vendredi 30 décembre 2011

2011, une année dantesque !


L’année 2011 qui va s’achever dans quelques heures, de par les nombreux évènements et rebondissements majeurs qui l’auront jalonnée, aura vu ses mois défiler comme un véritable film hollywoodien à grand spectacle, et restera certainement gravée dans les annales de l’histoire du monde contemporain.

- Le printemps arabe où des peuples vivant sous le joug de tyrans se sont émancipés pour prendre leur destin en main, restera le sommet incontestable des nombreux évènements survenus au cours de cette année de feu.
Les images chocs sont légions et le sort tragique de Kadhafi demeurera comme l’un des symboles forts d’une révolution des peuples arabes que personne ne croyait possible et n'imaginait même pas dans les rêves les plus fous.
Et la contagion de ces révoltes jusqu’en Syrie, où chaque jours des dizaines de gens courageux continuent de donner leur vie pour la liberté, montre à quel point il est difficile, malgré les succès enregistrés en Tunisie, en Egypte et en Libye de bousculer des privilèges "monarchiques" acquis illégalement depuis des décennies.

- La destitution par la force de l’ivoirien Gbagbo qui, comme de nombreux chefs d’états africains n’a pas hésité à se parjurer pour étancher à tout prix sa soif de pouvoir, restera également comme un signal fondamental envoyé à ceux qui continuent encore de s’accrocher à une fonction qu’ils se sont octroyés de manière frauduleuse et à considérer leur pays comme leur propriété privée.

- La disparition de Ben Laden, exécuté par les forces spéciales américaines, qui aura enfin payé pour ses crimes après 10 longues années de traque, aura constitué également un moment clé de cette année hors norme.

- Le tsunami du Japon, qui provoquera la plus grave catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl, ne s’effacera sans doute jamais de nos mémoires, tant les images du déferlement des vagues, qui ont tout balayé sur leur passage aura tétanisé chacun d’entre nous devant son écran de télévision.

- La folie meurtrière en Norvège de cet épouvantable individu, Anders Behring Breivik, qui aura massacré à lui tout seul 77 personnes et ce, sans éprouver le moindre remord, aura traumatisé tout un pays et consterné d'effroi le monde entier.

 - La grave crise économique des pays de la zone euro, plongeant l’Europe au bord de la faillite, a démontré l’imminence du déclin d’un continent qui a perdu sa prédominance économique au profit de puissances émergentes comme la Chine, l’Inde et le Brésil, appelées à jouer très rapidement les tous premiers rôles sur la scène mondiale.

- Pour les français plus particulièrement, l’affaire DSK aura marqué les esprits et sans doute privé le pays du seul homme de gauche véritablement capable de tenir le cap du navire France dans cet océan d’incertitudes où l'horizon continue d'apparaître flou.

- Tout récemment, la mort de l’un des plus sinistres dictateurs de la planète, le coréen Kim Jong-il, qui aura martyrisé impitoyablement son propre peuple en continuant de lui imposer la plus abominable machine à endoctriner et à tuer qu’est le communisme, est peut-être porteuse d'espoir, même s'il faut modérer ses illusions avec l'avènement de son fils sans doute à peine moins détraqué que son cinglé de père.

Tous ces évènements qui auront monopolisé simultanément ou à tour de rôle l’actualité internationale ont donc fait de cette année 2011 un cru d’une exceptionnelle qualité où un ouragan  d'une force démesurée s’est abattu sur un monde en pleine mutation.

