samedi 29 décembre 2012

Syrie : L'interminable guerre civile



En cette toute fin d'année 2012, la guerre continue de faire rage en Syrie.
Et si ce conflit ne fait plus la une de l'actualité depuis bien longtemps, après 21 mois d'hostilité, 60 000 personnes auront trouvé la mort et 2 millions d'autres ont dû fuir leur pays pour échapper aux exactions d'un régime déterminé à garder le pouvoir à n'importe quel prix.
Aucune des initiatives diplomatiques pour tenter de mettre un terme à ce massacre quotidien n'aura abouti.
La communauté internationale est impuissante à stopper la répression de Bachar al-Assad dont le régime est étroitement protégé par la Russie et, dans une moindre mesure, par la Chine.
Sauf colossale surprise, aucun des partis, dans cette lutte fratricide, n'étant en mesure de prendre significativement l'avantage sur l'autre, cette guerre est donc appelée à durer avec des conséquences de plus en plus meurtrières pour les civils.
Cependant, celle-ci finira bien un jour ou l'autre, comme toutes les guerres que l'humanité a connues.
Et malheureusement, quoi qu'il advienne, je n'ai pas le sentiment qu'à l'issue de ce conflit, la paix instaurée apportera aux syriens la liberté tant espérée par la majorité de la population.
L'expérience du fameux printemps arabe dont j'ai soutenu l'envolée avec ferveur, nous instruit que même une révolution ne garantit pas l'avènement d'un régime démocratique.
Certes, une révolution demande des années avant d'aboutir au résultat espéré par les peuples et sans doute est-il encore trop tôt pour émettre un jugement définitif sur les réelles conséquences du printemps arabe.
Mais si se débarrasser d'un dictateur implique la prise du pouvoir par un régime de barbus qui n'aura d'autre objectif que d'imposer par la force ses idées moyenâgeuses, cette guerre se sera avérée totalement inutile.
Et le sacrifice de ceux qui ont véritablement cru qu'il était possible de gagner cette liberté qui fait tant rêver les peuples opprimés aura été vain.
En effet, à quoi bon lutter contre les agissements d'un régime totalitaire si c'est pour en accepter un autre encore plus pernicieux, plus abjecte dans son mode de pensée ?
Le régime de Bachar el-Assad est une dictature incontestable mais lorsqu'il n'était pas menacé, il restait plus libéral que les monarchies islamistes du Golfe persique.
Il faut rappeler que la Syrie est un état laïque où la liberté religieuse existe.
Force est de constater que si le printemps arabe a permis aux tunisiens, aux égyptiens et aux libyens de tenir, pour un temps très court, leur destin entre les mains et de nourrir ainsi de formidables espoirs pour l'avenir, on ne peut qu’observer malheureusement qu'il aura avant tout favorisé l’émergence de l'islamisme radical plus que jamais déterminé à imposer ses dogmes les plus sectaires.
On a souvent reproché ces derniers mois aux occidentaux d'avoir soutenu les régimes tunisiens et égyptiens, par pur intérêt national.
Il y a sans aucun doute une grande part de vérité dans ces accusations, mais au delà des intérêts occidentaux de toute sorte, ces régimes dictatoriaux constituaient aussi un formidable rempart contre l'avancée de l'extrémisme religieux.
Aujourd’hui, les tunisiens et les égyptiens mais aussi les libyens ne sont pas plus assurés de vivre libre dans leur propre pays qu'ils ne l'étaient sous le joug de leurs dictateurs déchus car, l'influence de l'intégrisme musulman est telle qu'elle est une menace fondamentale et permanente pour tous les principes de liberté qui ont animé les peuples du printemps arabe.
Et je ne peux m’empêcher d'avoir une pensée toute particulièrement pour les femmes de Tunisie,  très respectées sous le régime de Ben Ali et qui, désormais, sont de temps à autre méprisées et menacées lorsqu'elles ne respectent pas un code vestimentaire que certains dégénérés venus d'une autre époque, qui s'octroient le droit de parler au nom de Dieu, tentent de leur imposer.
A la lumière de ce qui se passe dans les pays du printemps arabe, le peuple syrien est donc fort loin de sortir de l'impasse dans laquelle il se trouve, et cela même si Bachar al-Assad déposait rapidement les armes.
Le chemin de la liberté restera pour longtemps encore un rêve inaccessible.
Et au regard de cette perspective d'avenir peu réjouissante, je me demande si le soutien inconditionnel des Russes pour le régime de Bachar al-Assad ne favorise pas, tout compte fait, involontairement bien-sûr, les intérêts occidentaux, en retardant l'avancée inéluctable de l'intégrisme islamique.
Ce n'est pas en ces 2 derniers jours de l'année 2012, que je commencerai à emprunter la voie de l'hypocrisie.
Si l'éventuel départ de Bachar al-Assad devait entraîner la mise en place d'un régime islamique, comme cela est probable, la position actuelle des Russes qui, certes, n'est basée que sur des intérêts économiques et stratégiques, me paraît la plus cohérente.
Tant que je ne serai pas convaincu que ceux qui luttent contre le régime de Bachar el-Assad n'ont pas l'intention d'instaurer un régime islamiste radical en Syrie, je me garderai désormais de soutenir leur combat qui est courageux mais dont l'objectif final n'est pas clair et même plutôt douteux.
Ces derniers temps, la liberté a trop souvent été bousculée par l’obscurantisme.
Entre la peste et le choléra, le choix peut paraître cornélien mais rien, absolument rien ne saurait justifier le remplacement d'un dictateur par l'instauration de la charia.

