jeudi 21 juin 2012

Législatives 2012 : La logique a été respectée


C'est sans surprise que la gauche, dans l'élan de l'élection présidentielle, a remporté les législatives de 2012.
Avec 316 députés sur 577, le PS détient la majorité absolue à lui seul à l'Assemblée nationale.
Ce résultat lui permet ainsi de gouverner sans l'appui de ses alliés.
Les français, qui ont agi en totale cohérence avec leur choix présidentiel, ont donc donné à François Hollande tous les moyens pour exercer son pouvoir.
On peut parler de véritable sans faute de la gauche puisque les 24 ministres candidats à ces élections ont tous été élus.
C'est donc une véritable vague rose au sein de l'Assemblée qui voit l'UMP, avec seulement 209 députés élus, rentrer dans le rang pour se positionner dans son nouveau rôle d'opposition républicaine qu'elle espère forte malgré ses déboires et les claques reçues.
La seule ombre au tableau est le faible taux de participation des français au second tour de ces élections législatives.
Avec 56,29% de votants dimanche dernier, jamais auparavant les électeurs n'avaient délaissé ce type de scrutin depuis la création de la Ve République.
On peut évoquer une véritable "désertion", même si on se doute bien que de nombreux électeurs de tout bord, pour qui la victoire de la gauche était pratiquement acquise, ont préféré vaquer à leurs occupations habituelles du week-end, plutôt que de se rendre aux urnes.
La droite, largement défaite, trouvera certainement en cette désaffection du peuple des arguments pour modérer la victoire de la gauche, afin de mieux avaler une pilule qui sera difficile à digérer.
Mais il faut tout de même en convenir, au cours de ces nouvelles législatives, on a constaté une encore une fois que le premier parti de France était l'abstention.
La proximité de l'élection présidentielle qui vient juste avant les législatives demeure un handicap certain.
Les français faisant montre de lassitude, ont exprimé un raz le bol à l'idée de retourner en masse aux urnes, sachant qu'inévitablement, dans ce cas précis de figure, le président de la République se voit toujours conforter dans ses pouvoirs.
Aussi, on ne peut évoquer ces élections législatives sans revenir sur les défaites de certaines grandes personnalités bien connues de la sphère politique.

Ségolène Royal, qui espérait une victoire à La Rochelle qui l'aurait sûrement propulsée sur le perchoir de l'Assemblée nationale, sort meurtrie d'un défaite qu'elle doit à un candidat rebelle du PS qui a refusé de se désister en sa faveur.
Pour elle, le coup est très rude et sans doute aura t'elle beaucoup de mal à s'en remettre politiquement après plusieurs défaites successives, que ce soit à la présidentielle de 2007 ou lors de sa candidature aux primaires socialistes en 2011 pour tenter de remettre le couvert en mai 2012.
Son dépit et sa déception étaient touchants.

François Bayrou, déjà bien esseulé après avoir indiqué, contre toute attente, qu'il voterait pour François Hollande au second tour de la présidentielle, a été battu par une candidate socialiste, en triangulaire, dans sa propre circonscription béarnaise .
Pour lui, l'avenir s'annonce également bien sombre et sa fameuse "trahison" restera comme un fardeau très lourd à porter.
Quelque part, il y a une justice immanente !

Jean-Luc Mélenchon aura pris un risque énorme en tentant de poursuivre son duel présidentiel avec Marine Le Pen à Hénin-Beaumont où il s'y est parachuté du jour au lendemain.
Son succès inattendu au cours de la campagne présidentielle, qui a vu sa notoriété exploser,  lui aura fait perdre toute lucidité, au point d'engager, la fleur au fusil, le combat de trop.
Sa défaite a été cinglante, voire humiliante et l'aura certainement recadré à une place plus en rapport avec son poids politique.
Pour lui, j'oserai dire que la récréation est terminée !

Marine Le Pen, battue d'extrême justesse à Hénin-Beaumont, est certainement celle qui, parmi les grands candidats défaits, s'en sort le mieux.
La présidente du FN peut tout de même s’enorgueillir du retour des membres ou sympathisants de son parti à l'Assemblée nationale après 15 années d'absence, confortant ainsi sa stratégie de campagne présidentielle qui aura porté ses fruits.
Sa défaite à Hénin-Beaumont gardera tout de même un goût amer, car elle s'est jouée seulement sur 118 voix.
D'autre part, on pourra regretter, la présence mystérieuse de ces tracts pitoyables qui ont circulé contre Jean-Luc Mélenchon, que Marine Le Pen a cautionné et sans doute instrumentalisé, montrant ainsi une image indigente de la politique.
  
