samedi 29 décembre 2012

Syrie : L'interminable guerre civile



En cette toute fin d'année 2012, la guerre continue de faire rage en Syrie.
Et si ce conflit ne fait plus la une de l'actualité depuis bien longtemps, après 21 mois d'hostilité, 60 000 personnes auront trouvé la mort et 2 millions d'autres ont dû fuir leur pays pour échapper aux exactions d'un régime déterminé à garder le pouvoir à n'importe quel prix.
Aucune des initiatives diplomatiques pour tenter de mettre un terme à ce massacre quotidien n'aura abouti.
La communauté internationale est impuissante à stopper la répression de Bachar al-Assad dont le régime est étroitement protégé par la Russie et, dans une moindre mesure, par la Chine.
Sauf colossale surprise, aucun des partis, dans cette lutte fratricide, n'étant en mesure de prendre significativement l'avantage sur l'autre, cette guerre est donc appelée à durer avec des conséquences de plus en plus meurtrières pour les civils.
Cependant, celle-ci finira bien un jour ou l'autre, comme toutes les guerres que l'humanité a connues.
Et malheureusement, quoi qu'il advienne, je n'ai pas le sentiment qu'à l'issue de ce conflit, la paix instaurée apportera aux syriens la liberté tant espérée par la majorité de la population.
L'expérience du fameux printemps arabe dont j'ai soutenu l'envolée avec ferveur, nous instruit que même une révolution ne garantit pas l'avènement d'un régime démocratique.
Certes, une révolution demande des années avant d'aboutir au résultat espéré par les peuples et sans doute est-il encore trop tôt pour émettre un jugement définitif sur les réelles conséquences du printemps arabe.
Mais si se débarrasser d'un dictateur implique la prise du pouvoir par un régime de barbus qui n'aura d'autre objectif que d'imposer par la force ses idées moyenâgeuses, cette guerre se sera avérée totalement inutile.
Et le sacrifice de ceux qui ont véritablement cru qu'il était possible de gagner cette liberté qui fait tant rêver les peuples opprimés aura été vain.
En effet, à quoi bon lutter contre les agissements d'un régime totalitaire si c'est pour en accepter un autre encore plus pernicieux, plus abjecte dans son mode de pensée ?
Le régime de Bachar el-Assad est une dictature incontestable mais lorsqu'il n'était pas menacé, il restait plus libéral que les monarchies islamistes du Golfe persique.
Il faut rappeler que la Syrie est un état laïque où la liberté religieuse existe.
Force est de constater que si le printemps arabe a permis aux tunisiens, aux égyptiens et aux libyens de tenir, pour un temps très court, leur destin entre les mains et de nourrir ainsi de formidables espoirs pour l'avenir, on ne peut qu’observer malheureusement qu'il aura avant tout favorisé l’émergence de l'islamisme radical plus que jamais déterminé à imposer ses dogmes les plus sectaires.
On a souvent reproché ces derniers mois aux occidentaux d'avoir soutenu les régimes tunisiens et égyptiens, par pur intérêt national.
Il y a sans aucun doute une grande part de vérité dans ces accusations, mais au delà des intérêts occidentaux de toute sorte, ces régimes dictatoriaux constituaient aussi un formidable rempart contre l'avancée de l'extrémisme religieux.
Aujourd’hui, les tunisiens et les égyptiens mais aussi les libyens ne sont pas plus assurés de vivre libre dans leur propre pays qu'ils ne l'étaient sous le joug de leurs dictateurs déchus car, l'influence de l'intégrisme musulman est telle qu'elle est une menace fondamentale et permanente pour tous les principes de liberté qui ont animé les peuples du printemps arabe.
Et je ne peux m’empêcher d'avoir une pensée toute particulièrement pour les femmes de Tunisie,  très respectées sous le régime de Ben Ali et qui, désormais, sont de temps à autre méprisées et menacées lorsqu'elles ne respectent pas un code vestimentaire que certains dégénérés venus d'une autre époque, qui s'octroient le droit de parler au nom de Dieu, tentent de leur imposer.
A la lumière de ce qui se passe dans les pays du printemps arabe, le peuple syrien est donc fort loin de sortir de l'impasse dans laquelle il se trouve, et cela même si Bachar al-Assad déposait rapidement les armes.
Le chemin de la liberté restera pour longtemps encore un rêve inaccessible.
Et au regard de cette perspective d'avenir peu réjouissante, je me demande si le soutien inconditionnel des Russes pour le régime de Bachar al-Assad ne favorise pas, tout compte fait, involontairement bien-sûr, les intérêts occidentaux, en retardant l'avancée inéluctable de l'intégrisme islamique.
Ce n'est pas en ces 2 derniers jours de l'année 2012, que je commencerai à emprunter la voie de l'hypocrisie.
Si l'éventuel départ de Bachar al-Assad devait entraîner la mise en place d'un régime islamique, comme cela est probable, la position actuelle des Russes qui, certes, n'est basée que sur des intérêts économiques et stratégiques, me paraît la plus cohérente.
Tant que je ne serai pas convaincu que ceux qui luttent contre le régime de Bachar el-Assad n'ont pas l'intention d'instaurer un régime islamiste radical en Syrie, je me garderai désormais de soutenir leur combat qui est courageux mais dont l'objectif final n'est pas clair et même plutôt douteux.
Ces derniers temps, la liberté a trop souvent été bousculée par l’obscurantisme.
Entre la peste et le choléra, le choix peut paraître cornélien mais rien, absolument rien ne saurait justifier le remplacement d'un dictateur par l'instauration de la charia.