jeudi 20 décembre 2012

Depardieu : Le bouc émissaire de l'exil fiscal



Alors que de plus en plus de français fortunés quittent discrètement leur pays pour échapper à la prochaine inquisition fiscale du pouvoir socialiste, on peut s'étonner que la domiciliation soudaine de Gérard Depardieu, dans le petit village belge de Néchin, à quelques pas de la frontière française, soit l'objet d'un débat aussi houleux dans l’hexagone.
L'extraordinaire notoriété de l'acteur aura sans aucun doute fortement contribué à multiplier l'ampleur de la polémique sur un exil fiscal ou prétendu comme tel, dont on a accordé bien trop d'importance.
Il me paraît nécessaire de rappeler que bien avant Gérard Depardieu, de nombreux français très argentés, et pas des moindres, ont choisi de s'exiler vers des contrées fiscalement plus clémentes, alors que la fameuse taxe de 75% sur les hauts revenus n'était pas encore à l'ordre du jour.
Au regard des difficultés économiques actuelles de la France, je reconnais cependant que la démarche de notre cher Obélix ne tombe pas au meilleur moment et qu'elle peut s'apparenter à une maladresse.
Mais la réelle question qui se pose est de savoir ce que l'on peut véritablement reprocher à ce personnage haut en couleur, souvent encensé par les français.
Il dispose d'une fortune importante qu'il a gagné honnêtement.
Il a décidé de transférer, le plus légalement du monde, une partie de celle-ci et d’élire domicile en Belgique afin d'éviter de subir un véritable pillage de ses revenus personnels.
Il faut avouer que la perspective de devoir verser 75% de ses revenus au fisc, soi-disant pendant deux ans, n'incite pas les plus privilégiés à demeurer sur le territoire français et impose incontestablement une réflexion lucide sur la manière d'échapper, autant que possible, à ce qu'il convient d'appeler une fiscalité confiscatoire, plus précisément, un racket d'état.
Monsieur François Hollande, en prenant la décision de taxer très fortement les hauts revenus, se doutait bien qu'il déclencherait une fuite des capitaux et un exil fiscal important.
Ses conseillers n'ont certainement pas manqué de l'avertir sur les conséquences d'une décision qui, au final, ne devrait pas rapporter plus de 200 millions d'euros dans les caisses de l'état, une somme dérisoire au regard de la dette colossale de la France qui se monte globalement à 1 789 milliards d'euros.
Aussi, comment croire qu'un gouvernement peut redresser son économie en étouffant ceux qui produisent et qui réussissent alors que ce sont justement eux qui créent les emplois et les richesses ?
D'autre part, en comptant sur le patriotisme des contribuables fortunés, le président de la République a fait preuve d'une naïveté étonnante et d'un manque flagrant de connaissances sur la nature humaine.
Dès lors qu'il s'agit de gros sous, le patriotisme trouve toujours ses limites et perd de sa vertu.
Peut-on décemment demander à quelqu'un de faire preuve d'un patriotisme aveugle alors qu'on le dépouille de 75% de ses revenus ?
J'entends ici et là les gens, qui disposent malheureusement de petits salaires, affirmer qu'ils aimeraient beaucoup payer ces 75% d'impôts, ceci impliquant qu'ils bénéficieraient d'un niveau de vie important et fort appréciable.
Je comprends bien la logique de cette observation mais elle serait dénuée de tout sens dès lors que les personnes, à bas revenus, se retrouveraient subitement fortunées.
