vendredi 25 novembre 2011

La lettre d’un père à sa fille


Il y a ce réveil matinal le plus douloureux de ton existence, ces mots si cruels qu'aucun père ne souhaiterait jamais prononcer.
Il y a ces cris stridents, ce cataclysme qui emporte tes rêves dans les plus sombres abysses et ce jour maudit qui à jamais restera gravé au plus profond de ton cœur.

Il s’appelait Equinore et il était pour toi le plus majestueux des chevaux.
Il était ce rayon de soleil qui embrasait ton cœur de mille feux, ce fidèle compagnon qui te transportait dans un monde magique, ce vent violent qui poussait irrésistiblement ton présent vers l’avenir.
Il possédait cette prestance naturelle que tu admirais tant, cette fougue juvénile que tu adorais et qui te donnait le vertige, ce don unique pour t’apporter la paix intérieure.
Il représentait ton défi permanent, ton art de vivre, ta raison d’être.
Il calmait tes angoisses et colmatait les brèches de tes incertitudes.
Il était le sourire sur tes lèvres, l’étincelle dans tes yeux, la première lumière du petit matin.

Equinore nous a quittés pour rejoindre ses amis qui avant lui ont fait le grand voyage.
Tu sais, là où les prairies sont toujours vertes, où le temps ne compte plus, là où le froid ne s'engouffre jamais malgré les rigueurs de l'hiver, là où la plénitude de l'âme règne avec tant d’acuité.

Il reposait sur l'herbe, endormi pour toujours, les yeux ouverts, le regard apaisé.
Je t’ai vu courir vers lui pour l'étreindre longuement, éperdument.
J’ai ressenti dans la poitrine cette immense douleur qui a envahi tout ton être.
J’ai entendu tes sanglots briser le silence du recueillement.
J’ai écouté tes mots d’amour qui le suppliaient de te revenir.
J’ai fermé les yeux pour ne plus penser, serré les poings pour ne plus pleurer.
Je t’ai pris dans mes bras pour te consoler, mais je n’ai pas pu empêcher ton cœur meurtri de se consumer.
Et dans cette nuit soudaine, si trouble, si noire, tellement glaciale, en cherchant désespérément à ne pas sombrer dans le souffle de la peine, j’ai trouvé une lueur d’espoir qui m’a guidé vers toi pour te dire que le meilleur reste malgré tout à venir.

Tu le sais, seul le temps atténue les plus grands chagrins et permet au mal de s'enfuir.
Les saisons qui se succèdent cicatrisent peu à peu les blessures les plus vives.
Et dans la dérive de ces moments uniques à jamais perdus, tu puiseras la force de te reconstruire.
Un jour viendra où tu cesseras d'errer sur les sentiers de ta détresse.

Tu murmureras son nom et tu évoqueras son souvenir empreint d'une douce chaleur.
Tu raconteras à tous où tu l'as connu, pourquoi tu l'as voulu, comment tu l'as aimé.
Et ce sont des larmes d'amour, des larmes de joie qui glisseront alors sur tes joues.
Tu es si jeune, au printemps de cette vie qui est encore devant toi, qui te tend la main.
Et aussi vrai que tu existes, tu surferas de nouveau sur la vague du bonheur qui t'emportera vers un autre amour, un autre LUI.

Je t'aime Laëti

mardi 15 novembre 2011

Les Lions Indomptables : La conduite indigente d'une bande de "bras cassés"


