lundi 30 décembre 2013

Dieudonné, le mal aimé de la République


Le 27 décembre dernier, en vue d'interdire les spectacles de Dieudonné, Manuel Valls a publié un communiqué visant, je cite : "à étudier de manière approfondie toutes les voies juridiques permettant d'interdire des réunions publiques qui n'appartiennent plus à la dimension créative, mais contribuent, à chaque nouvelle représentation, à accroître les risques de troubles à l'ordre publique".
N'ayant jamais trouvé un quelconque intérêt pour les spectacles de Dieudonné, je n'avais, jusqu'à hier, jamais cliqué sur le moindre lien internet pour écouter longuement les propos de ce personnage, tant décrié par les hommes politiques et les médias.
Je n'avais aucune idée préconçue sur l'artiste, malgré tout ce qui a été dit par les médias dont on sait que les allégations doivent inspirer la plus grande prudence.
Pendant plusieurs heures, sur You Tube, j'ai donc regardé, avec attention, de nombreux extraits des divers spectacles donnés par Dieudonné ces dernières années.
Effectivement, l'humour de l'artiste est pour le moins particulier et je conçois aisément qu'il puisse prêter à la polémique et exacerber certaines sensibilités.
La réputation ambiguë de Dieudonné n'est donc pas usurpée.
L'homme ne prend pas de gants et ne ménage personne.
Ses paroles sont souvent tendancieuses, parfois cruelles à l'encontre de ceux qu'il a pris pour cible.
Cependant, en toute honnêteté, je n'ai pas décelé dans les propos de Dieudonné une véritable "incitation à la haine raciale" comme on le prétend par ci et là.
Mais peut-être que ma compréhension de cette expression, "incitation à la haine raciale", est erronée.
Ma première réaction aura été de traduire l'humour de Dieudonné au second degré, même si j'ai tout de même l'impression que l'artiste a l'esprit quelque peu troublé.
Visiblement, pendant les représentations, les spectateurs passent un bon moment et les rires sont nombreux.
On ne me fera pas croire, que toutes les personnes qui assistent aux prestations de Dieudonné, sont anti-ceci ou anti-cela et qu'il n'y a pas de braves mères et pères de famille qui apprécient l’artiste.
On en revient tout de même à la fameuse question tant de fois posée : "Peut-on rire de tout ?"
Rabelais affirmait : "Le rire est le propre de l'homme".
Boris Vian a écrit : "L'humour est la politesse du désespoir".
Il est évident que certaines valeurs, comme le respect d'autrui, imposent d'elles mêmes un minimum d'égard envers son prochain et qu'il convient de faire en sorte que l'humour ne devienne pas un défouloir systématique contre telle ou telle minorité.
Mais comment définir précisément les limites qu'un artiste reconnu ne doit pas franchir sans appliquer une forme de censure ?
Je n'ai pas l'intention ici de m'inscrire en défenseur des propos de Dieudonné dont je comprends qu'ils puissent heurter mais il n'est pas question pour moi de hurler avec la meute de loups.
Souvenez-vous en 2011, lorsque les locaux d'un journal ont été mystérieusement incendiés après la parution de la caricature d'un prophète.
A l'époque, on a parlé logiquement d'une atteinte grave à la liberté d'expression.
Les politiques de France et de Navarre se sont succédés dans la presse pour exprimer leur désapprobation et leur écœurement.
Aussi, permettez-moi de m'étonner aujourd'hui de la politique du deux poids deux mesures employée par le gouvernement et les médias dès lors qu'on se moque d'un lobby dont l'influence est considérable en France.
Alors qu'on trouvait normal, au nom de la libre expression, de ridiculiser un prophète en le caricaturant, on donne un sens délictueux, à la moindre action qui viserait à tourner en dérision certaines minorités, sous prétexte qu'elles ont souffert pendant la domination du nazisme sur l'Europe.
Si aujourd'hui on parvenait à interdire officiellement les spectacles de Dieudonné, nous ouvririons la porte à une forme dangereuse d'intolérance, de la même veine que celle pratiquée par ceux qui incendient les locaux d'un journal pour se venger d'une expression qui leur a déplu.
Les petits intellectuels hautains et donneurs de leçons qui s'expriment dans les médias, et qui donnent l'impression d'avoir un balai planté dans le derrière, auraient alors le pouvoir quasi divin de désigner qui doit exercer ou non la profession d'humoriste.
Ceci, en fonction de leur sensibilité politique ou pire, de leur origine.
Le normand interdirait donc les blagues normandes, alors que le corse condamnerait toute tentative de moquerie à l'encontre des habitants de l'île de beauté.
Et que dire, d'une personne influente qui aurait des origines belges ?
Si nous laissions s'instaurer de tels comportements restrictifs, nous n'aurions bientôt plus le droit de dire qu'un blanc n'est pas un noir, qu'un noir n'est pas un blanc et qu'un métisse n'est en fait ni blanc ni noir.
Dans cette affaire, ce ne sont donc pas les propos de Dieudonné qui m'inquiètent le plus mais les adeptes de la pensée unique, prêts à châtier quiconque n'entre pas dans le moule d'une morale poussiéreuse, plus proche de l'inquisition que de la liberté d'expression.
Dieudonné n'est pas exempt de tout reproche et son humour peut être dérangeant, mais de là à parler d'incitation à la haine raciale, il y a un pas que je me refuse à franchir.
Après avoir écouté longuement Dieudonné, j'avouerai que je ne suis toujours pas un fan de l'homme.
Son humour me laisse froid et il est certain que je ne paierai pas pour le voir se produire.
Mais en l'état actuel des choses, rien ne saurait justifier, à mes yeux, qu'on interdise les spectacles de cette artiste.
Si la liberté d'expression ne permet pas de commettre tous les dérapages possibles, pour s’exercer, elle implique un devoir de tolérance.
Et à mon sens, Dieudonné n'a pas encore dépassé la limite qui imposerait que cette tolérance se transforme en censure.
Il me semble que notre société fait face à des maux infiniment plus graves que les propos douteux proférés par un artiste illuminé.
Et lorsque j'observe comment certains médias et quelques intellectuels mal embouchés interprètent la fameuse "quenelle" de Dieudonné, je me dis que la manipulation en France a décidément de beaux jours devant elle.
En effet, mes recherches sur le net ne m'ont pas permis de trouver la moindre relation directe ou indirecte entre la quenelle de Dieudonné et l'horrible salut nazi.
D'autre part, je ne m'explique pas les raisons pour lesquelles, cette quenelle serait associée également à un signe antisémite.
Au nom de quel droit, de quel principe, de quelle morale, des individus se sont permis de déclarer péremptoirement que la quenelle de Dieudonné était un geste antisémite ?
A moins d'une grossière erreur de ma part, il n'existe aucune référence historique qui corroborerait les accusations portées contre cette quenelle de la discorde.
Quant à la tentative de Manuel Valls d'interdire, par une circulaire, les spectacles de Dieudonné, celle-ci sera difficilement applicable.
En effet, en France, les différents arrêtés municipaux qui visent à s'opposer à la tenue d'un spectacle sont compliqués à faire valoir.
Jusqu'à présent, les villes qui ont tenté d'empêcher Dieudonné de se produire ne sont pas parvenues à leurs fins.
Si un spectacle est interdit par arrêté municipale, l'organisateur a la possibilité de saisir le juge administratif en référé.
Et dans ce cas, le principe de la liberté d'expression et de réunion prévaut le plus souvent.
En matière de spectacle, qu'il soit humoristique ou autre, il est donc extrêmement difficile d'en censurer la tenue, sauf si on peut démontrer, preuves à l'appuie, le risque de trouble à l'ordre publique.
Lorsque l'on sait que cette notion de "trouble à l'ordre publique" ne s'applique jamais aux spectacles, Dieudonné n'a peut-être pas beaucoup de soucis à se faire, quoi que, avec Manuel Valls...
En attendant, cette fameuse circulaire en cours d'établissement ne va sans doute pas manquer de lui faire un maximum de publicité.

mardi 24 décembre 2013

Une boutade de François Hollande alimente la francophobie de la presse algérienne