Alors que ce blog vient de fêter son premier anniversaire en ce mois de décembre 2011, c’est avec un grand plaisir que je souhaite à tout le monde un très bon réveillon de la Saint-Sylvestre et une excellente année 2012.
Je remercie tous les gens qui ont pris sur leur temps précieux pour lire mes articles et particulièrement ceux qui se sont fidèlement "amarrés" à ce blog en inscrivant des commentaires que j’ai toujours lus avec un intérêt soutenu.
Et j’achèverai ces dernières lignes de l’année 2011 en évoquant le souvenir de mon papa qui nous a quittés voici 18 mois.
Aussi loin que je me souvienne, il a toujours été féru d’actualité et les quotidiens comme les hebdomadaires ont toujours occupé une place importante dans sa vie.
Je lui dois mon goût pour cette actualité qui marque la France et le monde et je sais qu'il aurait été mon lecteur le plus assidu.
Ceci, pour le plaisir tout simple de se chamailler très amicalement avec moi sur nos divergences de vues et de m'entreprendre de vive voix sur nos opinions respectives…sous l’arbre à palabres.

Très bonne année 2012 à tous et merci encore du fond du cœur pour l'attention et la sollicitude que vous avez bien voulu généreusement accorder à ma modeste plume.

samedi 24 décembre 2011

France - Turquie : Brouille sur fond de génocide


L’Assemblée nationale française a adopté ce 22 décembre 2011 la proposition de loi visant à pénaliser la négation de tous les génocides, dont celui perpétré contre les arméniens.
Cette proposition de loi, qui doit encore être entérinée par le Sénat en janvier 2012, prévoit un an d’emprisonnement et 45 000 euros d'amende à l'encontre de toute personne qui nierait de manière "outrancière" tout génocide reconnu par la France.
Actuellement, seule la négation du génocide juif était considérée comme un délit, donc réprimée.
La France affirme ainsi vouloir créer une loi plus cohérente, où tous les génocides seraient considérés sur un même pied d'égalité.
Mais au-delà d'un débat éminemment sensible et profondément douloureux, je n'ai jamais compris la nécessité de réprimer des individus pour négation de génocide et je conteste vivement cette démarche comme j'ai réfuté celle qui concernait la Shoah.
Je traduis cette proposition de loi comme une nouvelle tentative de restreindre la liberté d'expression qui, de ce fait, porte atteinte à l'article 4 de la constitution de 1958 qui garantit les expressions pluralistes des opinions.
Certes, la Cour européenne des droits de l'homme a rappelé récemment qu'on ne pouvait se prévaloir de la liberté d'expression, pour détruire les droits de l'homme et saper les fondements de la démocratie.
Il y a tout de même une différence énorme entre le fait d'approuver un génocide qui est condamnable avec la plus extrême sévérité et celui de le nier.
D'autre part, la proximité de cette proposition de loi avec l'échéance des élections présidentielles en avril 2012 n'est certainement pas une simple coïncidence.
La France ayant reconnu officiellement et fort justement le génocide arménien en janvier 2001, l'adoption de cette proposition de loi ne revêtait aucun caractère d'urgence.
Dans le cas contraire, pourquoi n'avoir pas procédé à ce vote au cours des 4 dernières années mais seulement à 5 mois du scrutin présidentiel ?
En effet, comment ne pas soupçonner la droite, majoritaire à l'Assemblée nationale, d'avoir cherché ici à s’attirer les faveurs des 500 000 français d'origine arménienne ?
Cela dit, chacun sait que si la gauche était à la place de la droite en ce mois de décembre 2011, elle aurait agi exactement de la même manière.
Aussi, les circonstances de ce vote, malgré les drames de l'histoire, me paraissent assez rocambolesques.
