mardi 12 novembre 2013

Taubira dans la tourmente d'un racisme primaire


Lorsque le 16 mai 2012, François Hollande a décidé de nommer madame Taubira, garde des Sceaux, ministre de la Justice, j’ai été abasourdi.
Si certains ont la mémoire courte ou très sélective, je me suis souvenu immédiatement de ces années 80 où cette charmante dame, militante guyanaise indépendantiste acharnée, déversait toute sa haine et son antipathie envers le prétendu pouvoir colonialiste français.
Son mari, personnage peu reluisant, n’était pas en reste puisqu’il était recherché par la police pour avoir tenté de faire exploser le dépôt pétrolier de Cayenne.
Avec un tel passé, je n’imaginais pas un seul instant, que madame Taubira puisse un jour occuper la moindre fonction ministérielle dans un pays comme la France.
Si aujourd’hui une femme qui a lutté contre la France, aux côtés d’un époux terroriste, peut être nommée garde des Sceaux, ministre de la Justice, par un président de la République, que penser de la morale républicaine d'une chef d'état dont beaucoup d'entre nous n'avons pas fini de regretter amèrement l’élection ?
Comment doit-on appréhender une justice dirigée par madame Taubira, qui autrefois a brillé par ses sentiments anti-français ?
Et l'attitude continuellement arrogante, humiliante et hautaine que cette femme montre à l’égard de ceux qui ont une opinion opposée à la sienne, n'a fait qu'exacerber ma sensation de dégoût.
Il va sans dire que la tolérance dont je me suis toujours prévalu a été mise à très rude épreuve depuis 18 mois.
Cette tolérance possède des limites qu’il convient de ne pas franchir dès lors qu’elle est confrontée à des sujets qui évoquent le patriotisme ou l'amour de son pays.
En effet, je ne peux concevoir qu’un représentant de la République, de quelque bord qu’il soit, n’entretienne pas un sentiment de profonde affection pour le pays qu’il est censé servir.

Ceci dit, malgré tout le ressentiment que j’éprouve envers madame Taubira, je condamne avec la plus grande fermeté la cabale raciste dont est elle la victime.
Rien ne peut justifier les actions xénophobes entreprises à son encontre par une minorité de gens dont le niveau de réflexion ne dépasse sûrement pas celui de la guenon qu’elle compare scandaleusement au ministre de la Justice.
Mais le plus grave dans cette affaire lamentable est le sentiment d’impunité qui semble habiter ces individus, qui au vu et au su de tout le monde, répandent leurs flots indigestes de xénophobie sans la moindre retenue.
Lorsqu’on observe des gamins de 10 ans qui agitent des bananes au passage de madame Taubira, sans que rien ne soit fait pour les interpeller, eux et leurs parents, je me dis que notre société se trouve dans un état de déliquescence extrêmement grave et que l’avenir de la France est décidément bien sombre.
Ce ne sont pas les gestes de solidarité de ses collègues ministres et les simples appels à une plus grande fermeté contre le racisme qui empêcheront les actes inadmissibles que nous constatons désormais régulièrement à l’encontre de madame Taubira.
Si les mots d'encouragement sont bien sympathiques, les déclarations de circonstances qui ne sont pas suivies d'actions décisives sur le terrain ne valent rien. 
C'est pourquoi l’état doit engager, dans les plus brefs délais, des procédures juridiques adaptées pour punir sévèrement ces actes inqualifiables, avant que les actuels abus de langage dégénèrent en violences aux conséquences incalculables.
La nature humaine étant ce qu'elle est, incapable de mesure si le bâton n'est jamais utilisé pour frapper, les individus qui cultivent la xénophobie sans scrupules et qui naviguent allégrement dans ce sentiment d'impunité, risquent de monter la barre encore plus haute, en menaçant tout simplement l'intégrité physique de ceux envers lesquels ils dirigent leur haine. 
S’il est du droit le plus élémentaire d’un citoyen issu d’un pays démocratique de critiquer durement un ministre, le fait de le discréditer, uniquement pour sa couleur de peau, devrait constituer un délit passible d’une peine de prison ferme, assortie d’une amende conséquente.
Alors que nous vivons une époque où il suffit de formuler des vérités évidentes pour être soupçonné de racisme et se voir affubler de l’étiquette de sympathisant du Front National, je ne parviens pas à m’expliquer que des individus mimant les cris d’un singe pour brocarder un ministre de la République ne soient pas inquiétés par la justice. 
Il n'existe même pas de simple rappel à l'ordre que tout fonctionnaire de police serait dans l'obligation d'utiliser pour mettre en garde les contrevenants.
En brisant certains tabous, qui voient désormais les français s'exprimer sans complexes sur des sujets très sensibles, tels que l'immigration incontrôlée ou la montée de l'intégrisme musulman, on observe de plus en plus de situations où des gens s'égarent dans les insultes racistes, portant ainsi gravement atteinte à la dignité humaine.
Entre la nécessaire liberté d’expression qui sied à toute démocratie et des propos outranciers qui visent directement et cruellement l’aspect physique d’une personne, il y a un gouffre profond effroi.
La ligne rouge a été allègrement franchie et il est de la responsabilité de l'état de mettre un terme radical à des agissements outrageux qui constituent une véritable honte nationale, indigne d'un pays civilisé et des valeurs qu'il prétend véhiculer à travers le monde.
Je ne vous aime pas madame Taubira et mon plus grand souhait est que vous quittiez votre poste ministériel, mais je serai toujours avec vous lorsque les relents infects de la xénophobie se poseront sur votre personne.