mardi 31 janvier 2012

Lorsque l'intégrisme islamique s'approprie le printemps arabe pour mieux asseoir son influence dans le monde



Alors que le printemps arabe de 2011 restera sans nul doute comme l'un des évènements les plus importants de ces 50 dernières années, que le monde entier aura observé la fin de quelques régimes dictatoriaux qui paraissaient indétrônables, on constate aujourd'hui, non sans un certain effroi, que la démocratie ardemment souhaitée par les peuples opprimés risque de se transformer, au fil des mois, en un totalitarisme religieux peut-être encore plus liberticide que les régimes précédents.
Dans plusieurs articles en 2011, j'ai salué chaleureusement et sans réserve, la chute des dictateurs et la détermination de ces populations arabes qui ont accompli une tâche empreinte d'un courage absolument admirable.
Comme beaucoup de monde certainement, j'étais sous le charme irrésistible de ces révolutions arabes qui ont tout balayé sur leur passage et dont les hommes et les femmes ont arraché le droit de croire qu'un monde meilleur était possible.
Anesthésiés par les images de ces peuples décidés coûte que coûte à briser leurs chaînes, emportés par ce tsunami révolutionnaire, nombre d'entre nous ont omis de prendre en réelle considération la menace intégriste, pourtant si présente, pour nous complaire dans une attitude béate d'admiration.
Aujourd'hui, en ce début d'année 2012, l'euphorie passée, il convient de revenir rapidement sur terre.
La montée progressive et inéluctable de l'intégrisme religieux, dans les pays traversés par le printemps arabe, est profondément inquiétante.
J'observe avec consternation que les barbus ont su parfaitement utiliser le concept de la démocratie pour parvenir au pouvoir ou s'en rapprocher fortement.
Ce qui se passe, particulièrement en Tunisie où les islamistes ont gagné les dernières élections, rappelle quelque peu, toute proportion gardée, l'arrivée au pouvoir de Khomeiny en Iran, revenu de son exil français après la chute du shah.
A l'époque, une dictature avait été chassée pour laisser la place à une autre, encore plus pernicieuse.
Alors que Monsieur Marzouki, l'actuel président de la Tunisie, mord la main de ceux qui l'ont accueilli pendant son exil en France, en critiquant ouvertement les français pour leur prétendue islamophobie, dans son propre pays, une poussée intégriste harcèle et fustige les femmes afin qu'elles cessent de s'habiller à l'occidental et qu'elles portent au moins le hijab avant qu'on ne leur impose la burqa.
Par la même occasion, des barbus illuminés menacent les librairies qui vendraient des livres ne respectant pas les valeurs de l'islam.
On assiste donc, de manière graduelle, à un mauvais remake du régime des mollahs et des ayatollahs de Téhéran.
En Egypte, alors que l'armée vient de transférer le pouvoir législatif à la nouvelle chambre basse du Parlement, les formations islamistes, vainqueurs des dernières élections organisées récemment, s’affairent pour consolider leur influence et s'octroyer définitivement les rênes du pays.
En Libye, où la guerre civile a laissé des traces encore bien visibles, chaque jour les intégristes profitent de la faiblesse des institutions étatiques pour avancer leurs pions et peser de tout leur poids sur le gouvernement de transition qui prône pourtant très clairement un islam modéré.
A la lumière des diverses incertitudes et des menaces intégristes qui se dessinent, les opinions publiques européennes comprendront mieux aujourd’hui les raisons pour lesquelles les pays occidentaux ont longtemps soutenu des régimes comme celui de Ben Ali en Tunisie ou de Moubarack en Egypte.
Ceux-ci constituaient un rempart solide contre l'avancée du fanatisme religieux.
La frilosité de la France, lors des premiers remous tunisiens fin 2010, trouve donc une explication plus cohérente, un an après la chute du pouvoir local.
Et au regard de ce que nous observons en Tunisie, en Egypte et en Libye, il serait peut-être temps de tirer un premier bilan d'une situation de plus en plus inquiétante et confuse, où l'espoir de parvenir à une vie meilleure n'est plus aussi évident aujourd’hui qu'au moment de la chute des dictateurs.
On pourrait se montrer désinvolte et jouer l'éternelle politique de l'autruche en affirmant que la montée de l'intégrisme, dans les pays du printemps arabe, n'aura de conséquences qu'au sein des états concernés.