Peut-on véritablement prendre au sérieux le résultat d'un scrutin alors que plus de 90% des députés étaient absents, la plupart pour cause de vacances de Noël ?
En effet, ceux-ci n'étaient pas plus de cinquante au moment du vote à l'Assemblée nationale qui regroupe 577 députés.
Et si cette proposition de loi a été véritablement plébiscitée par une très large majorité des politiques présents dans l'hémicycle, de droite comme de gauche, moins de 10% des représentants du peuple auront donc entraîné la France dans une crise diplomatique majeure avec la Turquie.
Tant qu'à s'attirer les foudres d'un grand pays comme la Turquie, il aurait été plus crédible de le faire en s'assurant au moins la présence de 50% des membres de l'Assemblée nationale.
Il faut cependant admettre que quelque soit la période à laquelle cette proposition de loi aurait été votée, quelque soit le nombre de députés présents à l'Assemblée nationale, l'issu du scrutin ne faisant aucun doute, une nouvelle crise avec les turcs était inévitable. 
Les relations entre le premier ministre turque Erdogan et Monsieur Sarkozy sont exécrables depuis que ce dernier, en 2007, s'est ouvertement montré hostile à l'intégration de la Turquie dans l'Union européenne.
La Turquie ne se prive donc pas pour entretenir, quasi religieusement, une susceptibilité à fleure de peau dès qu'un litige intervient avec la France.
Monsieur Erdogan, qui n'a eu de cesse d’œuvrer pendant le conflit Libyen pour tenter de briser la dynamique française, a parfaitement fait comprendre à Monsieur Sarkozy que la Turquie ne devait plus être systématiquement considérée comme un pays allié, ni ami mais également comme un potentiel adversaire qu'il faudra se préparer à affronter sur la scène internationale.
Le conflit libyen a donc considérablement accru la méfiance qui prévalait déjà entre les 2 hommes qui n'ont aucune estime l'un pour l'autre.
Et si Monsieur Sarkozy a commis parfois quelques maladresses incontestables, le consternant Monsieur Erdogan vient une nouvelle fois de prouver au monde qu'il n'a jamais brillé pour sa finesse d'esprit mais plutôt pour la brutalité excessive de ses actes et de son langage, pour le moins incompatibles avec les usages diplomatiques.
Et bien qu'on puisse comprendre la sensibilité de la Turquie dès lors que le sujet sur le génocide arménien revient à l’ordre du jour, à trop vouloir sur-réagir, de manière disproportionnée, celle-ci en devient suspecte et on aurait plutôt tendance à vouloir creuser plus profondément dans les annales de l’histoire pour en savoir encore plus sur les circonstance du génocide arménien.
Pour rappel, l'article 301 du nouveau code pénal turc, qui réprime les insultes aux institutions et à l'identité turques, a servi de base au lancement de poursuites à l'encontre de plusieurs intellectuels qui ont dénoncé les massacres contre les arméniens.
Je pense particulièrement au prix Nobel de littérature 2006, l'écrivain Orhan Pamuk, qui a été poursuivi dans son propre pays pour atteinte ouverte à l'image de l'armée après avoir déclaré dans un magasine :
" Un million d'arméniens et 30 000 kurdes ont été tués sur ces terres, mais personne d'autre que moi n'ose le dire." 
Heureusement pour lui, un procureur d'Istanbul a fini par classer l'affaire.
Le fait d'avoir constitué un article de loi qui ouvre la porte à des poursuites de ce genre démontre bien que l'état turc ne souhaite pas remuer les poubelles de son histoire et entend punir quiconque le fera.
En attendant, cette nouvelle crise franco-turque va causer des dégâts sans doute importants auprès des entreprises hexagonales fortement implantées dans ce pays.
Ces dernières peuvent donc émettre de sérieuses craintes pour la pérennité de leurs contrats en cours et à venir.
