lundi 30 décembre 2013

Dieudonné, le mal aimé de la République


Le 27 décembre dernier, en vue d'interdire les spectacles de Dieudonné, Manuel Valls a publié un communiqué visant, je cite : "à étudier de manière approfondie toutes les voies juridiques permettant d'interdire des réunions publiques qui n'appartiennent plus à la dimension créative, mais contribuent, à chaque nouvelle représentation, à accroître les risques de troubles à l'ordre publique".
N'ayant jamais trouvé un quelconque intérêt pour les spectacles de Dieudonné, je n'avais, jusqu'à hier, jamais cliqué sur le moindre lien internet pour écouter longuement les propos de ce personnage, tant décrié par les hommes politiques et les médias.
Je n'avais aucune idée préconçue sur l'artiste, malgré tout ce qui a été dit par les médias dont on sait que les allégations doivent inspirer la plus grande prudence.
Pendant plusieurs heures, sur You Tube, j'ai donc regardé, avec attention, de nombreux extraits des divers spectacles donnés par Dieudonné ces dernières années.
Effectivement, l'humour de l'artiste est pour le moins particulier et je conçois aisément qu'il puisse prêter à la polémique et exacerber certaines sensibilités.
La réputation ambiguë de Dieudonné n'est donc pas usurpée.
L'homme ne prend pas de gants et ne ménage personne.
Ses paroles sont souvent tendancieuses, parfois cruelles à l'encontre de ceux qu'il a pris pour cible.
Cependant, en toute honnêteté, je n'ai pas décelé dans les propos de Dieudonné une véritable "incitation à la haine raciale" comme on le prétend par ci et là.
Mais peut-être que ma compréhension de cette expression, "incitation à la haine raciale", est erronée.
Ma première réaction aura été de traduire l'humour de Dieudonné au second degré, même si j'ai tout de même l'impression que l'artiste a l'esprit quelque peu troublé.
Visiblement, pendant les représentations, les spectateurs passent un bon moment et les rires sont nombreux.
On ne me fera pas croire, que toutes les personnes qui assistent aux prestations de Dieudonné, sont anti-ceci ou anti-cela et qu'il n'y a pas de braves mères et pères de famille qui apprécient l’artiste.
On en revient tout de même à la fameuse question tant de fois posée : "Peut-on rire de tout ?"
Rabelais affirmait : "Le rire est le propre de l'homme".
Boris Vian a écrit : "L'humour est la politesse du désespoir".
Il est évident que certaines valeurs, comme le respect d'autrui, imposent d'elles mêmes un minimum d'égard envers son prochain et qu'il convient de faire en sorte que l'humour ne devienne pas un défouloir systématique contre telle ou telle minorité.
Mais comment définir précisément les limites qu'un artiste reconnu ne doit pas franchir sans appliquer une forme de censure ?
Je n'ai pas l'intention ici de m'inscrire en défenseur des propos de Dieudonné dont je comprends qu'ils puissent heurter mais il n'est pas question pour moi de hurler avec la meute de loups.
Souvenez-vous en 2011, lorsque les locaux d'un journal ont été mystérieusement incendiés après la parution de la caricature d'un prophète.
A l'époque, on a parlé logiquement d'une atteinte grave à la liberté d'expression.
Les politiques de France et de Navarre se sont succédés dans la presse pour exprimer leur désapprobation et leur écœurement.
Aussi, permettez-moi de m'étonner aujourd'hui de la politique du deux poids deux mesures employée par le gouvernement et les médias dès lors qu'on se moque d'un lobby dont l'influence est considérable en France.
Alors qu'on trouvait normal, au nom de la libre expression, de ridiculiser un prophète en le caricaturant, on donne un sens délictueux, à la moindre action qui viserait à tourner en dérision certaines minorités, sous prétexte qu'elles ont souffert pendant la domination du nazisme sur l'Europe.
Si aujourd'hui on parvenait à interdire officiellement les spectacles de Dieudonné, nous ouvririons la porte à une forme dangereuse d'intolérance, de la même veine que celle pratiquée par ceux qui incendient les locaux d'un journal pour se venger d'une expression qui leur a déplu.