Quoiqu'il en soit, je demeurerai toujours opposé à ce mode de scrutin, dit système uninominal majoritaire à deux tours, qui règlemente les élections législatives.
Ce système remis en vigueur, par Jacques Chirac, alors que François Mitterrand l'avait supprimé, a été pensé uniquement pour favoriser les grands partis politiques ou ceux qui y sont très étroitement liés, au détriment des partis autonomes de moindre importance.
Il me semble totalement anormal, pour ne pas dire anti-démocratique, que le FN qui a représenté 13,7% de l’électorat au 1er tour des législatives, n'obtienne que 0.5% des sièges à l'Assemblée.
Il en est de même pour le Front de gauche qui, avec 7% des voix obtenues au 1er tour, ne recueille que 1,7% des sièges.
A l'inverse, comment expliquer qu'un parti insignifiant comme le PRG (Parti radical de gauche) qui a obtenu 1.6% des suffrages exprimés, parvienne à s'approprier 13 places à l'Assemblée, soit 2,3% des sièges ?
Il y a là un non sens qui m'échappe et je souhaiterai vivement qu'une réforme soit apportée à cette anomalie qui fait quelque peu tâche au sein de notre démocratie, afin de revenir au système de scrutin de la proportionnelle intégrale.
Il me semble qu'une répartition des sièges entre partis, plus conforme à leur poids au sein de l’électorat, serait infiniment plus représentative des aspirations des français.
Cela éviterait les petits arrangements entre partis alliés et certaines aberrations qui donnent à l'Assemblée nationale un contour plus ou moins déformé et somme toute inexact quant aux réelles sensibilités politiques des électeurs.
Il faut savoir que dans le mode de scrutin à la proportionnelle intégrale, le FN aurait obtenu, aux législatives de 2012, 85 sièges à l'Assemblée au lieu de 3 et le Front de gauche 30 sièges au lieu de 10.
Or, ces résultats correspondraient bien plus à la réalité sur le terrain et donc au choix républicain des français.

Quant à l'avenir proche, celui-ci nous éclairera sur les véritables capacités de François Hollande à utiliser le pouvoir quasi absolu dont il dispose désormais après ces législatives.
Ce dernier l'a obtenu à la régulière, sans aucune contestation possible et il faut espérer pour la France qu'il saura en faire bon usage pour sortir le pays d'une crise âpre qui continue de sévir, avec certes moins de violence.
N'ayant pas voté pour Monsieur Hollande à la présidentielle ni pour un représentant de son parti aux législatives, je trouve néanmoins logique que le nouveau président de la République détienne toutes les armes pour diriger le pays.
Cela était également le cas en 2007, juste après l'élection de Nicolas Sarkozy.
Une cohabitation ne pourrait être que gravement contre-productive, nuirait aux intérêts de la France et lui imposerait une situation instable, à la limite de l'ingérable.
La droite aura donc 5 années pour tenter de reprendre des couleurs, actuellement fades et délavées.
Il serait bon, pendant cette longue période de vaches maigres, après avoir analysé les raisons de ses défaites, qu'elle procède au ménage chez elle en se débarrassant de quelques personnages qui auront véhiculé une image négative de l'UMP et sans doute contribué à précipiter sa perte.