François Hollande n'a jamais été très doué dans la formulation de ses plaisanteries, même les plus anodines.
Sa boutade sur la sécurité en Algérie a suscité un véritable séisme dans la presse algérienne dont la francophobie est légendaire.
Les divers gouvernements au pouvoir en France se sont toujours montrés déconcertés par la réaction disproportionnée des autorités algériennes et surtout de la presse locale, chaque fois qu'une réflexion négative ou une allusion, jugée tendancieuse, étaient portées à propos de ce pays.
Il est certain qu'il ne faut pas grand chose aux responsables et journalistes algériens pour prétendre que leur peuple a été humilié, bafoué, insulté et j'en passe, par cet "innommable" pays qu'est cette France dont on se fait l'honneur de détester dès qu'une occasion se présente.
Une simple boutade du président de l'ancienne puissance colonisatrice, qui passerait totalement inaperçue si elle provenait de n'importe quelle autre nation, prend ainsi des proportions démesurées.
Et c'est tout juste si les médias algériens n'ont pas appelé à la rupture des relations diplomatiques.
Ceci, pour donner une bonne leçon au "vilain ex-colonisateur" accusé de crimes contre le peuple algérien, pendant la période coloniale et la guerre d'Algérie, et qui refuse toujours de se repentir.
Cette animosité, savamment entretenue, multiplie les ventes de journaux et détourne temporairement le peuple algérien de ses vrais problèmes du moment.
Elle permet aux médias locaux de sortir de leur médiocrité et de se mettre ainsi en valeur aux yeux d'une opinion publique qui a perdu depuis longtemps ses illusions post-indépendance, dans un état gangréné par une corruption massive, où seule une poignée de privilégiés, pourrie jusqu’à la moelle, s'enrichit à foison.
Une petite phrase malheureuse d'un président, qui a essentiellement le tort d'être français, une "Hollânerie", comme l'écrit un journal algérien avec un bel humour dont il n'a même pas conscience, est donc à l'origine de ce déferlement "d'amabilités" envers la France.
Il est regrettable pour le peuple algérien que ses médias soient toujours plus enclins à déverser leur haine compulsive sur la France plutôt que de s'évertuer à dénoncer les innombrables magouilles locales et à établir le bilan lamentable et sanglant de plus de 5 décennies d'indépendance.
Tout ça pour ça, serait-on tenté de dire au sujet d'un pays qui, grâce à ses matières premières, devrait être le Dubaï de l'Afrique du Nord, s'il avait eu les hommes qu'il fallait, à la place qu'il fallait.
Au-delà de l'habituelle commedia dell'arte de la presse algérienne dont il faut lui reconnaître un talent inné de pleureuse invétérée, il serait bon que les politiques français comprennent qu'ils marcheront toujours sur des œufs chaque fois qu'ils prononceront le mot ALGERIE.
Lorsqu'on évoque un pays à la susceptibilité exacerbée et aux sentiments foncièrement anti-français, la prudence doit toujours prévaloir dans la réflexion et la parole.
A cet effet, Monsieur Hollande a donc commis une faute indéniable.
Contrairement à ce qu'on prétend, de manière hypocrite, la France et l'Algérie ne sont toujours pas des pays amis mais de simples partenaires commerciaux, géographiquement proches, qui font des affaires dans un monde où la mondialisation reste de rigueur, malgré les nombreux différents qui les séparent.
La France a besoin de l'Algérie pour maintenir un courant d'affaires qui lui rapporte des sous et si l'Algérie accepte d'entrer dans la danse c'est uniquement parce qu'elle y trouve, elle aussi, un intérêt commercial particulier.
Personne ne fait de cadeaux à personne !
Le seul grand élément fondamental que la France et l'Algérie possèdent en commun est un passé excessivement douloureux, fait de larmes et de sang.
La France détient une part de responsabilité importante dans l'horreur de ce passé mais les algériens ont également la leur.
Aussi, évoquer régulièrement la réconciliation franco-allemande comme exemple pour parvenir à une réconciliation franco-algérienne demeure bien présomptueux.
Ne nous égarons pas dans une litanie d'espoirs vains qui ne sert qu'à entretenir une hypocrisie de bas étage.
Une réconciliation appelle une volonté forte et sincère de deux parties opposées.
Cela exige une détermination de tous les instants.
Or, cette détermination n'est pas suffisamment affirmée, tant du côté français que du côté algérien, pour qu'elle puisse un jour aboutir à une réconciliation de type franco-allemande.
La France est en paix avec l'Algérie ; les deux pays entretiennent des relations commerciales non négligeables et, tout compte fait, c'est déjà très bien.
Le reste attendra 10 ans, 20 ans ou 1 siècle, peu importe.
Monsieur Hollande a donc fini par regretter que ses propos aient été mal interprétés et s'est fendu d'un appel téléphonique à son homologue algérien.
Alger a donc soi-disant pardonné à Hollande et l'incident serait prétendument clos.
L'Algérie, si "généreuse", si "tolérante", absout donc les bourdes de ses anciens ennemis qui ne sont pas encore devenus de vrais amis.
Et j'imagine déjà la réaction de ce pays, si "bon", si des médias français, pour quelque raison que ce soit, s'étaient risqués à affubler le président Bouteflika d'une paire d'oreilles d'âne.
Les moines de Tibhirine, s'ils avaient gardé leurs têtes, auraient bien du souci à se faire pour préserver leurs attributs masculins.

lundi 16 décembre 2013

La France dans le chaos centrafricain



Alors que la France est encore engagée au Mali, le "guerrier africain", François Hollande, avec l'accord de l'ONU, a décidé d'envoyer des troupes dans le bourbier centrafricain.
Les raisons humanitaires qui sont officiellement invoquées sont fondées et correspondent à la gravité de la situation sur le terrain.
Cependant, alors que François Hollande n'a jamais autant insisté sur le fait que la France ne voulait plus être le gendarme de l'Afrique, en moins de 12 mois, celle-ci est intervenue militairement au Mali et désormais en Centrafrique.
Si l'intervention au Mali était indispensable pour stopper l'avancée des islamistes, aucune puissance africaine n'ayant les capacités de s'en charger, l'action entreprise en Centrafrique, quoi qu'honorable, me semble beaucoup plus discutable.
Au Mali, la France a réalisé des opérations de guerre de grande envergure contre un ennemi bien identifié, qui menaçait d'envahir la totalité du pays pour propager son idéologie répugnante.
En Centrafrique, il n'y a aucun ennemi désigné.
La mission, extrêmement dangereuse, qui consiste avant tout à désarmer les nombreuses bandes sans foi ni loi qui terrorisent la population, est une tâche essentiellement policière.
L'état d'esprit de nombreux centrafricains est à la vengeance et à l'épuration religieuse.
Des musulmans ont massacré des chrétiens et désormais, profitant de l'arrivée des troupes françaises, des chrétiens, égarés par la haine, massacrent des musulmans.
Et les soldats français se trouvent au milieu d'une multitude de dégénérés, dont le seul but est de s'entretuer allégrement.
Déjà, un sentiment anti-français a vu le jour, certains reprochant aux soldats hexagonaux de les avoir désarmés en les abandonnant à la vindicte populaire et aux vengeances de toute sorte.
Or, ces accusations où la partialité des français est remise en cause, vont surement se multiplier.
Avec seulement 1 600 hommes sur le terrain, malgré toute leur bonne volonté, les troupes françaises auront bien du mal à éviter les horreurs en cours ou qui se préparent.
Elles ne pourront pas se trouver partout à la fois et l'accueil triomphal des premiers jours risque de se transformer en jets de pierres par une population qui sera passée de l'espoir à la désillusion.
Le bourbier centrafricain a toutes les chances de se transformer en "merdier".
Le climat de terreur qui règne en Centrafrique rappelle très fortement la situation qui prévalait au Rwanda en 1993.
La différence entre le Rwanda et la Centrafrique est que nous sommes passés d'un conflit ethnique à une guerre de religion.
Et, il est probable que bientôt surgira un Kagame centrafricain qui, pour cacher ses propres crimes, cherchera à détourner l'attention internationale sur une France interventionniste et colonialiste, en lui mettant sur le dos toutes les responsabilités des massacres enregistrés.
Les paroles de la musique sont déjà écrites et le refrain bien connu.
La manipulation des masses est une spécialité propre aux tyrans assoiffés de pouvoir.
Je ne cherche pas ici à remettre en cause les principes humanitaires de cette intervention militaire.
Mais en agissant SEULE, trop SEULE en Centrafrique, la France accusée de complicité de génocide au Rwanda, a ouvert toutes les portes pour permettre l'éclosion de ce même type d’accusation. 
J'ose espérer que le gouvernement français a su tirer quelques leçons de l'aventure rwandaise où, reconnaissons-le, des erreurs graves d'appréciation ont été commises en sous-estimant la sauvagerie innommable de ceux qui avaient planifié le génocide, mais aussi de ceux qui ont choisi, par la suite, le chemin de la vengeance.
Quant à l'opinion publique française, celle-ci reste très partagée sur le bien fondé de l'intervention militaire.
Contrairement au Mali où les français ont fini par approuver l'envoi de troupes, la périlleuse mission de police en Centrafrique ne fait pas l’unanimité.
La sécurité de la France n'étant pas directement menacée, ces derniers ont d'autres préoccupations.
Le chômage, la perte du pouvoir d'achat, la peur de la paupérisation et le "racket" fiscal monopolisent toutes les attentions.
Avec les difficultés économiques rencontrées par le pays, les français ont du mal à comprendre qu'il faille encore dépenser des sous pour une contrée lointaine, dont tout le monde se fiche éperdument.
Les africains ne sont d'ailleurs pas en reste.
Beaucoup d'entre eux, et non des moindres, se moquent royalement de ce qui se passe en Centrafrique.
Cela m'amène à m'interroger sur l'attitude de l'Afrique du Sud, seule grande puissance à l'échelle du continent avec le Nigeria.
Depuis des années, les 2 derniers présidents en fonction dans ce grand pays n'ont cessé de "brailler" en vilipendant la France colonialiste pour ses diverses interventions sur les terres africaines.
Mais les sud-africains ne proposent rien pour aider leurs "frères" du continent noir.
Excepté une critique anti-française systématique, ils n'agissent que très peu.
Ils avaient ici une occasion unique de s'inscrire comme un acteur important de la crise centrafricaine et d'accroître leur influence dans la région.
Il faut avouer que la récente raclée donnée aux troupes sud-africaines, par les forces de la Seleka, voici quelques mois à Bangui, n'engage pas le président Zuma à persévérer dans la recherche d'une solution au conflit centrafricain.
La dernière décision que monsieur Zuma ait prise, concernant la Centrafrique, est d'évacuer au plus vite ses soldats du pays.
Ceux-ci, la queue entre les jambes, ne se sont pas faits prier pour prendre la poudre d'escampette...sous le regard médusé des soldats français en charge de tenir l'aéroport de Bangui.
Jacob Zuma préfère sans doute que ce soient les français qui versent leur sang pour une république bananière qu'ils ont jadis colonisée.
Sur ce plan là, je ne lui jetterai pas la pierre.
En Centrafrique, la France est face à un énorme défi humanitaire.
Elle n'a que de mauvais coups à prendre en tentant de désarmer des gens qui n'ont aucunement l'intention de faire la paix et qu'elle gêne assurément dans leur soif d'exterminer leurs prochains.
Il reste à espérer que le piège centrafricain ne se referme pas sur elle comme cela a été le cas au Rwanda, avec toutes les conséquences qui en ont découlé pour sa réputation et son honneur.
Et je sais déjà que certains rétorqueront que, justement, son honneur était d'intervenir dans ce pays de perdition.

