mercredi 30 mai 2012

Eric Zemmour, ce chroniqueur qui dérange les adeptes du politiquement correct



Après sa critique acerbe sur le nouveau garde des Sceaux, Christiane Taubira, dans sa chronique quotidienne du 23 mai dernier sur RTL "Z comme Zemmour", Eric Zemmour se retrouve une nouvelle fois au centre d'une polémique où la chasse aux sorcières bas son plein.
Le chroniqueur a pour habitude de véhiculer des opinions souvent dérangeantes pour les prétendus bien-pensants de la société qui, sous le couvert d'associations contre le racisme, de partis politiques, ou de différents médias, rivalisent de grands mots pour s'offusquer, s'indigner, se décréter scandalisés et finalement pour condamner lourdement le "petit canard boiteux" qui n'entre pas dans le cadre strictement vertueux de certains principes moraux qui étouffent la liberté d'expression.
Ceux qui connaissent Eric Zemmour et qui suivent régulièrement ses chroniques ou ses diverses autres interventions médiatiques, savent parfaitement que l'homme ne s'est jamais embarrassé du langage pompeux et conventionnel qui sied à tout bon journaliste désireux de rester dans le droit chemin, à savoir que dès lors qu'il s'agit de sujets sociaux éminemment sensibles, tout le monde se réfugie dans le royaume de l'hypocrisie pour éviter les coups de bâton assurés.
Or, Eric Zemmour n'a jamais fait dans la dentelle ni la bienséance.
Aussi discutable que peuvent être ses propos, qu'on aime ou qu'on déteste le personnage, c'est justement son style controversé qui a fait son succès et il sait en jouer.
Dans cette fameuse chronique du 23 mai, Eric Zemmour exprimait sont désaccord sur l'attitude de Madame Taubira qui, en quelques jours, aurait choisi "ses victimes, ses bourreaux. Les femmes, les jeunes des banlieues qui sont dans le bon camp à protéger, les hommes blancs qui sont dans le mauvais".
Zemmour persiste dans son attaque contre Christianne Taubira où, selon ses dires, elle ferait preuve de compassion et de compréhension pour "ces pauvres enfants qui volent, trafiquent, torturent, menacent, rackettent, violentent, tuent aussi parfois". 
D'autre part le chroniqueur, au nom d'une féminisation de la société qu'il dénonce, reproche à Christiane Taubira son souhait de faire voter une nouvelle loi sur la répression du harcèlement sexuel.
Ceci, après la censure du Conseil constitutionnel sur la législation précédente, jugée trop floue, juste avant le second tour de l'élection présidentielle.
Cette attaque contre le garde des Sceaux a donc entraîné de véritables procès en sorcellerie, dignes de la période de l'inquisition.
Il est d'ailleurs heureux qu'on n'envoie plus les gens sur le bûcher, auquel cas, Eric Zemmour y aurait brûlé depuis fort longtemps. 
Il est évident que certains propos d'Eric Zemmour méritent la critique.
Je pense particulièrement à sa position sur la féminisation de la société qui révèle un personnage machiste mais en aucun cas les accusations formulées contre sa rubrique quotidienne, jugée haineuse et raciste, ne sont justifiées.
La nouvelle politique pénale de Madame Taubira apparaît à mes yeux comme un angélisme malsain puisqu’en décidant de supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs, elle ouvrent une porte à la culture systématique de l’excuse, chaque fois qu'une de ces petites raclures, quelques soient ses origines ou l'endroit où il vit, sera interpellée pour des délits multiples et répétées.
Les nouveaux déboires d'Eric Zemmour avec des associations qui prétendent lutter contre le racisme ou avec des gens appartenant à des partis politiques qui se veulent républicains, me conduisent à formuler plusieurs observations.
Dans un pays où la liberté d'expression est régulièrement remise en question par les défenseurs d'une pensée monolithique, où il est de plus en plus courant de se retrouver devant les tribunaux pour délit d'opinion, on ne peut s'étonner de constater que de plus en plus de gens égarés, se sentent proches de certains partis extrémistes dans lesquels ils trouvent une sorte de réconfort, une forme de protection morale et psychologique. 