Malheureusement, les évènements politiques actuels, s'ils perdurent, créeront inévitablement un impact négatif sur les pays occidentaux et spécialement sur la France qui, depuis des années, voit chaque jour avancer insidieusement l'intégrisme religieux dans ses banlieues les plus défavorisées mais également dans celles qui le sont moins.
Cela serait une pure folie de nier la montée en puissance de l'intégrisme islamique, souvent lié au terrorisme et qui canalise les peurs les plus vives de notre société moderne.
Si nous ne relevons pas la garde, celui-ci parviendra certainement à déstabiliser tous les fondamentaux de notre vieille démocratie.
A terme, les pays du printemps arabe, que les opinions publiques occidentales auront soutenues avec la plus grande ferveur dans leur quête pour un monde nouveau, pourraient devenir les têtes de pont privilégiées de l'avancée des intégristes islamistes vers le continent européen.
L'islam radical, qui est une insulte infâme à l'islam modéré, n’est pas autre chose qu’une idéologie de combat dont le principal objectif est d'imposer par tous les moyens la charia, de détruire toute valeur démocratique et de s’octroyer le pouvoir.
Dans les années à venir, alors qu'à l'intérieur de notre tissu social, de plus en plus de problèmes d'incompatibilités dans les modes de pensée voient le jour, c'est tout l'édifice politique et culturel de la France qui pourrait s'en trouver menacé.
Et la première question qui me vient immédiatement à l'esprit me semble fondamentale :
Pendant combien de temps tolérerons-nous encore sur notre sol des populations, certes très minoritaires mais appelées à croître considérablement, qui méprisent nos traditions et nos valeurs tout en s’accommodant fort bien de nos lois pour faire valoir leurs différences, au nom de notre liberté républicaine ?
Jusqu'à présent, par crainte d'atteintes aux droits de l'homme et pour ne pas s'attirer les foudres des associations contre le racisme, les politiques ont toujours montré une incapacité flagrante à dénoncer et à contenir cet obscurantisme d'un autre temps qui, peu à peu, grignote les bases de notre société.
Le fameux printemps arabe, que nous avons tant admiré, risque de se transformer en cheval de Troie susceptible de déverser sur l'occident quelques centaines de chefs religieux fanatiques supplémentaires qui, se prétendant investis d'un droit divin, combattront nos idées et prétendront détenir la vérité sur la manière dont nous devrons concevoir notre existence.
Il n'est pas dans mes intentions de faire ici le procès d'une religion et de revenir sur mes propos tenus dans un précédent article en avril 2011 : "La laïcité en question et la place de l'islam en France"
J'affirmais alors que l'islam modéré avait toute sa place dans la société laïque française et que nous devions faciliter la construction de lieux de culte.
J'assume plus que jamais mon opinion à ce sujet car j'ai toujours éprouvé un profond respect pour l'islam modéré dont les vrais préceptes, qui invitent à la tolérance et à l'acceptation des différences religieuses, sont aux antipodes d'un islam radical qui impose, par la violence, ses lois nauséabondes venues du moyen âge.
Cependant, les récentes "embrouilles" politiques qui se déroulent dans les pays du printemps arabe, me conduisent désormais à formuler une prudence de tous les instants face à un fléau qui n'aura jamais gagné autant de terrain depuis ces 12 derniers mois.
Et à cet égard, les "prêcheurs de haine", les "faiseurs de terreur" qui manipulent les foules et qui interprètent le coran au gré de leurs intérêts et de leurs délires, doivent être combattus sans aucune concession, sans compromis possible.
Chaque parcelle de tolérance, consentie à l'endroit de ces fous furieux, est une grande victoire pour l'intégrisme et une régression sur l'échelle des libertés pour notre société.
J'ose encore espérer que ces milliers de héros des révolutions en Tunisie, en Egypte et en Libye ne se feront pas subtiliser les valeurs pour lesquelles ils ont engagé ce combat si noble pour cette liberté qu'ils ont tant appelée de leurs vœux et dont beaucoup d'entre eux ont sacrifié leur vie.
Dans le cas contraire, il ne serait être question d'accepter à nos portes des régimes à l’iranienne, qui alimenteraient les bûchers de l'inquisition jusqu'aux parvis de nos églises et qui tenteraient d'acquérir l'arme nucléaire.
Et le printemps arabe, qui nous a rempli de tant d’émotions et d'espérance, pourrait fort bien nous entraîner un jour dans un conflit meurtrier pour défendre notre mode de vie qui n'est pas exempt de reproches, mais qui n'en demeure pas moins le nôtre et auquel nous tenons par dessus tout.

