mercredi 29 août 2012

Une dolce vita de 21 ans pour l'abominable Anders Behring Breivik



En prononçant une peine de 21 années de prison, assortie d’un minimum de 10 ans, à l’encontre du terrifiant Breivik pour le massacre de 77 personnes en juillet 2011, la justice norvégienne a appliqué la peine maximale en vigueur dans le pays.
Les médias ont expliqué à l'opinion publique que Breivik ne pourra pas demander de libération conditionnelle pendant ce laps de temps mais aussi que tant qu’il sera considéré comme dangereux, il ne devrait jamais recouvrer la liberté.
Au premier abord, cette peine peut paraître clémente vu les faits qui sont reprochés à Breivik mais elle correspond plus ou moins, dans sa longueur, à la peine que le tueur aurait encourue s’il avait commis son carnage en France, puisque la prison à perpétuité, pour la justice française, signifie 20 à 25 années d’incarcération maximum.
Mais quelque soit la longueur de la peine, imaginer qu'un tel dégénéré puisse obtenir la possibilité de sortir un jour de prison, ne devrait engendrer que révolte et vive indignation.
Cependant, le plus grand scandale dans cette affaire, est que la justice norvégienne a octroyé à ce terrible assassin des conditions de détention inimaginables dans l'écrasante majorité des pays de la planète.
Pendant plus de 20 ans, Breivik aura à sa disposition personnelle 3 cellules de 8m2 chacune.
La première pour dormir et regarder la télévision, la seconde pour ses exercices physiques et la troisième, équipée d’un ordinateur non connecté à internet, pour la réalisation de son travail d’écrivain puisqu’il se prétend comme tel.
On se situe ici bien au delà de l'indécence et on peut se demander si la justice norvégienne a fondé une limite à la stupidité et à la bêtise.
Les photos, ci-dessous, de la prison où Breivik purge sa peine sont éloquentes.

Chambre individuelle
Chambre individuelle
Pièce individuelle informatique
Pièce individuelle remise en forme
Bibliothèque
Réfectoire
Salon commun