Dans un pays où l'élection d'un président de la République fait soulever, plus de drapeaux étrangers que de drapeaux français, dans un lieu de surcroît rempli de tant de symboles qu'est la place de la Bastille, que lors de la campagne de certains candidats, on a entendu bien plus souvent entonner l'International que la Marseillaise, il n'est pas surprenant de remarquer que certaines personnes, dont l'instruction n'est pas la qualité première, expriment des craintes, souhaitent le repli sur soi et développent des idées nationalistes.
Dans un pays où certains quartiers de banlieues sont devenus de véritables zones de non droit où la police a pour principale instruction de ne surtout pas faire de vagues, où les pompiers et les médecins sont caillassés ou rackettés, où chaque jour la peur fait se tordent les tripes, on peut comprendre que les faibles aspirent à des changements radicaux, peu compatibles avec la tradition d'accueil de la France et ce, dans l'espoir unique d'une vie tout simplement plus apaisée.
Qu'on ne s'y trompe pas, je ne cherche pas à défendre ici les écarts de langage et encore moins des discours qui porteraient atteinte à la dignité humaine, mais si des vérités, aussi désagréables soient-elles, sont automatiquement rangées dans la colonne "raciste" ou "xénophobe", pour parvenir au but ultime d'en annihiler la teneur, qu'en est-il de la libre circulation de la diversité des opinions, qui est un élément fondamental à la bonne santé d'une démocratie ?
Quant à SOS Racisme ou le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) qui ont porté de lourdes accusations contre Eric Zemmour et qui se disent scandalisés par ses propos, je ne me souviens pas que ces associations se soient montrées consternées par certains rappeurs qui, dans ce qu'on a le plus grand mal à appeler une chanson, insultent continuellement la France.
Je n'ai jamais constaté d'indignation lorsque des jeunes de banlieues ont brûlé le drapeau français ou sifflé la Marseillaise, ou encore lorsque certains humoristes étaient accusés de proférer des paroles racistes contre quelques minorités très influentes du pays.
Il est bien difficile de donner foi aux allégations de ces organisations qui ont pour vocation de lutter contre le racisme mais qui cultivent avec beaucoup de talent l'indignation sélective.
Nous le savons tous, Eric Zemmour n’est pas un saint homme mais il reste entièrement dans son rôle de polémiste et de chroniqueur dans les propos qu'il a employés.
Ce ne sont pas ses idées que je défends mais son droit à les exprimer en toute liberté.
Et le devoir de ceux qui les contestent n'est pas de porter des accusations à tout va mais de contredire celles-ci par une expression intellectuelle, orale ou écrite, sans pour autant instaurer un climat qui consiste à établir systématiquement un procès d'inquisition contre le personnage.
A ce rythme là, le fait que Madame Taubira, soit une personne de couleur va peu à peu l’exonérer de toute critique, de peur que les habituelles accusations de racisme et de xénophobie ne tombent comme la foudre sur le malheureux qui osera afficher la moindre opinion négative à son égard.
J’espère sincèrement qu’Eric Zemmour continuera d’exprimer librement ses idées dans les médias, malgré les coups de fusil qui partent dans tous les sens, ne serait-ce que pour envoyer un bras d’honneur à ces pourfendeurs de la liberté d'expression, ces sinistres disciples de la pensée unique qui voudraient épurer le pays de toute forme de contestation et de dénonciation visant à apporter une lumière personnelle sur la face cachée de notre société décidément bien malade.
Force est de reconnaître que la France dispose elle-même de ses propres "barbus" dont l’obscurantisme primaire doit être rigoureusement combattu par "la plume et le papier". 
Et le meilleur moyen de lutter est de continuer de projeter ses idées en laissant les chiens aboyer.