Les petits intellectuels hautains et donneurs de leçons qui s'expriment dans les médias, et qui donnent l'impression d'avoir un balai planté dans le derrière, auraient alors le pouvoir quasi divin de désigner qui doit exercer ou non la profession d'humoriste.
Ceci, en fonction de leur sensibilité politique ou pire, de leur origine.
Le normand interdirait donc les blagues normandes, alors que le corse condamnerait toute tentative de moquerie à l'encontre des habitants de l'île de beauté.
Et que dire, d'une personne influente qui aurait des origines belges ?
Si nous laissions s'instaurer de tels comportements restrictifs, nous n'aurions bientôt plus le droit de dire qu'un blanc n'est pas un noir, qu'un noir n'est pas un blanc et qu'un métisse n'est en fait ni blanc ni noir.
Dans cette affaire, ce ne sont donc pas les propos de Dieudonné qui m'inquiètent le plus mais les adeptes de la pensée unique, prêts à châtier quiconque n'entre pas dans le moule d'une morale poussiéreuse, plus proche de l'inquisition que de la liberté d'expression.
Dieudonné n'est pas exempt de tout reproche et son humour peut être dérangeant, mais de là à parler d'incitation à la haine raciale, il y a un pas que je me refuse à franchir.
Après avoir écouté longuement Dieudonné, j'avouerai que je ne suis toujours pas un fan de l'homme.
Son humour me laisse froid et il est certain que je ne paierai pas pour le voir se produire.
Mais en l'état actuel des choses, rien ne saurait justifier, à mes yeux, qu'on interdise les spectacles de cette artiste.
Si la liberté d'expression ne permet pas de commettre tous les dérapages possibles, pour s’exercer, elle implique un devoir de tolérance.
Et à mon sens, Dieudonné n'a pas encore dépassé la limite qui imposerait que cette tolérance se transforme en censure.
Il me semble que notre société fait face à des maux infiniment plus graves que les propos douteux proférés par un artiste illuminé.
Et lorsque j'observe comment certains médias et quelques intellectuels mal embouchés interprètent la fameuse "quenelle" de Dieudonné, je me dis que la manipulation en France a décidément de beaux jours devant elle.
En effet, mes recherches sur le net ne m'ont pas permis de trouver la moindre relation directe ou indirecte entre la quenelle de Dieudonné et l'horrible salut nazi.
D'autre part, je ne m'explique pas les raisons pour lesquelles, cette quenelle serait associée également à un signe antisémite.
Au nom de quel droit, de quel principe, de quelle morale, des individus se sont permis de déclarer péremptoirement que la quenelle de Dieudonné était un geste antisémite ?
A moins d'une grossière erreur de ma part, il n'existe aucune référence historique qui corroborerait les accusations portées contre cette quenelle de la discorde.
Quant à la tentative de Manuel Valls d'interdire, par une circulaire, les spectacles de Dieudonné, celle-ci sera difficilement applicable.
En effet, en France, les différents arrêtés municipaux qui visent à s'opposer à la tenue d'un spectacle sont compliqués à faire valoir.
Jusqu'à présent, les villes qui ont tenté d'empêcher Dieudonné de se produire ne sont pas parvenues à leurs fins.
Si un spectacle est interdit par arrêté municipale, l'organisateur a la possibilité de saisir le juge administratif en référé.
Et dans ce cas, le principe de la liberté d'expression et de réunion prévaut le plus souvent.
En matière de spectacle, qu'il soit humoristique ou autre, il est donc extrêmement difficile d'en censurer la tenue, sauf si on peut démontrer, preuves à l'appuie, le risque de trouble à l'ordre publique.
Lorsque l'on sait que cette notion de "trouble à l'ordre publique" ne s'applique jamais aux spectacles, Dieudonné n'a peut-être pas beaucoup de soucis à se faire, quoi que, avec Manuel Valls...
En attendant, cette fameuse circulaire en cours d'établissement ne va sans doute pas manquer de lui faire un maximum de publicité.

