mercredi 12 février 2014

Le peuple suisse dit non à l'immigration de masse


 
Les citoyens suisses viennent d'approuver dimanche dernier, lors d'un référendum, la réintroduction des quotas d'immigrés et de travailleurs frontaliers dans leur pays. 
Le résultat s'est joué à quelques milliers de voix puisque la courte majorité enregistrée en faveur de ces quotas a été de 50.3%.

L'issu de ce vote qui consacre le triomphe du parti d'opposition populiste, l'UDC, remet donc en question l'accord de libre circulation signé avec l'Union européenne en 1999.
Ce tournant important dans la politique suisse d'immigration ne sera pas sans conséquences dans les relations futures avec l'UE, le pays se trouvant désormais isolé sur le vieux continent.
La réaction de Bruxelles, qui ne s'est pas fait attendre, a d'ailleurs été très claire.
La commission européenne va réexaminer l'ensemble de ses relations avec la Suisse.
En effet, plusieurs autres accords étant directement liés à la libre circulation des personnes, si l'un d'entre eux est remis en cause, l'ensemble du dispositif est automatiquement considéré comme caduc.
Cela risque donc de toucher des aspects importants de l'économie suisse, comme les transports terrestres et routiers, la recherche, l'agriculture ainsi que l'accès aux marchés publics européens.

Le résultat de ce vote est étonnant au regard des principales origines des travailleurs étrangers en Suisse.
Bien-sûr, la Suisse compte plus de 23% d'expatriés travaillant sur son territoire, ce qui représente un chiffre très important, mais la majorité de ceux-ci est issue d'Allemagne, du Portugal, d'Italie et de France, donc de populations connues pour ne jamais poser de problèmes particuliers au pays.
Les Suisses reconnaissent eux-mêmes les qualités professionnelles de ces travailleurs étrangers.
L'inquiétude se situerait donc essentiellement dans les difficultés futures que les suisses entrevoient sur le marché de l'emploi où les étrangers, souvent moins bien rémunérés, constitueraient un facteur concurrentiel déloyal.
Ces craintes restent somme toute peu fondées, la plupart de ces travailleurs qualifiés étrangers s’affairant dans un domaine d’activités que les suisses rechignent à occuper mais aussi dans de nombreux secteurs de pointe où ils ne disposent pas de compétences en nombre suffisant.

Aussi, dans le résultat de ce référendum, on observe une partition surprenante entre la Suisse germanophone, qui représente 70% du territoire, et la Suisse francophone.
En effet, l'écrasante majorité des 50.3% des voix obtenues en faveur de la réintroduction des quotas d'immigration, provient de la Suisse germanophone où les expatriés sont essentiellement d'origine allemande.
La suisse francophone, qui regroupe une immigration bien plus diversifiée, avec majoritairement des travailleurs portugais, italiens et français, a voté très largement en faveur de la continuité de la libre circulation.
Il semblerait que les relations en Suisse germanophone, entre les autochtones et les expatriés allemands, se soient tendues ces dernières années, au point qu'un climat pesant règnerait dans nombre d'entreprises.
Le petit suisse tolèrerait de moins en moins l'arrogance et la suffisance allemande !
Bref, le casque à pointe, en pays helvète, serait devenu menaçant...

On peut tout de même se demander, non sans effroi, quelle aurait été l'ampleur du pourcentage réalisé en faveur de la réintroduction des quotas sur les immigrés, si les suisses étaient confrontés aux mêmes problèmes d'immigration et d'intégration observés en France.
Le gouvernement français doit halluciner devant les résultats du référendum de son voisin helvétique.
Il ne fait aucun doute que les français rêveraient d'endosser les actuelles inquiétudes suisses, s'ils pouvaient leur refiler, en échange, les nombreuses tracasseries qui sont les leurs sur ces sujets terriblement sensibles que sont l'immigration et l'intégration, où la moindre action entreprise et le plus petit mot prononcé peuvent être automatiquement assimilés à de la xénophobie.
N'ayons pas peur des mots, si la qualité de l'immigration et de l'intégration en France était comparable à celle qui existe en Suisse, le pays des gaulois serait un paradis béni des Dieux.

Quoi qu'il en soit, malgré le résultat de cette dernière votation qui risque de poser, à terme, bien des soucis à ce petit état prospère, je reste en admiration devant la possibilité des suisses de pouvoir s'exprimer directement, par référendum, sur tous les sujets importants qui engagent l'avenir de leur nation.
C'est tout de même un extraordinaire privilège d'avoir l'opportunité de peser directement sur les principales réformes ou décisions d'un pays, sans dépendre de politiciens, souvent imbus d'eux-mêmes, et déconnectés des réalités sociales.
J'y vois ici une preuve de démocratie hautement avancée qu'il conviendrait toutefois de règlementer afin que la multiplication des référendums ne devienne pas un facteur de désordre, par des remises en cause régulières des accords internationaux conclus entre les états.
Car dans ce référendum, les suisses nous ont concocté une sorte de "caca nerveux" de petites filles et de petits garçons bien trop gâtés, qui se situent à des années lumière des véritables problèmes d'immigration tels que les connaissent certains de leurs voisins européens.