Je fais allusion aux grands groupes que sont Alstom, Areva, Axa, Carrefour, Gdf/Suez, Psa, Renaud et Vinci qui ont des intérêts importants en Turquie et qui seront très probablement éloignés de tous les marchés potentiels ou en cours de négociation.
D'autres entreprises françaises, de moindre importance, subiront également des dégâts collatéraux non négligeables, assortis de tracasseries administratives de toute sorte.
Nous connaissons parfaitement les méthodes de rétorsions turques qui ne changent jamais.
Cependant, la France étant le troisième investisseur dans le pays et ses entreprises employant plus de 100 000 personnes, les représailles de la Turquie auront donc également des répercutions sur sa propre économie qui, il est vrai, avec un taux de croissance enviable de 8%, peut s'offrir le luxe de bouter hors de son marché local un certain nombre d'entreprises tricolores.
Il va cependant falloir que la Turquie si fière, si arrogante et si imbus d'elle même, modère quelque peu son désir ardant de punir trop sévèrement son cinquième partenaire économique.
Dans un monde où les grandes économies sont devenues interdépendantes et sont imbriquées les unes dans les autres, sanctionner trop lourdement un état avec lequel on entretien d'étroites relations commerciales revient souvent à se tirer une balle dans le pied.
Et si le divorce entre la France et la Turquie est peut probable, il appartiendra tout de même à l’hexagone d'étudier très rigoureusement les conséquences, pour ses entreprises, des sanctions inévitables que Monsieur Erdogan va se faire une joie non dissimulée d'appliquer rapidement.
J'ose espérer que Monsieur Sarkozy, dans le cadre de la réciprocité, n'hésitera pas de son côté à étudier toutes les solutions possibles pour rendre à la Turquie coup pour coup et ce, même si cela doit égratigner sérieusement les relations diplomatiques, économiques et commerciales entre les deux pays.
La Turquie doit comprendre définitivement que la France définit souverainement sa politique et que le chantage économique ne saurait constituer un moyen de pression qui viserait à manipuler l'histoire à sa guise.
Après tout, rien n'empêche l'ancien empire Ottoman de promulguer une loi condamnant tous les génocides et crimes commis depuis la nuit des temps, qu'il jugera opportun de mettre sur le dos de la France.
La Turquie semble d'ailleurs s'atteler à cette tâche afin de bien lui mettre la tête dans ses propres immondices historiques.
Il faut en convenir, cela est de bonne guerre.
Il est fort possible que Monsieur Erdogan, qui paraît être un grand connaisseur en matière de génocide, nous sorte prochainement une liste exhaustive de tous les crimes contre l'humanité perpétrés par la France.
Je ne serais d'ailleurs pas étonné si ce Monsieur trouvait le moyen, tout compte fait, d'imputer à la France une partie importante des responsabilités turques dans le génocide arménien.
Quoi qu'il en soit, la France ne gagnera rien dans sa brouille avec la Turquie et a beaucoup à perdre.
Cette proposition de loi, qui a mis le feu aux poudres, ne vaut pas une rupture avec un pays qui, même si à mon sens n'a pas vocation à entrer dans l'Union européenne, n'en demeure pas moins un acteur qui compte sur la scène internationale et spécialement au moyen orient.
Cela n'implique pas pour autant qu'il faille recevoir des gifles sans asséner en retour des coups de pieds dans le derrière. 
Et les problèmes ne sont pas terminés car il semble certain que le Sénat, dans quelques semaines, entérinera cette loi.
Il reviendra alors au Conseil constitutionnel de statuer définitivement, en déclarant la loi conforme ou non conforme à la constitution.