mardi 24 décembre 2013

Une boutade de François Hollande alimente la francophobie de la presse algérienne



François Hollande n'a jamais été très doué dans la formulation de ses plaisanteries, même les plus anodines.
Sa boutade sur la sécurité en Algérie a suscité un véritable séisme dans la presse algérienne dont la francophobie est légendaire.
Les divers gouvernements au pouvoir en France se sont toujours montrés déconcertés par la réaction disproportionnée des autorités algériennes et surtout de la presse locale, chaque fois qu'une réflexion négative ou une allusion, jugée tendancieuse, étaient portées à propos de ce pays.
Il est certain qu'il ne faut pas grand chose aux responsables et journalistes algériens pour prétendre que leur peuple a été humilié, bafoué, insulté et j'en passe, par cet "innommable" pays qu'est cette France dont on se fait l'honneur de détester dès qu'une occasion se présente.
Une simple boutade du président de l'ancienne puissance colonisatrice, qui passerait totalement inaperçue si elle provenait de n'importe quelle autre nation, prend ainsi des proportions démesurées.
Et c'est tout juste si les médias algériens n'ont pas appelé à la rupture des relations diplomatiques.
Ceci, pour donner une bonne leçon au "vilain ex-colonisateur" accusé de crimes contre le peuple algérien, pendant la période coloniale et la guerre d'Algérie, et qui refuse toujours de se repentir.
Cette animosité, savamment entretenue, multiplie les ventes de journaux et détourne temporairement le peuple algérien de ses vrais problèmes du moment.
Elle permet aux médias locaux de sortir de leur médiocrité et de se mettre ainsi en valeur aux yeux d'une opinion publique qui a perdu depuis longtemps ses illusions post-indépendance, dans un état gangréné par une corruption massive, où seule une poignée de privilégiés, pourrie jusqu’à la moelle, s'enrichit à foison.
Une petite phrase malheureuse d'un président, qui a essentiellement le tort d'être français, une "Hollânerie", comme l'écrit un journal algérien avec un bel humour dont il n'a même pas conscience, est donc à l'origine de ce déferlement "d'amabilités" envers la France.
Il est regrettable pour le peuple algérien que ses médias soient toujours plus enclins à déverser leur haine compulsive sur la France plutôt que de s'évertuer à dénoncer les innombrables magouilles locales et à établir le bilan lamentable et sanglant de plus de 5 décennies d'indépendance.
Tout ça pour ça, serait-on tenté de dire au sujet d'un pays qui, grâce à ses matières premières, devrait être le Dubaï de l'Afrique du Nord, s'il avait eu les hommes qu'il fallait, à la place qu'il fallait.
Au-delà de l'habituelle commedia dell'arte de la presse algérienne dont il faut lui reconnaître un talent inné de pleureuse invétérée, il serait bon que les politiques français comprennent qu'ils marcheront toujours sur des œufs chaque fois qu'ils prononceront le mot ALGERIE.
Lorsqu'on évoque un pays à la susceptibilité exacerbée et aux sentiments foncièrement anti-français, la prudence doit toujours prévaloir dans la réflexion et la parole.
A cet effet, Monsieur Hollande a donc commis une faute indéniable.
Contrairement à ce qu'on prétend, de manière hypocrite, la France et l'Algérie ne sont toujours pas des pays amis mais de simples partenaires commerciaux, géographiquement proches, qui font des affaires dans un monde où la mondialisation reste de rigueur, malgré les nombreux différents qui les séparent.
La France a besoin de l'Algérie pour maintenir un courant d'affaires qui lui rapporte des sous et si l'Algérie accepte d'entrer dans la danse c'est uniquement parce qu'elle y trouve, elle aussi, un intérêt commercial particulier.
Personne ne fait de cadeaux à personne !
Le seul grand élément fondamental que la France et l'Algérie possèdent en commun est un passé excessivement douloureux, fait de larmes et de sang.
La France détient une part de responsabilité importante dans l'horreur de ce passé mais les algériens ont également la leur.
Aussi, évoquer régulièrement la réconciliation franco-allemande comme exemple pour parvenir à une réconciliation franco-algérienne demeure bien présomptueux.
Ne nous égarons pas dans une litanie d'espoirs vains qui ne sert qu'à entretenir une hypocrisie de bas étage.
Une réconciliation appelle une volonté forte et sincère de deux parties opposées.
Cela exige une détermination de tous les instants.
Or, cette détermination n'est pas suffisamment affirmée, tant du côté français que du côté algérien, pour qu'elle puisse un jour aboutir à une réconciliation de type franco-allemande.
La France est en paix avec l'Algérie ; les deux pays entretiennent des relations commerciales non négligeables et, tout compte fait, c'est déjà très bien.
Le reste attendra 10 ans, 20 ans ou 1 siècle, peu importe.
Monsieur Hollande a donc fini par regretter que ses propos aient été mal interprétés et s'est fendu d'un appel téléphonique à son homologue algérien.
Alger a donc soi-disant pardonné à Hollande et l'incident serait prétendument clos.
L'Algérie, si "généreuse", si "tolérante", absout donc les bourdes de ses anciens ennemis qui ne sont pas encore devenus de vrais amis.
Et j'imagine déjà la réaction de ce pays, si "bon", si des médias français, pour quelque raison que ce soit, s'étaient risqués à affubler le président Bouteflika d'une paire d'oreilles d'âne.
Les moines de Tibhirine, s'ils avaient gardé leurs têtes, auraient bien du souci à se faire pour préserver leurs attributs masculins.