lundi 18 juin 2012

Thierry Roland : "LA" voix du football s'en est allée


Une figure historique des commentaires sportifs à la télévision, témoin des moments clés de l'histoire du football, nous a quittés.
Sa voix familière ne résonnera plus jamais dans les nombreux foyers où le ballon rond tenait une place prépondérante.
Après avoir commenté plus 1 300 matchs, 13 coupes du monde et 9 championnats d'Europe, sur 57 années de carrière, Thierry Roland a donc rejoint la grande prairie.
Beaucoup d'amateurs du sport en général et du football en particulier éprouvent une émotion chargée de tristesse et de regrets.
Un grand Monsieur de l'univers footballistique a donc tiré sa révérence.
A l'occasion de l'Euro 2012, il devait reformer ce duo mythique que tout le monde connaissait, avec son acolyte Jean-Michel Larqué, mais le destin en aura décidé autrement.
Sa disparition au milieu du déroulement de cet Euro reste un symbole très fort, alors que sa santé précaire aura sonné le glas de ses espoirs de commenter à nouveau les péripéties d'une grande compétition de football.
Au moins, Thierry Roland sera parti heureux et soulagé, en appréciant une dernière fois les performances trop longtemps attendues de l'équipe de France de football qui aura enfin renoué avec la victoire dans une phase finale d'un tournoi majeur.
Mais comment ne pas se souvenir de ses nombreuses phrases et expressions qui auront nourri la polémique ou fait sourire la France entière ?
Celles-ci sont indissociables d'un personnage controversé, souvent franchouillard, moqueur, parfois cruel mais toujours sincère.
Elles resteront inoubliables et représentent le caractère intrinsèque d'un homme entier, qui alliait l'humour à la maladresse, l'émotion à la colère avec une spontanéité hors du commun.

"Monsieur Foote, vous êtes un salaud" (Bulgarie-France 1976)
"Il ne se sert de son pied gauche que pour monter dans le car"
"Il a été fauché comme un lapin en plein vol"
"J'ai rarement vu un trio de nulos pareil...Faudrait les empailler ceux-là"
"C'est un penalty très bien placé"
"Il faudrait que ça se débride" (Japon-Croatie)
"Le ballon est allé dans le zig et lui est allé dans le zag"
"Il n'a pas fait le voyage pour rien" 
"Il n'y a rien qui ressemble plus à un coréen qu'à un autre coréen, d'autant plus qu'ils mesurent tous 1m70" (Corée du Sud-France)
 "Il y a deux Lee sur le terrain, on va pouvoir faire une chambre" (Corée du Sud-France)
"Attention aux joueurs de la Serbie Monténégro, parce que dans le jeu aérien, ils ne sont pas manchots"
"Ces deux-là ne passeront pas leurs vacances ensemble"
 "Pour les marocain, le couscous est cuit"
"Je crois qu'après avoir vu ça, on peut mourir tranquille ! Enfin le plus tard possible..Ah c'est super ! Quel pied ! Oh putain" (Victoire de la France en coupe du monde 1998)

Et le fameux "tout à fait Thierry" de Jean-Michel Larqué restera lui aussi mémorable.

Thierry Roland n'étant pas exempt de reproches dans ses commentaires ou ses réactions, habité par un caractère bien trempé, il ne faisait pas l'unanimité et il se trouvait inévitablement des gens qui ne l'aimaient pas et le détestaient, tant dans les médias que dans l'opinion publique.
Sans doute est-ce la raison pour laquelle certains n'auront pas compris les torrents d'éloges qui auront inondé les médias ce week-end dernier.
J'avais moi même, à plusieurs reprises, trouvé quelques uns de ses propos peu conformes à la déontologie journalistique.
Ceux-ci, qui n'avaient pas leur place dans un match de football, lui auront joué quelques mauvais tours, s'attirant un concert de critiques plus ou moins justifiées.
Ses débordements, ses égarements n'enlevaient cependant rien à la qualité d'un homme passionné de sport depuis sa plus tendre enfance et d'une gentillesse extraordinaire lorsqu'il se retrouvait en privé avec ses amis.
Son chauvinisme, à la limite d'un nationalisme acéré, était quelque peu hors d'âge mais à une époque où les couleurs du drapeau national ne représentent plus les mêmes valeurs qu'autrefois, où chanter la Marseillaise apparaît d'une affligeante ringardise, il est bon de se souvenir de ce petit bonhomme par la taille, si grand dans l'éloquence, qui était profondément imprégné par un amour inconditionnel de la France.
Oui, j'ai aimé cette époque où Thierry Roland aura traversé les instants sacrés du football, en sublimant certains matchs de ses commentaires pas toujours bien avisés mais ô combien drôles et rafraîchissants, dans un univers où les non-dits et l’hypocrisie sont traditionnellement de rigueur.
Mais Thierry Roland n'était pas seulement un commentateur de rencontres de football à la télévision.
Pour les passionnés du ballon rond, il fut un temps où le dimanche était un jour sacro-saint, très éloigné de celui du Seigneur.
La célèbre émission sur TF1, "Jour de foot" qu'il aura animé, au début des années 90, près de 440 fois jusqu'en 2004, et permis de s’insérer dans la culture populaire des français, reste sans aucun doute son plus beau "bébé" au cours de sa longue carrière.
Ce samedi 16 juin, le football français a perdu l'un de ses derniers dinosaures, véritable mastodonte du journalisme sportif.