mercredi 16 mai 2012

L'inexplicable disparition de la chronique de Jean-Baptiste Placca sur RFI



Radio France International (RFI) aura donc décidé, à la grande surprise de ses nombreux auditeurs, de supprimer la fameuse chronique de Jean-Baptiste Placca que chacun pouvait écouter, pendant près de 3 minutes, la samedi matin depuis novembre 2007.
Régulièrement, Jean-Baptiste Placca nous enrichissait de ses analyses et de ses réflexions souvent acerbes mais ô combien pertinentes sur l'actualité africaine.
Les sujets, divers et variés, dénonçaient les influences et les intérêts politico-économiques des grands personnages ou prétendu comme tel, les conséquences de la corruption ou des usurpations de pouvoir, les méthodes douteuses de la France mais aussi évoquaient les bienfaits de la démocratie et de certaines actions salvatrices pour le continent.
Les chefs d'états africains exprimaient régulièrement leur courroux auprès de RFI car, chacun le sait parfaitement, toute vérité n'est que rarement bonne à dire.
Etonnament, c'est après sa chronique sur le drame scandaleux de l'explosion du dépôt de munitions installé au milieu de la population dans la capitale Congolaise, Brazzaville, le 4 mars dernier, que Jean-Baptiste Placca s'est vu signifier l'arrêt de celle-ci à compter du 13 mai 2012.
Cette chronique incendiaire entendue sur les ondes le 10 mars, dont le titre était :
"Un peuple piégé par ses propres dirigeants", aurait fortement déplu au dictateur en place.
Et la menace de fermeture de l'émetteur de RFI au Congo, juste après la diffusion de l'article de Jean-Baptiste Placca, ne semble pas être une simple coïncidence, comme cherche à nous le faire croire la radio française.
On suppose, mais cela ne reste qu'une simple supposition, que l'homme fort du régime local serait intervenu auprès de ses relations parisiennes pour que des représailles soient engagées contre le journaliste qui "sévissait" depuis trop longtemps chez RFI.
La plupart des gens qui écoutaient cette chronique très populaire et qui était régulièrement reprise par de nombreux journaux africains et certains médias français très connus, regrettent amèrement cette suppression, ne la comprennent pas et demandent des explications à RFI qui s'enferme dans un silence coupable et assourdissant ou évoque un changement de la grille des programmes, raison fallacieuse qui ne trompe personne.
Quant au sujet qui aurait déclenché l'arrêt de la chronique, l'explosion de la poudrière de Brazzaville, cette tragédie aurait fait beaucoup plus de victimes que ne l'indique la version officielle et ne serait pas forcément un accident comme on voudrait le faire croire à l'opinion publique.
Mais de cela, RFI ne dit rien, sans doute faute de preuves mais surtout par manque de courage.
Quand on sait que le Congo, immensément riche grâce à la manne pétrolière, indépendant depuis 1960, ne dispose que de quelques misérables hôpitaux gravement sous-équipés, que depuis plusieurs décennies, l'eau, le minimum vital à la vie, est une denrée rare sur tout l'étendue du territoire, que l’électricité accuse des défaillances quotidiennes insupportables, on peut se faire une idée assez précise sur la valeur morale et le sens du patriotisme de l'individu qui préside aux destinées d'un pays où, pendant 33 ans, il aura fait régner sa loi en fonction de ses intérêts personnels et de ceux des charognards milliardaires blancs, jaunes et noirs qui se sont goulûment engraissés des miettes qu'il aura "généreusement" bien voulu leur laisser.
Le fait qu'il soit plausible qu'un journaliste de talent comme Jean-Baptiste Placca ait été congédié pour le bon plaisir d'un chef d'état corrompu jusqu'à la moelle est insupportable.
Mais le plus intolérable dans cette triste affaire, est qu'une radio qui se veut mondiale et qui se prétend indépendante, ait pu éventuellement recevoir ses ordres d'un roitelet totalement déconnecté des réalités de son pays, infiniment plus intéressé par son image que par le bien-être de son propre peuple.
Et je me demande aujourd'hui quel crédit désormais apporter aux informations africaines véhiculées par RFI dont les sérieux soupçons de capitulation, devant le diktat d'un pitoyable despote, sont une honte pour l'ensemble des médias français.
La porte qui mène aux violations constantes de la liberté d'expression s'est de nouveau ouverte et RFI, par son comportement, a probablement remis les clés de la serrure aux tyrans du continent africain.
Merci, en tous les cas, à Jean-Baptiste Placca, que j'aurais tant aimé côtoyer, pour toutes ces vérités qui nous ont régulièrement éclairés sur la nature humaine mais aussi, à RFI, et oui, pour nous avoir permis de croire, pendant près de 5 ans, qu'il était possible de dénoncer impunément les nombreuses infamies perpétrées par certains puissants salopards de la planète, au détriment de ceux qui souffrent et qui n'ont que très peu d'espoir de voir leur sort s'améliorer.
Le ton de sa chronique, unique en son genre, était rafraîchissant à souhait et démontrait régulièrement aux yeux de tous, que l'homme reste un irréductible prédateur pour ses semblables.
Et le type là-bas qui gouverne le pays de mon enfance en est un pur exemple.