La nature humaine étant ce qu'elle est, si les gens qui éprouvent de grandes difficultés à finir les fins de mois disposaient réellement de revenus supérieurs à 1 million d'euros, ils finiraient irrémédiablement par trouver scandaleux l'obligation d'avoir à en reverser 75% à l'état.
C'est bien connu, on s'habitue très vite au luxe et plus on en a, plus on en veut.
Il n'y a donc à mon humble avis, aucun reproche réellement fondé à formuler vis à vis de Gérard Depardieu, qui a agi en parfaite concordance avec les lois en vigueur.
De plus, évoquer la mauvaise moralité de l'artiste et son manque de patriotisme, en ne focalisant que sur ses démarches en vue de payer moins d'impôts, est faire preuve d'ignorance ou de pure mauvaise foi.
En effet, Gérard Depardieu qu'on accuse d'exil fiscal, de fuite à l'étranger, en dehors de sa vie d'artiste, est un entrepreneur extrêmement actif et très averti.
Ce dernier emploie plus d'une centaine de personnes au sein d'une quinzaine d'entreprises composées de restaurants, de bars, de poissonneries et de vignes.
Il possède également en France un château, des villas et des appartements qu'il n'est pas question de vendre, mais également des terres dans différentes régions de France.
Quoi qu'on puisse lui reprocher, il a donc lourdement investi en France où il continue de payer régulièrement des impôts à l'état et contribue de ce fait à l’essor de la société.
En conséquence, avant de qualifier le comportement de Gérard Depardieu de minable, le 1er ministre Jean-Marc Ayrault aurait été plus avisé de s'enquérir plus précisément des activités d'un homme qui a déjà beaucoup donné à son pays, non seulement par les impôts versés mais aussi par les investissements engagés.
Et même s'il ne s'agit pas à proprement dit d'une insulte, le terme "minable" employé pour définir l'action récente de Gérard Depardieu, me semble totalement inapproprié et irrespectueux.
En tant que monstre sacré du cinéma et chef d'entreprises, Monsieur Depardieu, même s'il n'est pas un saint homme, loin de là, mérite d'autres égards.
Je crois donc qu'il est grand temps de mettre un terme à cette pathétique "chasse à l'homme" médiatique qui n'a aucune raison d'être et semble plus motivée par le désir malsain de dénigrer la réputation d'un homme dont on connaît les liens qui l'unissent à Nicolas Sarkozy.
Bien-sûr, on pourra toujours critiquer la teneur de la lettre ouverte de Gérard Depardieu à Jean-Marc Ayrault où il indique lui rendre son passeport français.
L'artiste, dans la pure lignée de Cyrano de Bergerac, a toujours été un grand adepte de l'outrance.
Aussi, je ne crois pas un seul instant qu'un homme qui verse des larmes en écoutant la Marseillaise, soit réellement désireux de renier son propre pays.
Et cela, même s'il décidait d'acquérir une seconde nationalité.

vendredi 7 décembre 2012

Les Baumettes de Marseille : La prison de l'enfer, les oubliettes de la République

Prison des Baumettes - Marseille

Les vingt personnes de l'équipe du contrôleur général des lieux de privation de liberté qui ont visité le centre pénitentiaire des Baumettes de Marseille pendant une dizaine de jours, en octobre dernier, n'oublieront pas de si tôt les horreurs qu'elles y ont découvertes.
Certes, elles ne pensaient pas trouver des locaux 4 étoiles comme on en construit en Norvège où l'innommable Anders Breivik coule des jours heureux, en récompense de ses exploits, mais sans doute n'imaginaient-elles pas un seul instant l'existence d'un endroit aussi infect et sordide, comme on en observe souvent dans certains pays du tiers-monde. 