jeudi 20 décembre 2012

Depardieu : Le bouc émissaire de l'exil fiscal



Alors que de plus en plus de français fortunés quittent discrètement leur pays pour échapper à la prochaine inquisition fiscale du pouvoir socialiste, on peut s'étonner que la domiciliation soudaine de Gérard Depardieu, dans le petit village belge de Néchin, à quelques pas de la frontière française, soit l'objet d'un débat aussi houleux dans l’hexagone.
L'extraordinaire notoriété de l'acteur aura sans aucun doute fortement contribué à multiplier l'ampleur de la polémique sur un exil fiscal ou prétendu comme tel, dont on a accordé bien trop d'importance.
Il me paraît nécessaire de rappeler que bien avant Gérard Depardieu, de nombreux français très argentés, et pas des moindres, ont choisi de s'exiler vers des contrées fiscalement plus clémentes, alors que la fameuse taxe de 75% sur les hauts revenus n'était pas encore à l'ordre du jour.
Au regard des difficultés économiques actuelles de la France, je reconnais cependant que la démarche de notre cher Obélix ne tombe pas au meilleur moment et qu'elle peut s'apparenter à une maladresse.
Mais la réelle question qui se pose est de savoir ce que l'on peut véritablement reprocher à ce personnage haut en couleur, souvent encensé par les français.
Il dispose d'une fortune importante qu'il a gagné honnêtement.
Il a décidé de transférer, le plus légalement du monde, une partie de celle-ci et d’élire domicile en Belgique afin d'éviter de subir un véritable pillage de ses revenus personnels.
Il faut avouer que la perspective de devoir verser 75% de ses revenus au fisc, soi-disant pendant deux ans, n'incite pas les plus privilégiés à demeurer sur le territoire français et impose incontestablement une réflexion lucide sur la manière d'échapper, autant que possible, à ce qu'il convient d'appeler une fiscalité confiscatoire, plus précisément, un racket d'état.
Monsieur François Hollande, en prenant la décision de taxer très fortement les hauts revenus, se doutait bien qu'il déclencherait une fuite des capitaux et un exil fiscal important.
Ses conseillers n'ont certainement pas manqué de l'avertir sur les conséquences d'une décision qui, au final, ne devrait pas rapporter plus de 200 millions d'euros dans les caisses de l'état, une somme dérisoire au regard de la dette colossale de la France qui se monte globalement à 1 789 milliards d'euros.
Aussi, comment croire qu'un gouvernement peut redresser son économie en étouffant ceux qui produisent et qui réussissent alors que ce sont justement eux qui créent les emplois et les richesses ?
D'autre part, en comptant sur le patriotisme des contribuables fortunés, le président de la République a fait preuve d'une naïveté étonnante et d'un manque flagrant de connaissances sur la nature humaine.
Dès lors qu'il s'agit de gros sous, le patriotisme trouve toujours ses limites et perd de sa vertu.
Peut-on décemment demander à quelqu'un de faire preuve d'un patriotisme aveugle alors qu'on le dépouille de 75% de ses revenus ?
J'entends ici et là les gens, qui disposent malheureusement de petits salaires, affirmer qu'ils aimeraient beaucoup payer ces 75% d'impôts, ceci impliquant qu'ils bénéficieraient d'un niveau de vie important et fort appréciable.
Je comprends bien la logique de cette observation mais elle serait dénuée de tout sens dès lors que les personnes, à bas revenus, se retrouveraient subitement fortunées.
La nature humaine étant ce qu'elle est, si les gens qui éprouvent de grandes difficultés à finir les fins de mois disposaient réellement de revenus supérieurs à 1 million d'euros, ils finiraient irrémédiablement par trouver scandaleux l'obligation d'avoir à en reverser 75% à l'état.
C'est bien connu, on s'habitue très vite au luxe et plus on en a, plus on en veut.
Il n'y a donc à mon humble avis, aucun reproche réellement fondé à formuler vis à vis de Gérard Depardieu, qui a agi en parfaite concordance avec les lois en vigueur.
De plus, évoquer la mauvaise moralité de l'artiste et son manque de patriotisme, en ne focalisant que sur ses démarches en vue de payer moins d'impôts, est faire preuve d'ignorance ou de pure mauvaise foi.
En effet, Gérard Depardieu qu'on accuse d'exil fiscal, de fuite à l'étranger, en dehors de sa vie d'artiste, est un entrepreneur extrêmement actif et très averti.
Ce dernier emploie plus d'une centaine de personnes au sein d'une quinzaine d'entreprises composées de restaurants, de bars, de poissonneries et de vignes.
Il possède également en France un château, des villas et des appartements qu'il n'est pas question de vendre, mais également des terres dans différentes régions de France.
Quoi qu'on puisse lui reprocher, il a donc lourdement investi en France où il continue de payer régulièrement des impôts à l'état et contribue de ce fait à l’essor de la société.
En conséquence, avant de qualifier le comportement de Gérard Depardieu de minable, le 1er ministre Jean-Marc Ayrault aurait été plus avisé de s'enquérir plus précisément des activités d'un homme qui a déjà beaucoup donné à son pays, non seulement par les impôts versés mais aussi par les investissements engagés.
Et même s'il ne s'agit pas à proprement dit d'une insulte, le terme "minable" employé pour définir l'action récente de Gérard Depardieu, me semble totalement inapproprié et irrespectueux.
En tant que monstre sacré du cinéma et chef d'entreprises, Monsieur Depardieu, même s'il n'est pas un saint homme, loin de là, mérite d'autres égards.
Je crois donc qu'il est grand temps de mettre un terme à cette pathétique "chasse à l'homme" médiatique qui n'a aucune raison d'être et semble plus motivée par le désir malsain de dénigrer la réputation d'un homme dont on connaît les liens qui l'unissent à Nicolas Sarkozy.
Bien-sûr, on pourra toujours critiquer la teneur de la lettre ouverte de Gérard Depardieu à Jean-Marc Ayrault où il indique lui rendre son passeport français.
L'artiste, dans la pure lignée de Cyrano de Bergerac, a toujours été un grand adepte de l'outrance.
Aussi, je ne crois pas un seul instant qu'un homme qui verse des larmes en écoutant la Marseillaise, soit réellement désireux de renier son propre pays.
Et cela, même s'il décidait d'acquérir une seconde nationalité.

vendredi 7 décembre 2012

Les Baumettes de Marseille : La prison de l'enfer, les oubliettes de la République

Prison des Baumettes - Marseille

Les vingt personnes de l'équipe du contrôleur général des lieux de privation de liberté qui ont visité le centre pénitentiaire des Baumettes de Marseille pendant une dizaine de jours, en octobre dernier, n'oublieront pas de si tôt les horreurs qu'elles y ont découvertes.
Certes, elles ne pensaient pas trouver des locaux 4 étoiles comme on en construit en Norvège où l'innommable Anders Breivik coule des jours heureux, en récompense de ses exploits, mais sans doute n'imaginaient-elles pas un seul instant l'existence d'un endroit aussi infect et sordide, comme on en observe souvent dans certains pays du tiers-monde. 

La majorité des cellules est dans un épouvantable état de délabrement, pratiquement en ruine.
Nombre d'entre elles ne disposent plus de lumière, faute d'ampoule et d'aucun interphone en cas d'urgence.
Les murs sont décrépis, remplis d'humidité et le sol est d'une saleté repoussante.
Certains wc ne sont même pas fixés et le système de chasse d'eau est inopérant.
Il n'y a aucune cloison d'intimité pour effectuer ses besoins naturels et les lavabos, lorsqu'ils ne sont pas arrachés, montrent des fuites au niveau du siphon.
Les quelques rares tables et chaises sont rongées par le poids des années et les cafards ont depuis longtemps colonisés ces lieux insalubres.
Certains branchement électriques créent des feux d'artifice au point que la commission départementale incendie avait demandé, en vain, en avril 2011, la fermeture de certains locaux.
Et lorsque l'on sait que les fortes pluies occasionnent régulièrement des inondations à l'intérieur des cellules, on se demande comment, aucun drame n'est encore survenu à ce jour.

Le manque d'hygiène général est effarant.
Les nombreux couloirs sont envahis par la crasse et l'humidité.
Les odeurs d'ordures et d'urine agressent les narines et imprègnent les vêtements.
Les barquettes des repas et les baguettes de pain sont déposées devant les portes des cellules alors même que de nombreux détenus ne sont pas encore remontés de la promenade et ce sont les rats, parfois aussi gros qu'un chat, qui se goinfrent en premier avant que les prisonniers n'y aient touché.
Et même si la plupart des barquettes et du pain souillés par les rats est jetée par les fenêtres, il est surprenant que la prison ait pu échapper, jusqu'à ce jour, à une épidémie majeure.
70% des douches sont hors d'état de fonctionner et celles qui marchent sont d'une saleté immonde.
Les greffiers des juges d'application des peines, comme les magistrats, refusent régulièrement de se rendre dans ce lieu de perdition où il est mis à leur disposition des chaises à la propreté douteuse, devant une table poussiéreuse, au milieu d'un cagibis aux murs écaillés.

Au niveau de l'insécurité, on atteint des records.
Les rondes de nuit des surveillants sont souvent effectuées dans le noir, là aussi faute d'ampoules dans les coursives, et ceux-ci utilisent leur lampe de poche personnelle pour circuler et tenter d'effectuer leur travail.
Certains détenus n'osent même plus se rendre aux douches, lieu de sanglants règlement de comptes et de viols, voire même à la promenade surveillée de très loin par les matons qui craignent eux-mêmes pour leur propre sécurité.
Le rackette, permanent, s'étend jusqu'auprès de certaines familles de détenus qui sont directement menacées chez elles.
L'absentéisme du personnel pénitentiaire, logiquement démotivé, est de plus en plus important et tout est bon pour échapper, même pendant quelques heures, à cet univers carcéral où les conditions de travail sont exécrables.
La prison fonctionne donc, de manière permanente, en grave sous-effectif alors même que la présence de 100% du personnel ne suffirait pas à contrôler l'ensemble du site des Baumettes et à en assurer la sécurité des personnes incarcérées.
Dans cet immense bouge répugnant, le taux d'occupation des détenus est de 146%, aggravant de ce fait les violences en milieu carcéral.
Le budget des Baumettes ne cesse malgré tout d'être régulièrement revu à la baisse d'une année à l'autre, que ce soit sur le plan des fournitures, des travaux ou de l'hygiène et de la propreté.