http://www.rfi.fr/emission/20120310-congo-peuple-piege-propres-dirigeants



mardi 8 mai 2012

François Hollande, nouveau président de la République française




François Hollande, le candidat du parti socialiste, a été élu président de la République avec 51.62% des suffrages exprimés contre 48.38% pour son adversaire, le président sortant Nicolas Sarkozy.
Le peuple français, dans sa majorité, a donc choisi de changer le capitaine du vaisseau France et d'emprunter un autre cap.
Quelques soient les sensibilités politiques des uns et des autres, il convient d'en respecter les principes, la démocratie, dans ce quelle a de plus pur, s'étant strictement appliquée.
Et dans cette logique républicaine à laquelle je reste profondément attaché, malgré le fait que je n'ai pas voté pour Monsieur Hollande, je lui souhaite bonne chance devant l'immensité de la tâche qui l'attend.
Dans l'intérêt de la France, je formule le vœu sincère que les projets qu'il se propose de mener soient couronnés de succès.
J'ose croire qu'il saura également accepter les éventuels compromis que pourraient exiger certaines situations délicates tant sur le plan national qu'international.
Une importante page politique de la France se tourne donc et, pourquoi devrions-nous le nier, l'alternance qui s'en suit confirme la bonne santé de la démocratie.
Le nouveau président de la République entrera en fonction officielle le 15 mai prochain.
Il nommera le même jour son premier ministre qui formera le gouvernement et son agenda, à compter de cette date, sera très chargé.

Sur la scène internationale, qui n'a pas été un grand sujet de conversation dans la campagne présidentielle, comme le veut la coutume, François Hollande effectuera sa première visite à l'étranger en Allemagne où il sera reçu par la chancelière Angela Merkel.
On se doute que le souhait de vouloir renégocier le pacte budgétaire européen, qui a déjà été accepté par son prédécesseur, sera un point de divergence essentiel entre lui et la chancelière.
Les négociations seront âpres mais auront peu de chance d'aboutir, l’intransigeance allemande sur ce dossier étant vive.
François Hollande  se rendra ensuite aux Etats-Unis, pour assister au sommet du G8 et dans la foulée, participera à celui de l'Otan.
Monsieur Obama, qu'il rencontrera à plusieurs reprises, se chargera sûrement de lui rappeler les engagements de la France quant au retrait des troupes françaises en Afghanistan. 
Il faut espérer à cet effet que François Hollande comprendra tous les problèmes logistiques et sécuritaires qu'imposerait un retrait précipité et qu'on ne peut pas revenir, d'un revers de main, sur la parole de la France dont la crédibilité serait alors gravement compromise.
En juin prochain, il devra assister au G20 au Mexique où il sera principalement question du rééquilibrage de l'économie mondiale.
Au cours de ces différents sommets tous importants, les dirigeants du monde qui observeront attentivement les faits et gestes de François Hollande, auront une idée plus précise de la personnalité du nouveau président français qu'on ne manquera pas de comparer à celle de Nicolas Sarkozy.