mercredi 11 décembre 2013

Nelson Mandela : L’humanité a perdu le dernier de ses géants



Tata Mabida nous a quittés !

Le père de la Nation Arc-en-ciel, a tiré sa révérence pour rejoindre les vertes prairies où règnent le calme et le silence.
Le plus fervent militant anti-apartheid a livré sa dernière bataille, celle qu'on ne gagne jamais.
Avec le départ de Nelson Mandela, ce n'est pas seulement l'Afrique du Sud qui perd un géant mais l'humanité toute entière.
Le plus célèbre flambeau de la résistance face à l’oppression, lègue au monde un héritage d’une richesse incommensurable.
Il était le gardien de toutes les valeurs morales engrangées par l’humanité.
Qui mieux que Nelson Mandela pouvait incarner le courage, la tolérance, la générosité et la justice ?
Je me demanderai toujours par quel miracle, un tel homme, emprisonné pendant 27 ans par un régime qui cultivait la ségrégation comme un art de vivre, a trouvé la force et la volonté de pardonner en réconciliant les opprimés avec les oppresseurs.
En refusant de pratiquer une vengeance que beaucoup considéraient comme légitimité et inéluctable, en ne délivrant que des messages de paix et d’amour à un peuple trop longtemps soumis et martyrisé, Nelson Mandela a donné une dimension hors norme au sentiment patriotique.
Accepter de moisir en prison pendant près de 30 ans, pour défendre ses propres valeurs, était déjà digne des plus grandes éloges, mais une fois libre, prôner la réconciliation avec ceux qui ont humilié et tyrannisé tout un peuple, au cours de nombreuses générations, dépasse l'entendement.
Cet état d’esprit, hors du commun, a permis à l’Afrique du Sud de s’ériger en phare d’une puissance inégalée dans la nuit africaine. 
Nelson Mandela a été la lueur sortie des ténèbres, qui a redonné toute sa fierté et sa dignité à l'homme africain.

Alors que les hommages venus de toute la planète se succèdent, une partie de la population, essentiellement blanche, s'interroge désormais sur l'avenir de l'Afrique du Sud, sur l'après Mandela.
Certains expriment de vives inquiétudes, arguant du fait que seul Madiba avait le charisme nécessaire pour préserver la paix entre les Sud-Africains
Certes, Mbeki et Zuma n'ont pas su poursuivre l’œuvre de Nelson Mandela qui a toujours symbolisé cet immense souffle d'espoir dont le peuple était animé.
Mais lorsqu'on succède à un tel homme, on ne peut qu'apparaître fade et ne vivre que dans son ombre, même si on possède la sincère volonté de suivre son exemple.
Mandela était une icône indéboulonnable et malgré son retrait des affaires politiques, il entretenait avec la population des rapports de père à fils, de père à fille.
Il faisait partie intégrante de la famille de chaque Sud Africain, quel que soit sa couleur de peau.
Je n'imagine pas un seul instant que le tissu social du pays, certes fragile, soit remis en question après la mort du grand homme.
Cela serait faire injure à l'intelligence de tout un peuple que de croire, qu'après Mandela, le déluge surviendra.
Un belle page, riche en émotions, vient de se tourner mais l'histoire continue.
Beaucoup de choses restent encore à écrire sous l'égide d'une jeune génération éprise de paix et dont les valeurs, inculquées par leur idole, restent profondément incrustées en elle.
Cette génération est condamnée, à perpétuité, à rendre hommage à son Père protecteur.
Et quelle plus belle preuve de respect et de gratitude que de poursuivre l’œuvre jadis commencée !

Cela serait pourtant une erreur de trop idéaliser ce monstre sacré qu'était Mandela.
Il faut se souvenir qu'au cours de son mandat présidentiel, il n'a pas su prendre la mesure de l'épidémie de Sida qui a ravagé tout le pays.
Sa réaction trop tardive et l'incompétence de son gouvernement, n'auront pas permis de sauver la vie de milliers de gens.
Il aura fallu que son propre fils soit victime de cette terrible maladie pour qu'il prenne enfin conscience de l'extrême gravité de la situation.
Et ce manque de discernement doit nous rappeler qu'avant toute chose, malgré toute la dimension universelle de son personnage, Mandela n'était qu'un homme avec ses forces et ses faiblesses, ses lumières et ses zones obscures.

Pour ma part, Je n'oublierai jamais ce 11 février 1990, où un prisonnier, pétri de courage et doté d'une volonté de fer, libéré de ses chaînes sans jamais avoir cédé à la tyrannie, le sourire aux lèvres, a rejoint une foule ivre de bonheur, pour dépasser le mythe et construire sa légende.

mardi 12 novembre 2013

Taubira dans la tourmente d'un racisme primaire


Lorsque le 16 mai 2012, François Hollande a décidé de nommer madame Taubira, garde des Sceaux, ministre de la Justice, j’ai été abasourdi.
Si certains ont la mémoire courte ou très sélective, je me suis souvenu immédiatement de ces années 80 où cette charmante dame, militante guyanaise indépendantiste acharnée, déversait toute sa haine et son antipathie envers le prétendu pouvoir colonialiste français.
Son mari, personnage peu reluisant, n’était pas en reste puisqu’il était recherché par la police pour avoir tenté de faire exploser le dépôt pétrolier de Cayenne.
Avec un tel passé, je n’imaginais pas un seul instant, que madame Taubira puisse un jour occuper la moindre fonction ministérielle dans un pays comme la France.
Si aujourd’hui une femme qui a lutté contre la France, aux côtés d’un époux terroriste, peut être nommée garde des Sceaux, ministre de la Justice, par un président de la République, que penser de la morale républicaine d'une chef d'état dont beaucoup d'entre nous n'avons pas fini de regretter amèrement l’élection ?
Comment doit-on appréhender une justice dirigée par madame Taubira, qui autrefois a brillé par ses sentiments anti-français ?
Et l'attitude continuellement arrogante, humiliante et hautaine que cette femme montre à l’égard de ceux qui ont une opinion opposée à la sienne, n'a fait qu'exacerber ma sensation de dégoût.
Il va sans dire que la tolérance dont je me suis toujours prévalu a été mise à très rude épreuve depuis 18 mois.
Cette tolérance possède des limites qu’il convient de ne pas franchir dès lors qu’elle est confrontée à des sujets qui évoquent le patriotisme ou l'amour de son pays.
En effet, je ne peux concevoir qu’un représentant de la République, de quelque bord qu’il soit, n’entretienne pas un sentiment de profonde affection pour le pays qu’il est censé servir.