Il va sans dire que les effroyables conditions dans lesquelles vivent les détenus, constituent incontestablement une violation très grave des droits fondamentaux des personnes.
Et les autorités publiques, qui ont l'obligation de préserver les détenus de tout traitement inhumain et dégradant, sont directement montrées du doigt par le contrôleur général des lieux de privation de liberté, dont le constat sur la situation est des plus accablant.
Madame Christiane Taubira, la garde des sceaux, a donc été officiellement informée depuis le 16 novembre dernier sur les conditions de vie dans cet enfer qu'est la prison des Baumettes de Marseille.
Bien-sûr, comme on pouvait s'y attendre, pour se dédouaner, celle-ci a répondu à la presse que le gouvernement actuel avait hérité de la situation présente.
L'argument est juste mais dans les moments difficiles, tous les ministres en place, de gauche comme de droite, commencent par accuser systématiquement, à tort ou à raison, la mauvaise gestion de leurs prédécesseurs, plutôt que de proposer un début de solution.
Madame Taubira, indique que les travaux de restructuration de la prison seront achevés en 2017, soit dans près de 5 ans, le manque de crédit ne permettant pas de raccourcir ce délai.
Les observations formulées par la vingtaine de contrôleurs des prisons ne sont sans doute pas suffisamment éloquentes aux yeux de l'état pour engager une véritable procédure d'urgence et débloquer des fonds afin de ramener ce délais scandaleux à une année maximum.
Quant aux sommations exprimées par Mme Taubira aux hauts fonctionnaires de l'état, "d'apporter une attention toute particulière aux faits de violence", on croit rêver.
Alors que la prison des Baumettes se trouve en sous-effectif permanent, les surveillants étant dépassés par les évènements, comment serait-il possible, en l'état actuel des choses, d'apporter la moindre attention à la violence si on n'augmente pas sensiblement le personnel et si on ne procède pas à une modernisation des lieux ?
Il n'est pas nécessaire de sortir de l'école de Polytechnique pour comprendre que nous avons à faire ici à un simple effet d'annonce destiné à rassurer l'opinion publique.
Quant au problème de la surpopulation carcérale, Mme Taubira a récemment pondu une circulaire de politique pénale qui vise à freiner les entrées en prison.
Je comprends donc en l’occurrence, que la garde des sceaux propose tout simplement de répondre à la surpopulation dans les prisons en laissant en liberté des malfaiteurs, accroissant ainsi l'insécurité à l'extérieur.
Si sous prétexte de surpopulation carcérale, un cambrioleur a toutes les chances d'échapper à la prison, autant demander aux français de faire leur justice eux-mêmes.
Nous savons tous que la seule et unique solution est la construction de nouvelles prisons mais que malheureusement les moyens financiers manquent cruellement.
La France s'appauvrissant de plus en plus, il faudrait encore croire au père Noël pour imaginer que des solutions concrètes seront trouvées rapidement pour améliorer significativement les conditions de vie aux Baumettes de Marseille.
Il n'y a donc aucune illusion à se faire à court comme à moyen terme.
Cela dit, si le manque de moyens de l'état est une cause essentielle à la dégradation de la prison des Baumettes, il me semble que les gens chargés de gérer la vie à l'intérieur des locaux ont aussi une responsabilité non moins importante sur les nombreuses carences constatées par les contrôleurs.
Si on sait que les rats infestent les différents couloirs de la prison, pourquoi continue-t-on de placer la nourriture destinée aux détenus à terre, juste devant les portes des cellules ?
Pour quelle raison, on n'oblige pas les détenus à rentrer dans leur cellule avant la distribution de ces repas afin qu'ils puissent en disposer immédiatement ?
Le manque de budget n'explique pas totalement l'état de saleté repoussant de certaines pièces.
Comment est-il possible que des corvées de propreté, même avec les moyens du bord, ne soient pas continuellement affectées à la bonne tenue des locaux ?
Il n'est pas nécessaire de disposer de moyens financiers pour ramasser les divers détritus qui pullulent à même le sol.
L'huile de coude ne manque pas dans ce triste univers.
On peut comprendre la démotivation du personnel pénitentiaire mais je crois aussi, qu'un coup de pied dans le derrière du directeur des Baumettes s'impose assurément afin qu'il fasse régner un minimum d'ordre et de discipline.
Car à l'heure actuelle, dans cette sinistre prison que la raison voudrait qu'on démolisse le plus tôt possible, ce n'est même plus une question de vie pour les détenus mais de survie.

Mais après tout, la prison des Baumettes n'est-elle pas à l'image de la citée phocéenne ?
Bordélique, négligente, dangereuse et sans foi ni loi !
La France a aussi son tiers-monde.

Etat des cellules
Branchement électrique en cellule
Couloir conduisant aux cours de promenade
Déchets jetés par les détenus depuis leurs cellules
Humidité entre deux cellules
Douches
Distribution des repas avant les retours de la promenade. Les rats se régalent



Salle de parloir

lundi 26 novembre 2012

UMP : Le désordre et le chaos



Il est des désastres qui laissent des cicatrices indélébiles.
Il existe des champs de ruine où, en l'état, il ne sera plus jamais possible de construire l'avenir.
La situation abracadabrantesque qui prévaut au sein de l’UMP, depuis l’élection à la présidence de Jean-François Copé, a peut-être sonné le glas des espoirs de ses sympathisants de peser plus significativement sur la vie politique française, après les différentes déroutes électorales de ces dernières années.
La chienlit qui sévit a donné aux français une bien triste image de la politique et de ceux qui sont aux affaires.
Et la gauche au pouvoir, qui n'a pas oublié le fameux congrès de Reims, se montre relativement discrète mais on l'imagine se frotter vigoureusement les mains devant les farces de l'UMP.
Quant aux 265 000 électeurs de l’UMP, même dans leur pire cauchemar, ils n'auraient jamais pensé qu'une telle mascarade d'élection soit possible.
Le combat fratricide entre Copé et Fillon s’est transformé en guerre de clans qui a vu le grotesque et le pathétique noyé le plus grand parti d’opposition de France dans une pantalonnade indicible.
Les très nombreuses personnes qui se sont plaintes d'avoir du patienter des heures dans les files d'attente, avant de pouvoir exprimer leur choix, n'imaginaient pas un seul instant que le pire restait encore à venir.
Les suspicions de Copé sur de prétendues irrégularités lors du scrutin à Nice annonçaient déjà des difficultés sérieuses au cas où Fillon aurait remporté la mise.
Les revendications hallucinantes de victoire, tour à tour, des deux prétendants à la présidence, avant même l'annonce officielle des résultats, a confirmé l’extraordinaire virulence de la guerre des chefs entre Copé et Fillon et la présence incroyable d'une pagaille monumentale au sein de l'UMP.
Mais le surprenant oubli de 1 300 voix dans les DOM-TOM qui auraient soi-disant permis à Fillon de l'emporter d'une très courte tête, alors qu'il avait fini par reconnaître sa défaite, aura constitué le summum de la bêtise et de l'incompétence en matière d'organisation d'élections.
Et au-delà de cette pitoyable bouffonnerie, où pugilats, claquements de porte et langues de bois se sont succédés, la grande perdante de ce scrutin maudit est avant tout la démocratie.
Aussi, ce n'est pas la commission des recours de l'UMP qui proclamera ce lundi après midi le résultat définitif des élections, en entérinant sans nul doute la victoire de Copé, qui redorera le blason d'un parti à la dérive et au bord de l'implosion.
On sait déjà que Fillon, qui ne manquera pas de dénoncer un coup de force, portera certainement l'affaire en justice, ce dernier n'ayant nullement confiance en une commission comportant, selon lui, une majorité de gens favorables à Copé.
Nous nageons incontestablement dans le glauque et le sordide.
Et lorsque les valeurs d'une nation, même au niveau d'un simple scrutin de parti politique, sont bafouées avec autant de légèreté, il convient de prendre des décisions exemplaires pour essayer, autant que faire se peut, de sortir du chaos et de redonner un minimum de dignité à une élection qui ne peut inspirer que frustration, désappointement et consternation.
Or, compte tenu de la situation inextricable dans laquelle se trouve l'UMP, pour éviter une probable scission, la seule décision véritablement salutaire serait d'organiser un nouveau vote des militants dans les tous prochains mois.
C'est à mon sens le seul et unique chemin envisageable pour permettre à des millions de français de retrouver une droite républicaine, unie autour d'un chef qui, à défaut d'être fort, serait au moins légitime.
La question qui se pose également est de savoir comment peut-on désormais octroyer la moindre parcelle de confiance à des hommes qui nous on montré un spectacle aussi indigent ?
Certes, j’aurais tendance à ressentir plus d’indulgence pour Fillon, dont l’ego me semble moins démesuré que celui de Copé et l’honnêteté plus crédible, mais l’image projetée par les deux hommes reste affligeante. 
Un chose demeure certaine, le spectacle rocambolesque servi par Copé et Fillon, aura sans doute éclairé notre lanterne sur les raisons pour lesquelles l’UMP est devenu en deux ans une gigantesque machine à perdre les élections, y compris celles qu’elle organise.
Si demain il y avait une élection présidentielle, à la lumière des derniers évènements survenus, il serait pour moi hors de question de voter pour l'un de ces deux hommes.
Alors que le risque d’une disparition de l'UMP se profile dangereusement à l'horizon, contrairement à ce que certains croient, il est fort peu probable que Nicolas Sarkozy reprenne les gouvernes de sa famille politique.
Tout au plus, agira-t-il dans l'ombre pour tenter de remettre de l'ordre dans la maison mais, à moins d'un miracle, pour lui, l'avenir se situe ailleurs.
Ce dernier parait fort heureux dans sa nouvelle vie où il engrange les dizaines de milliers d'euros grâce aux conférences qu'il donne aux quatre coins du monde.
Pourquoi irait-il donc se salir les mains dans une aventure qui a toutes les chances de mal tourner ?
Le grand gagnant de ce combat de petits gladiateurs minables entre Copé et Fillon, pour l'heure, n'est  pas seulement le PS mais aussi, surtout, le Front National de Marine Le Pen qui, je l'imagine aisément, doit ressentir des crampes d'estomac à force de rire des turpitudes de l'UMP.
En effet, il existe des chances non négligeables pour qu'à terme, de nombreux adhérents déçus de l'UMP et désemparés rejoignent le Front National.
Pire encore, les faiblesse futures de l'UMP ne permettront peut-être plus à ce parti de constituer un rempart contre les avancées du FN.
Marine Le Pen est très consciente de ces perspectives qui pourraient lui donner des capacités de nuisance politique considérablement accrues.
Malheureusement, ce n'est pas demain que nous connaitrons l'avènement d'une opposition constructive, capable de reprendre le pouvoir à la gauche.
Ce qui vient de se passer ces 8 derniers jours aura indubitablement des répercutions graves pour l'avenir de l'UMP qui s'est durablement discréditée aux yeux de ses sympathisants et des français.
Le duel Copé-Fillon étant visiblement loin d'être terminé, la descente aux enfers va donc se poursuivre pour l'UMP, avec des conséquences actuellement incalculables mais certainement catastrophiques dans les prochains mois.
La gauche a donc de très beaux jours devant elle, malgré la crise économique.
Aussi, sans opposition forte, cohérente et respectable, avec l’extrême droite en embuscade, c'est la démocratie qui risque d'être piétinée.
Et avec elle, une partie des fondements de la République.
Car c'est toujours lorsque le désordre et le chaos règnent en maitres que l'intolérance trouve les meilleures armes pour s'approprier les sommets.