Sur le plan national, Monsieur Hollande s'est engagé à procéder à de nombreuses réformes et à défaire plusieurs "mesures Sarkozy".
Il est trop tôt pour polémiquer sur les bons ou les mauvais choix des changements qui vont intervenir.
Je n'ai jamais souscrit aux idées de Monsieur Hollande qui me semblent rétrogrades et hors du temps.
J'ai la conviction qu'il a vendu aux français du rêve en les éloignant de la réalité et qu'il a parfaitement su profiter de la défiance qui existait envers son adversaire.
Son élection à la présidence de la République restera avant tout pour moi un vote sanction contre la personne de Nicolas Sarkozy, bien avant un vote d'adhésion à sa politique.
Cependant, je n'ai pas l'intention, de suivre la stratégie de critiques systématiques de la nouvelle opposition à laquelle j'estime appartenir désormais.
Avant d'apprécier les actions de Monsieur Hollande, je préfère lui laisser le temps de mettre en œuvre ses projets pour la France.
J'entends donc forger mon opinion au fur et à mesure des réussites et des échecs à venir.
Je ne jouerai pas les anti Hollande primaires comme on a vu trop souvent tant d'anti Sarkozy à l'esprit sectaire, qui se sont drapés dans une permanente mauvaise foi et qui ont manié l'insulte sans vergogne.
J'ai toujours pensé que le meilleur moyen de demeurer crédible dans l'expression de ses opinions était de toujours se montrer impartial, en encourageant les actions qui paraissent justes et en dénonçant celles qui semblent inappropriées ou contre productives. 

Quant au vaincu de cette élection présidentielle, Monsieur Nicolas Sarkozy, j'ai été ému par la qualité de son discours, reconnaissant sa défaite et félicitant François Hollande pour sa victoire.
Par les mots qu'il a employés, il a montré une grande dignité et a prouvé qu'il était un MONSIEUR.
Je n'ai pas toujours été en accord avec ses actions, ni ses idées mais je regrette sincèrement et amèrement son départ.
J'ai désormais peur pour l'avenir de mon pays alors que malgré les tempêtes passées, j'ai toujours été convaincu qu'avec Nicolas Sarkozy, la France avait les meilleures chances de son côté.


jeudi 3 mai 2012

Présidentielle 2012 : Francois Hollande, encore plus proche de la victoire après le débat du second tour