Avant l'annulation de la rencontre amicale de football entre l'Algérie et le Cameroun, je pensais qu'il n'y avait que les joueurs de l'équipe de France, dans ce bas monde, pour déshonorer sans vergogne le maillot national et ridiculiser aux yeux de la planète toute entière leur propre pays.
Je fais naturellement allusion à la pantalonnade de Knysna lors de la dernière coupe du monde de football en Afrique du Sud où les responsables, à mon grand désappointement, n'ont pas été réellement sanctionnés alors qu'ils ne devraient plus jamais porter le maillot bleu.
Mais la bêtise humaine possède décidément d'innombrables sources de régénérescence et c'est sans doute la seule chose que l'homme, spécialement dans le monde du football, soit en mesure de faire progresser régulièrement à pas de géant.
L'incroyable et inacceptable comportement des Lions Indomptables qui viennent de refuser de jouer un match amical, prévu de longue date contre l'Algérie le 15 novembre et ce, quelques heures seulement avant le coup d'envoi, dénote de l’irresponsabilité et de la cupidité d'individus dont beaucoup ne doivent qu'à leur prétendu talent de ne pas pointer à l'usine, de ne pas faire la plonge dans un restaurant où de ne pas vivre dans la misère.
Les raisons invoquées par les joueurs, qui poussent la tartuferie à son extrême en réitérant dans un communiqué leur engagement patriotique, sont qu'ils n'ont pas reçu, de la part de la Fédération camerounaise, leur prime de présence qui se monterait globalement pour l'ensemble de l'équipe à 33 000 euros.
Si on divise cette somme par un nombre approximatif de joueurs, il n'est pas nécessaire d'avoir fait de hautes études pour affirmer que la somme par personne est relativement dérisoire.
Le non versement de cette prime qui justifierait, si on comprend bien les joueurs, l'humiliation infligée à leur pays, restera sans doute pour longtemps dans les annales de la stupidité collective d'un sport où l'argent roi, qui a pourri toutes les consciences, régit depuis trop longtemps les actions et les décisions entreprises directement sur le terrain.
Lorsqu'on parvient à un niveau aussi sordide, où même l'amour du maillot national se monnaie, il n'y a plus beaucoup de place pour le spectacle, le don de soi et la dignité.
Et lorsqu'on sait que ces multimillionnaires en euros, incapables de qualifier leur pays pour la prochaine coupe d'Afrique des nations de 2012, gagnent en un mois ce que l'écrasante majorité des camerounais n'imaginerait même pas percevoir dans toute une vie de dur labeur, il y a de quoi avoir la nausée et désespérer du genre humain.
Mais au-delà de la décision imbécile d'une bande de voyous minables, trop gâtée par la vie et déconnectée de la réalité par l'argent facile, infiniment plus douée pour dépenser sa fortune et jouer les cadors que pour taper dans un ballon et marquer des buts, au-delà de l'image déplorable qu'elle projette sur le Cameroun qui n'avait véritablement pas besoin de cela, les conséquences de son acte vont jusqu'à pénaliser gravement l'Algérie et ses nombreux fans du ballon rond.
En effet, la rencontre qui devait se dérouler à Alger avait attiré près de 80 000 spectateurs qui ont déjà payé leur billet et qu'il faudra rembourser.
Plusieurs chaînes de télévision ont acheté les droits de retransmission du match qui devait se jouer à guichet fermé.
Le préjudice pour l'Algérie est donc énorme et celle-ci va certainement saisir la Confédération africaine de football pour demander réparation.
Ce n'est pas la première fois que la Fédération camerounaise de football se voit contrainte d'annuler, pour diverses autres raisons, un match des Lions Indomptables.
Il serait enfin temps que la FIFA elle même se penche très sérieusement sur ce problème récurent, en infligeant des sanctions qui viseraient en priorité à interdire l'équipe nationale du Cameroun de toute compétition jusqu'à la fin de la prochaine coupe du monde en juillet 2014.
Quant à la Fédération camerounaise de football dont l'incurie et la corruption sont légendaires, quelque soit ses torts dans cette honteuse affaire, celle-ci redorerait quelque peu son blason, si souvent terni, si elle prenait les décisions qui s'imposent, à savoir radier pour plusieurs années de l'équipe nationale les meneurs responsables de ce lamentable fiasco.
Si on persiste à tolérer que de pitoyables "charlots" humilient impunément leur pays sans qu'ils en paient le prix fort, on ouvre la porte à toutes les dérives inimaginables.
Il me semble donc primordial que le Cameroun et les hautes instances du football mondial s'accordent pour éliminer les trop nombreuses brebis galeuses qui gangrènent le football camerounais, ce dernier venant de démontrer une nouvelle fois qu'il se trouve en situation de totale déliquescence.
Mais il ne faut pas rêver !
Je reste persuadé que la CAF n'infligera qu'une amende sportive à la Fédération camerounaise de football, qui elle même, s'empressera de tourner une nouvelle fois la page d'un épisode sans doute perçu comme simplement...embarrassant.
Pauvre Cameroun, tombé si bas sur le baromètre du prestige international !

