lundi 19 septembre 2011

DSK : Les confessions maitrisées d’une interview calibrée sur mesure



J’ai été quelque peu déçu par l’intervention télévisée et tant attendue de Dsk qui, s’il a reconnu une faute morale de sa part dans l’affaire Nafissatou Diallo, n’a tout de même donné aucune explication sur ce qui s’est réellement passé dans cette fameuse suite du Sofitel.
Je ne m’attendais pas à ce qu’il nous communique des détails crus ou sordides sur sa relation consentie ou forcée avec cette femme de chambre mais j’aurais souhaité qu’il nous apporte quelques précisions sur les circonstances qui ont fait qu’il s’est retrouvé seul avec Nafissatou Diallo dans sa suite et sur le moment précis où les évènements se sont emballés pour lui échapper totalement.
Je crois également que le fait d’être interviewé par Claire Chazal, une amie proche de son épouse Anne Sinclair, a somme toute considérablement dénaturé un entretien trop policé et donc sans saveur.
A aucun moment, la présentatrice du journal de TF1 n’a cherché à pousser Dsk dans ses derniers retranchements et ses questions peu incisives ont démontré une certaine connivence dans la conduite du débat où le manque de spontanéité des protagonistes m’est apparu flagrant.
J’ai souvent ressenti cette désagréable impression que tout semblait convenu d’avance, comme préfabriqué, et que Dsk avait surement beaucoup répété les mots, les phrases et même les geste avant de se présenter sur le plateau de TF1.
Tout paraissait impeccablement orchestré, comme si nous assistions à une pièce de théâtre.
Aussi, Dsk au cours de son interview, s’est trop souvent appuyé, comme un prête sur sa bible, sur la copie du rapport officiel du procureur américain qui, soi-disant, l’innocentait de toutes les charges qui pesaient contre lui.
En réalité, ce rapport ne le dédouane pas explicitement des accusations formulées à son encontre mais évoque plutôt l’absence de preuves formelles quant au viol, et surtout la présence de doutes alimentés par les mensonges et les contradictions de Nafissatou Diallo.
Dsk a bénéficié d'une sorte de non lieu parce que la bonne moralité de son accusatrice a été remise en question mais cela ne fait pas de lui un innocent, contrairement à ce qu'il a tenté de nous faire croire.

Ceci dit, il fallait tout de même un certain courage pour s’exprimer devant des millions de français après les accusations graves portées contre lui et je conçois que l’exercice, bien qu'obligatoire, eu égard à sa notoriété, était difficile et certainement très éprouvant pour les nerfs.
D’où, probablement, le choix d'une Claire Chazal complaisante pour diriger un débat qui se voulait apaisé et la nécessité de régler, comme du papier à musique, tous les éléments de l'interview afin d’éviter des balbutiements ou des réponses inappropriées, qui risquaient d'engendrer des interprétations erronées de la part de l'opinion publique.

Mais si Dsk a regretté le mal qu’il a fait à sa femme, à ses enfants et à ses amis, j’ai trouvé choquant qu’il n’ait pas formulé la moindre excuse auprès des français.
Sa conduite pour le moins douteuse et plus que tendancieuse, qui lui a valu de se retrouver dans une situation judiciaire périlleuse, aura sonné le glas de ses ambitions  présidentielles en 2012.
Et à cet effet, il a plongé des millions de gens, qui croyaient fortement en lui, dans une sorte de désœuvrement politique où le doute et l’incompréhension ont soudainement remplacé l’espoir.
Plus grave encore, comme je l'ai déjà indiqué dans un précédent article, au regard de ses hautes responsabilités au sein du FMI, son comportement aura sévèrement porté atteinte à l'honneur de son pays, la France, qui a été profondément humiliée.
Le rendez-vous manqué de Dsk, avec ses éventuels nombreux partisans en 2012 et le déshonneur qu'il a infligé à son pays, méritaient incontestablement un mea-culpa particulier qui aurait dû obligatoirement se traduire par de plates excuses auprès des français.
L'opinion publique est toujours sensible au repentir, surtout s’il s'adresse spécialement à elle et à la nation.
Le scénario mis au point par ses conseillers en communication ne prévoyait donc pas ce genre d’attention qui aurait apporté une certaine forme de panache à un homme dont la sincérité des paroles ne m'a pas foncièrement convaincu.
Dsk semble avoir oublié que son addiction aux femmes a changé la donne politique de la France et que le candidat qui sera élu en mai 2012 aura certainement profité de son goût immodéré et indécent pour la gent féminine.
Et en se référant aux sondages qui le plébiscitaient avant ses frasques américaines, je serais tenté de dire que le prochain président de la République, à défaut d'avoir été mal élu, sera un président de circonstances, peut-être choisi par dépit.
Car, quelque soit le mérite du prochain vainqueur des futures présidentielles, une sordide "histoire de fesses" lui aura considérablement facilité la tâche.
Etant persuadé que Dsk possède réellement la stature d'un chef d'état, même si je ne lui aurais pas forcément donné mon suffrage,  j'éprouve un grand sentiment de gâchis.
Les hautes compétences d'un tel homme, au service de la France, se seraient avérées fondamentales dans la lutte contre cette impitoyable crise économique appelée à durer.