vendredi 16 novembre 2012

L'opération séduction de François Hollande



La première conférence de presse de François Hollande, ce mardi,  depuis son élection au mois de mai dernier, est venue à point à un moment ou les sondages sont en berne, dans un climat économique des plus morose.
Alors que l’opposition joue son rôle à la perfection en se plaçant systématiquement dans une logique de dénigrement des initiatives entreprises par François Hollande, il convient d’essayer de brosser un tableau plus mesuré et moins radical des propos qu’il a tenus et de l’attitude qu’il a montrée.

François Hollande qui a établi un premier bilan de ce début de quinquennat, a expliqué aux français, avec une certaine sérénité et non sans talent, le sens de son action et à justifié, à sa manière, les mesures de rigueur arrêtées par son gouvernement pour faire face à la crise économique qui perdure.
Dans son intervention, la solennité du ton qu’il a employé a montré qu’il était déterminé à enrayer la crise.
Chose rare, en déclarant que le chômage allait continuer de croître régulièrement pendant une année avant d’espérer une inversion de la tendance, il a compris que l’exceptionnelle gravité de la situation ne permettait plus de véhiculer les habituelles hypocrisies politiciennes qui consistent à embrouiller les français en suscitant de vains espoirs.
Il a admis que les prochains mois seront très difficiles et a reconnu que si l’alternance changeait le pouvoir, la réalité de la situation demeure.
En déclarant qu’il sera jugé sur sa capacité à endiguer le chômage et à augmenter la croissance, il a pris ses responsabilités devant les français tout en assumant, avec détermination, ses choix économiques.
Il sait également que d’autres défis majeurs l’attendent, comme le désendettement  de la France et le retour à la compétitivité de l’économie hexagonale.
Pour la première fois depuis l’élection de François Hollande, j’ai observé au cours de cette conférence de presse un président responsable en lieu et place d’un président "normal".
François Hollande, qui se confinait pathétiquement dans une normalité abusive, motivée uniquement par le désir obsessionnel de se démarquer de Nicolas Sarkozy, semble avoir pris réellement conscience que les français attendent autre chose qu’un président dont le souci principal s’inscrit dans le déni permanent de son prédécesseur.
Il a enfin réalisé l’extrême importance des lourdes charges de l’état que sa fonction lui commande de gérer.
Et au-delà de quelques évidences prononcées, je dois reconnaître en lui l’existence d’une certaine forme de courage.
On peut continuer de désapprouver le tempo de son action et d’en critiquer les méthodes mais affirmer, après cette conférence de presse, que François Hollande n’a toujours pas endossé le costume présidentiel ne serait que pure mauvaise foi, même s’il faut rappeler que l’habit ne fait pas le moine.
En effet, à mes yeux, les solutions prônées pour parvenir au redressement de la France et à endiguer les effets de la crise ne sont aucunement convaincantes.
Peu cohérentes, dénuées de clarté, celles-ci ne me paraissent pas adaptées aux périls et aux incertitudes du moment.
Rien de ce que j’ai entendu ne me pousse à croire raisonnablement que la situation économique du pays tendra un jour à s’améliorer et que la majorité des français ne continuera pas de perdre invariablement du pouvoir d’achat.
Le pays se trouve dans un engrenage qui, peu à peu, risque de le mener dans une situation économique comparable à celle de l’Espagne.
Aussi, sur certains points, François Hollande, malgré tous ses efforts, ne se distingue pas véritablement de son prédécesseur.
Il prend d’un côté ce qu’il a donné de l’autre.
L’augmentation récente de la TVA, qui ne devait en aucune manière s'appliquer dans les discours de sa campagne électorale, en est la preuve la plus significative.
Sur le fond, je ne critique pas cette augmentation motivée par la réalité de la situation économique mais j’observe qu’une grande promesse électorale n’a pas été tenue par Monsieur Hollande et que, sur ce point précis, lui et Nicolas Sarkozy, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.
On pourrait d’ailleurs se demander pourquoi attendre janvier 2014 pour appliquer le nouveau taux de cette TVA.
En mai 2013, il sera temps de tirer un premier grand bilan de ces 12 mois de quinquennat et de commenter les actions entreprises pour sortir la France du guêpier dans lequel elle se trouve.
Sur une année, il sera sans doute trop tôt pour juger de l’efficacité de la politique économique de François Hollande mais nous serons cependant à même d’en analyser les premières retombées.
Il sera donc plus légitime qu’aujourd’hui de commencer à tirer à boulet rouge sur le chef d’orchestre pour les échecs qui s’annonceraient et, ou, de le féliciter pour les progrès constatés.
J’ai la faiblesse de croire que le sentiment de vive inquiétude qui est en moi, n’est que la conséquence de mon manque de confiance persistant envers la capacité de François Hollande à diriger le vaisseau France.
S’il devait échouer dans sa politique économique, le quinquennat de Nicolas Sarkozy paraîtra comme une période très paisible de la cinquième République, au regard de ce que pourrait vivre François Hollande, le reste de son mandat.

Dans le jeu des questions réponses avec les journalistes, au cours de cette première conférence de presse, François Hollande se sera montré détendu, maniant parfois l’humour avec finesse, tout en défendant avec fermeté et conviction ses idées.
J’ai été surpris par les relations instaurées entre lui et la presse, alors que les unes assassines de ces dernières semaines ont directement remis en cause sa compétence.
L’absence de réprobation, même voilée, et son attitude débonnaire, ont démontré son attachement à la liberté de la presse, malgré les critiques acerbes qu'elle lui a assénées.
Je pense qu’en la matière, sur les relations avec les médias, Monsieur Hollande se montre beaucoup plus lucide que son prédécesseur qui usait d’un autoritarisme sectaire.
C’est la raison essentielle pour laquelle, la presse aura rendu la monnaie de sa pièce à Nicolas Sarkozy pendant toute la durée de sa campagne électorale, avec les conséquences que l’ont connaît.
Visiblement, François Hollande, qui fait preuve d’une sorte de force tranquille, ne commettra pas cette erreur grossière.
L’opération séduction du président de la République, sur le plan strictement médiatique, aura donc été une réussite, mais je doute très fortement que cela suffise à convaincre les français du bien fondé de sa politique économique, trop floue dans un horizon bouché.