La majorité des cellules est dans un épouvantable état de délabrement, pratiquement en ruine.
Nombre d'entre elles ne disposent plus de lumière, faute d'ampoule et d'aucun interphone en cas d'urgence.
Les murs sont décrépis, remplis d'humidité et le sol est d'une saleté repoussante.
Certains wc ne sont même pas fixés et le système de chasse d'eau est inopérant.
Il n'y a aucune cloison d'intimité pour effectuer ses besoins naturels et les lavabos, lorsqu'ils ne sont pas arrachés, montrent des fuites au niveau du siphon.
Les quelques rares tables et chaises sont rongées par le poids des années et les cafards ont depuis longtemps colonisés ces lieux insalubres.
Certains branchement électriques créent des feux d'artifice au point que la commission départementale incendie avait demandé, en vain, en avril 2011, la fermeture de certains locaux.
Et lorsque l'on sait que les fortes pluies occasionnent régulièrement des inondations à l'intérieur des cellules, on se demande comment, aucun drame n'est encore survenu à ce jour.

Le manque d'hygiène général est effarant.
Les nombreux couloirs sont envahis par la crasse et l'humidité.
Les odeurs d'ordures et d'urine agressent les narines et imprègnent les vêtements.
Les barquettes des repas et les baguettes de pain sont déposées devant les portes des cellules alors même que de nombreux détenus ne sont pas encore remontés de la promenade et ce sont les rats, parfois aussi gros qu'un chat, qui se goinfrent en premier avant que les prisonniers n'y aient touché.
Et même si la plupart des barquettes et du pain souillés par les rats est jetée par les fenêtres, il est surprenant que la prison ait pu échapper, jusqu'à ce jour, à une épidémie majeure.
70% des douches sont hors d'état de fonctionner et celles qui marchent sont d'une saleté immonde.
Les greffiers des juges d'application des peines, comme les magistrats, refusent régulièrement de se rendre dans ce lieu de perdition où il est mis à leur disposition des chaises à la propreté douteuse, devant une table poussiéreuse, au milieu d'un cagibis aux murs écaillés.

Au niveau de l'insécurité, on atteint des records.
Les rondes de nuit des surveillants sont souvent effectuées dans le noir, là aussi faute d'ampoules dans les coursives, et ceux-ci utilisent leur lampe de poche personnelle pour circuler et tenter d'effectuer leur travail.
Certains détenus n'osent même plus se rendre aux douches, lieu de sanglants règlement de comptes et de viols, voire même à la promenade surveillée de très loin par les matons qui craignent eux-mêmes pour leur propre sécurité.
Le rackette, permanent, s'étend jusqu'auprès de certaines familles de détenus qui sont directement menacées chez elles.
L'absentéisme du personnel pénitentiaire, logiquement démotivé, est de plus en plus important et tout est bon pour échapper, même pendant quelques heures, à cet univers carcéral où les conditions de travail sont exécrables.
La prison fonctionne donc, de manière permanente, en grave sous-effectif alors même que la présence de 100% du personnel ne suffirait pas à contrôler l'ensemble du site des Baumettes et à en assurer la sécurité des personnes incarcérées.
Dans cet immense bouge répugnant, le taux d'occupation des détenus est de 146%, aggravant de ce fait les violences en milieu carcéral.
Le budget des Baumettes ne cesse malgré tout d'être régulièrement revu à la baisse d'une année à l'autre, que ce soit sur le plan des fournitures, des travaux ou de l'hygiène et de la propreté.