Ces images, où pendant deux décennies Breivik coulera une douce existence, devraient donner à tout individu, un tant soit peu normal, l'envie de vomir ses tripes.
Or, l’opinion publique norvégienne, qui a accueilli le verdict du procès avec soulagement et satisfaction, se contente, à 53% seulement, de regretter quelque peu les trop bonnes conditions dans lesquelles est détenu le plus sanguinaire tueur de masse qu'ait jamais connu le pays.
Donc, justice est faite selon la loi en vigueur en Norvège !
On tourne la page douloureuse d’une épouvantable tuerie, on passe à autre chose et on attend bien sagement que Breivik, dans sa prison 5 étoiles, écrive un livre sur sa philosophie de vie et ses « fabuleux exploits » qui, un jour, seront publiés et qu'on achètera par pure curiosité morbide.
On balai d'un revers de main ses provocations incessantes tout au long du procès, faites de sourires narquois et de saluts fascistes.
On oubli l'expression de ses profonds et sincères regrets pour ne pas avoir eu le temps de tuer plus de personnes.
On tirera tout de même quelques leçons des embarrassants dysfonctionnements des autorités norvégiennes mis au jour par le massacre d’Utoeya où, on reconnaît que la désorganisation des forces de police aura permis au tueur de réaliser ses « basses œuvres » en relative tranquillité.
Tout le monde en Norvège est donc heureux et chacun peut désormais vaquer à ses occupations quotidiennes; la vie continue.
Après cette absence de révolte affligeante, je m'interroge très sérieusement sur le mode de pensée de cet étrange peuple dont le flegme à la britannique et le fatalisme à l'africaine, qui semblent profondément ancrés dans les esprits, constituent un mélange insolite de calme olympien et de pure sérénité, même devant l'abjection d'un crime de masse et face à une justice qui a certainement pulvérisé les records de l'immoralité.
Mais quels sont donc ces hommes et ces femmes du nord, dont la culture est ainsi faite qu’ils se satisfassent, sans broncher, d'un tel verdict et qu'ils n'expriment aucune contestation particulière de voir le plus impitoyable assassin de l’histoire de leur pays, poursuivre son existence dans une prison dorée ?
Mais de quel bois sont donc faits ces gens du grand nord, quelle conception philosophique de la vie les anime pour montrer tant de légèreté face à une justice qui cajole ses grands criminels sans même l’esquisse d'une parcelle de honte ?
Anders Behring Breivik, 33 ans, aura 54 ans dans 21 ans.
Après ces années passées dans une prison de luxe, où on lui aura permis de vivre on ne peut plus décemment,  de garder la forme et d’écrire ses mémoires, tout cela aux frais du contribuable s'il vous plait, il possèdera des chances non négligeables de se retrouver libre comme l’air en 2032 ou 2033.
Libre de narguer, par l'intermédiaire des médias, les familles des disparus, toujours avec le même sourire goguenard observé tout au long de son procès.
Libre de remettre le couvert, peut-être au même endroit, pour fêter l’anniversaire de ses « exploits ».
Alors que nous vivons dans un monde où les criminels sont de plus en plus violents, totalement dénués de toute humanité, il se trouve de plus en plus d'hommes et de femmes qui prétendent rendre la justice mais dont la motivation principale est de veiller d'abord aux droits de ceux qui ont retiré la vie.
Je ne conteste pas le fait que la pire des pourritures humaines puisse avoir un minimum de droits dans un pays démocratique mais lui donner la possibilité de passer plus de 20 ans dans une colonie de vacances dépasse totalement ma conception de la justice et ne peut qu'inspirer incompréhension, désappointement et horreur.
Lorsque la justice d'un pays pousse la "connerie" à un degré aussi élevé et se moque à un tel point des victimes, le sens de la morale et de la raison est forcément mis à rude épreuve.
Dans de telles conditions, si j'étais le père d'un enfant massacré à Utoeya, il me serait certainement impossible d'accepter l'évidence de la situation présente et mon sang latin serait en ébullition.
Qu'on ne s'y trompe pas cependant.
Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été contre la peine de mort.
J'ai toujours pensé qu'on ne pouvait pas s'octroyer le droit, même par décision de justice, de prendre une vie pour une vie, à condition toutefois que les autorités compétentes fassent leur devoir, celui de punir comme il se doit tout meurtrier, conformément à la gravité des actes perpétrés.
Or, dans l'affaire Breivik, après le massacre atroce de 77 jeunes personnes, aucune condition n'est réunie pour qu'on imagine, un seul instant, que la justice a été réellement rendue.
Et si après une telle parodie de procès, il n'existe aucun père pleurant son ou ses enfants exterminés par Breivik, qui ne ressente au plus profond de lui, la moindre envie de punir, à sa manière, une telle "sous-merde" de l’humanité, qui se félicite tous les jours d'avoir détruit des vies, alors c'est l'évidence même, l'homme de notre société moderne dispose d'une capacité de raisonnement qui est hors de ma portée.
Mais il y a  bien souvent tout un monde entre nos éventuels désirs de justice personnelle et le passage à l'acte.
Et mon respect de la vie humaine me conduit à m'en féliciter, même si je reste, dans cette effroyable affaire, la proie de quelques pensées coupables.