Ceci dit, malgré tout le ressentiment que j’éprouve envers madame Taubira, je condamne avec la plus grande fermeté la cabale raciste dont est elle la victime.
Rien ne peut justifier les actions xénophobes entreprises à son encontre par une minorité de gens dont le niveau de réflexion ne dépasse sûrement pas celui de la guenon qu’elle compare scandaleusement au ministre de la Justice.
Mais le plus grave dans cette affaire lamentable est le sentiment d’impunité qui semble habiter ces individus, qui au vu et au su de tout le monde, répandent leurs flots indigestes de xénophobie sans la moindre retenue.
Lorsqu’on observe des gamins de 10 ans qui agitent des bananes au passage de madame Taubira, sans que rien ne soit fait pour les interpeller, eux et leurs parents, je me dis que notre société se trouve dans un état de déliquescence extrêmement grave et que l’avenir de la France est décidément bien sombre.
Ce ne sont pas les gestes de solidarité de ses collègues ministres et les simples appels à une plus grande fermeté contre le racisme qui empêcheront les actes inadmissibles que nous constatons désormais régulièrement à l’encontre de madame Taubira.
Si les mots d'encouragement sont bien sympathiques, les déclarations de circonstances qui ne sont pas suivies d'actions décisives sur le terrain ne valent rien. 
C'est pourquoi l’état doit engager, dans les plus brefs délais, des procédures juridiques adaptées pour punir sévèrement ces actes inqualifiables, avant que les actuels abus de langage dégénèrent en violences aux conséquences incalculables.
La nature humaine étant ce qu'elle est, incapable de mesure si le bâton n'est jamais utilisé pour frapper, les individus qui cultivent la xénophobie sans scrupules et qui naviguent allégrement dans ce sentiment d'impunité, risquent de monter la barre encore plus haute, en menaçant tout simplement l'intégrité physique de ceux envers lesquels ils dirigent leur haine. 
S’il est du droit le plus élémentaire d’un citoyen issu d’un pays démocratique de critiquer durement un ministre, le fait de le discréditer, uniquement pour sa couleur de peau, devrait constituer un délit passible d’une peine de prison ferme, assortie d’une amende conséquente.
Alors que nous vivons une époque où il suffit de formuler des vérités évidentes pour être soupçonné de racisme et se voir affubler de l’étiquette de sympathisant du Front National, je ne parviens pas à m’expliquer que des individus mimant les cris d’un singe pour brocarder un ministre de la République ne soient pas inquiétés par la justice. 
Il n'existe même pas de simple rappel à l'ordre que tout fonctionnaire de police serait dans l'obligation d'utiliser pour mettre en garde les contrevenants.
En brisant certains tabous, qui voient désormais les français s'exprimer sans complexes sur des sujets très sensibles, tels que l'immigration incontrôlée ou la montée de l'intégrisme musulman, on observe de plus en plus de situations où des gens s'égarent dans les insultes racistes, portant ainsi gravement atteinte à la dignité humaine.
Entre la nécessaire liberté d’expression qui sied à toute démocratie et des propos outranciers qui visent directement et cruellement l’aspect physique d’une personne, il y a un gouffre profond effroi.
La ligne rouge a été allègrement franchie et il est de la responsabilité de l'état de mettre un terme radical à des agissements outrageux qui constituent une véritable honte nationale, indigne d'un pays civilisé et des valeurs qu'il prétend véhiculer à travers le monde.
Je ne vous aime pas madame Taubira et mon plus grand souhait est que vous quittiez votre poste ministériel, mais je serai toujours avec vous lorsque les relents infects de la xénophobie se poseront sur votre personne.

mardi 22 octobre 2013

La fausse affaire Leonarda : Une polémique pitoyable



L'interpellation de Leonarda Dibrani, collégienne de 15 ans, dont la famille faisait l'objet d'une mesure d'expulsion du territoire français, aura récemment fortement monopolisé les médias, au point d'en faire le titre principal de tous les journaux télévisés, pendant plusieurs jours.
Cette affaire, que les médias nous auront décrite comme une terrible injustice, aura suscité une vive polémique dans la classe politique française, tout bord confondu.
Quelques milliers de lycéens auront crié leur colère dans la rue devant cet acte, soi-disant ignoble et indigne d'une démocratie qui bafouerait les droits de l'homme.
Dès le départ de cette affaire, les médias nous ont brossé le tableau d'une brave famille kosovare aimant la France, profondément désireuse de s'intégrer à la société française et discriminée par l'état, qui se comportait comme une république bananière, sans foi ni loi.
Leonarda, cette pauvre collégienne si assidue à l'école et tellement courageuse, était catapultée héroïne et victime principale d'une répression digne des plus grandes rafles de la Gestapo, pendant la seconde guerre mondiale.
On peut même s'étonner qu'il ne s'est trouvé aucun journaliste assez vicieux pour comparer Leonarda à Anne Frank.
Un minimum de moralité aura peut-être empêché qu'une telle infamie se produise. 
En suivant les diverses informations télévisées de Fance2 et de TF1, je n'ai pas cessé d'halluciner devant l'importance démesurée donnée à cette affaire qui n'en aurait jamais été une, si seulement les gendarmes n'avaient pas été accusés d'avoir procédé à l'interpellation de Leonarda Dibrani directement dans son collège.
Il faut reconnaître que vu sous cet angle, l'éventuelle maladresse des forces de l'ordre n'était pas de nature à calmer les esprits les plus vindicatifs, toujours prompts à accueillir toute la misère du monde, pourvu qu'elle ne traîne pas dans leurs beaux quartiers.
Pendant de longs jours, aucune autre actualité n'a eu plus d'importance que cette banale expulsion.
Les médias, sans cesse enclins à manipuler l'information, en fonction de l'importance de l'audimat dont ils pourraient bénéficier, se sont donc servis de cette prétendue bourde des forces de l'ordre pour tenter d'émouvoir l'opinion publique française jusqu'aux larmes. 
Ils n'ont pas hésité à monter un véritable show télévisé, une téléréalité à l'américaine, en mobilisant des dizaines de journalistes pour suivre, au jour le jour et pas à pas, les péripéties de la vie de Leonarda et de sa famille au Kosovo, après leur expulsion de France.
On nous a imposé le spectacle affligeant d'une gamine manipulée par son père, sous le couvert des médias, mais bien consciente cependant, qu'à travers les caméras, elle s'adressait directement au peuple français.
Si le but de tout ce petit monde, étroitement encadré par des journalistes aussi pressants qu'une "escadrille" de mouches devant un pot de confiture, était d'émouvoir l'opinion publique, le moins que l'on puisse dire est que l'objectif n'a pas été atteint.
En effet, à la surprise des médias, l'opinion publique ne s'est pas laissée duper puisque, selon un sondage BVA, 65% des français se disaient opposés au retour de Leonarda et de sa famille dans l'hexagone et 74% d'entre eux soutenaient la ligne directrice défendue par le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.
En revanche, la proposition du Président de la République, François Hollande, qui consistait à autoriser le retour de Leonarda, sans toutefois y inclure sa famille, a démontré qu'il a été dépassé par la réalité des événements et sans doute très mal conseillé.
Cette proposition scabreuse, qui avait pour but de calmer les velléités de rébellion dans son propre camp, aura bien au contraire divisé encore plus la classe politique.
Dès l'instant où le Président Hollande avait connaissance de tous les éléments qui ont justifié l'expulsion de cette famille, la place de Leonarda, encore mineure, restait avec les siens et aucune proposition particulière, à l'avantage de cette jeune fille, n'était justifiée.
En recherchant un compromis, le Président de la République a donné l'impression de reconnaître, implicitement, que la procédure d'expulsion engagée par les autorités françaises, était constituée d'une zone d'ombre.
Le rapport d'enquête administrative commandé par le gouvernement et officialisé en un temps record, avait pourtant donné toutes les garanties de conformité au chef de l'état.
Mais que dit donc ce rapport qui, finalement, a remis l'affaire Leonarda à sa juste place, c'est à dire dans la rubrique des simples faits divers ?
Ce document confirme que l'expulsion de la famille Dibrani était justifiée du fait de l'épuisement de tous les recours engagés contre cette décision, et que la mise en œuvre de son éloignement du territoire correspondait, point par point, à la réglementation en vigueur.
D'autre part, l'enquête administrative explique que la demande d'autorisation de séjour a été refusée au père, en raison d'un comportement qui ne montrait pas une "réelle volonté de s'intégrer à la société française".
Ces arguments sont étayés par l'énumération de faits rapportés par plusieurs témoignages dignes de foi.
Monsieur Dibrani, était régulièrement la cause de problèmes de voisinage.
Celui-ci n'entretenait pratiquement jamais l'appartement mis à la disposition de sa famille et imposait à son voisinage la présence de véhicules hors d'usage lui appartenant.
Il proférait régulièrement des insultes contre ses voisins qui exprimaient leur mécontentement quant à son comportement et envers les personnels sociaux qui tentaient de le raisonner.
Ces enfants, dont la fameuse Leonarda, manquaient très régulièrement l'école et monsieur Dibrani ne donnait jamais suite aux propositions réelles d'emploi qui lui étaient adressées.
De plus, ce "brave" père de famille était connu des services de police pour quelques larcins et des soupçons de violence à l'encontre de sa famille.
Tous ces éléments sont suffisamment édifiants pour que cet individu ne reçoive pas l'autorisation de séjourner en France.
Et c'est justement parce que le droit a été strictement appliqué que cette famille est restée près de 5 années sur le territoire français, lui permettant ainsi d'utiliser tous les recours possibles mis à sa disposition par l'état.
A cet effet, il me semble extrêmement urgent de revoir ces procédures infiniment longues, qui permettent à des gens, jugés indésirables, de rester trop longtemps sur le territoire français.
D'autre part, le récit reconstitué de l'enquête administrative signale que contrairement à ce qui a été affirmé un peu trop hâtivement, l'interpellation de Leonarda a été réalisée non pas dans l'enceinte de son collège, comme on l'a prétendu, mais à proximité et hors de vue de ses camarades de classe.
L'enquête confirme toutefois le manque de "discernement" des forces de l'ordre qui n'ont pas évalué les conséquences possibles de leur intervention, si près du collège.
Quoi qu'il en soit, aucun argument valable ne peut donc remettre en cause l'expulsion de cette famille qui n'a plus rien à faire en France et que peu de gens regretteront, surtout leurs anciens voisins et les divers personnels sociaux qui ont subi leurs incivilités au quotidien.
Je rappelle enfin à ceux qui se disent révoltés par les procédures gouvernementales en la matière, qu'il est de la seule souveraineté d'un état de décider s'il accepte ou s'il refuse sur son territoire la présence d'étrangers, hors communauté européenne, surtout si ceux-ci sont arrivés clandestinement dans le pays et constituent une nuisance pour la population avoisinante.
Pour ma part, la décision qui a été prise, suivant le droit et conformément à la loi en vigueur, me paraît on ne peut plus justifiée.
Leonarda et sa famille ne m'ont inspiré aucune espèce de compassion, malgré le déchaînement médiatique mis en place.
Bien au contraire, ce matraquage médiatique indécent a radicalisé ma position et certainement celle de milliers de français.
La famille Dibrani a pris la porte, contrainte et forcée, mais en toute légalité et bon vent à elle.
Aussi, comme on a pu s'en apercevoir, ce ne sont pas les fanfaronnades de quelques milliers de lycéens "peace and love" et d'une poignée de politiques ignorant les lois de leur propre pays, qui ont effrité la côte de popularité du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.
A gauche, comme à droite, l'homme jouit d'un capital sympathie sans précédent pour un ministre de l'Intérieur.
Contre toute attente, la fausse affaire Leonarda, qu'on a tenté de monter en épingle pour le discréditer, lui a été favorable, en dépit des critiques acerbes formulées par certains de ses collègues.
Malgré le fait que Manuel Valls soit un ministre socialiste, comme une grande majorité de français, j'ai apprécié la détermination qui a été la sienne ces dernières semaines.