mercredi 7 novembre 2012

Aurore Martin ou le déshonneur de la France



Aurore Martin, militante indépendantiste basque, aura eu le triste privilège, ce 1er novembre 2012, d’être la première française de l’histoire à être extradée par son propre pays vers un état étranger, suite à l'émission par l’Espagne, en 2010, d’un mandat d’arrêt européen pour "des faits de participation à une organisation terroriste".
La justice espagnole accuse Aurore Martin d’avoir participé à Pampelune, en 2006 et 2007, à des réunions publiques organisées par le parti basque Batasuna, interdit dans le pays et considéré, à tort ou à raison, comme le bras politique de l’organisation séparatiste basque terroriste ETA.
Or, Batasuna est un parti jugé comme légal en France et les faits reprochés par les autorités espagnoles n’ont aucun caractère délictueux pour la justice française.
Cet évènement, qui fait actuellement polémique en France, a donc choqué l’opinion publique et les politiques, toute sensibilité confondue.
Pour comprendre l’origine et le cheminement de cette procédure dont l’application en France sur un ressortissant français est une première, il faut se référer au règlement de l’Union Européenne qui a instauré ce fameux mandat d’arrêt en 2001, après les attentats du 11 septembre aux USA.
Ce mandat, adopté par les codes pénaux des pays membres de l’Union, destiné à lutter contre le terrorisme, peut être légalement établi par la justice d’un état pour sanctionner tout acte qu’il considère comme délictueux, commis sur son territoire, par toute personne, quelque soit sa nationalité.
La loi européenne n’imposant plus de double incrimination, à savoir que le délit soit reconnu conjointement par le pays émetteur d’une demande d’arrêt et d’extradition et par celui qui est sollicité, il suffit désormais qu’un comportement soit considéré comme grave et délictueux par la justice de l’état demandeur pour que la procédure soit engagée et que l'engrenage s'ébranle dans toute l'Union Européenne.
C’est la raison pour laquelle, Aurore Martin, qui n’a commis aucune action répréhensible au regard de la loi française, après avoir épuisé les quelques voies de recours juridiques, a été arrêtée par la gendarmerie et livrée immédiatement aux autorités espagnoles.
Incarcérée par le juge en charge du dossier, elle encourt désormais 12 ans de prison.
La création de ce fameux mandat d’arrêt européen, dans la théorie, est certainement une bonne chose au sein de l’Union, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, mais l’affaire Aurore Martin aura mis en lumière des failles à caractère liberticide qui nécessitent incontestablement de repenser une partie de ses fondements.
Si une participation à des réunions ou à des manifestations publiques, sous les couleurs d’une organisation ou d’un parti considéré comme hors la loi dans un pays étranger mais légal en France, peut déclencher l'établissement d'un mandat d'arrêt pour envoyer n'importe quel ressortissant français en prison, c'est toute la liberté d'expression et d'opinion qui est remise en cause.
Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, si Aurore Martin était accusée par la justice espagnole d’avoir commis un attentat ou tout autre acte meurtrier, j'aurais compris le bien fondé de cette arrestation et de son extradition, car en matière de terrorisme pur et dur, il ne saurait y avoir de nationalité qui entre en ligne de compte.
Le devoir de solidarité entre les pays européens est une nécessité absolue qui ne souffre d’aucune contestation.
Mais dans l’affaire Aurore Martin, on se trouve confronté à un acte qui n’existe plus en France depuis fort longtemps et qui n’est autre que le délit d’opinion.
Alors que  le gouvernement français, par l’intermédiaire du ministre de l’intérieur Manuel Valls, réfute toute responsabilité dans l’extradition d’Aurore Martin en Espagne, en invoquant une simple décision de justice et l’obligation de respecter l’exécution du mandat d’arrêt européen, on peut légitimement s’interroger sur l’avenir du respect des droits de l’homme en France et en Europe.
On s’aperçoit avec effroi que ce mandat d’arrêt européen, qui accorde trop de largesses aux états, sous prétexte de terrorisme décrété à toutes les sauces, peut constituer un véritable déni de démocratie et servir de "lettre de cachet" à n’importe quel pays de l’Union pour arrêter et emprisonner tout individu qu’il jugera bon de réduire au silence.
En n’intervenant pas dans ce dossier et en pratiquant la politique de l'autruche, le gouvernement qui se réfugie lâchement derrière le règlement européen, a montré une image extrêmement inquiétante quant à sa capacité et sa fermeté à protéger ses ressortissants contre la répression abusive d'une justice étrangère.
Lorsque les dirigeants d'un pays démocratique constatent que dans son application, un loi, européenne de surcroît, tend à violer les droits de l’homme, leur devoir n’est pas de se rendre complice d'une telle transgression en fermant les yeux sur les dérives qui s’ensuivent mais de refuser fermement sa mise en œuvre.
En livrant, sans discernement, dans les circonstances que l'on connait, une compatriote à des autorités étrangères, sous prétexte de l’existence d’un mandat d'arrêt européen, le gouvernement à écrit ici une page en tout point déshonorante pour la France.
Je n’irai pas jusqu’à comparer cette attitude au comportement du régime de Vichy dans les années 40 mais l’idée m’a tout de même effleuré.
Monsieur Valls serait bien plus inspiré d’envoyer nos militaires, aguerris par plus de 10 années de combat en Afghanistan, nettoyer certains quartiers de banlieues tombés entre le mains d'une racaille immonde, où l’état de droit n'a plus cours depuis des années, plutôt que de pourchasser une compatriote dont le seul tort est d’avoir soutenu, par sa présence, dans une démarche de non violence, un idéal que je ne partage en aucune manière mais que notre liberté d'expression permet de formuler.
Quant à Monsieur Hollande qui, naturellement, soutient  son ministre de l’intérieur, son désir grotesque de se vouloir à tout prix "un président normal" par opposition systématique à son prédécesseur, peut s'avérer contre productif et dans l'affaire Aurore Martin, porte sévèrement atteinte à l'honneur du pays.
Et lorsque la normalité côtoie le ridicule, c'est la France entière qui est la risée du monde.

vendredi 26 octobre 2012

Gabon : Lorsque l'émergence est plombée par les insuffisances



Décidément, l'année 2012 qui n'est pas encore achevée n'aura pas épargné le quotidien des Librevillois et restera dans les annales comme une période bien sombre à l'heure, où parait-il, l'émergence est en marche.

En mars 2012, une barge qui naviguait sur la rivière, le Komo, a sérieusement endommagé un pont qui relie par l'unique route, la nationale 1, Libreville à l'intérieur du pays.
Par mesure de sécurité, la circulation des véhicules à fort tonnage a été interdite et les conséquences économiques et commerciales pour la capitale ont été très importantes, avant qu'une solution temporaire ne soit trouvée, deux semaines après l'incident, pour permettre la traversée et la circulation des poids lourds.
A ce jour, 7 mois après les faits, le pont n'est toujours pas opérationnel.

En avril 2012, suite à une fuite de gaz décelée sur un gazoduc sous-marin, qui a obligé l'usine d'Owendo à cessé sa production d'électricité pour Libreville pendant de nombreux jours, des coupures massives de courant ont de nouveau occasionné de sérieux problèmes pour les entreprises et pour les habitants de la capitale.
Les répercutions pour l'économie locale ont été désastreuses.

Depuis le mardi 23 octobre, l'eau, élément essentiel à la vie, ne coule plus qu'au compte gouttes dans toute la capitale.
Suite à des pluies diluviennes qui sont tombées sur la région et à la crue d'un cours d'eau,  la route nationale 1 a été coupée sur plusieurs mètres au niveau du village de Mayang qui se trouve à quelques 45 kilomètres de Libreville.
Une buse jugée défectueuse depuis fort longtemps a été emportée par la puissance de la crue, provoquant l'effondrement de la nationale 1 sur plusieurs mètres et la rupture de la principale canalisation qui achemine l'eau potable vers Libreville.
Si une réparation de fortune a permis rapidement le rétablissement de la circulation, il n'en n'est pas de même pour la plus grande canalisation de transfère d'eau qui alimente les réservoirs de Libreville.
En effet, après la rupture de cette canalisation, l'usine la plus importante qui produit l'eau potable a été arrêtée, réduisant des deux tiers la quantité d'eau livrée dans Libreville.
Un programme rotatif d'alimentation a été instauré dans toute la ville pour permettre à la population d'être plus ou moins approvisionnée quelques heures par jours.
Le problème qui se pose malgré tout est que faute de pression, l'eau ne peut monter dans les étages des immeubles qui ne sont pas équipés de suppresseurs.
Par conséquent, il faut s'armer de plusieurs sauts pour s'approvisionner en eau dans les robinets situés au niveau du sol et procéder à un véritable exercice physique afin d'apporter quelques litres du précieux liquide dans les appartements.
Dans certains quartiers de la ville, où l'eau est plus rare que l'or, cette situation ne changera pas significativement la vie des habitants qui se débrouillent déjà depuis longtemps comme ils peuvent pour s'alimenter.