jeudi 23 août 2012

Amiens : La gauche face à ses premières émeutes



Quelque soit la sensibilité politique d’un gouvernement, la gestion de la violence urbaine restera toujours extrêmement délicate, tant le risque de débordements graves et d’accusations de toute sorte est élevé dans un milieu où seule la logique d’affrontement prime sur toute forme de dialogue.
Pourtant, il me semble que depuis longtemps l'état n'est plus en mesure de répondre efficacement aux problèmes de violence générés par notre civilisation décadente et se montre donc incapable de protéger les biens de ses propres citoyens, surtout les plus économiquement fragiles.
Dans les récentes émeutes d’Amiens, dont le quartier nord, classé récemment par le gouvernement en "zone de sécurité prioritaire", est gangréné par des violences quotidiennes, on ne dénombre pas moins de 16 policiers blessés par des jets de pierres ou pire, des cartouches de chevrotine, des dizaines de véhicules brûlés et des bâtiments publics, dont une école maternelle et un centre sportif, détruits par le feu.
Les dégâts occasionnés se chiffrent en plusieurs millions d’euros.
De nombreux habitants effrayés, lasses de cette insécurité permanente, rêvent depuis longtemps de quitter définitivement leur foyer, pour vivre sous des cieux plus cléments.
Faute de moyens, ils n’ont cependant pas d’autres solutions que de poursuivre leur triste existence, en proie à une inquiétude angoissante qui confine souvent à la terreur.
Et comme d’habitude, après de tels incidents, les versions diffèrent entre les forces de l’ordre et certains habitants du quartier sur l'origine des hostilités.
Mais rien, strictement rien ne peut justifier la destruction de véhicules appartenant à des habitants du quartier disposant de revenus très limités, l'incendie d'une école maternelle qui rendait service à des dizaines de familles et celui d'un centre de sport où de nombreux jeunes se retrouvaient pour se détendre.
Comme d'habitude, l’opposition, quelle soit de droite ou de gauche, se complait dans la critique systématique de l’attitude du gouvernement en place qui serait où trop laxiste, comme la droite le dénonce actuellement ou trop répressive, comme la gauche l'affirmait voici encore quelques mois.
Et la droite, désormais dans l'opposition, a beau jeu aujourd'hui d’accuser le gouvernement d’ouvrir les vannes du laxisme et d’évoquer un retour à la culture de l’excuse parce que les autorités ont relâché la plupart des interpellés arrêtés au cours des violences, faute de preuves, et condamné certains autres à des peines de prison avec sursis.
On peut effectivement s'en émouvoir, mais si j'ai bonne mémoire, il ne m’a pas semblé que du temps où la droite était aux affaires, au cours des précédentes émeutes qui ont eu lieu, que les interventions policières et les condamnations qui s’en sont suivies pour faits de violence, étaient plus rudes et plus sévères que celles que nous avons observées dernièrement à Amiens.
La droite le sait parfaitement, sauf s'ils sont attrapés en flagrant délit de violence, il reste très compliqué de confondre rapidement les principaux meneurs d'une émeute dont le visage est souvent dissimulé par une cagoule.
Le risque de punir de simples curieux, présents sur les lieux des troubles, attirés seulement par les évènements, est important. 
Les enquêtes diligentées sont difficiles et demandent du temps pour obtenir des résultats concrets qui mènent à des condamnations, malheureusement peu sévères, mais où le doute n'est plus permis quant à la culpabilité des prévenus.
Je ne vais pas revenir en détail sur les raisons de ces nouvelles violences à Amiens car elles sont souvent les mêmes, peu importe le nom de la ville.
Un banal contrôle de police, dans un quartier sensible, qui dégénère en émeute, c’est du déjà vu à maintes reprises et on le reverra encore à de nombreuses autres occasions dans un contexte économique où les inégalités s’accroissent au fil des années et où les incivilités font partie d'un quotidien chaque jour plus dur à supporter.
Quelques soient les circonstances, la police n'est jamais la bienvenue dans certains quartiers de banlieues et de ce fait, les provocations d'une catégorie d'individus, pratiquement assurée de son impunité, restent de mise pour envenimer une simple situation dite de routine, qui passerait totalement inaperçue en plein centre ville.

Mais au-delà de la culture de victimisation permanente dont nombre de personnages, souvent connus des services de police, se sont faits les spécialistes, au-delà des inégalités indiscutables vécues par une frange non négligeable de la population issue des banlieues défavorisées, pendant combien de temps l’état va-t-il tolérer, sans frapper un grand coup, cette banalisation insupportable des armes à feu dans des quartiers où l'écrasante majorité des habitants est prise en otage par une petite minorité de rebuts de la société ?