lundi 7 octobre 2013

Gabon : La liberté d'expression de nouveau rudoyée



Lorsque le 26 septembre dernier, les journalistes du quotidien L'union ont vu débarquer dans leurs locaux, une escouade de gendarmes qui a bouclé tout le périmètre pour empêcher quiconque d'entrer ou de sortir, sans doute ont-ils cru que la maréchaussée s’apprêtait à capturer un dangereux criminel caché dans la zone.
En fait, officiellement, ces gendarmes apportaient une convocation au directeur de publication du journal.
Cependant, leur mission principale était d'embarquer le journaliste en vue d'un interrogatoire après la publication d'un billet du fameux "Makaya", qui évoquait des malversations financières au sein du génie militaire et de la marine nationale.
Heureusement pour lui, ce dernier était fort opportunément absent du Gabon.
Sans aucun document de justice officiel, dûment signé par un juge d'instruction, les forces de l'ordre ont donc investi et encerclé les locaux du seul grand quotidien national du pays.
On peut se montrer extrêmement surpris de cette action d'envergure engagée contre ce quotidien, alors qu'il pratique, sans modération, un véritable culte du chef de l'état, même si le gouvernement y est régulièrement brocardé.
Ces agissements, hors norme, démontrent une nouvelle fois que la liberté d'expression a encore beaucoup de progrès à accomplir dans notre pays pour qu'elle devienne, un jour prochain, une réalité effective.
Si des individus puissants se sont permis d'envoyer quelques pieds nickelés en uniforme jouer les "rambo" pour s'emparer d'un journaliste, et non des moindres, c'est qu'ils étaient totalement convaincus de leur impunité et de la mansuétude, à leur égard, des plus hautes instances du pouvoir.
Certes, la liberté de la presse n'est pas un sauf-conduit qui autorise les médias à se compromettre dans les dérives en tout genre.
Aussi, en cas d'abus, de diffamation avérée, des textes de loi permettent de traduire en justice les responsables d'informations erronées ou mensongères qui auraient porté atteinte à l'image d'un individu, d'une entreprise ou d'un organisme.
Il semblerait donc que l'action coup de poing engagée par des représentants de l'état sans scrupules, contre le média local le plus populaire du Gabon, relevait d'abord d'une décision qui visait à marquer fortement les esprits.
Ceci, afin de calmer les ardeurs journalistiques et de restreindre certaines activités considérées comme des plus gênantes par quelques hauts fonctionnaires dénués de la moindre éthique, qui emploient souvent le mot "honneur" mais qui en sont dépourvus de sens.
Et on se souvient encore des belles résolutions adoptées lors de la journée mondiale de la presse 2013, célébrée au Gabon.
Celles-ci garantissaient une plus grande latitude des journalistes dans leur manière de véhiculer l'information mais également la liberté d'expression pour l’ensemble des médias.
Les déclarations de circonstance, destinées surtout aux médias internationaux, ont vite fait d'être considérées comme nulles et non avenues aussitôt que les feux des projecteurs se sont éteints et que le rideau de la grande scène de théâtre a été tiré.
La commedia dell'arte est une discipline dont nos politiques excellent en tout point.
Sur ce plan là, ils n'accusent aucune faille et font preuve d'une maîtrise exceptionnelle qui ferait pâlir d'envie les plus grands hommes politiques occidentaux.
Il est bien évident que derrière ces bonnes résolutions de façade, se cache un désir important de contrôler l'information, dès lors que celle-ci est de nature à remettre en question la réputation de certains personnages plus ou moins puissants, donc très influents.
Quoi qu'il en soit, ces gens là sont parvenus à leurs fins, puisque malgré un timide article dans L'union qui relatait l’intrusion des gendarmes dans ses locaux, l'affaire a été vite étouffée, tant par les médias que par les politiques.
Fermez le ban, il n'y a plus rien à voir et encore moins à lire !
Et c'est donc dans ce climat délétère, où le zèle des chefaillons fait loi, qu'on continue de nous bassiner avec l'émergence qui avancerait à grands pas.
Est-il nécessaire de rappeler que dans n'importe quel pays démocratique, les responsables de l'action commando menée par la gendarmerie seraient tous mis en examen et démis de leurs fonctions ?
Dans un pays qui respecte la liberté d'expression, devant une telle bavure, le plus petit média aurait sauté sur l'occasion pour porter l'affaire devant la justice et s'attacher à ce que des têtes tombent.
Les journalistes de L'union qui, sous le couvert de Makaya, entretiennent une verve parfois éloquente et souvent acerbe, ont perdu dans cette lamentable aventure, une occasion unique de permettre à la démocratie de progresser.
Leur silence assourdissant a porté un rude coup à la liberté d'expression, bien plus encore que le débarquement dans leurs locaux de cette bande de cow-boys, aux ordres d'un "grand quelqu'un".
L'histoire démontre que la couardise, face à l'oppression, n'a jamais débouché sur le moindre progrès de société mais au contraire a contribué à encourager la tyrannie à développer ce quelle a de plus sombre et de plus sectaire.
Les hommes, tant qu'ils seront incapables de se fédérer pour défendre un idéal commun, une cause juste, auront toujours la démocratie qu'ils méritent; celle prônée par les illusionnistes invétérés de la politique spectacle, toujours prompts aux grands discours nappés de belles promesses, mais prêts à brandir, à la moindre occasion, une paire de menottes pour bâillonner les vérités dérangeantes.