En 2012 à Libreville, même lorsque l'eau est censée circuler normalement dans les canalisations, des gens en sont encore totalement privés et ne disposent donc pas du minium vitale, à domicile, pour assurer leur bien être.
En 2012, notre pays le Gabon, qui prétend émerger sous peu, voit sa capitale se débattre dans des difficultés sans cesse croissantes au fur et à mesure que les années passent.
Alors que les ennuies devraient s'éloigner, au contraire ils se multiplient, faisant de Libreville un endroit qui se situe à des années lumière des ambitions formulées sous le sceau de l’émergence.
Certes au nom de cette émergence, plusieurs rues et routes ont été réhabilitées ou construites à Libreville et en province, facilitant de fait la vie des populations.
Cependant, le sens de l'entretien n'étant pas une notion très développée chez nous, on peut s'interroger tout de même pour savoir pendant combien de temps nos nouvelles routes resteront en bon état et ne seront pas de nouveau la proie des nids de poules et autres bosses qui ont tué tant de monde ces dernières années.
Des travaux d’extension du réseau d’adduction d’eau de Libreville ont été entrepris voici de très nombreux mois, laissant entrevoir de belles perspectives, mais ils sont interminables et personne n'en voit la fin.
Au regard de la situation dégradée dans laquelle se trouve la capitale, où la population est en souffrance constante, les beaux jours ne se profilent pas encore à l'horizon.
Et les récents problèmes du ramassage des ordures ménagères, qui s'amoncellent partout dans la ville, ne sont pas de nature à rassurer les librevillois, de plus en plus excédés par les tracasseries de toute sorte.
N'importe quel individu, animé d'un minimum de bon sens, connait les conséquences qui pourraient survenir dans un endroit où l'eau manque et où les poubelles s'entassent régulièrement.
En 2012, nous avons la terrible impression qu'à Libreville les années défilent à rebours.
Il n'est plus possible d'évoquer sans cesse la fatalité alors que l'incompétence, la négligence et le manque de rigueur gangrènent depuis trop longtemps les principaux services de l'état.

La barge qui a endommagé le pont sur le Komo, en mars dernier, n'était pas la première à toucher les piliers et de nombreux autres engins flottants ont, bien avant elle au cours des dernières années, contribué à fragiliser considérablement l'édifice.
Ceci, sans qu'aucune mesure n'ait jamais été prise par les pouvoirs publics pour réguler la circulation sur la rivière et protéger le pont alors que ce dernier revêt une importance cruciale pour l'économie du pays.

Et aujourd'hui, alors que l'eau vient une nouvelle fois à manquer dans tout Libreville, les prétendus hauts responsables des pouvoirs publics savaient depuis bien longtemps que l'endroit où la route a été emportée par les pluies était en mauvais état depuis plusieurs années, faute d'entretien.
Nul ne pouvait ignorer ce problème connu de tous.
Ayant emprunté moi même de nombreuses fois cette nationale 1, j'ai eu tout le loisir de constater la dangerosité du lieu puisque le bitume affaissé obligeait les conducteurs à ralentir en pleine ligne droite, pour ne pas risquer de perdre le contrôle de leur véhicule.
Plusieurs accidents graves ont déjà été enregistrés à ce même endroit et les autorités ne s'en sont jamais inquiétées.

Chez nous au Gabon, on se montre toujours incapable d'anticiper et d’appréhender les évènements.
Au royaume du "je-m'en-foutisme" nous ne faisons que les subir dans la plus totale improvisation.
Or, ne dit on pas que diriger c'est prévoir ?
Et nous attendons avec appréhension la prochaine "cata" qui, vu les nombreuses coupures d'électricité constatées ces derniers jours, n'est pas à exclure avant la fin de l'année 2012.
On se prend tout de même à rêver que dans quelques années nous serons enfin fiers de parler de la capitale du Gabon, qui accueille la moitié de la population du pays, et que nous pourrons profiter d'une ville qui, malgré ses tentatives de développement et les vœux présidentiels, n'est pas encore entrée dans le 21e siècle.
Et si l'émergence est prévue pour demain, ce jour là est encore très loin car le Gabon, riche de nombreux atouts, ne dispose pas encore de toutes les qualités humaines requises pour avancer à grands pas et sortir du sous-développement.
Changer les mentalités prendra plus d'un septennat mais le plus important est de toujours garder l'espoir de jours meilleurs.

mardi 16 octobre 2012

14e Sommet de la Francophonie : La rupture !




Le 14e sommet de la Francophonie de Kinshasa qui vient de s’achever, a revêtu une teneur toute particulière, qui dénote que le temps de la Françafrique semble révolu et sombre, peu à peu, dans les abysses du passé.
Jamais sans doute, les dirigeants qui malmènent continuellement les droits de l’homme, n’ont été dénoncés avec autant de fermeté et de clarté.
La République démocratique du Congo, qui accueillait ce sommet, n’a pas échappé aux critiques, au grand dam de son hôte, le président Kabila, dont le bilan sur le respect des libertés individuelles est déplorable alors que les accusations de fraude électorale paraissent de plus en plus avérées.
François Hollande aura donc incontestablement mis un terme brutal à plusieurs décennies d’hypocrisie que la raison d’état maintenait sans vergogne, alors que les précédents présidents de la république française poursuivaient, bien mollement, leur œuvre de donneurs de leçons sur la prétendue absolue nécessité d’appliquer le fameux principe des droits de l’homme, véritable chimère dans la plupart des pays africains.
Cinq mois après son élection, François Hollande ne m’inspire toujours pas confiance pour conduire les affaires de la France, mais je reconnais humblement que son comportement, au dernier sommet de la Francophonie, m’aura dupé.
Son discours sur la bonne gouvernance, l’état de droit et la démocratie était dénué de toute ambiguïté.
Son attitude, d’une froideur ostensible à l’égard de Joseph Kabila, dictateur par excellence, aura véritablement marqué ce sommet, envoyant de fait un message très clair aux autres chefs d’états dont le comportement n’est pas plus reluisant.
Une ère nouvelle s’annonce après ce 14e sommet de la Francophonie.
Mais les déclarations, motivées par l'orgueil, de Monsieur Kabila qui, pour répondre à François Hollande, estime sans aucune honte que la RDC est fière de la démocratie exercée dans le pays et qu'elle est pratiquée par conviction, démontre que le chemin qui mène à la liberté est encore très long et semé d’embûches mortelles.
Aussi, il n'y a pas matière à se montrer exagérément optimiste, car au delà des bouffonneries émises par Monsieur Kabila, je ne crois pas un seul instant que la realpolitik cessera de diriger complètement les actions des états qui prônent l'avènement de la démocratie.
Il est néanmoins rassurant d’observer que les grandes accolades chaleureuses et complices entre les dictateurs mal élus, dépouilleurs de leur peuple et les représentants des états de droit ne sont plus de mise.
La barrière érigée, pour mettre à nue les divergences, est sûrement la première phase d’un changement qui, au fil du temps, devrait imposer à ceux qui bafouent impunément les droits de l’homme, une ligne plus concordante avec les réelles aspirations de leur peuple.
Si le choix porté sur la République démocratique du Congo pour organiser ce 14e sommet de la Francophonie restera toujours discutable, tant il y a de choses à dire sur les violations permanentes des libertés individuelles, la prochaine rencontre qui se tiendra à Dakar au Sénégal en 2014, est une formidable manière de rendre hommage à la vraie démocratie pratiquée dans ce pays.
Il y sera certainement distiller une saveur moins amère et plus empreinte de chaleur humaine.
Il ne faut pas oublier cependant que la démocratie en Afrique reste une conception extrêmement fragile et qu’en deux ans, bien des choses peuvent évoluer.
Le Mali, qui partage une frontière commune avec le Sénégal, nous rappelle chaque jour que rien n’est définitivement acquis et que tout peut basculer dans le néant, dès lors qu'on se risque à baisser la garde ou à manipuler la démocratie au gré des ambitions personnelles.