Il va sans dire que les effroyables conditions dans lesquelles vivent les détenus, constituent incontestablement une violation très grave des droits fondamentaux des personnes.
Et les autorités publiques, qui ont l'obligation de préserver les détenus de tout traitement inhumain et dégradant, sont directement montrées du doigt par le contrôleur général des lieux de privation de liberté, dont le constat sur la situation est des plus accablant.
Madame Christiane Taubira, la garde des sceaux, a donc été officiellement informée depuis le 16 novembre dernier sur les conditions de vie dans cet enfer qu'est la prison des Baumettes de Marseille.
Bien-sûr, comme on pouvait s'y attendre, pour se dédouaner, celle-ci a répondu à la presse que le gouvernement actuel avait hérité de la situation présente.
L'argument est juste mais dans les moments difficiles, tous les ministres en place, de gauche comme de droite, commencent par accuser systématiquement, à tort ou à raison, la mauvaise gestion de leurs prédécesseurs, plutôt que de proposer un début de solution.
Madame Taubira, indique que les travaux de restructuration de la prison seront achevés en 2017, soit dans près de 5 ans, le manque de crédit ne permettant pas de raccourcir ce délai.
Les observations formulées par la vingtaine de contrôleurs des prisons ne sont sans doute pas suffisamment éloquentes aux yeux de l'état pour engager une véritable procédure d'urgence et débloquer des fonds afin de ramener ce délais scandaleux à une année maximum.
Quant aux sommations exprimées par Mme Taubira aux hauts fonctionnaires de l'état, "d'apporter une attention toute particulière aux faits de violence", on croit rêver.
Alors que la prison des Baumettes se trouve en sous-effectif permanent, les surveillants étant dépassés par les évènements, comment serait-il possible, en l'état actuel des choses, d'apporter la moindre attention à la violence si on n'augmente pas sensiblement le personnel et si on ne procède pas à une modernisation des lieux ?
Il n'est pas nécessaire de sortir de l'école de Polytechnique pour comprendre que nous avons à faire ici à un simple effet d'annonce destiné à rassurer l'opinion publique.
Quant au problème de la surpopulation carcérale, Mme Taubira a récemment pondu une circulaire de politique pénale qui vise à freiner les entrées en prison.
Je comprends donc en l’occurrence, que la garde des sceaux propose tout simplement de répondre à la surpopulation dans les prisons en laissant en liberté des malfaiteurs, accroissant ainsi l'insécurité à l'extérieur.
Si sous prétexte de surpopulation carcérale, un cambrioleur a toutes les chances d'échapper à la prison, autant demander aux français de faire leur justice eux-mêmes.
Nous savons tous que la seule et unique solution est la construction de nouvelles prisons mais que malheureusement les moyens financiers manquent cruellement.
La France s'appauvrissant de plus en plus, il faudrait encore croire au père Noël pour imaginer que des solutions concrètes seront trouvées rapidement pour améliorer significativement les conditions de vie aux Baumettes de Marseille.
Il n'y a donc aucune illusion à se faire à court comme à moyen terme.
Cela dit, si le manque de moyens de l'état est une cause essentielle à la dégradation de la prison des Baumettes, il me semble que les gens chargés de gérer la vie à l'intérieur des locaux ont aussi une responsabilité non moins importante sur les nombreuses carences constatées par les contrôleurs.
Si on sait que les rats infestent les différents couloirs de la prison, pourquoi continue-t-on de placer la nourriture destinée aux détenus à terre, juste devant les portes des cellules ?
Pour quelle raison, on n'oblige pas les détenus à rentrer dans leur cellule avant la distribution de ces repas afin qu'ils puissent en disposer immédiatement ?
Le manque de budget n'explique pas totalement l'état de saleté repoussant de certaines pièces.
Comment est-il possible que des corvées de propreté, même avec les moyens du bord, ne soient pas continuellement affectées à la bonne tenue des locaux ?
Il n'est pas nécessaire de disposer de moyens financiers pour ramasser les divers détritus qui pullulent à même le sol.
L'huile de coude ne manque pas dans ce triste univers.
On peut comprendre la démotivation du personnel pénitentiaire mais je crois aussi, qu'un coup de pied dans le derrière du directeur des Baumettes s'impose assurément afin qu'il fasse régner un minimum d'ordre et de discipline.
Car à l'heure actuelle, dans cette sinistre prison que la raison voudrait qu'on démolisse le plus tôt possible, ce n'est même plus une question de vie pour les détenus mais de survie.

Mais après tout, la prison des Baumettes n'est-elle pas à l'image de la citée phocéenne ?
Bordélique, négligente, dangereuse et sans foi ni loi !
La France a aussi son tiers-monde.

Etat des cellules
Branchement électrique en cellule
Couloir conduisant aux cours de promenade
Déchets jetés par les détenus depuis leurs cellules
Humidité entre deux cellules
Douches
Distribution des repas avant les retours de la promenade. Les rats se régalent



Salle de parloir