mercredi 25 septembre 2013

Les roms dans la ligne de mire de Manuel Valls



Manuel Valls n'y est pas allé par quatre chemins pour dénoncer le comportement des roms en France, dont seule une petite minorité exprimerait un désir d'intégration.
En affirmant qu'il faut démanteler tous les campements, dès lors qu'il y a une décision de justice, et surtout qu’il faut renvoyer, chez eux, tous les roms qui ne s'intègrent pas, il a créé une polémique nationale qui va faire couler beaucoup d'encre.
Malgré mon hostilité envers ce gouvernement socialiste, je soutiens énergiquement les propos sans concession tenus par Manuel Valls.
Il n'y a pas en France une région ou un département qui n'ait jamais eu maille à partir avec cette communauté.
Partout où les roms passent, la délinquance augmente de manière exponentielle et les français sont de plus en plus exaspérés par cette minorité spécialisée dans les vols en tout genre.
Entre quinze et vingt mille roms vivent dans l’hexagone.
Ils occupent plus de 400 camps illicites, dont les deux tiers sont installés en Ile- de-France.
La France n'est pas le seul pays européen confronté aux flux migratoires des roms mais leur capacité de nuisance interpelle de plus en plus les maires des villes, obligés de gérer, tant bien que mal, leur présence qui engendre des conflits permanents et de plus en plus durs avec les habitants.
Le ministre de l'Intérieur vient donc de tirer une sonnette d'alarme qu'il convient de prendre en compte.
Certains politiques, jouent, comme à leur habitude, les vierges effarouchées.
Ils pratiquent, comme toujours, le même discours poussiéreux en évoquant, les stéréotypes sectaires et les clichés stigmatisants à l'encontre d'une minorité qui serait martyrisée.
Ces "costumes cravates" à l'esprit prétendument bien structuré, qui s’imaginent détenir le monopole de la noblesse et de la générosité, devraient sortir plus souvent de leurs luxueux bureaux, chauffés ou climatisés, pour rencontrer leurs concitoyens qui subissent douloureusement la présence des roms et qui n'en peuvent plus de supporter une communauté qui ne subsiste qu'en dépouillant la population locale et les touristes.
Je regrette bien sûr sincèrement la misère à laquelle sont confrontés les roms en Roumanie et en Bulgarie et je trouve désolant leur situation précaire en France.
Mais comme l'affirmait si justement Michel Rocard, la France n'a pas vocation à accueillir toute la misère du monde. 
Ceci est d'autant plus vrai en 2013, que de plus en plus de français connaissent eux mêmes la misère.
D'autre part, le fait que le gouvernement ait mis un terme à cette lamentable aide au retour, instaurée en 2005 par Nicolas Sarkozy, que les roms se sont empressés de détourner massivement de l'objectif initial, est une décision salutaire.
Cet argent dépensé, sur le dos des contribuables, était une honte absolue, une insulte insupportable à l'encontre des français dont les revenus sont situés sous le seuil de pauvreté, alors que la plupart des roms revenaient sur le territoire national quelques semaines après leur départ volontaire, pour bénéficier encore et encore de cette aide au retour.
Certains ne manqueront pas de me rappeler, non sans malice, que j'ai voté pour Nicolas Sarkozy en 2007 et en 2012. 
Je leur rétorquerai que si j'éprouve toujours de la sympathie pour l'homme, je n'ai jamais adhéré à la totalité des décisions qu'il a été amené à prendre au cours de son mandat présidentiel.
Sympathisant, oui ;  mouton, non !!
Quoi qu'il en soit, Manuel Valls, actuellement sous le feu des critiques pour avoir affirmé tout haut ce qu'une écrasante majorité de français pense tout bas, a peut-être du souci à se faire pour son avenir dans le gouvernement actuel.
En effet, ce n'est pas la première fois qu'il est à l'origine d'une polémique en employant un discours qui correspond plus à un langage de droite qu'à celui habituellement pratiqué à gauche.
Un jour prochain, François Hollande sera peut-être dans l'obligation de prendre une décision radicale pour ramener la concorde dans un gouvernement souvent divisé par les faits de société.
Toute vérité n'est pas bonne à dire, même lorsqu'elle concerne une communauté minoritaire qui est détestée par toute l"Europe.
On marche ici sur des œufs.
Bruxelles vient d'ailleurs de s'emparer de l'affaire en menaçant la France de sanctions si celle-ci ne respectait pas le droit européen de circuler librement dans tous les états membres de l'UE.  
La Commission européenne rappelle que la libre circulation, comme la liberté de résider dans un autre pays, sont des droits fondamentaux et que si ces principes inscrits dans les traités ne sont pas respectés, elle utilisera tous les moyens à sa disposition pour sanctionner ces violations.
Bruxelles insiste sur le fait que les Roms, comme tous les citoyens de l'UE, bénéficient de la liberté de circuler librement dans tous les états membres de l'UE, et de résider dans un autre pays que le leur.
On ne peut être plus clair car la France a signé, en bonne et due forme, la convention de Schengen.
Cependant, les années ont passé et la situation a évolué.
Une révision de ces accords, par la mise en application d'avenants, s'impose à court terme.
Il appartient donc au gouvernement en place d'engager une offensive diplomatique, en direction de l'UE, pour obtenir une réadaptation des lois en vigueur, en fonction de la sécurité qui est également un droit fondamental des citoyens européens.
Certes, les roms possèdent des droits intangibles, mais ceux-ci ne doivent en aucune manière entrer en opposition frontale avec le droit des français à la sécurité et à la tranquillité.
Or, nous sommes exactement dans ce cas de figure où la liberté de circuler d'une minorité, porte atteinte au droit d'une majorité de vivre paisiblement dans son propre pays.
Il est tout de même anormal d'observer que quelques milliers de roms continuent régulièrement, aux quatre coins du pays, de donner des cauchemars aux habitants qui n’ont pas d’autre choix que de supporter une communauté qui a fait du vol en collectivité un art de vivre.
On ne peut imposer indéfiniment aux gens, les nombreux méfaits d'une minorité qui viole en permanence les lois du pays qu'elle a décidé de passer au peigne fin, en détroussant ses habitants.
Et cela, Manuel Valls l'a parfaitement compris.
Le soutien de l'opinion publique, qui approuve largement les propos du ministre de l'Intérieur, en dit long sur l'état d'esprit des français. 

mardi 17 septembre 2013

Lorsque l'opinion publique prend fait et cause pour le bijoutier justicier



La fameuse affaire du bijoutier de Nice qui a tué l'un des deux malfaiteurs qui l'avaient violemment agressé et dévalisé, fait l'objet d'un débat d'une ampleur nationale sans précédent.
Même les réseaux sociaux se sont emparés de l'évènement et la page Facebook de soutien au bijoutier niçois enregistre actuellement plus d'un million cinq cent mille fans.
S'il parait somme toute normal d'émettre quelques réserves sur l'ampleur réelle de ce soutien massif, jamais encore l'opinion publique ne s'était mobilisée avec autant d'intensité pour un simple fait divers devenu, par la force des choses, un fait de société.
Dans cette triste affaire, il ne s'agit pourtant pas d'un pur acte de légitime défense perpétré par un homme qui aurait fait usage de son arme pour sauver sa vie.
En tirant, en pleine rue, dans le dos du malfaiteur qui s'enfuyait en moto, le commerçant, aux yeux de la loi, a annihilé toute possibilité de plaider la légitime défense et se voit donc mis en examen pour homicide volontaire et placé en résidence surveillée.
Il n'en reste pas moins que le jeune homme abattu par le bijoutier n'a suscité que peu de compassion auprès de l'opinion publique.
Il convient de dire qu'avec déjà 14 condamnations à son palmarès, alors qu'il était à peine âgé de 19 ans, peu de monde en France pleurera la disparition tragique d'un malfrat qui a joué et qui a perdu.
Autant l'affirmer sans ambages, une grande partie de ceux qui soutiennent le bijoutier se dit au plus profond d'elle même, à propos du malfaiteur : "Un de moins".
Naturellement, on peut comprendre le chagrin de la famille qui n'accepte pas qu'on ait abattu l'un des siens au moment ou il prenait la fuite.
Le père, le frère, la sœur et la fiancée, en colère, expriment leur dégoût et leur haine.
Au-delà de la peine légitime pour l'être cher à jamais perdu, il est fort regrettable que leur esprit si vindicatif ne se soit pas manifesté bien avant le drame, lorsque le jeune délinquant collectionnait les condamnations.
Malgré leur vif ressentiment, le père et le grand frère devraient se poser quelques questions sur l'importance de leur propre responsabilité dans la mort du garçon.
Cette responsabilité est à mes yeux écrasante et il me semble bien trop facile désormais de jouer les moralisateurs lorsqu'on a été incapable de guider un jeune membre de sa famille sur le droit chemin.
La douleur n'exclut pas la décence, ni la dignité et dans ce cas précis, elle devrait inspirer le silence.
En s'exprimant à tort et à travers dans la presse, la famille éplorée a donné l'impression qu'elle défendait sans réserve le jeune homme, décrit comme un gentil garçon et de ce fait, a favorisé la multiplication des gestes de solidarité envers le bijoutier.
Quant au soutien important que les français accordent au commerçant, il faut admettre que cela dénote de l'existence d'un profond malaise de la société.
Le sentiment oppressant d'insécurité permanente et l'impuissance de l'état à endiguer la criminalité sont devenus insupportables pour l'opinion publique.
La relative impunité dont bénéficient les malfaiteurs et le peu de sévérité des peines encourues par la racaille en tout genre, ont conduit les français à exprimer un raz-le-bol général.
Aussi, cette forte mobilisation pour soutenir le bijoutier niçois ne se limite pas seulement à une exaspération collective.
Elle représente un geste de détresse, un vibrant appel au secours d'une opinion publique qui n'a plus confiance en la justice de son pays.
Il faut y voir ici un cri de désespoir face à l'impuissance chronique de l'état.
Et depuis plusieurs jours, des centaines de milliers de français, toute profession confondue, sont devenus des bijoutiers de cœur.
Madame Taubira, ministre de la Justice, si arrogante et tellement imbue d'elle même, très prompte à libérer les détenus de courtes peines, devrait tirer quelques leçons de ce drame.
Je ne saurais en aucune manière encourager l'apologie de la loi du talion, car la justice d'un état de droit doit toujours prévaloir face à la justice individuelle dont l'arbitraire se confond avec l'anarchie.
Je ne peux cependant m'empêcher, moi aussi, d'éprouver une sincère sympathie pour ce bijoutier, braqué à plusieurs reprises, battu à coups de poing et de pieds, apeuré et excédé par la déliquescence d'une société qui n'est plus en mesure de garantir sa sécurité dans sa vie quotidienne.
Doit-on pour autant exonérer son geste de toute charge alors qu'un jeune gars a perdu la vie ?
Assurément non !
A partir du moment où l'homicide volontaire est reconnu et que cet acte n'est pas couvert par la légitime défense, la justice doit sanctionner l'auteur des coups de feu.
Cela dit, tout porte à croire que jamais le bijoutier ne connaîtra les murs d'une prison.
Il est effectivement peu probable que la majorité des 6 jurés, qui devra se prononcer sur la culpabilité du commerçant, soit favorable à une peine de prison ferme.
Dans une démocratie comme la France, la puissance de l'opinion publique impose des obligations que même la justice, pour maintenir la paix sociale, ne saurait ignorer.
D'ailleurs, en ne demandant pas la détention provisoire pour le commerçant, le procureur de la République a reconnu, implicitement, l'existence de circonstances atténuantes solides.
L'avenir nous instruira donc sur le sort de cet homme, brave père de famille, qui dans des circonstances normales, serait certainement incapable d'exercer la moindre violence.
Et dans cette affaire, il est amusant, si je puis m'exprimer ainsi, d'observer que les associations antiracistes ne pourront pas, cette fois-ci, nous embobiner avec leur éternelle rengaine sur le français de souche, xénophobe, qui aurait abattu dans le dos un homme parce qu'il avait telle ou telle couleur de peau.
Il ne saurait être question ici pour elles de nous manipuler à propos d'une justice qui aurait libéré le bijoutier parce l'homme abattu n'avait pas le bon faciès.
En effet, dans ce dossier, c'est le bijoutier qui est d'origine étrangère et c'est le malfrat qui était français de souche.

