vendredi 29 avril 2011

Le "J'accuse" de Mediapart


Selon le site d'information Mediapart, dans le but de limiter le nombre de joueurs français, de type africains et nord-africains, un certain nombre de dirigeants de la Direction Technique Nationale de la Fédération  Française de Football, aurait approuvé à la fin de l'année 2010, de manière officieuse, le principe de quotas discriminatoires dans les centres de formation et les écoles de foot du pays.
Cet événement se serait déroulé dans le secret le plus absolu et aurait obtenu l'aval du sélectionneur de l'équipe de France.
La nature de cette information pouvant être explosive si elle se révélait exacte, il me semble nécessaire, en attendant une enquête approfondie des autorités françaises, de se montrer extrêmement prudent et de ne pas réagir sous l'emprise de l'émotion.
Certes, personne n'est aveugle et tout le monde a remarqué depuis fort longtemps que l'équipe de France était composée d'une forte majorité de joueurs de couleur et d'origine maghrébine.
Ce fait, somme toute indubitablement unique en Europe, ne m'a jamais perturbé tant il m'a toujours semblé évident que les meilleurs joueurs français, quelque soit leur couleur de peau ou leur origine, devaient logiquement être sélectionnés chez les bleus.
Et si certains d'entre eux ne chantent pas la Marseillaise, cela regarde leur propre conscience et je n'y ai jamais rien trouvé à redire.
Sauf erreur de ma part, il n'existe aucun règlement qui impose de chanter la Marseillaise lorsqu'est joué  l'hymne national.
L'essentiel est que le maillot bleu soit respecté par tous, en faisant montre d'une volonté indéfectible pour tenter d'obtenir la victoire sur le terrain et défendre l'honneur du pays.
Je me souviens d'une nuit de juillet 1998 où un joueur de couleur, à l'inspiration géniale, a envoyé les bleus en finale de la coupe du monde de football.
Je me souviens avec encore plus d'émotion, quelques jours plus tard, de cette soirée fabuleuse, magique, où un joueur d'origine maghrébine a propulsé la France, par deux coups de tête magistrals, dans la légende du football, au panthéon du sport, tout simplement au paradis.
A l'unanimité, on évoquait alors toutes les vertus rassembleuses d'une équipe black, blanc, beur qui a donné au sport français sont plus beau titre de gloire.
Il n'était pas question, à cette époque, de quotas raciaux ou autre débilité de ce genre qui rappellent  la triste époque de l'apartheid.
Bien-sûr, depuis, il y eu l'éprouvante expérience de Knysna  en Afrique du Sud, lors de la dernière coupe du monde en 2010.
Je n'oublierai sans doute jamais ce terrible sentiment de honte qui m'a envahi alors que le monde entier observait, effaré, l'attitude scandaleuse et pathétique d'une équipe pitoyable, qui avait cessé d'exister.
Mais à aucun moment, la rébellion d'une partie de l'équipe ne mettait en exergue l'origine de tel ou tel joueur en particulier.
Et si après cette pantalonnade bleue, j'aurais ardemment souhaité que certains joueurs de l'équipe de France soient radiés à vie des effectifs et si je ne parviens pas à comprendre qu'on ait pu pardonner l'affront qu'ils ont infligé à leur pays et qu'ils ont gravement déshonoré, je ne perçois toujours pas le moindre argument qui tendrait à justifier la mise en application d'un quelconque quota racial dans la sélection de joueurs qui ne seraient pas français de souche.
Il n'existe d'ailleurs aucune justification possible à ce genre de décision qui ne peut que donner la nausée.
D'autre part, sauf si le sélectionneur national formulait des aveux, je ne pourrai jamais croire qu'un tel personnage, qui a toujours été un exemple pour la jeunesse et dont le respect des valeurs sportives n'est plus à démontrer, ait pu cautionner une éventuelle décision secrète où une forme de ségrégation raciale serait en vigueur.
Malheureusement il faut s'attendre à tout, l'homme, par nature, étant souvent une source de déceptions.
Il reste donc bien des zones d'ombre dans cette révélation stupéfiante de Mediapart et il faut espérer que celles-ci soient rapidement mises en lumière afin de comprendre, d'expliquer et si nécessaire de sanctionner impitoyablement des dérives d'une autre époque.
En revanche, s'il s'avérait que Médiapart, qui a dénoncé des actes d'une telle gravite, était convaincu de diffamation, au regard des risques encourus par ceux qui auraient été accusés à tort, la justice devra se montrer sans pitié et appliquer une sanction exemplaire.
Les médias, s'ils possèdent le droit d'informer en toute liberté, ont également un devoir impératif, celui de transmettre toutes les preuves étayant leurs accusations.
L'affaire est donc à suivre.