lundi 16 décembre 2013

La France dans le chaos centrafricain



Alors que la France est encore engagée au Mali, le "guerrier africain", François Hollande, avec l'accord de l'ONU, a décidé d'envoyer des troupes dans le bourbier centrafricain.
Les raisons humanitaires qui sont officiellement invoquées sont fondées et correspondent à la gravité de la situation sur le terrain.
Cependant, alors que François Hollande n'a jamais autant insisté sur le fait que la France ne voulait plus être le gendarme de l'Afrique, en moins de 12 mois, celle-ci est intervenue militairement au Mali et désormais en Centrafrique.
Si l'intervention au Mali était indispensable pour stopper l'avancée des islamistes, aucune puissance africaine n'ayant les capacités de s'en charger, l'action entreprise en Centrafrique, quoi qu'honorable, me semble beaucoup plus discutable.
Au Mali, la France a réalisé des opérations de guerre de grande envergure contre un ennemi bien identifié, qui menaçait d'envahir la totalité du pays pour propager son idéologie répugnante.
En Centrafrique, il n'y a aucun ennemi désigné.
La mission, extrêmement dangereuse, qui consiste avant tout à désarmer les nombreuses bandes sans foi ni loi qui terrorisent la population, est une tâche essentiellement policière.
L'état d'esprit de nombreux centrafricains est à la vengeance et à l'épuration religieuse.
Des musulmans ont massacré des chrétiens et désormais, profitant de l'arrivée des troupes françaises, des chrétiens, égarés par la haine, massacrent des musulmans.
Et les soldats français se trouvent au milieu d'une multitude de dégénérés, dont le seul but est de s'entretuer allégrement.
Déjà, un sentiment anti-français a vu le jour, certains reprochant aux soldats hexagonaux de les avoir désarmés en les abandonnant à la vindicte populaire et aux vengeances de toute sorte.
Or, ces accusations où la partialité des français est remise en cause, vont surement se multiplier.
Avec seulement 1 600 hommes sur le terrain, malgré toute leur bonne volonté, les troupes françaises auront bien du mal à éviter les horreurs en cours ou qui se préparent.
Elles ne pourront pas se trouver partout à la fois et l'accueil triomphal des premiers jours risque de se transformer en jets de pierres par une population qui sera passée de l'espoir à la désillusion.
Le bourbier centrafricain a toutes les chances de se transformer en "merdier".
Le climat de terreur qui règne en Centrafrique rappelle très fortement la situation qui prévalait au Rwanda en 1993.
La différence entre le Rwanda et la Centrafrique est que nous sommes passés d'un conflit ethnique à une guerre de religion.
Et, il est probable que bientôt surgira un Kagame centrafricain qui, pour cacher ses propres crimes, cherchera à détourner l'attention internationale sur une France interventionniste et colonialiste, en lui mettant sur le dos toutes les responsabilités des massacres enregistrés.
Les paroles de la musique sont déjà écrites et le refrain bien connu.
La manipulation des masses est une spécialité propre aux tyrans assoiffés de pouvoir.
Je ne cherche pas ici à remettre en cause les principes humanitaires de cette intervention militaire.
Mais en agissant SEULE, trop SEULE en Centrafrique, la France accusée de complicité de génocide au Rwanda, a ouvert toutes les portes pour permettre l'éclosion de ce même type d’accusation. 