samedi 17 août 2013

Jacques Vergès : Le salaud lumineux s'est éteint



Un proverbe bien connu dit que la valeur d'un homme se mesure au nombre de ses ennemis.
Si tel est le cas, il faut reconnaître que Jacques Vergès, l'avocat de la terreur, était un homme d'une très haute valeur comme il en existe très peu en France et sans doute dans le monde.
Le salaud lumineux, comme aimait se qualifier Jacques Vergès, a donc tiré sa révérence à 88 ans.
Je serai d'une hypocrisie éhontée si je formulais ici le moindre regret depuis que j'ai appris son décès.
La première réflexion qui m'est venue à l'esprit est que "ce sacré fils de garce a rejoint le monde de la putréfaction où l'attendaient ses défunts frères d'armes qui ont fait du crime et de l'extermination de leurs prochains un véritable art de vivre"
Cet avocat extrêmement controversé et très redouté du barreau,  spécialiste mondial de la défense des bourreaux, a toujours représenté à mes yeux ce qui se fait de mieux en matière d'infamie et de dégradation morale dans sa bassesse la plus absolue.
Je me garderai d'énumérer ici tous les salopards de la pire espèce que Jacques Vergès aura défendu avec un plaisir jouissif en tentant de faire croire, par tous les moyens, que les bourreaux étaient des victimes et les victimes des bourreaux, mais je retiendrai plus précisément 3 noms dont la seule prononciation inspire l'horreur : Le nazi Klaus Barbie, le Khmer rouge Khieu Samphân et le serbe Slobodan Milosevic.
On dit que la pire des bêtes humaines a le droit d'être défendue. Certes !
Mais lorsqu'on se fait le défenseur implacable de tous les déchets humains que la terre ait jamais portés, on éprouve forcément une fascination hors norme pour ces "sous merdes" de l'humanité.
D'ailleurs, Jacques Vergès n'aura jamais nié son attachement et sa sympathie pour les criminels dont il a pris la défense avec tant de détermination et de mauvaise foi.
Ce provocateur inné, adepte de la manipulation à outrance, disposait au moins d'une qualité morale indéniable : Il n'employait jamais l'hypocrisie dès lors qu'il parlait de lui et de ses idées.
Et j'imagine aisément aujourd'hui que toutes les victimes survivantes des tortionnaires qu'il aura défendus, éprouvent un certain soulagement en sachant que cet homme a enfin rejoint en enfer ses amis criminels et bourreaux.
Il serait cependant injuste d'évoquer le personnage de Jacques Verges sans reconnaître que l'homme était tout de même un avocat très talentueux, un ténor du barreau, sans doute l'un des plus doués et des plus brillants de sa génération, doté d'une grande culture.
Il avait la plaidoirie dans le sang et possédait une verve peu commune.
Tout le monde s'accorde à lui reconnaître, fort justement, de hautes qualités professionnelles.
Comment alors ne pas déplorer vivement que ses immenses talents, dans la très grande majorité des affaires qu'il a traitées, aient été placés au service du mal et de l'abjection ?
Et lorsqu'on pense que Jacques Verges a toujours regretté de n'avoir pas eu l'opportunité de défendre Hitler, je n'ose même pas imaginer les abominations qu'il aurait formulées pour justifier l'extermination, dans les chambres à gaz, des juifs, des tziganes ou des autres minorités ethniques qui portaient soi-disant atteinte à la prétendue pureté de la race aryenne.
Il est certain qu'en se suicidant, Hitler, qui a retrouvé un semblant d'honneur, a cruellement privé Jacques Vergès de l'immense plaisir de voir l'opinion publique internationale dégobiller ses tripes à longueur de journée.
Et je ne terminerai pas cet article dédié à Jacques Vergès par un "salut l'artiste" mais par un "adieu salaud".

jeudi 15 août 2013

L'Egypte plongée dans un épouvantable bain de sang




Plus d'un mois après la destitution par l'armée de l'ex président Egyptien islamiste, Mohamed Morsi, les craintes d'une confrontation violente se sont donc malheureusement confirmées.
Mais on n'imaginait pas que les heurts et les violences allaient se transformer en véritable carnage où, en 24 heures, officiellement plus de 600 personnes auront trouvé la mort.
La détermination et la mentalité des acteurs en présence laissaient cependant présager le pire.
D'un côté l'armée, qui ne veut pas voir le pays tomber sous la coupe de fanatiques religieux et dont on sait que la moindre provocation à son égard peut dégénérer, et de l'autre les islamistes, partisans du président déchu, prêts à en découdre pour retrouver le pouvoir qui leur a été confisqué.
Il va sans dire que les évènements sanglants de ces derniers jours sont intolérables et qu'ils doivent être condamnés avec la plus extrême fermeté.
Lorsque l'armée d'un pays en vient à massacrer son propre peuple, il ne saurait être question d'y trouver la moindre excuse, la moindre circonstance atténuante.
Les atrocités, commises principalement au Caire, sont inqualifiables et donnent la nausée.
Les responsables de cette innommable tuerie devront rendre des comptes devant la justice, qu'elle soit locale ou internationale.
Le prix Nobel de la paix, Mohamed El Baradei, vice-président égyptien, en présentant sa démission au président par intérim Adli Mansour, a d'ailleurs montré son total désaccord avec les agissements de l'armée qui, incontestablement, a perdu le contrôle de ses nerfs en tirant sur des gens désarmés.
Qu'on ne s'y trompe pas cependant.
Je ne vais me faire ici le défenseur des Frères musulmans qui, pas plus que l'ex dictateur, Moubarak, n'ont la moindre conception de ce que sont la démocratie et la liberté.
Le problème est que ces tristes individus sont parvenus au pouvoir de manière démocratique.
Ils ont été légalement élus par la majorité du peuple égyptien, de la même manière que les islamistes sont parvenus le plus légalement du monde au pouvoir en Tunisie.
On peut retourner le problème dans tous les sens, la vérité reste la même et ne doit pas être travestie.
Le printemps arabe aura permis de déboulonner d'incontestables et ignobles dictateurs pour les remplacer par d'autres tyrans, sans doute encore plus vicieux et sournois, mais démocratiquement élus, contrairement à leurs prédécesseurs.
En destituant l'ex président Mohamed Morsi, l'armée a donc procédé à un coup d'état dans le sens le plus pur du terme et a ainsi violé la légalité constitutionnelle.
Comment alors reprocher aux Frères musulmans, dont est issu l'ex président, Mohamed Morsi, de tout tenter pour retrouver la place qui est légalement la leur dans la sphère politique Egyptienne ?
Ces derniers ont la légitimité démocratique pour eux, celle de la majorité du peuple qui, en son temps, a exprimé un choix clair et précis en leur faveur.
Ce choix s'est porté, sans contestation possible, sur l'avènement de l'islamisme qu'il soit prétendument modéré ou plus probablement radical.
De ce fait, que cela plaise ou non, le strict respect des urnes doit être appliqué.
Alors que l'Egypte est au bord de l'implosion, le spectre d'une guerre civile menace plus que jamais.
Autant l'affirmer sans détours, les centaines de personnes qui ont été tuées hier sont une véritable "bénédiction" pour les Frères musulmans qui ont désormais le droit de crier au martyr et qui ne pouvaient rêver mieux pour mobiliser la communauté internationale, qui condamne très vigoureusement les massacres perpétrés contre les civils.
Comme cela était à craindre, en réprimant de manière totalement disproportionnée les partisans des Frères musulmans, l'armée est tombée dans le piège des provocations les deux pieds joints.
Et comme la violence appelle toujours la violence, les chances de voir la situation s'apaiser dans les jours à venir sont des plus réduites.
Tous les ingrédients sont donc réunis pour que le bain de sang se poursuive encore et encore avec en toile de fond l'impuissance de la communauté internationale qui risque d'être réduite au rôle de simple spectateur.
En effet, spécialement pour les occidentaux, le dilemme est de taille.
L'arrivée aux affaires des Frères musulmans en 2012 et la mise en place d'un régime islamiste étaient une bien mauvaise nouvelle.
En reprenant par la force le pouvoir, l'armée a été perçue avec beaucoup de mansuétude par les pays occidentaux qui n'ont pas ou très mollement protesté après le coup d'état militaire, car tout vaut mieux qu'un régime de barbus aux portes de l'occident.
Mais en massacrant les manifestants, l'armée a changé la donne et s'est tirée une balle dans le pied.
Elle s'est aventurée sur un chemin excessivement dangereux et s'est attirée les foudres d'une grande partie de la communauté internationale, dont les occidentaux qui, placés devant le fait accompli, n'ont pas d'autre choix que de condamner les tueries.
Le régime actuel de transition se trouve désormais isolé et la confrérie des Frères musulmans ne tardera pas à répliquer, avec toute la violence dont les islamistes sont capables, pour venger les nombreuses victimes de cette épouvantable boucherie.
L'avenir de l'Egypte s'inscrit donc en pointillés et en lettres de sang.
Il faut souvent des années pour achever une révolution et quelques dizaines de milliers de morts.
Et il est peu probable que l'Egypte échappe à cette logique implacable du sang et des larmes.
L'appel des Frères musulmans à un "vendredi de la colère" en dit long sur les risques d'un embrasement général.
Si Dieu est aussi grand que certains se plaisent à le croire, peut-être fera-t-il un miracle...