lundi 19 décembre 2011

Législatives gabonaises de 2011 : Les élections sans la démocratie


Les élections législatives gabonaises du 17 décembre dont le résultat officiel n’est pas attendu avant jeudi prochain vont, comme prévu, confirmer la toute puissance du parti présidentiel, le PDG (Parti Démocratique Gabonais) qui va s’offrir une très confortable majorité absolue à l’assemblée nationale en raflant certainement plus de 90% des sièges.
Cela sera sans aucun doute un raz-de-marée tant le pourcentage d’électeurs ayant voté pour le PDG sera élevé.
Ainsi, aux yeux de la communauté internationale, le chef de l’état aura légalement et officiellement toute latitude pour asseoir sa politique économique et sociale.
Certes, il n’était pas nécessaire de connaître le résultat de ces législatives pour confirmer l'omnipotence du PDG qui n’a jamais eu véritablement de rival politique crédible et sérieux, que ce soit depuis l’élection du nouveau président en 2009 ou lors du règne du précédent chef de l’état disparu.
Cependant, comme le taux d’abstention sera certainement très important, suite à la demande de boycott des urnes par les divers opposants au régime, on est tout de même en droit de se demander si ces élections législatives revêtent une quelconque signification quand à la sensibilité politique réelle du peuple gabonais en cette fin d’année 2011.
Les futurs vainqueurs affirment déjà que si les électeurs de l’opposition n’ont pas cru bon de participer au scrutin, cela est de leur seule responsabilité et qu’ils ont agi en totale liberté de conscience.
Effectivement, il me paraît difficile de contredire de tels arguments dont la logique ne se discute pas.
Néanmoins, cela n’enlève rien au fait que le résultat final ne pourra être que tronqué et ne correspondra en aucune manière aux différents courants de pensée qui jalonnent les terrains politiques et socio-culturels du pays.
Imaginez, demain, qu’au cours des prochaines élections présidentielles en France en 2012, Monsieur Sarkozy et l’UMP, Madame Le Pen et le FN décident de ne pas être candidats, de ne désigner personne d'autre, et donnent pour instructions à leurs électeurs de boycotter les bureaux de vote.
En admettant que les électeurs obtempèrent, nous verrions sans doute une déferlante socialiste s’emparer du pouvoir avec un score à la soviétique et ce, malgré une abstention très élevée.
C’est exactement ce qu’il vient de se produire au cours de ces dernières élections législatives au Gabon.
La seule victoire que l’opposition tentera donc de revendiquer est le taux d’abstention qui prouverait, selon elle, que les gabonais ne sont pas séniles et qu’ils savaient parfaitement que les dés étaient pipés bien avant le départ de la campagne électorale.
Faudrait-il encore que le véritable taux des abstentionnistes soit réellement communiqué par les instances gouvernementales...
Cela dit, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur la crédibilité d’une opposition totalement déboussolée depuis l’élection présidentielle de 2009, désorganisée comme jamais et gangrenée par les luttes de clans.
Celle-ci n’a pas trouvé le courage politique d’affronter le "loup" dans sa tanière, de peur de recevoir des morsures trop acérées.
Qu’elle perception pouvons-nous avoir de chefs d’opposition qui refusent d’aller au feu pour tenter malgré tout de peser sur un scrutin qui n’était pas joué d’avance si ces derniers étaient parvenus à mettre en place une sorte d’union sacrée ?
On pensait que les erreurs pitoyables commises lors de la dernière élection présidentielle de 2009, qui a vu des dizaines de prétendus leaders de l’opposition défendre uniquement leur intérêt personnel au lieu de s’unir autour d’un seul homme pour le bien du pays, n’allaient pas se renouveler.
On imaginait qu’un consensus serait enfin trouvé pour ne pas rater une nouvelle fois un épisode historique de l’histoire politique du Gabon.
Mais au lieu de cela, nous avons vu une pseudo opposition, plus ou moins réunie autour de quelques anciens barons du parti présidentiel le PDG, conditionner sa participation aux élections législatives à l’introduction de la biométrie censée sécuriser la bonne tenue du vote.
L'absence de la biométrie, même si elle est regrettable, n'a certainement pas entaché sérieusement les résultats du scrutin, et elle ne peut expliquer la lâcheté et le manque flagrant d’ardeur de ces soi-disant cadors dans un duel politique qui n'a jamais eu lieu faute de combattants.