vendredi 12 octobre 2012

La montée en puissance de l'intégrisme musulman français



L'opération antiterroriste déclenchée dans plusieurs villes françaises voici quelques jours, qui a mené à l'arrestation d'un groupuscule islamique radical et à la mort, les armes à la main, d'un des membres de ce réseau, montre à quel point la société française est peu à peu infiltrée par des individus, extrêmement dangereux et prêts à tout pour faire triompher leurs délires religieux au nom de ce qu'il appelle le djihad.
Le profil de ces intégristes montre également que nous n'avons plus forcément à faire à des islamistes avertis et expérimentés mais à une forme d'islamo-banditisme composée de jeunes hommes fraîchement convertis, connus des services de police, dont certains sont passés par la case prison, alors que d'autres disposent d'une relative bonne instruction générale.
Et ces derniers, en majorité français, nés en France, confirment une nouvelle fois que la menace terroriste n'est plus seulement d'origine étrangère mais également locale, française.
La France sécrète donc des terroristes, intégristes musulmans, susceptibles de frapper sur le territoire national et de donner la mort à n'importe quel moment.
Il est certain que ces apprentis djihadistes entretiennent des liens étroits avec des groupes terroristes étrangers aguerris dont beaucoup se réclament du salafisme.
A l'ère de la communication intensive, internet est devenu un véritable accélérateur de la radicalisation vers l'islamisme pur et dur et donc vers le djihad.
Depuis plusieurs années, il n'est plus nécessaire pour les recruteurs, adeptes du salafisme, ou de toute autre espèce de doctrine barbare, de se déplacer en France pour manipuler et embrigader des jeunes désœuvrés, en mal d'identité.
Un simple ordinateur connecté au web suffit désormais à véhiculer toutes les propagandes de dégénérés islamistes qui visent à combattre la civilisation occidentale.
Et ces discours propagandistes, parfaitement ciblés, provenant du net ou de quelques prétendus imams autoproclamés vivant en France, visent essentiellement à exacerber la haine de la République, en donnant aux individus qui les écoutent l'illusion qu'ils représentent, aux yeux de l'islam, du prophète et de Dieu, une importance particulière que la société leur a toujours refusée et que de ce fait, ils détiennent une responsabilité personnelle dans l'avancée "civilisatrice" du djiad en France.
La fameuse phrase "La République m'a rejeté mais Allah m'a ouvert les bras" est plus que jamais d'actualité dans la descente des bas fonds nauséabonds de l'intégrisme musulman.
Sans doute faudrait-il demander son avis à Dieu quant à cette phrase grotesque mais aussi son opinion sur ces guignols qui, de tout temps, toute confession confondue, se sont octroyés impunément le droit de parler, de décider, de torturer et d'exterminer leurs semblables en son nom.
Faut-il rappeler que l'épouvantable Inquisition qui a frappé l’Europe, voici de nombreux siècles, était soi-disant de source divine ?
Certains y verront sûrement une nouvelle preuve que c'est l'homme qui a créé Dieu et non l'inverse, mais ceci est un autre débat.
Le fait que plusieurs des individus arrêtés par la police aient déjà connu l’incarcération nous rappelle que la prison est devenue, depuis plusieurs années, une école du fanatisme religieux et demeure un terreau pour l'islam radical.
Lorsque l'on sait que dans certaines prisons, au sein de la communauté musulmane, les lois de la République ne sont plus appliquées et que ce sont des prisonniers, islamistes radicaux, qui régissent les règles intérieures, au nez et à la barbe de surveillants peu nombreux, découragés et dépassés par des situations ingérables, comment s'étonner alors que de simples délinquants recouvrent la liberté avec un état d'esprit envahi par la haine et le fanatisme, prêts à en découdre impitoyablement avec les fondements de la République ?
Le démantèlement de ce groupuscule terroriste, qui détenait des armes et tous les ingrédients pour fabriquer une bombe, doit constituer le début d'une prise de conscience collective nationale.
Nous sommes tous directement concernés par la menace terroriste et les dirigeants français doivent impérativement tout mettre en œuvre pour donner à la justice et aux forces de police tous les moyens nécessaires pour lutter impitoyablement contre l'intégrisme musulman.
Pour se faire, il me semble que des solutions nous tendent les bras depuis longtemps mais la volonté politique reste grisée par des considérations économiques défavorables et le soucis permanent de rester en totale conformité avec les lois républicaines en vigueur, alors que celles-ci devraient incontestablement évoluer en fonction de l'importance de la menace pour le pays.

- Je crois qu'il est urgent de débloquer des fonds supplémentaires pour poursuivre le développement des moyens d'écoute et de surveillance de toutes les plateformes de communication utilisées par les islamistes, dans les quartiers sensibles et autres endroits suspectés d'abriter des individus susceptibles de passer à l'action armée ou d'aider à la mise en œuvre d'attentats terroristes.

- Il me parait absolument fondamental de dégager une enveloppe conséquente pour les prisons, malgré les contraintes budgétaires, afin de repérer et d'isoler efficacement  les pseudo imams autoproclamés, prêcheurs de haine.
Cela passe par un accroissement très significatif du nombre de surveillants pénitentiaires qui bénéficierait d'une formation adaptée, par la mise à disposition de quartiers spécialement affectés aux intégristes, qui seraient regroupés sans possibilité de côtoyer les autres détenus, mais aussi par l'accroissement important de la présence de nouveaux aumôniers musulmans, toujours agréés par l'état et les autorités religieuses compétentes mais ce coup-ci, rémunérés en partie par les instances religieuses musulmanes.
Pourquoi ces nouveaux aumôniers seraient partiellement pris en charge par les instances religieuses musulmanes ?
Tout simplement parce celles-ci se doivent enfin d'engager des démarches concrètes qui montrent au pays, à l'opinion publique, leur détermination sans faille à aider l'état dans sa lutte contre ce terrible cancer de l'islam que constitue l'intégrisme musulman.
Il ne suffit plus aujourd'hui de se contenter de condamner, du bout des lèvres, les exactions des intégristes et de s'élever contre la peur d'une stigmatisation.
L'islam inspire plus que jamais la crainte de nombreux français qui l'associent, certes à tort,  avec les mots "violence" et "intolérance".
Mais que penseraient les musulmans modérés de Tunisie, d'Algérie et du Maroc si demain un intégrisme chrétien menaçait ouvertement leur culture et leur pays ?
L'heure n'est donc plus aux discours de circonstances devenus, au fil du temps, vides de sens.
Le temps n'est plus aux vieilles rengaines entendues des dizaines de fois.
Depuis l'avènement des révolutions arabes, jamais l'intégrisme musulman n'a été aussi influent et puissant en France et dans le monde.
J'ai la conviction que les français, quelque soit leur religion, attendent désormais des principaux responsables musulmans de l’hexagone, des actes précis de solidarité et qu'ils sont las du verbiage habituel.

- Quant aux islamistes radicaux incarcérés qui, malheureusement sont appelés à recouvrer la liberté, il me semble qu'un certain nombre de mesures draconiennes s'impose.
A mon sens, cela impliquerait pour les individus de nationalité française l'obligation de porter un bracelet électronique, pendant plusieurs années, voire ad vitam aeternam, qui permettrait la localisation permanente des individus et leur mise hors d'état de nuire à la moindre faute avérée.
Pour les étrangers, ou ceux qui possèdent la double nationalité, la perte définitive de la citoyenneté française, l'expulsion immédiate à la sortie de prison vers le pays d'origine et ce, sans considération d'une présence familiale et d'enfants français qui a trop tendance à justifier un maintien sur le territoire.
Il appartiendrait alors à la famille de rejoindre ou non l'individu expulsé en fonction des accords ou des conventions en vigueur entre la France et le pays d'origine.

Il va sans dire que, comme d'habitude, si une telle panoplie de mesures était appliquée, les associations des défenseurs des droits de l'homme ne manqueraient pas de se manifester pour défendre ces "braves gens" qui auraient payé leur dette à la société et qui redeviendraient donc, comme par miracle, des citoyens lambdas.
On connait la musique depuis des lustres : violation des droits de l'homme, non conformité avec l'état de droit, régime totalitaire, démocratie bananière et j'en passe...
Je pense qu'en matière de terrorisme, au regard des réalités présentes, alors que tout citoyen doit se sentir directement concerné par le danger, il convient d'adapter le droit et la loi en fonction de l'importance de la menace.
Même au nom des droits de l'homme et de la liberté d'expression, devant la gravité de la menace terroriste qui pèse sournoisement sur le pays, on ne peut plus laisser le moindre abruti illuminé s'exprimer en prônant ouvertement la lutte armée ou encourager le djiad contre les fondements et les valeurs de la République.
La sanction doit être forte, à savoir la prison systématique, après comparution immédiate devant un tribunal.
Il ne s'agit pas ici de partis politiques dans l'opposition, qui œuvrent légalement contre le pouvoir en place et rêvent de l’éjecter par la voie des urnes mais de potentiels criminels impitoyables qu'il faut éliminer par tous les moyens qui seraient mis à la disposition de la justice, dans ce cadre strict et précis qu'est le terrorisme.
Lorsqu'un degré élevé d'insécurité est atteint, on doit cesser de permettre à certains individus, considérés comme excessivement dangereux, de bénéficier des droits républicains pour continuer à nourrir leur haine de la société et d'entraîner les plus faibles dans leurs fantasmes débiles et meurtriers.
Et si pour cela, il faut en arriver à construire des prisons du style de "Guantanamo" alors qu'il en soit ainsi !
Bien sûr, il sera toujours impossible d'empêcher toute forme de radicalisation mais l’objectif principal doit impérativement tendre à en limiter au mieux les nuisances avec toutes les armes qui sont à disposition.
Il suffit d'observer en quelle estime tiennent de nombreux jeunes de banlieue, le tristement célèbre Mohamed Merah, pour se faire une idée précise de ce que pourrait nous réserver l'avenir proche, malgré une surveillance soutenue des quelques potentiels fous furieux qui polluent l’environnement républicain.
Il n'existe pas de solution miracle pour éradiquer totalement le terrorisme, sinon ce dernier n'existerait plus depuis fort longtemps, mais on peut toujours, quitte à restreindre certaines libertés, en limiter les effets, au nom de la sauvegarde des valeurs qui sont les nôtres.
Je pense que nous avons atteint aujourd’hui un seuil où il faut cesser de penser que la vérité, lorsqu'elle peut choquer et déplaire, doit rester un sujet tabou.
Car pendant ce temps là, face à notre silence coupable, à notre couardise, l'intégrisme islamique français poursuit son sinistre chemin qui vise à imposer, par la force brutale, ses dogmes et ses délires moyenâgeux.