samedi 5 novembre 2011

Charlie Hebdo et la vengeance de l'obscurentisme


Les 100 coups de fouet promis par la caricature de Mahomet devront sans doute être infligés à tous les employés de Charlie Hebdo car il est certain qu'aucun d'entre eux n'aura trouvé matière à rire dans l'incendie criminel qui a ravagé leurs locaux et détruit leur outil de travail ce mercredi 2 novembre 2011.
Les probables représailles qui ont été pratiquées en réponse à la parution du dernier numéro de Charlie Hedbo consacré à la charia, où le prophète Mahomet est brocardé, constituent un acte criminel d'une gravité absolue. 
Il convient cependant de demeurer relativement prudent quant à l'identité des auteurs de cet incendie et surtout de ne pas procéder à des amalgames hasardeux qui tendraient à stigmatiser une religion en particulier et à faire le procès d'une certaine catégorie de la population qui vit paisiblement en France.
On se doute bien que, sauf colossale surprise, les auteurs de cette acte insensé ne sont pas des catholiques ou des juifs intégristes mais en aucune manière on ne peut se permettre de viser particulièrement telle ou telle religion sous prétexte que des "déchets de l'humanité" ont cru bon de transformer les 100 coups de fouet en feu de l'enfer contre ceux dont l'exercice de la satyre est le métier.
L'enquête qui a été ouverte se chargera peut-être de nous éclairer sur l'identité des responsables de ce forfait afin qu'ils soient châtiés avec la plus extrême des fermetés, eux et leurs éventuels commanditaires.
Si ceux-ci étaient retrouvés, il appartiendra à la justice de procéder à un exemple exceptionnel dans la sévérité de la peine car le message doit être parfaitement clair pour ceux qui se complaisent dans l’obscurantisme moyenâgeux et qui n'ont comme seul discours que celui de la violence.
Cette triste affaire relance naturellement le vieux débat sur la liberté d'expression de la presse face à une minorité d'individus intégristes qui n'a pas sa place au sein de la République et qui, malheureusement, continue de se répandre insidieusement et dangereusement parmi nous chaque jour.
Dans tout pays démocratique, la liberté d’expression est un droit inaliénable et elle ne saurait faire l'objet d'une quelconque négociation.
Cependant, cette fameuse liberté d'expression que nous invoquons à toutes les sauces, ne signifie pas qu'on soit autorisé à dire ou à dessiner tout et n'importe quoi, sans tenir compte d'un certain nombre de principes auxquels on ne devrait jamais déroger.
Dans le domaine de la religion, il serait avisé de se référer à l'histoire de l'humanité pour encourager un minimum de retenue sur des sujets susceptibles d’exacerber les passions les plus violentes.
Depuis que les religions existent, les hommes ont impitoyablement massacré leurs semblables au nom d'un prétendu dieu et d'une foi qui ont engendré tellement de haine de par le monde qu'une prudence systématique devrait être de rigueur dans l'expression de certaines idées.
Et au regard de l'histoire des religions, composée trop souvent de fleuves de sang et de larmes, certains journalistes ne peuvent pas sans cesse revendiquer la liberté d'expression pour s'engager sur des chemins de traverse qui les amènent à franchir trop régulièrement les frontières du blasphème et de la provocation.
On peut condamner sans ambages les prêtres pédophiles, critiquer vivement le port ostentatoire de signes religieux, dénoncer l'ostracisme de quelques comportements et obliger les intégristes de tout bord à se conformer aux lois en vigueur, par la force si nécessaire, mais on doit éviter de tourner en dérision certains symboles religieux et encore plus d'insulter ceux qui sont considérés comme des prophètes.
Si au nom de la liberté d'expression, tout doit être permis et si aucune limite n'est tracée, comment identifier les repères qui imposent un minimum de sens déontologique, de respect de l'autre et de savoir vivre ?
Le fait de refuser d'entendre ceux qui s'indignent sincèrement devant des atteintes trop lourdes portées à leur sensibilité religieuse, n'est-il pas en soi un manque flagrant de tolérance ?
En conséquence, ne pourrait-on pas évoquer une forme de dictature de la démocratie au même titre que nous dénonçons le despotisme de certaines religions ?
Si l'intolérance religieuse est liberticide, la liberté telle que nous la concevons en occident peut-elle survivre durablement à ses nombreux excès ?
Bien des questions demeurent en suspend lorsqu'il s'agit de faire cohabiter nos valeurs occidentales avec des valeurs différentes mais qui ne sont pas forcément aux antipodes des nôtres.
En s'attaquant à ce qui est foncièrement sacré pour certains et en s'autorisant toutes les outrances, Charlie Hebdo a pris des risques connus mais non mesurés.
Et dans ce domaine, il est très rare de semer le vent sans récolter la tempête.
Qu'on ne s'y trompe pas; Je ne cherche pas à relativiser l'acte inqualifiable des auteurs de l'incendie des locaux de Charlie Hebdo mais tout simplement à expliquer que des provocations trop zélées, dénuées de toute décence et du moindre respect, peuvent attiser les feux de la haine.
Les gens de Charlie Hebdo, peut-être un peu trop arrogants dans leur attitude, s'estimant protégés par le boulier de la liberté d'expression, n'ont sans doute jamais apprécié, à leur juste mesure, les nombreuses menaces perpétrées contre leur journal
Et à cet effet, la mise à exécution de celles-ci ne constitue pas en l’occurrence une réelle surprise.