Face à des individus extrêmement déterminés, qui connaissent parfaitement les restrictions imposées aux policiers dans l'usage de leur arme de service, et se faisant, pratiquent le tir sur cibles contre les forces de l'ordre comme on chasse le gibier, quels sont les moyens d’intervention réellement à la disposition d'un pays comme la France pour les mettre hors d'état de nuire ?

Quel message un état républicain transmet-il à un individu qui pointe son arme en direction des forces de police, tire pour tuer, et repart tranquillement chez lui comme un bon père de famille, sans qu'aucune réponse proportionnelle à la menace qu'il a délivrée ne lui ait été donnée ?

Dans les circonstances actuelles, où le fusil a tendance à devenir l’unique moyen d’expression, où des quartiers entiers de banlieues, annexés par des voyous sans foi ni loi, sont devenus des zones de non-droit, quel est l'ampleur des responsabilités de l'état devant l'aggravation de la violence lorsqu'il persiste, depuis des années, à adopter des méthodes inappropriées à la réalité sur terrain et au comportement des hommes ?

Je ne prétends pas détenir les bonnes réponses à ces questions mais je souhaiterais vivement qu’un homme politique important ait un jour le courage moral et intellectuel d’y répondre, sans arrière pensée, sans démagogie, en toute sincérité, sans craindre la dictature des mots et des idées imposée par les prétendus bien-pensants de notre société, à l'affut du moindre petit dérapage verbal.

mercredi 15 août 2012

JO : Londres 2012 ou l'excellence britannique



On se sent forcément un peu orphelin après cette fin des JO de Londres, tant on avait pris l’habitude, en 16 jours, de suivre cette fabuleuse fête du sport où, à quelques rares exceptions,  les athlètes nous auront apporté spectacle, émotion et plaisir.
A défaut de tirer un bilan exhaustif de cette immense manifestation sportive, le Royaume-Uni aura parfaitement réussi son objectif en organisant ces JO de mains de maitre.
Certes, il y aura toujours des esprits versatiles et jaloux pour trouver une critique quelconque à formuler mais celle-ci ne serait que pure mauvaise foi.
Bien-sûr, personnellement, je n’ai pas pu m’empêcher de penser que Paris a perdu sur le fil le droit d'organiser ces JO, au profit de Londres.
Un petit pincement au cœur, spécialement le jour de la splendide cérémonie d'ouverture, m’aura rappelé que la grande fête aurait pu se passer à 350 kilomètres au sud-est, dans la ville lumière qui sera donc restée dans l'ombre.
Mais nos amis anglais, auront fait les choses en grand et ils méritent, sans aucune discussion possible, toutes les félicitations.
La "perfide Albion" aura montré à la planète entière ses immenses capacités à gérer une manifestation d'une telle importance.
Comme on le dit souvent chez les jeunes : "respect"
Bravo à Londres, Paris n’aurait pas fait mieux.
C’était en tout point royal et l'excellence était partout au rendez-vous. 
De plus, les athlètes anglais auront remarquablement su profiter de l’avantage de concourir à domicile puisque la moisson de médailles remportées, leur aura permis de s’octroyer la troisième place du classement général avec 65 récompenses dont 29 en or.
En comparaison, nous autres français sommes loin derrière avec 34 médailles obtenues pour 11 titres olympiques et la septième place au classement général.
Je présume que faire partie du top 10 du classement des JO reste une consolation qui, somme toute, n’est pas négligeable. 
Notre nouveau ministre des sports, dont le manque de connaissances sur un certain nombre de nos athlètes dans quelques disciplines phares m'est apparu affligeant, n'a d'ailleurs pas manqué de vanter les exploits français, dont les médaillés ont été accueillis en héros sur les Champs Élysées.
Il n'est pas question pour moi d'émettre la moindre critique sur l'ampleur de l'accueil réservé par les français, bien au contraire, mais à un moment, devant mon téléviseur, pendant un dixième de seconde olympique, je me suis demandé si, tout compte fait, la France n'était pas passée devant les Usa au classement général des médailles.
Comme à Pékin en 2008, les américains et les chinois se seront disputés la première place et ce coup-ci, les Etats-Unis auront pris leur revanche sur la Chine qui, chez elle, avait remporté la bataille des médailles d’or voici 4 années.
J’imagine que l’« Empire du Milieu », pour qui chaque médaille d'or obtenue revêt plus une signification politique que sportive, n’aura pas véritablement apprécié de voir cette première place lui échapper alors qu’elle lui aura tendu les bras pendant les ¾ des JO, mais c’est la loi du sport qu’il convient d'accepter avec fairplay.