mardi 13 septembre 2011

Robert Bourgi : Le déballage affligeant d'un bouffon éconduit


Les déclarations de Robert Bourgi, sur les valises d'argent qu'il aurait livrées à Jacques Chirac, Dominique  Villepin, voire Jean-Marie Le Pen, mettent en pleine lumière le financement occulte de la vie politique française et le côté obscur de cette fameuse françafrique au marigot décidément bien nauséabond.
Les accusations à l’emporte-pièce de cet homme de l'ombre, qui se dit  porteur de valises de la république et qui reconnait n’avoir strictement aucune preuve de ce qu’il avance, n’ont certainement pas pour but, comme il l’affirme sans aucune honte, de soulager sa conscience et de vouloir une France propre.
Un personnage comme Robert Bourgi n’a pas plus de conscience que les divers hommes politiques qu’il a servis pendant de nombreuses années et se fiche royalement de l'état de propreté de la France,
Ce barbouze en costume cravate, avocat à ses heures perdues, ne fera jamais croire, que sous l'apparat d'une Jeanne d’Arc des temps modernes, une révélation divine lui a commandé de faire le ménage dans le monde politique français en étalant les immondices de la république sur la voie publique.
On peut s'interroger sur les raisons de ce déballage infect qui donne une image épouvantable de la politique telle qu’elle est pratiquée en France mais surtout de la morale des politiciens qui s'évertuent à jouer les vierges effarouchées chaque fois qu’une accusation les montre du doigt mais qui se comportent en fait comme de véritables « petites frappes » sans scrupules.
Jacques Chirac, Dominique Villepin et Jean Marie Le Pen  sont donc les premières « victimes » des accusations  fracassantes d’un homme au repentir bien trop tardif pour être honnête, qui aura servi pendant 25 ans les intérêts d’une république de coquins et d’escrocs.
Certes, le fait que des roitelets africains aient financé les campagnes électorales de certains hommes politiques français à coups de valises remplies d'argent n’est pas réellement un scoop au sens le plus noble du terme.
Des rumeurs persistantes indiquaient depuis longtemps que certains chefs d'état d’Afrique excellaient dans cette pratique depuis plusieurs décennies en agissant discrètement dans l’arrière-cour marécageuse de la françafrique.
Mais jusque là, personne n’avait osé porter des accusassions publiques nominatives et la bombe qui vient d’exploser, un 11 septembre s’il vous plait, cela ne s'invente pas, risque de produire des dégâts collatéraux  dont certains hommes politiques, et non des moindres, auront peut-être grand mal à se relever.
En effet, ces dénonciations en appellent sans doute d’autres car les langues vont peut-être désormais se délier et nous ne sommes pas au bout de nos surprises quant aux prochaines allégations qui viendront certainement poindre à l'horizon, dans les jours et les semaines à venir.
La gravité et la précision des accusations vont certainement amener l’ouverture d’une enquête de justice même si celle-ci a très peu de chance d’aboutir, par manque de preuves et du fait de la prescription de certaines actions.
Monsieur Bourgi, qui a certainement profité très largement du système et qui a décidé de
« passer à table » après tant d’années, ne met en cause que les sieurs Chirac, Villepin et Le Pen alors que c’est sans doute toute la classe politique française, de droite comme de gauche, qui a bénéficié de la générosité des présidents africains.
Une possible vengeance de celui qu'on appelle le « bouffon éconduit », pour avoir été écarté des sphères du pouvoir à une certaine époque et qui s'en est senti humilié,  me parait plus que probable.
Le problème pour cet homme à l'influence certaine, qui a une connaissance très poussée des méthodes de la françafrique et qui se dit très proche de Nicolas Sarkozy, est que ses révélations soudaines, par ricochet, risquent de mettre directement en cause son propre ami président qui n’est sans doute pas tout blanc dans cette histoire de versements d'argent.
En effet, peut-on croire sérieusement que Monsieur Sarkozy n’aurait pas suivi l’exemple de ses prédécesseurs en acceptant lui aussi quelques valises bien remplies pour financer sa dernière campagne présidentielle ? 
Et dans cette république bananière qu'est devenue la France, à travers les accusations de Robert Bourgi, ce sont les principes même de la démocratie qui sont remis en cause.
Aussi, sans préjuger de ce qu'il adviendra des soupçons qui pèsent lourdement sur la classe politique française, on s'explique on ne peut mieux désormais les complaisances coupables de nos dirigeants envers certains régimes africains, champions du viol caractérisé des droits de l'homme, de la tricherie électorale flagrante et des biens mal acquis.
Entre racailles, quelque soit la couleur de peau, la nationalité, la solidarité reste de rigueur et on se comprend toujours !
Il faut espérer que les dénonciations aux motivations douteuses de ce Monsieur Bourgi servent au moins à éradiquer définitivement des procédés mafieux qui portent atteinte à l'intégrité de toute une nation.
La France va devoir balayer fermement devant sa porte avant de jouer de nouveau les éternelles donneuses de leçons aux quatre coins d’un monde qui, actuellement, doit se pouffer de rire.
Quant à ceux qui là-bas en Afrique fustigent, à juste titre, les hommes politiques français pour leur cupidité honteuse alors que le continent a encore tant besoin d'argent pour se développer, qu'ils n'oublient que pour danser le tango, il faut être deux.
On ne peut pas critiquer le corrompu sans demander des comptes au corrupteur.