jeudi 19 janvier 2012

CAN 2012 : Tous les espoirs sont permis pour le Gabon



A quatre jours du début de la Coupe d'Afrique des Nations 2012, organisée conjointement par le Gabon et la Guinée Equatoriale, Libreville peaufine les derniers réglages afin d’accueillir, comme il se doit, les équipes engagées dans la compétition et les nombreux fans du ballon rond.

Le Gabon aura réalisé quelques grands travaux pour être à la hauteur de cet évènement particulier où le monde du football va se retrouver pendant 3 semaines.

De très gros efforts auront été déployés pour assurer la réussite de cette CAN 2012 dont l'enjeu va bien au-delà des considérations purement sportives, puisqu'il s'agit tout simplement du prestige et de l'honneur d'une nation qui se doit de montrer à toute la planète qu'elle possède les capacités d'organiser et de gérer un tel rendez-vous sportif.

On veut donc croire que tout se passera pour le mieux et que les nombreux étrangers, qui feront le voyage en terre gabonaise, garderont un excellent souvenir de l'accueil d'un pays qui s'est donné les moyens de les recevoir.

L'équipe nationale, les "Panthères du Gabon", va devoir, quant à elle, gérer une pression énorme du fait d'un certain manque de confiance en elle et des attentes nombreuses au sein d'une population qui n'a jamais été à pareille fête.

Tout un peuple se prépare pour le jour J et le résultat du premier match sera certainement déterminant pour l'avenir d'une équipe qui porte en son sein tous les espoirs d'une nation qui demande sa part de rêve.

Bien-sur, on peut s'interroger sur l'aptitude réelle des "Panthères" à bien figurer dans une compétition qui sera relevée, malgré l'absence regrettable de quelques grandes nations du football.

Je pense particulièrement au voisin camerounais mais aussi au Nigeria et au tenant du titre, l'Egypte.

L'équipe rencontre quelques difficultés sur le plan offensif où les buts se font attendre mais elle dispose d'une défense solide, hermétique, capable de tenir la comparaison avec les principaux favoris de cette CAN 2012 que sont la Côte d'Ivoire, le Ghana et le Sénégal.

Il suffirait d'un simple déclic pour que tout s'enchaîne et que les "Panthères" nous offrent ce spectacle que nous attendons tous, des buts et des victoires. 

Je voudrais, dans ce court article, souhaiter BONNE CHANCE aux "Panthères du Gabon".

Le pays est derrière eux, que ce soit dans les villes ou les campagnes, prêt à les encourager et à leur transmettre cette force exceptionnelle qui permet de se transcender afin qu'ils parviennent à passer ce premier tour difficile et périlleux.

Et si par bonheur, cet obstacle était franchi, par la suite, tous les rêves seraient permis, même d'imaginer l'impensable, le plus fou...gagner la CAN 2012, un 12 février magique à Libreville.

Allez les "Panthères" !!

Mettez-nous le FEU !!

Pour l'éternité...
                                               www.les-pantheres.com/site/