Après les résultats du premier tour qui ont confirmé les nombreux sondages en faveur de François Hollande, Nicolas Sakozy est apparu affaibli, dans une position extrêmement délicate pour remporter l'élection présidentielle de 2012.
La victoire du candidat socialiste et le manque criant de réserves de voix l'obligeait à remporter de manière éclatante le fameux débat du second tour.
L'enjeu était donc d'une importance vitale pour l'avenir politique de Nicolas Sarkozy qui devait à tout prix démontrer que les projets de François Hollande étaient flous, peu cohérents et ne reposaient sur aucune expérience passée.
Un KO technique s'imposait donc pour réussir à réaliser un véritable tsunami électoral.
Si tout le monde se doutait que Nicolas Sarkozy avait peu de chances de changer la donne sur un seul débat, beaucoup d'entre nous auront avoué leur surprise quant au comportement et à l’attitude de François Hollande au cours de ces presque 3 heures de confrontation sans concessions.
Contre toute attente, François Hollande aura étonné tous ceux qui pensaient, et moi le premier, qu'il n'avait pas les épaules assez larges pour rivaliser avec Nicolas Sarkozy dans une confrontation directe, de longue durée.
Le but principal de François Hollande, dans ce duel, était de montrer qu'il avait la stature présidentielle, tout en attaquant Nicolas Sarkozy sur le bilan de son quinquennat.
Ainsi, il sera parvenu à dévoiler, aux yeux de la France entière et du monde, une qualité d'orateur posé et réfléchi et un caractère déterminé, d'une grande pugnacité.
Par la même occasion, il aura prouvé qu'il possédait indéniablement les capacités morales et psychologiques pour accéder à la fonction suprême, marquant de ce fait des points précieux sur le plan de l'image.
Depuis le début de sa campagne, François Hollande accusait un déficit important dans ce domaine et il l'aura en grande partie comblé hier soir.
Son ton résolument offensif, voire agressif, dans le bon sens du terme, n'aura pas permis à Nicolas Sarkozy de mettre en œuvre toute la panoplie de l'éloquence que nous lui connaissions habituellement et d'espérer ce fameux KO dans les cordes.
Régulièrement, au cours du débat, François Hollande aura réussi à harceler son adversaire sur le bilan de son quinquennat, obligeant Nicolas Sarkozy à montrer ici et là une posture un peu trop défensive.
Il est certain que lorsqu'on n'a soit même aucun bilan à présenter, il est plus aisé de focaliser l'attention générale sur les résultats négatifs de l'adversaire qui lui, était pourtant réellement présent sur le champs de bataille pendant 5 années.
Et François Hollande a parfaitement su se servir de cet avantage évident pour adopter et asseoir sa tactique afin de contrer les attaques du président sortant.
Bien-sûr, Nicolas Sarkozy a répondu du tact au tac, les adversaires se rendant coup pour coup, mais le fait qu'il n'ait pas réussi à mettre François Hollande en grande difficulté sur son programme ne peut être considéré que comme un échec face à un candidat socialiste remarquablement préparé au combat.
Certes, le candidat socialiste aura tout de même montré quelques imprécisions, notamment sur le thème de l’immigration, sur la réduction de la dette et sur le prétendu retrait de la France en Afghanistan à la fin de l'année 2012, mais ces quelques moments de faiblesse ne sauraient donner le moindre avantage probant à Nicolas Sarkozy au cours de ce face-à-face.
Quant à la qualité du débat en lui même, nous aurons assisté à un affrontement de haute volée, parfois un peu trop technique, comportant trop de chiffres invérifiables sur le moment mais sans surprise quant aux propositions des deux candidats.
Chacun aura défendu, avec beaucoup de conviction mais aussi de sincérité, ses idées et ses projets.
Naturellement, dans la traditionnelle bataille d'interprétation du débat, les gens de gauche et de droite auront trouvé leur poulain excellent, et si certains sont persuadés de la victoire, d'autres ne font plus que semblant d'y croire.
En ce jeudi 3 mai 2012, force est de reconnaître que toutes les conditions sont donc désormais réunies pour la victoire de François Hollande dimanche prochain.
Les jeux semblent irrémédiablement faits !
Hier soir, François Hollande a continué d'avancer ses pions sur l’échiquier présidentiel, en prononçant tout bas le mot "échec".
Et si je ne voterai pas pour lui, n'étant en rien convaincu par le bien fondé de son projet pour la France, je n'en reste pas moins agréablement surpris par le visage inattendu qu'il a montré au cours de cette longue soirée du 2 mai 2012, qui aura certainement consacré le nouveau président de la République.
Et lorsqu'il prononcera tout haut dimanche soir le mot "mat', je me consolerai en affirmant qu'après tout, l'alternance est l'une des plus grandes preuves de la bonne santé démocratique d'une nation.
On se console comme on peut lorsqu'on est du côté des vaincus !!