J'ose espérer que le gouvernement français a su tirer quelques leçons de l'aventure rwandaise où, reconnaissons-le, des erreurs graves d'appréciation ont été commises en sous-estimant la sauvagerie innommable de ceux qui avaient planifié le génocide, mais aussi de ceux qui ont choisi, par la suite, le chemin de la vengeance.
Quant à l'opinion publique française, celle-ci reste très partagée sur le bien fondé de l'intervention militaire.
Contrairement au Mali où les français ont fini par approuver l'envoi de troupes, la périlleuse mission de police en Centrafrique ne fait pas l’unanimité.
La sécurité de la France n'étant pas directement menacée, ces derniers ont d'autres préoccupations.
Le chômage, la perte du pouvoir d'achat, la peur de la paupérisation et le "racket" fiscal monopolisent toutes les attentions.
Avec les difficultés économiques rencontrées par le pays, les français ont du mal à comprendre qu'il faille encore dépenser des sous pour une contrée lointaine, dont tout le monde se fiche éperdument.
Les africains ne sont d'ailleurs pas en reste.
Beaucoup d'entre eux, et non des moindres, se moquent royalement de ce qui se passe en Centrafrique.
Cela m'amène à m'interroger sur l'attitude de l'Afrique du Sud, seule grande puissance à l'échelle du continent avec le Nigeria.
Depuis des années, les 2 derniers présidents en fonction dans ce grand pays n'ont cessé de "brailler" en vilipendant la France colonialiste pour ses diverses interventions sur les terres africaines.
Mais les sud-africains ne proposent rien pour aider leurs "frères" du continent noir.
Excepté une critique anti-française systématique, ils n'agissent que très peu.
Ils avaient ici une occasion unique de s'inscrire comme un acteur important de la crise centrafricaine et d'accroître leur influence dans la région.
Il faut avouer que la récente raclée donnée aux troupes sud-africaines, par les forces de la Seleka, voici quelques mois à Bangui, n'engage pas le président Zuma à persévérer dans la recherche d'une solution au conflit centrafricain.
La dernière décision que monsieur Zuma ait prise, concernant la Centrafrique, est d'évacuer au plus vite ses soldats du pays.
Ceux-ci, la queue entre les jambes, ne se sont pas faits prier pour prendre la poudre d'escampette...sous le regard médusé des soldats français en charge de tenir l'aéroport de Bangui.
Jacob Zuma préfère sans doute que ce soient les français qui versent leur sang pour une république bananière qu'ils ont jadis colonisée.
Sur ce plan là, je ne lui jetterai pas la pierre.
En Centrafrique, la France est face à un énorme défi humanitaire.
Elle n'a que de mauvais coups à prendre en tentant de désarmer des gens qui n'ont aucunement l'intention de faire la paix et qu'elle gêne assurément dans leur soif d'exterminer leurs prochains.
Il reste à espérer que le piège centrafricain ne se referme pas sur elle comme cela a été le cas au Rwanda, avec toutes les conséquences qui en ont découlé pour sa réputation et son honneur.
Et je sais déjà que certains rétorqueront que, justement, son honneur était d'intervenir dans ce pays de perdition.

mercredi 11 décembre 2013

Nelson Mandela : L’humanité a perdu le dernier de ses géants



Tata Mabida nous a quittés !