samedi 14 janvier 2012

La France a perdu son triple A


Comme on pouvait s’y attendre depuis des semaines, l'une des trois agences de notation financière, Standard and Poor’s, a officiellement abaissé d’un cran la note de la France qui vient donc de perdre son fameux triple A, un vendredi 13 s’il vous plait.
Cette sanction n'est pas injustifiée au regard de la situation économique du pays qui, depuis 3 décennies, subit une lente dégradation de ses comptes publics, enregistre une perte de compétitivité constante depuis 10 ans et éprouve de nombreuses difficultés à mettre en place les réformes qui s'imposent.
Les premières conséquences sur son économie, déjà chancelante, vont rapidement se faire sentir.
En premier lieu, cette perte du triple A va entraîner une hausse des taux d’intérêt auxquels la France finance sa dette.
D’autre part,  l’accès au crédit par les entreprises et les particuliers va se durcir.
En effet, les banques qui vont être contraintes d’emprunter plus cher et dont la situation risque de se dégrader, vont répercuter ces frais supplémentaires en augmentant le coût du crédit.
Les entreprises françaises seront donc contraintes de réduire leurs investissements, de rogner sur les salaires et de geler les futures embauches.
Il y aura également un effet domino puisque cette perte du triple A va entraîner des dégradations en chaîne des notes de tous les organismes dont le capital est principalement détenu par l'état et qui sont de grands émetteurs de dettes tels que l’Unedic, la Caisse d’amortissement de la dette sociale, la Caisse des dépôts et consignations, La Poste et Réseau ferré
L’activité économique va certainement se contracter, provoquant une récession qui parait inévitable.
Je ne pense pas cependant qu'au niveau des marchés financiers, qui ont anticipé la perte du triple A, les choses aient une incidence véritablement négative et la bourse de Paris ne devrait pas dévisser pour autant lors de son ouverture lundi prochain.
Quoi qu'il en soit, La France se trouve au milieu d’une tempête économique dont les français seront les premiers à en subir les conséquences, puisqu’ils vont devoir endurer une probable hausse du chômage, le gel des salaires, une éventuelle augmentation des impôts et une baisse significative de leur pouvoir d’achat.
Les politiques de droite réagissent en affirmant que la France reste malgré tout une valeur sure et qu'il n'y a pas péril en la demeure.
On peut comprendre que le gouvernement cherche à dédramatiser la perte du triple A mais lorsque le ministre de l'économie, Monsieur Baroin, compare la dégradation de l'appréciation financière de l’hexagone à la baisse d'une note scolaire qui passerait de 20/20 à 19/20, il manque foncièrement d'honnêteté.
Il aurait été plus sincère d'évoquer une perte de 3 points au lieu d'un seul alors que la nouvelle qui est tombée, bien qu'attendue, a fait l'effet d'une bombe.
A trop vouloir rassurer, on perd en crédibilité et on suscite de la méfiance.
En dehors des conséquences économiques pour la France et les français, on peut déjà se demander quelles seront les répercussions de la perte du triple A sur les prochaines élections présidentielles de 2012.
En fait, à qui va profiter la dégradation de cette note financière ?
Au premier abord, tout porte à croire que c'est Monsieur Hollande qui bénéficiera de cette conjoncture.
Le camp socialiste ne va pas manquer d'occuper toute l'étendue du terrain médiatique et de tirer à la mitrailleuse lourde sur le bilan économique de Nicolas Sarkozy.
Cela paraît logique car les chiffres parlent d’eux même et la décision de Standard and Poor’s confirme l’échec de la politique économique du président Sarkozy qui vient de perdre une bataille importante.
La droite aura donc le plus grand mal désormais à argumenter sur une situation qu'elle ne sera pas parvenue à maitriser.
Cependant, malgré un contexte favorable pour eux, les socialistes ne sont pas assurés, loin s'en faut, de jouer sur du velours face à une bête politique blessée, qui n'a désormais plus rien à perdre et qui va prendre tous les risques.
Au cours de ces dernières années, contre toute attente, il a été constaté que la côte de Nicolas Sarkozy avait très sensiblement augmenté chaque fois qu’une crise importante était survenue.
Cela peut paraître pour le moins paradoxal, mais à un peu plus de 3 mois du scrutin présidentiel, les français, très souvent imprévisibles, pourraient fort bien s’inscrire dans une logique selon laquelle on ne change pas de capitaine au beau milieu d’une tempête aussi importante que celle dont le pays est confronté.
Avec la perte du triple A, les différents discours d’austérité du gouvernement, depuis les derniers mois, peuvent produire un effet positif sur les français qui vont peut-être intégrer le fait que des sacrifices sont réellement indispensables pour remonter la pente.
Si Monsieur Sarkozy parvient rapidement à imposer une rigueur cohérente, qui soit appliquée à toutes les classes sociales, sans distinction, les mesures d’austérité seront mieux perçues.
Beaucoup de français sont conscients que la crise économique n’est pas uniquement hexagonale mais européenne et mondiale et que Nicolas Sarkozy a pris le gouvernail du vaisseau France au moment où celui-ci entrait progressivement dans la bourrasque.
Lorsqu'on leur pose la question de savoir si François Hollande, à la place de Nicolas Sarkozy, aurait fait mieux, la réponse est en majorité négative.
Dans le climat actuel, le candidat de gauche, François Hollande, ne parait pas montrer qu’il a les épaules assez larges pour tenir le cap d’un navire qui sera encore dans la tempête tout au long de l’année 2012, année de tous les dangers sur le plan économique et social.
Bien sûr, il reste le favori incontestable de ces élections présidentielles, mais là où Dsk aurait certainement balayé tout espoir de la droite de garder le pouvoir, dans les circonstances présentes, l’absence de charisme de François Hollande, son inexpérience des affaires de l'état permettent à Nicolas Sarkozy de continuer à entretenir une flamme qui, encore, pourrait fort bien briller au soir du 6 mai 2012.
Et même si les sondages sont à prendre avec une extrême précaution, ceux qui ne manqueront pas de nous parvenir très prochainement, nous donneront une indication non négligeable sur les conséquences de la perte du triple A pour les 2 principaux candidats.
Aussi, malgré ce revers important, il ne faut pas se murer dans un pessimisme à tout va.
La France, seconde économie de la zone euro, dispose toujours d'immenses atouts et des fondamentaux solides qui lui permettront de relever la tête et de récupérer son triple A dans les 5 à 8 années à venir.