En effets, toutes les forces vives de l’opposition se sont couchées pour éviter les coups, donnant ainsi à la victoire du PDG des allures de triomphe éclatant.
Et si, à vaincre sans péril on triomphe sans gloire, lorsque l'adversaire fuit le "champ de bataille" sans même tirer un seul "coup de fusil", le triomphe du vainqueur gagnerait à demeurer modeste.
Je crois que le combat pour l’obtention de plus de liberté en Afrique est une lutte de très longue haleine et ce n’est pas en déposant les armes ou en pratiquant la politique de la chaise vide, comme l’opposition gabonaise vient de le faire, qu’elle permettra au pays de devenir une véritable démocratie.
L’abstention, même massive lors d’une élection, fait toujours le jeu de ceux qui l’ont gagnée et les conforte on ne peut plus dans leur rôle et dans leurs ambitions.
En politique, les absents ont toujours tort et leurs revendications n’offrent plus aucune crédibilité dès lors qu’ils n’ont pas su ou voulu rassembler pour peser sur le cours des évènements.
Aujourd’hui, on peut affirmer sans risque que l’opposition gabonaise, déjà moribonde, n’existe plus et n’a plus aucune raison de perdurer dans son organisation actuelle.
En refusant la confrontation, celle-ci aura porté un coup fatal à l'avènement d'une démocratie naissante au Gabon.
Les seuls responsables de ce pitoyable fiasco sont les Mba Obame, Eyéghé Ndong et Oyé Mba qui avaient mis en œuvre la stratégie du régime précédent avant d’entrer en dissidence et qui, de ce fait, connaissaient parfaitement les méandres et les ficelles du jeu politique pratiqué par le chef de l'état à l'époque en fonction, et aussi par l'homme qui actuellement est à la tête du pays.
De nombreux gabonais pensaient donc, à juste titre, que ces hommes politiques, de grande expérience, passés dans le camp de l'opposition, allaient engager dans leur combat leurs solides connaissances de l'adversaire pour mieux le contrer sur son propre terrain.
Ce fut un clash retentissant dans le néant des ambitions personnelles de roitelets insignifiants, incapables de se trouver un chef pour conduire un mouvement susceptible de changer la donne politique.
Les belles paroles pompeuses et inutiles se sont multipliées sans jamais apporter de solutions pour parvenir à une opposition unie, capable de faire vaciller par les urnes le pouvoir en place.
Les têtes pensantes du régime actuel ont donc de très beaux jours devant elles et toutes les portes sont désormais ouvertes pour qu’elles exercent une domination sans partage au sein d'un état où le mot ALTERNANCE n’a jamais eu la moindre signification depuis l’indépendance.
Et malheureusement, ce n’est pas la fameuse émergence du Gabon qui redonnera des couleurs à un paysage électoral dont le gris, terriblement déprimant, confine au désespoir.
Il reste seulement à espérer que le Gabon poursuivra son évolution sur le plan économique car, il faut le dire, il  progresse malgré l'absence de démocratie.
En effet, qu’on ne s’y trompe pas; S’il est difficile d'accepter qu’il n’y ait qu’un seul chemin possible à suivre au Gabon, celui d’un seul homme et de son parti, il serait malhonnête de nier que malgré des erreurs commises par excès de zèle et de brutalité, certaines bonnes choses ont été entreprises depuis 2009.
Le Gabon avance malgré tout à petits pas sur la voie de l’émergence dont la lumière, encore lointaine, est perceptible et il faut reconnaître qu’il a été fait en 2 années plus que ce qui a été réalisé lors de la dernière décennie, où le pays n'a pratiquement pas progressé au cours de cette période.
Cela n'explique et n’excuse en rien le fait que le peuple gabonais n’ait pas d’autres solutions envisageables, à l'aube de l'année 2012, que celles imposées par la volonté unique d'un homme, qui gouverne totalement seul, le plus souvent à la hussarde, et qui n’a jamais convaincu sur sa réelle légitimité à la tête de l'état.
 "Si le gabonais est servile et fort peu belliqueux, il n’est pas dupe."
 C'est sans doute la seule leçon que le PDG pourra tirer de l'abstention importante des électeurs au cours de ces élections législatives sans intérêt, dénuées de tout suspense et tellement orphelines de ce mot qu'on appelle DEMOCRATIE.