lundi 29 juillet 2013

Cécile Kyenge, une ministre italienne dans la spirale de la xénophobie


 
La ministre italienne de l'Intégration, Cécile Kyenge, originaire de la République Démocratique du Congo, ne s'attendait sans doute pas à vivre des moments aussi difficiles lorsqu'elle a été nommée à ce poste en avril dernier.
Première femme noire à accéder au rang de ministre en Italie, cette dernière est régulièrement devenue la cible de l'extrême droite et de groupuscules xénophobes qui deviennent de plus en plus influents dans le pays.
On ne compte plus les invectives racistes, les menaces et les chapelets de sobriquets proférés à l'encontre de Cécile Kyenge, à un tel point que le nombre de ses gardes du corps a été doublé afin d'assurer sa sécurité.
Devant l'émergence d'une racisme décomplexé en Italie, le courage qu'elle démontre pour maintenir le cap de ses idées politiques, que je n’approuve cependant en aucune manière, impose incontestablement le respect.
Cette dame reste d'une dignité exemplaire et ses réactions mesurées face à la haine d'une certaine caste politique sont admirables.
Je me demande cependant si en acceptant ce poste ministériel, cette dernière n'a pas sous-estimé l'ampleur du phénomène raciste en Italie.
Les nombreuses moqueries xénophobes dont sont victimes les joueurs de football de couleur dans les stades italiens et les évènements quotidiens de l’ile de Lampedousa qui voient chaque jour affluer de nombreux immigrants venus d'Afrique du Nord, sans qu'aucune solution ne puisse être trouvée, ont dû l'instruire sur l'immensité de la tâche qui l'attendait.
Dans cette Italie en proie à de nombreux problèmes économiques, son poste très exposé au ministère de l'Intégration ne pouvait que l'entraîner dans des difficultés presque insurmontables.
Cette nomination par le chef du gouvernement, Enrico Letta, s'avère donc peu à peu comme un cadeau empoisonné et laissera sans doute à Cécile Kyenge, des traces indélébiles.
Il est cependant regrettable qu'Enrico Letta, comme Cécile Kyenge, n'aient pas su attendre avant de tenter d'imposer des mesures qui divisent profondément la société italienne.
Leur manque de patience et certainement de discernement n'auront pas facilité les choses dans un pays où le délit d'incitation au racisme est interprété avec une grande légèreté.
Mais au delà des origines et de la couleur de peau de Cécile Kyenge, c'est d'abord son projet politique qui crée la polémique.
En désirant modifier les règles de citoyenneté pour instaurer le droit du sol, en donnant automatiquement la nationalité italienne à tous ceux qui sont nés dans le pays si leurs parents sont étrangers, la ministre de l'Intégration s'est attirée les foudres de nombreux hommes politiques de tout bord.
Il n'en fallait pas plus pour déclencher des comportements xénophobes d'une rare violence verbale.
Et ce ne sont pas les quelques réactions indignées et les nombreuses déclarations de soutien de son propre camp politique qui changeront quoi que ce soit à des dérives qui ne sont que très modérément sanctionnées en Italie.
Alors qu'en France en peut être poursuivi pour avoir affirmé de simples vérités sur l'origine de ceux qui sèment le trouble dans les quartiers sensibles, en Italie, un sénateur peut aisément comparer une ministre noire à un orang-outan, sans qu'aucune sanction ne soit prise à son encontre.
Un spectateur, soit disant non identifié, peut allégrement lancer, sur cette même ministre, des bananes sans qu'il soit interpelé.
Et on croit halluciner lorsque Enrico Letta, se contente, poliment, de demander au chef de la Ligue du nord de mettre fin aux attaques racistes venant de son parti.
Devant des faits qui constituent une page honteuse de l'histoire de l'Italie, on ne se contente pas de demander mais on exige en tapant du point sur la table. 
On menace et on s'active pour rechercher toutes les solutions donnant à la justice les moyens de prendre les mesures qui s'imposent.
On s’évertue à mettre en œuvre une batterie de sanctions dissuasives, applicables immédiatement et sans faiblesse.
En Italie, on peut se demander quelle limite est-il nécessaire de franchir pour considérer un acte comme xénophobe et prendre les dispositions punitives qui s'imposent.
La nature humaine étant ce qu'elle est, à savoir cruelle, impitoyable et ne respectant que la force, si des actions coercitives ne sont pas rapidement entreprises, il n'y aura bientôt plus de joueurs de football de couleur en Italie et encore moins de ministre à la peau noire.
Le pays de la mafia, devenant peu à peu terre de racisme institutionnel, à bien du souci à se faire pour préserver un semblant de cohésion sociale dans un environnement de crise économique majeure, où les actes xénophobes sont devenus monnaie courante.
Je ne partage en rien les idées de madame Kyenge.
Je suis contre son désir de régulariser les immigrés clandestins et plus encore, vigoureusement défavorable à son projet sur le droit du sol dont l'application, en France, a toujours été pour moi une monumentale erreur.
Pour un ressortissant de souche étrangère, obtenir une nationalité différente de ses origines ne doit pas être un droit mais un privilège qui se mérite et qui s’acquière par une demande volontaire, après étude du dossier.
La nationalité italienne ne doit donc pas devenir une nationalité au rabais et de complaisance comme la nationalité française ou américaine.
Si une société multi culturelle peut être une grande chance pour un pays, elle doit se battir dans la rigueur et l'équilibre, en s'assurant de la sincérité et de la volonté d'intégration de ceux qui prétendent souhaiter devenir italiens, français ou ressortissants d'un autre pays.
Cependant, si j'en avais le pouvoir, je me battrais pour que les idées de Cécile Kyenge soient démocratiquement débattues dans un climat plus propice au dialogue et dénué de tout acte xénophobe qui donne une image déplorable de l'Italie.
Je souhaite sincèrement que Cécile Kyenge continue de s'accrocher à son poste ministériel et qu'elle parvienne à trouver les moyens d'apaiser les tensions dans son pays, mais sa tâche est et restera extrêmement compliquée.
Il lui faut donc se montrer prudente, plus clairvoyante afin d'éviter que certaines de ses idées, divisent trop profondément la société italienne.
L'intégration ne doit pas mener à la division.
Il deviendra à l'avenir de plus en plus difficile d'imposer aux peuples européens, à coups de textes de lois, des décisions rejetées par une frange importante de la population.
Sans doute que l'Europe devrait s'inspirer un peu plus souvent de l'exemple suisse où les référendums sont un mode courant d'évolution de la société et démontrent, par la même occasion, que la vraie démocratie est celle où les peuples décident eux-mêmes de ce qui est bon ou mauvais pour eux.
L'organisation d'un référendum sur le droit du sol en Italie, au regard de la sensibilité extrême du sujet, ramènerait sans nul doute plus de sérénité dans le paysage politique.
Lorsqu'on souhaite le changement social et culturel d'un grand pays comme l'Italie pour les décennies à venir, il me parait fondamental de demander directement son avis au peuple.
Certaines réformes sont trop sensibles pour en confier uniquement la responsabilité aux politiques, souvent en décalage totale avec les réalités quotidiennes de leurs concitoyens.