dimanche 8 janvier 2012

Gabon : La nouvelle bravade d’André Mba Obame et les limites de la liberté d'expression

En présentant sur sa propre chaîne de télévision, TV+, ses vœux au peuple gabonais, alors que cet exercice est une prérogative du chef de l'état, Monsieur Mba Obame, candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2009, continue de provoquer les plus hautes instances de la République gabonaise.
On pourrait dire que sa démarche suit un semblant de logique puisque ce dernier, en janvier 2011, s’était déjà autoproclamé président de la République, avait prêté serment à la Constitution et formé son gouvernement, affirmant qu'il était le seul vainqueur de l'élection présidentielle intervenue en août 2009.
Les conséquences qui en ont découlé à l'époque, une accusation de crime de haute trahison, la dissolution de son parti politique l’Union National et la perte de son immunité parlementaire le rendant justiciable à tout moment, ne l’auront donc pas découragé, bien au contraire.
Cependant, si s'autoproclamer Président de le République et former un gouvernement parallèle est logiquement considéré comme une violation grave de la Constitution, rien n'interdit à un homme politique de présenter ses vœux à la nation par l'intermédiaire de la télévision dont il est le propriétaire.
On conviendra toutefois que cette nouvelle fanfaronnade de Monsieur Mba Obame n'est qu'un défit supplémentaire lancé à son ex grand ami, le président de la République gabonaise actuellement en fonction, avec lequel il a œuvré, main dans la main, dans le même gouvernement voici moins de 3 ans.
A l'heure actuelle, sa dernière frasque ne lui a valu que la fermeture temporaire de TV+.
Elle pourrait fort bien cependant être la goutte d'eau qui a fait déborder le vase et qui l’enverra, à court terme, directement dans les geôles de l’état gabonais.
Le couperet pourrait s’abattre en février prochain, après la fin de la CAN, la fameuse Coupe d’Afrique des Nations, organisée conjointement par le Gabon et la Guinée Equatoriale, qui débutera le 21 janvier.
Actuellement, à 3 semaines de cette échéance capitale pour le Gabon qui en a fait la plus grande affaire d'état de toute l'histoire du pays, cela ferait véritablement désordre d’envoyer croupir en prison le principal opposant au régime.
En effet, les médias internationaux préparent en ce moment leur séjour dans le pays et ils seront nombreux au cours de la compétition qui s'achèvera le 12 février prochain.
Le moment n'est donc pas opportun, pour l'image du Gabon, de réprimer trop durement Monsieur Mba Obame qui, sans doute, d'une façon ou d'une autre, devra payer cher ce qui est considéré en haut lieu comme de graves humiliations.
Et malgré le fait que je n'apprécie pas véritablement l'homme politique qui, à l'instar des autres prétendus cadors de l'opposition, a lamentablement échoué à former une alliance solide, en mesure de lutter à armes égales contre la redoutable machine du parti présidentiel, il faut lui reconnaître, après son dernier "coup d'éclat", un certain panache.
Alors que d'autres soi-disant opposants, irresponsables, cachés au fin fond des Etats-Unis, qui se prétendent docteur en telle ou telle spécialité, qui appellent lâchement via le web, le peuple gabonais à la violence et à la haine et qui n'ont pas les tripes de mettre les pieds dans leur propre pays, Monsieur Mba Obame possède au moins le courage de poursuivre le combat politique sur le terrain de son adversaire.
Aussi, quelque soit les graves entorses à la Constitution dont il se serait rendu coupable, l'homme fait preuve d'une détermination et d'un tempérament qui ne laissent pas indifférent.
Mais Monsieur Mba Obame, au cours de ces 12 derniers mois, a certainement dépassé la mesure dans le domaine de la liberté d'expression.