Par ailleurs, je souhaiterais rendre un vibrant hommage à un athlète de mon pays d’adoption le Gabon qui, pour la première fois dans l’histoire des JO, aura ramené une breloque.
Anthony Obame, champion de taekwondo, a offert au pays la médaille d’argent qui a été à deux doigts de se transformer en or, le résultat final s'étant joué sur décision arbitrale.
Lorsqu’on sait le peu de moyen qui est donné aux athlètes gabonais pour se préparer aux diverses compétitions annuelles, ce résultat obtenu constitue un très grand exploit qu'Anthony Obame doit avant tout à lui-même et à personne d’autre, contrairement à ce que certains pseudo politicards de bas étages, chargés de la propagande locale, voudraient nous faire croire.

D’autre part, malgré le fait que cela ne concerne pas les grandes nations sportives, je voudrais soulever le problème de ce trop vieux système d’attribution des places au classement général des JO depuis leur existence.
Attribution qui ne reflète pas toujours le véritable poids sportif d’une nation sur l’échiquier des performances olympiques.
En effet, comme chacun le sait, il est accordé la priorité absolue au titre olympique et ce, au détriment du nombre global de médailles obtenues.
Cela signifie qu’un pays, hautement spécialisé dans une unique discipline, qui aura remporté 4 médailles d’or et rien d’autre, sera automatiquement classé devant une nation qui aura gagné 40 médailles dans de nombreuses disciplines mais seulement 3 en or.
Il y a là, pour certains pays, une injustice considérable.
C’est la raison pour laquelle, si on attribuait des points pour la couleur de chaque médaille avec par exemple 12 points pour l'or, 6 points pour l’argent et 3 points pour le bronze, il me semble que le classement final de certains pays serait plus en rapport avec la diversité des performances réalisées.
Dans ce domaine, il est malheureusement peu probable que les règles changent un jour et cela est fort regrettable, car en favorisant l'or à tout prix, on encourage certaines nations à se concentrer uniquement sur une ou deux disciplines pour cibler plusieurs médailles d'or et monter ainsi en flèche au classement général.
Les membres du CIO sont certainement plus enclins à accepter de changer les règles de sécurité d'une discipline, pour se plier aux exigences moyenâgeuses de certains pays, au poids sportif inexistant, qu'à revoir les modalités de classement général en vigueur aux JO.
Adieu Londres, bonjour Rio.