lundi 11 juin 2012

Euro 2012 - Les chances de la France



L’Euro 2012 est commencé depuis 3 jours et nous avons déjà assisté à quelques matchs de très haute facture.
Cela laisse présager des grands moments de football en perspective où les principaux favoris que sont l’Espagne, l’Allemagne, la Hollande, voire l’Italie devront être à 100% de leurs moyens pour parvenir dans le dernier carré, car j’ai la conviction que le niveau de la compétition sera très relevé.
Quand à l’équipe de France, les supporters des bleus s’interrogent sur ses réelles possibilités, la qualification pour la phase finale, dans un groupe très faible, ayant été acquise dans la douleur après des matchs de qualité médiocre à moyenne.
Beaucoup espèrent un renouveau, une rédemption, après le scandale de Knysna en Afrique du Sud qui restera à jamais gravé dans l’histoire du football français comme une terrible infamie.
Pour ma part, j’ai toujours en travers de la gorge ces péripéties douloureuses et amères et je ne parviens toujours pas à accepter que des joueurs ayant sali l'honneur de leur pays, devant les médias du monde entier, soient encore présents en équipe de France alors qu’ils devraient y être bannis à vie.
Le fait même d’observer ces sinistres personnages porter le maillot bleu m’est insupportable et j’ai le plus grand mal à ne pas ressentir un sentiment de dégoût profond chaque fois qu’ils apparaissent sur un écran de télévision.
Cela ne m’empêchera pas de rendre un hommage particulier au sélectionneur Laurent Blanc qui sera tout de même parvenu à redonner vie à une équipe tombée en flammes lors d’un triste été 2010 et qui, peu à peu, renaît de ses cendres.
Il lui aura fallu beaucoup de courage pour se présenter devant une ruine immonde et la transformer, au fils des mois, en une équipe capable d’évoluer sur un terrain de football avec un minimum de décence et de discipline.
Je comprends naturellement les espoirs des français de voir les bleus briller dans cette nouvelle compétition mais je pense que la meilleure chose que l’on puisse espérer, si tant est qu’il soit possible de croire en des évènements positifs, est qu’elle parvienne à passer la phase de poule pour se hisser en quarts de finale de cet Euro 2012.
Ce résultat tiendrait pour moi du miracle et, compte tenu du niveau de jeu que les bleus ont proposé depuis 2 ans, constituerait une excellente performance, véritablement inattendue.
Aller encore plus loin, n'est en aucune manière envisageable, même si en football, tout peut arriver. 
Les victoires surprises du Danemark à l'Euro de 1992 et de la Grèce à celui de 2004, en sont une preuve irréfutable.
Personnellement, je n’attends strictement rien d’une formation dont la qualité de jeu est ennuyeuse à mourir et dont les talents sont trop rares pour que le moindre espoir de vibrer s’insinue dans mes pensées.
A cet effet, le premier rendez-vous de ce soir donnera une indication précise sur les chances de cette équipe de France de réaliser un bon Euro.
Je ne vais pas jouer les oiseaux de mauvais augure alors que les bleus ont aligné 21 matchs sans défaite mais je ne vois pas la France battre l’équipe d’Angleterre, même si celle-ci sera très diminuée par de nombreuses absences.
A mon sens, il se profile à l’horizon, au mieux un score de parité, du style 0-0, et je ne crois pas qu’il faille espérer le moindre beau jeu qui laisserait croire qu’on a retrouvé une esquisse de cette équipe tricolore, jadis craint par les grandes nations du football.
Je souhaiterais tant néanmoins me nourrir d’espoir pour, à défaut de victoire finale, rêver à nouveau d’un football chatoyant et de talents retrouvés.
Et l’ombre de Zizou ne cesse de planer à chaque rencontre qui se déroule pour nous transporter dans un passé où la nostalgie des jours heureux brise encore plus notre cœur, toujours meurtri par les cicatrices indélébiles de Knysna.
Mais comment pardonner cette si grande déchirure qui a vu des joueurs milliardaires "déféquer" sur le drapeau national ?