Cette fameuse liberté d'expression, dont je ne peux m'empêcher de me poser quelques questions, en ce début d'année 2012, sur la manière dont celle-ci est réellement perçue par ceux qui tiennent les rênes du Gabon.
Le dernier discours du Président de la République, lors de sa présentation des vœux 2012 à la nation n'envoie malheureusement pas de bons signaux mais au contraire, suscite quelques lourdes inquiétudes pour l'avenir.
Lorsqu'il évoque et fustige les nombreux dérapages quotidiens dont une certaine presse se ferait la spécialité, on peut s'interroger sérieusement sur sa conception de la liberté d'expression dont il affirme être attaché.
Que cela plaise ou contrarie, une presse d'opposition reste dans son rôle le plus élémentaire en critiquant le pouvoir en place même si elle le fait de manière cinglante.
Si celle-ci ne peut exprimer librement et fermement son désaccord sur les actions de l'état, sans risquer automatiquement une condamnation, elle n'a plus aucune raison d'exister, ou alors seulement sous la forme d'une organisation de scribouillards qui publierait ce qu'on lui demanderait d'écrire pour donner le change et faire bonne figure.
Si le mot "dérapage" est systématiquement assimilé à tout commentaire négatif ayant trait aux décisions du régime, le principe même de la liberté d'expression est gravement remis en cause.
Régulièrement, des médias sont suspendus au Gabon pour ce qu'on qualifie trop aisément de dérapage, alors qu'il ne s'agit bien souvent que d'une censure politique inavouée.
Je ne nie pas qu'il existe des journalistes peu scrupuleux ou mal formés qui s'adonnent à des procédés plus ou moins douteux. 
Je conçois donc parfaitement qu'il faille des règles pour limiter les débordements inhérents à la nature humaine.
On a cependant trop facilement tendance à utiliser quelques bavures par ci et là pour placer l'ensemble de la presse d'opposition sous pression et lui interdire de paraître sous prétexte de diffusions d'informations qui seraient de nature à semer le trouble dans l'esprit des gabonais, ou qui véhiculaient la désinformation et l'intoxication.
D’autre part, toujours dans le discours des vœux 2012 à la nation, accuser implicitement le CNC (Conseil National de la Communication) d’une trop grande bienveillance envers certains médias est sans aucun fondement, cette dernière, sous influence permanente du gouvernement, ayant souvent plus brillé pour ses excès de zèle que pour la pertinence de ses sanctions.
Le CNC vient tout simplement d'obtenir toute latitude pour augmenter la pression auprès des médias et exercer une censure encore plus soutenue.
La véritable liberté d'expression au sein de la presse, ne peut se limiter à dire et à répéter à qui veut le croire ou l'entendre que : "Tout va bien Madame la marquise".
Si cette liberté signifie qu'il faille procéder sans cesse à des flatteries, émettre un avis favorable à toutes les décisions prises par le pouvoir et entretenir ce sacro-saint culte de l'image, l'avènement d'une presse libre et responsable n'est pas prêt de voir le jour au Gabon.
Certes, la non-application des libertés dites fondamentales, qui régissent les pays occidentaux, ne sera jamais un frein aux progrès économiques du Gabon.
Certaines grandes nations émergentes ont prouvé qu'on peut tenir un pays d'une main de fer, tout en l'amenant à se développer considérablement sur le plan économique. 
Mais de grâce, qu'on cesse de nous parler, avec autant de légèreté, d'attachement à l’exercice de la liberté d'expression.
Cette liberté là, si elle doit respecter les limites que lui impose un véritable état de droit, ne saurait s’accommoder d'une interprétation personnelle ou d'une pensée unique, chaque fois que le vent médiatique ne souffle pas dans sens souhaité.