samedi 3 septembre 2011

L'euthanasie en question en France

 
Alors que nous avons pour habitude d’accorder toute notre attention au droit de vivre dans la dignité, ceux qui nous gouvernent, pour des raisons éthiques, continuent de refuser à un patient, atteint d’une maladie incurable ou en phase terminale, le droit de mourir dignement, en sollicitant légalement l’assistance d’un médecin ou d’un proche.
Les progrès incessants de la médecine qui permettent de plus en plus souvent de maintenir artificiellement en vie des malades dans un état de coma profond, ont contribué à multiplier les cas douloureux où se pose ce terrible dilemme qui consiste à accepter illégalement ou à refuser dans le cadre de la loi, de mettre un terme à la vie, par la dispense d'une aide active à mourir.
Il faut savoir que plus de 90% des français seraient favorables à l'euthanasie, à partir du moment où celle-ci serait strictement encadrée, en accord avec le patient, si cela est encore possible, les familles et les médecins.
Mais le courant de pensée des politiques qui affirment tenir par-dessus tout au strict respect de la vie humaine, demeure hostile à une législation sur l’euthanasie.
Bien-sûr, la question qui se pose est de savoir si notre société moderne, même dans un cadre purement médical,  peut s’arroger le droit de donner volontairement la mort.
Je crois qu'il n'appartient pas aux seuls responsables politiques de répondre à cette question et de décider à la place des français, au regard de l'extrême sensibilité d'un sujet qui fait régulièrement débat chaque année.
L'organisation d'un référendum, dont le résultat est connu d'avance, dédouanerait  les  pouvoirs publics d'une décision qu'ils n'auraient plus à prendre de leur propre chef.
Tant que ces derniers n’auront pas le courage, ni la volonté politique de poser le problème directement dans les urnes, l’euthanasie continuera donc d’évoluer dans la stricte clandestinité, comme ce fut le cas à une certaine époque pour l'avortement.
Et la justice, souvent désappointée devant un cas d'euthanasie, restera  toujours confrontée à des conflits de conscience entre le devoir de punir un acte hors la loi, que l'on pourrait qualifier de meurtre compassionnel et la nécessité intellectuelle de reconnaître, après enquête, que la démarche qui a consisté à octroyer la mort, n’avait pour seul but que d’abréger la déchéance insoutenable d’une vie, où la souffrance confinant à l’indécence était insupportable.
Certes, la loi Leonetti de 2005, insuffisamment connue des français, qui donne accès aux soins palliatifs pour  tous les malades en situation désespérée et qui autorise la limitation des traitements actifs et leur arrêt définitif  lorsque cela est devenu inutile, est somme toute un compromis non négligeable entre l’euthanasie pure et dure et un accompagnement plus mesuré vers la cessation de la vie.
Mais cette loi, incontestablement novatrice et fort louable, n’autorise en aucune manière le fait de donner, de manière active, la mort à un patient qui, dans une situation médicale reconnue sans issue, formulerait une demande explicite, volontaire et répétée pour qu’il soit mis un terme à son existence.
Au nom du respect absolu de la vie, peut-on continuer de refuser qu’un homme ou une femme qui n’accepterait plus la dégradation physique progressive et inéluctable de son état, puisse décider humblement et dignement de partir à une heure choisie, en concertation étroite avec sa famille et les médecins ?
Au nom de la bonne conscience de certains esprits dont l’éthique s’avère parfois trop restrictive, est-il toujours réellement fondé d'attendre une situation de coma irréversible, autorisant l'application des règles de la loi Leonetti, pour abréger un semblant de vie qui n'a plus aucune raison d'être ?
Le fait que de plus en plus de patients, condamnés par la maladie, se tournent discrètement vers certains pays étrangers qui autorisent l'euthanasie ou le suicide assisté, démontre si besoin était, que les réponses apportées par la loi Leonetti ne sont pas suffisantes, même si elles constituent un indéniable progrès dans l'accompagnement de la fin de vie.
Si une étape a été franchie en mettant un terme à l'acharnement thérapeutique, le temps est venu de fixer la barre encore plus haut, de passer enfin cette frontière que l'on a trop longtemps jugé infranchissable, où le choix de mourir effectué par un patient ou celui d'arrêter la vie par décision familiale, doit être pris en considération par une assemblée de médecins qui serait à même d'évaluer le bien fondé de la demande.
Car si le mot "euthanasie" effraie le plus souvent, il n'en demeure pas moins un acte d'humanité quand ce n'est pas tout simplement un ultime geste d'amour.