dimanche 5 août 2012

JO 2012 : Le foulard de la discorde


En acceptant, à la stupéfaction générale, le port d'un foulard ou d'un voile au cours de la participation d'une concurrente saoudienne dans la discipline du judo, dont les règles, pour des raisons de stricte sécurité, imposent à tout le monde de combattre tête nue, les membres du CIO auront donc ouvert une porte qu'il ne sera désormais plus jamais possible de refermer à l'avenir.
Une fois de plus, dans un contexte où le fanatisme religieux gagne chaque jour du terrain, on aura permis, après de multiples tractations, à l’obscurantisme d'imposer ses propres règles au détriment de celles qui existaient déjà.
Les exigences de l'Arabie Saoudite, dictature religieuse impitoyable et arriérée, qui se situe à la troisième place, derrière la Corée du Nord et l'Afghanistan, dans le classement de l'Index Mondial de Persécution des chrétiens dans le monde, auront donc triomphé.
(www.portesouvertes.fr/index-mondial-de-persecution/) 
Cette victoire, éminemment symbolique, d'une ampleur planétaire, montre que le radicalisme religieux a décidément de beaux jours devant lui depuis l'avènement des révolutions arabes que je croyais naïvement, voici encore quelques mois, destiné à apporter la liberté aux peuples opprimés.
Une jeune fille de 16 ans, simple potiche d'une propagande politico-religieuse orchestrée par son sinistre pays, aura ainsi défrayé, malgré elle, la chronique sportive des Jeux Olympiques de Londres 2012.
Ne maitrisant visiblement aucun des fondamentaux du judo, tant elle paraissait techniquement démunie face à son très modeste adversaire du jour, Wodjan Ali Seraj Abdulrahim Shaherkani aura donc été la première "athlète" féminine saoudienne de l'histoire olympique. 
Et son ridicule bonnet noir, qui a finalement remplacé le voile exigé, n'aura rien arrangé à un pitoyable numéro de cirque effectué sur le tatami, dont on pourrait sourire ou se gausser si celui-ci, pendant 82 secondes qui ont paru des heures, n'envoyait pas un message clair et significatif à tous ceux qui justifient leur tyrannie religieuse en prétendant agir au nom de Dieu.
On pourrait croire que la première participation d'une saoudienne à des Jeux Olympiques est une preuve du désir de l'Arabie Saoudite d'évoluer quant à sa manière de traiter la femme, mais il n'en est rien.
Ce semblant d'ouverture, intervenu après l’insistance des membres du CIO, a été transformé fort opportunément par les dirigeants saoudiens, en propagande islamique qui n'aura servi qu'à faire avancer la cause de l'intégrisme au sein de la communauté internationale. 
Un jour viendra où un pays comme l'Arabie Saoudite, à coups de milliards de pétrodollars, obtiendra l'organisation des Jeux Olympiques.
Cette perspective affolante est inéluctable.
Et ceux qui dirigeront le CIO à l'avenir, aussi inconscients qu'ils le sont actuellement, pour ne pas déplaire aux seuls vrais "représentants" de Dieu sur terre, accepteront sans nul doute que nos sportives soient dans l'obligation de porter elles mêmes le voile ou un bonnet pour cacher le sommet insultant de leur crane mais aussi un survêtement complet pour ne pas montrer leur corps musclé d'infidèles sans foi ni loi.
Et si une telle abjection devait survenir de mon vivant, j'espère avoir le courage de jeter, par la fenêtre, mon écran de télévision pour ne pas être tenté d'appuyer sur le bouton de l'infamie et du déshonneur.
Et de grâce, qu'on m'épargne les éternelles accusations de racisme et d’intolérance formulées inlassablement par les soi-disant bien-pensants invétérés, qui ne visent qu'à taire les vérités pour mieux paraître en conformité avec la bonne société dont la doctrine du "peace and love" est aussi dangereuse que celle qui vise à imposer des dogmes moyenâgeux au monde entier.
Lorsqu'un pays qui pratique régulièrement la lapidation et la décapitation, qui traite mieux ses dromadaires que les mères de ses enfants, qui interdit la moindre construction d'un édifice religieux autre que musulman, qui ne tolère, d'aucune sorte, la possession d'une bible ou d'un chapelet, sous peine de prison et de torture, parvient à imposer ses lois rétrogrades et indigestes, au nom de la tolérance universelle et de l’acceptation des différences, je ne peux ressentir qu'un sentiment de profond malaise. 
Je ne terminerai pas sans éprouver une grande compassion pour une gamine innocente de 16 ans, manipulée sous les feux de l'actualité par des individus sans scrupules, avec la complicité active de certains membres parasites du CIO, et qui n'a certainement pas plus d'arguments que moi à faire valoir en matière de judo de haut niveau.

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