets.
Les résultats de ces élections européennes, même s'ils ne sauraient préfigurer de l'issue des prochaines présidentielles, démontrent, si besoin était, que la France souffre de graves maux.
Et à ce jour, il n'existe malheureusement aucun remède au mal.
Naturellement, on ne peut ignorer l'avancée importante des extrémismes dans toute l'Europe.
La France n'est pas la seule nation touchée par un phénomène général qui s’amplifie chaque année.
Mais lorsqu'on est l'une des principales nations fondatrices de l'Europe, lorsqu'on est le pays des droits de l'homme et des lumières, le moins que l'on puisse dire est que la victoire d'un parti extrémiste, même à une élection européenne, constitue un désordre absolu et une honte ineffable.
Il reste à espérer que la raclée infligée par le FN, tout compte fait, sera un mal pour un bien et permettra aux politiques français de sortir enfin de leur léthargie avant qu'il ne soit trop tard.
Il est impératif qu'ils parviennent à reprendre la main afin d'empêcher Marine Le Pen de franchir toutes les étapes qui la rapprochent peu à peu de l'Elysée.
Et les trois années à venir ne seront pas de trop pour redonner des couleurs à une nation au teint terriblement pâle, qui respire difficilement, égarée au coin d'un chemin sinueux, bordé d'un immense précipice.
Une nation qui voit se diluer ses valeurs dans les méandres de la crise économique, dans la peur du lendemain et qui, à travers ce vote en faveur du FN, envoie un immense message de détresse à la République.
Il n'y a rien de plus dangereux pour un pays qu'un peuple en proie au désespoir et démuni de tout repère.
Le temps où l'expression allemande " heureux comme Dieu en France " véhiculait l'image de la douceur et du savoir vivre à la française est définitivement révolu.
Allons enfants de la patrie...

mercredi 21 mai 2014

France : Cultiver la polémique de caniveau pour mieux exister dans la société






La France devient peu à peu la proie d'une nouvelle espèce d'individus, dont l'objectif majeur est de susciter la polémique à tout va, pour exister au sein de la société ou accroître sa notoriété.
Et pour ce faire, les moyens les plus fallacieux sont employés au détriment d'une morale qui, il est vrai, devient de plus en plus floue tant les repères s'estompent au fil du temps.
A l'affût de la moindre occasion pour provoquer la controverse, ces nouveaux inquisiteurs de la pensée, en mal permanent de reconnaissance, n'hésitent pas à placer leur niveau réflexion plus bas que terre, dans l'espoir que leur nom et leur visage soient projetés à la une des médias.
S'imposer à tout prix sur la scène médiatique, en véhiculant les plus grosses "conneries" qu'il soit possible d'imaginer devient un exercice courant.
Et pour ne rien arranger, ces braqueurs de la morale bénéficient de la complicité active d'une presse qui perd de plus en plus ses principes qui la différenciaient tant de certains médias anglo-saxons spécialistes des fosses septiques.

La dernière polémique au sujet de la Marseillaise que Christine Taubira n'a pas chanté lors de la cérémonie commémorant l'abolition de l'esclavage, en dit long sur les valeurs qui animent la prétendue élite intellectuelle française.
Elle est révélatrice d'une décadence morale de certains acteurs de notre société qui se complaisent dans la superficialité et la provocation, prouvant de fait qu'ils sont totalement coupés des intérêts et des réalités de la nation.
Je crois très honnêtement que le peuple de France se fiche éperdument que Christine Taubira ne chante pas la Marseillaise.
Elle n'est pas la seule dans ce cas puisque bon nombre de politiques font de même sans qu'il leur soit formulé le moindre reproche.
D'ailleurs, au moment où s'est jouée la Marseillaise, au cours de cette cérémonie, Monsieur Hollande et les personnages qui se trouvaient à ses côtés ne chantaient pas plus que Madame Taubira.
Chacun paraissait concentré sur le sujet du jour, à la limite du recueillement au regard de ce qu'ont représenté les souffrances irréparables de l'esclavage.
Aussi, sauf erreur de ma part, aucun texte de loi, aucune recommandation officielle n'obligent qui que ce soit à chanter l'hymne national.
Alors pourquoi s'en prendre spécialement au ministre de la Justice, particulièrement après cette cérémonie au contenu douloureux ?
Monsieur Copé, plus perfide que jamais et Madame Le Pen, dont on connait le sens poussé de la manipulation, nous ont concocté un bouillon infâme d'accusations gratuites, allant comme de coutume, jusqu'à demander la démission de Madame Taubira.
Le fait de trouver des arguments à la "mords-moi le nœud" pour attaquer et demander la démission de Madame Taubira, montre le peu de sérieux de certains responsables politiques dont on peut éprouver les plus grandes craintes à la perspective de les voir un jour tenir les rênes du pays.
Faut-il traduire dans les accusations perpétrées contre le ministre de la Justice un réel sentiment de xénophobie, comme certains l'affirment ou chercheraient à nous le faire croire ?
Je pense que Madame Taubira est avant tout victime de son comportement hautain envers l'opposition, même si elle a appris, au fil des mois, à contenir ses emportements fougueux qui l'ont desservie auprès des français.
Si Madame Taubira a représenté à mes yeux ce qui se fait de mieux en matière d'arrogance et d'intolérance, elle a parfaitement su tirer les leçons de ses erreurs de langage. 
Sa maîtrise comportementale actuelle est certainement contre nature mais se situe tout de même dans l'esprit républicain qu'on est en droit d'attendre d'un haut dignitaire de l'état, quelque soit sa sensibilité politique.