Le père de la Nation Arc-en-ciel, a tiré sa révérence pour rejoindre les vertes prairies où règnent le calme et le silence.
Le plus fervent militant anti-apartheid a livré sa dernière bataille, celle qu'on ne gagne jamais.
Avec le départ de Nelson Mandela, ce n'est pas seulement l'Afrique du Sud qui perd un géant mais l'humanité toute entière.
Le plus célèbre flambeau de la résistance face à l’oppression, lègue au monde un héritage d’une richesse incommensurable.
Il était le gardien de toutes les valeurs morales engrangées par l’humanité.
Qui mieux que Nelson Mandela pouvait incarner le courage, la tolérance, la générosité et la justice ?
Je me demanderai toujours par quel miracle, un tel homme, emprisonné pendant 27 ans par un régime qui cultivait la ségrégation comme un art de vivre, a trouvé la force et la volonté de pardonner en réconciliant les opprimés avec les oppresseurs.
En refusant de pratiquer une vengeance que beaucoup considéraient comme légitimité et inéluctable, en ne délivrant que des messages de paix et d’amour à un peuple trop longtemps soumis et martyrisé, Nelson Mandela a donné une dimension hors norme au sentiment patriotique.
Accepter de moisir en prison pendant près de 30 ans, pour défendre ses propres valeurs, était déjà digne des plus grandes éloges, mais une fois libre, prôner la réconciliation avec ceux qui ont humilié et tyrannisé tout un peuple, au cours de nombreuses générations, dépasse l'entendement.
Cet état d’esprit, hors du commun, a permis à l’Afrique du Sud de s’ériger en phare d’une puissance inégalée dans la nuit africaine. 
Nelson Mandela a été la lueur sortie des ténèbres, qui a redonné toute sa fierté et sa dignité à l'homme africain.

Alors que les hommages venus de toute la planète se succèdent, une partie de la population, essentiellement blanche, s'interroge désormais sur l'avenir de l'Afrique du Sud, sur l'après Mandela.
Certains expriment de vives inquiétudes, arguant du fait que seul Madiba avait le charisme nécessaire pour préserver la paix entre les Sud-Africains
Certes, Mbeki et Zuma n'ont pas su poursuivre l’œuvre de Nelson Mandela qui a toujours symbolisé cet immense souffle d'espoir dont le peuple était animé.
Mais lorsqu'on succède à un tel homme, on ne peut qu'apparaître fade et ne vivre que dans son ombre, même si on possède la sincère volonté de suivre son exemple.
Mandela était une icône indéboulonnable et malgré son retrait des affaires politiques, il entretenait avec la population des rapports de père à fils, de père à fille.
Il faisait partie intégrante de la famille de chaque Sud Africain, quel que soit sa couleur de peau.
Je n'imagine pas un seul instant que le tissu social du pays, certes fragile, soit remis en question après la mort du grand homme.
Cela serait faire injure à l'intelligence de tout un peuple que de croire, qu'après Mandela, le déluge surviendra.
Un belle page, riche en émotions, vient de se tourner mais l'histoire continue.
Beaucoup de choses restent encore à écrire sous l'égide d'une jeune génération éprise de paix et dont les valeurs, inculquées par leur idole, restent profondément incrustées en elle.
Cette génération est condamnée, à perpétuité, à rendre hommage à son Père protecteur.
Et quelle plus belle preuve de respect et de gratitude que de poursuivre l’œuvre jadis commencée !

Cela serait pourtant une erreur de trop idéaliser ce monstre sacré qu'était Mandela.
Il faut se souvenir qu'au cours de son mandat présidentiel, il n'a pas su prendre la mesure de l'épidémie de Sida qui a ravagé tout le pays.
Sa réaction trop tardive et l'incompétence de son gouvernement, n'auront pas permis de sauver la vie de milliers de gens.
Il aura fallu que son propre fils soit victime de cette terrible maladie pour qu'il prenne enfin conscience de l'extrême gravité de la situation.
Et ce manque de discernement doit nous rappeler qu'avant toute chose, malgré toute la dimension universelle de son personnage, Mandela n'était qu'un homme avec ses forces et ses faiblesses, ses lumières et ses zones obscures.

Pour ma part, Je n'oublierai jamais ce 11 février 1990, où un prisonnier, pétri de courage et doté d'une volonté de fer, libéré de ses chaînes sans jamais avoir cédé à la tyrannie, le sourire aux lèvres, a rejoint une foule ivre de bonheur, pour dépasser le mythe et construire sa légende.