mercredi 29 août 2012

Une dolce vita de 21 ans pour l'abominable Anders Behring Breivik



En prononçant une peine de 21 années de prison, assortie d’un minimum de 10 ans, à l’encontre du terrifiant Breivik pour le massacre de 77 personnes en juillet 2011, la justice norvégienne a appliqué la peine maximale en vigueur dans le pays.
Les médias ont expliqué à l'opinion publique que Breivik ne pourra pas demander de libération conditionnelle pendant ce laps de temps mais aussi que tant qu’il sera considéré comme dangereux, il ne devrait jamais recouvrer la liberté.
Au premier abord, cette peine peut paraître clémente vu les faits qui sont reprochés à Breivik mais elle correspond plus ou moins, dans sa longueur, à la peine que le tueur aurait encourue s’il avait commis son carnage en France, puisque la prison à perpétuité, pour la justice française, signifie 20 à 25 années d’incarcération maximum.
Mais quelque soit la longueur de la peine, imaginer qu'un tel dégénéré puisse obtenir la possibilité de sortir un jour de prison, ne devrait engendrer que révolte et vive indignation.
Cependant, le plus grand scandale dans cette affaire, est que la justice norvégienne a octroyé à ce terrible assassin des conditions de détention inimaginables dans l'écrasante majorité des pays de la planète.
Pendant plus de 20 ans, Breivik aura à sa disposition personnelle 3 cellules de 8m2 chacune.
La première pour dormir et regarder la télévision, la seconde pour ses exercices physiques et la troisième, équipée d’un ordinateur non connecté à internet, pour la réalisation de son travail d’écrivain puisqu’il se prétend comme tel.
On se situe ici bien au delà de l'indécence et on peut se demander si la justice norvégienne a fondé une limite à la stupidité et à la bêtise.
Les photos, ci-dessous, de la prison où Breivik purge sa peine sont éloquentes.

Chambre individuelle
Chambre individuelle
Pièce individuelle informatique
Pièce individuelle remise en forme
Bibliothèque
Réfectoire
Salon commun

Ces images, où pendant deux décennies Breivik coulera une douce existence, devraient donner à tout individu, un tant soit peu normal, l'envie de vomir ses tripes.
Or, l’opinion publique norvégienne, qui a accueilli le verdict du procès avec soulagement et satisfaction, se contente, à 53% seulement, de regretter quelque peu les trop bonnes conditions dans lesquelles est détenu le plus sanguinaire tueur de masse qu'ait jamais connu le pays.
Donc, justice est faite selon la loi en vigueur en Norvège !
On tourne la page douloureuse d’une épouvantable tuerie, on passe à autre chose et on attend bien sagement que Breivik, dans sa prison 5 étoiles, écrive un livre sur sa philosophie de vie et ses « fabuleux exploits » qui, un jour, seront publiés et qu'on achètera par pure curiosité morbide.
On balai d'un revers de main ses provocations incessantes tout au long du procès, faites de sourires narquois et de saluts fascistes.
On oubli l'expression de ses profonds et sincères regrets pour ne pas avoir eu le temps de tuer plus de personnes.
On tirera tout de même quelques leçons des embarrassants dysfonctionnements des autorités norvégiennes mis au jour par le massacre d’Utoeya où, on reconnaît que la désorganisation des forces de police aura permis au tueur de réaliser ses « basses œuvres » en relative tranquillité.
Tout le monde en Norvège est donc heureux et chacun peut désormais vaquer à ses occupations quotidiennes; la vie continue.
Après cette absence de révolte affligeante, je m'interroge très sérieusement sur le mode de pensée de cet étrange peuple dont le flegme à la britannique et le fatalisme à l'africaine, qui semblent profondément ancrés dans les esprits, constituent un mélange insolite de calme olympien et de pure sérénité, même devant l'abjection d'un crime de masse et face à une justice qui a certainement pulvérisé les records de l'immoralité.
Mais quels sont donc ces hommes et ces femmes du nord, dont la culture est ainsi faite qu’ils se satisfassent, sans broncher, d'un tel verdict et qu'ils n'expriment aucune contestation particulière de voir le plus impitoyable assassin de l’histoire de leur pays, poursuivre son existence dans une prison dorée ?
Mais de quel bois sont donc faits ces gens du grand nord, quelle conception philosophique de la vie les anime pour montrer tant de légèreté face à une justice qui cajole ses grands criminels sans même l’esquisse d'une parcelle de honte ?
Anders Behring Breivik, 33 ans, aura 54 ans dans 21 ans.
Après ces années passées dans une prison de luxe, où on lui aura permis de vivre on ne peut plus décemment,  de garder la forme et d’écrire ses mémoires, tout cela aux frais du contribuable s'il vous plait, il possèdera des chances non négligeables de se retrouver libre comme l’air en 2032 ou 2033.
Libre de narguer, par l'intermédiaire des médias, les familles des disparus, toujours avec le même sourire goguenard observé tout au long de son procès.
Libre de remettre le couvert, peut-être au même endroit, pour fêter l’anniversaire de ses « exploits ».
Alors que nous vivons dans un monde où les criminels sont de plus en plus violents, totalement dénués de toute humanité, il se trouve de plus en plus d'hommes et de femmes qui prétendent rendre la justice mais dont la motivation principale est de veiller d'abord aux droits de ceux qui ont retiré la vie.
Je ne conteste pas le fait que la pire des pourritures humaines puisse avoir un minimum de droits dans un pays démocratique mais lui donner la possibilité de passer plus de 20 ans dans une colonie de vacances dépasse totalement ma conception de la justice et ne peut qu'inspirer incompréhension, désappointement et horreur.
Lorsque la justice d'un pays pousse la "connerie" à un degré aussi élevé et se moque à un tel point des victimes, le sens de la morale et de la raison est forcément mis à rude épreuve.
Dans de telles conditions, si j'étais le père d'un enfant massacré à Utoeya, il me serait certainement impossible d'accepter l'évidence de la situation présente et mon sang latin serait en ébullition.
Qu'on ne s'y trompe pas cependant.
Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été contre la peine de mort.
J'ai toujours pensé qu'on ne pouvait pas s'octroyer le droit, même par décision de justice, de prendre une vie pour une vie, à condition toutefois que les autorités compétentes fassent leur devoir, celui de punir comme il se doit tout meurtrier, conformément à la gravité des actes perpétrés.
Or, dans l'affaire Breivik, après le massacre atroce de 77 jeunes personnes, aucune condition n'est réunie pour qu'on imagine, un seul instant, que la justice a été réellement rendue.
Et si après une telle parodie de procès, il n'existe aucun père pleurant son ou ses enfants exterminés par Breivik, qui ne ressente au plus profond de lui, la moindre envie de punir, à sa manière, une telle "sous-merde" de l’humanité, qui se félicite tous les jours d'avoir détruit des vies, alors c'est l'évidence même, l'homme de notre société moderne dispose d'une capacité de raisonnement qui est hors de ma portée.
Mais il y a  bien souvent tout un monde entre nos éventuels désirs de justice personnelle et le passage à l'acte.
Et mon respect de la vie humaine me conduit à m'en féliciter, même si je reste, dans cette effroyable affaire, la proie de quelques pensées coupables.