Dans l'art de tenter de provoquer la polémique pour mieux exister aux yeux des médias, le président du CRAN, Louis-George Tin, aurait sans doute des leçons à donner à tous ses congénères en mal d'existence et désireux de se montrer.
En essayant d'instrumentaliser l'histoire, il nous aura démontré que la "bêtise" n'avait décidément pas de limite et qu'en la matière, aucune frontière n'était infranchissable.
En se servant de la commémoration de l'abolition de l’esclavage pour demander réparation à des banques et à des familles bordelaises qui auraient joué un rôle central dans la traite négrière, le président du CRAN a quelque peu oublié que l'Afrique n'a pas attendu la France ou l'Europe pour pratiquer allègrement le commerce de l'esclavage.
Bien avant l'arrivée des occidentaux, des africains vivaient de ce commerce.
L'esclavage continue d'ailleurs de perdurer, en toute impunité, dans certains pays africains et ce, dans la plus totale indifférence du président du CRAN.
Ces faits n'exonèrent en rien les lourdes responsabilités historiques des occidentaux dans la traite négrière. 
Des entreprises, des familles ont sans aucun doute établi leur fortune dans ce commerce immonde.
Mais si nous commençons à demander des comptes aux descendants de ceux qui ont fait commerce de l'esclavage, il faudrait aussi rechercher sur tout le continent africain les familles issues de ces nombreux hommes, chefs de villages et autres roitelets qui, pour s’enrichir, n'ont pas hésité à vendre, aux négriers de passage, leurs propres frères, sœurs, fils et filles.
L'esclavage ne datant pas de la traite négrière mais de l'antiquité, voire au-delà, il faudrait également demander des comptes aux états et royaumes dominés par les divers pharaons, Césars et rois ayant jalonné l'histoire de l'humanité.
Il s'agirait alors de remettre en question la construction de la Rome éternelle et des pyramides égyptiennes, pour ne citer que ces 2 exemples.
Ceux qui ont œuvré dans l'élaboration des cités antiques et des innombrables monuments dédiés aux Dieux n'étaient pas tous des architectes ou des mathématiciens...
Combien d'esclaves sont morts pour entretenir la folie des grandeurs de puissants mégalomanes ?
Monsieur Tin, maniant le ridicule avec dextérité, aura donc profité de la célébration de l'abolition de l'esclavage pour montrer et rappeler qu'il existait dans la société.
Même les tartuffes ont voix au chapitre dans une démocratie !

En attendant, ce n'est pas avec des Copé et Le Pen, grands adeptes des Fourberie de Scapin, que la France retrouvera son prestige d'antan.
Nous vivons une bien triste époque dans un pays où l'honnêteté et la droiture d'esprit sont des valeurs de plus en plus désuètes.
Il y a des commémorations qui ne devraient souffrir d'aucune espèce de polémique mais au contraire susciter l'unanimité et la concorde, au-delà des antagonismes politiques.
Malheureusement, les ambitions des uns et des autres travestissent trop souvent les plus belles initiatives, même lorsqu'il s'agit d'entretenir le devoir de mémoire d'une nation.