mercredi 20 avril 2011

La laïcité en question et la place de l'islam en France


Depuis quelques semaines, le débat, pratiquement permanent sur la laïcité et la place de l'islam en France, pose de nombreuses questions souvent plus délicates les unes que les autres.
Aussi,  il convient de demeurer extrêmement prudent sur un sujet où les diverses sensibilités sont à fleur de peau et promptes à s'enflammer à la moindre observation.
Chacun doit mesurer ses propos, ses écrits avec une très grande prudence afin de ne pas être suspecté ou accusé de tel ou tel sentiment qui ne correspondrait en aucune manière aux idées qu'il souhaiterait exprimer ou partager.
Avant toute chose, il me semble important de rappeler globalement la signification de la laïcité.
La Laïcité correspond à la séparation des églises et de l'état depuis 1905, ce dernier  reconnaissant sa totale neutralité dans ses rapports avec toutes les religions.
L'état n'intervient pas dans les affaires religieuses du pays et la république garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes. 
Cela dit la laïcité, peut être remplie de contradictions et de paradoxes qu'il n'est pas toujours aisé d'expliquer, faute d'en comprendre tous les rouages.
L'affirmation et l'influence de plus en plus croissante de l'islam en France nous obligent à nous interroger sur le devenir de cette laïcité à une époque si troublée où de plus en plus de revendications identitaires s'opposent  à cette valeur républicaine.
Il faut se souvenir que le principe de la laïcité a été établi à une époque où les décideurs politiques, à l'image du peuple français, étaient profondément imprégnés par une solide instruction religieuse chrétienne, quelle soit catholique protestante ou autre.
On peut certes évoquer la neutralité de l'état par rapport aux religions mais il est impossible d'occulter les racines intrinsèquement chrétiennes de la France.
Aussi, même si les français de souche sont de moins en moins pratiquants, ils ont été élevés et instruits, dans une écrasante majorité, sous le sceau des valeurs chrétiennes.
Les innombrables clochers de nos villages, les nombreuses tours de nos cathédrales font inconditionnellement partie de l'immense patrimoine culturel de la France et de ses paysages.
Et cela, on ne peut le dissocier de l'histoire d'un pays qui, depuis Clovis, est encore considéré comme la fille ainée de l'église.
On en vient donc à la place de l'islam en France au sein d'une laïcité qui, certainement, gagnerait à trouver un équilibre qui soit plus en harmonie avec la société actuelle, faite de diversités multiples.
Certains politiques évoquent l'idée d'un islam de France et non pas en France et je pense qu'ils se trompent.
Ainsi, en donnant le sentiment de vouloir imposer des règles spécifiques à l'islam, ils distribuent du grain à moudre à toutes les idées extrémistes, radicales et obscurantistes.
Nous n'avons pas le droit, au nom des valeurs qui sont les nôtres, d'imposer spécialement à une religion, des règles de convenance et de savoir vivre qui seraient en contradiction avec les préceptes qu'elle tend à véhiculer auprès de ses fidèles.
Aujourd'hui, je me pose donc la question de savoir si en interdisant  récemment le port du voile intégral (niqab ou burqa) dans tous les lieux publics, l'état ne serait pas sorti de sa légendaire neutralité en assenant un  surprenant coup de poignard à la laïcité? 
Certes, je peux comprendre aisément qu'une employée, fonctionnaire de l'état, soit dans l'obligation de montrer son visage aux citoyens qui s'adressent à elle, cela me semble fondamental, et je ne reviendrai pas sur ce problème, mais personne ne devrait se voir imposer par la loi de montrer systématiquement son visage dans des lieux publics non administratifs, où chacun est censé vaquer en toute liberté à ses occupations ou à ses loisirs. 
En ce sens, l'interdiction du port du voile intégral dans tous les endroits publics me semble contre-productive et plus de nature à exacerber les sentiments les plus virulents qu'à calmer les esprits.
La laïcité, dans sa neutralité, ne peut concevoir le bannissement de religions montrant des signes ostentatoires dans un espace extérieur commun sans que son concept ne soit remis en cause.
Certes, les idées extrémistes d'une certaine catégorie de musulmans invitent à une surveillance soutenue de quelques doctrines intolérantes mais dont les dérives obscurantistes ne reflètent en rien le mode de pensée et les croyances prônés par l'islam dans sa globalité.
Il est vrai que ce sont incontestablement ces dérives dangereuses qui, se multipliant, effraient l'opinion publique et poussent l'état à prendre des décisions rigoureuses mais qui me paraissent néanmoins maladroites.
Le risque de stigmatisation d'une religion est donc important alors qu'il me semble capital de bien établir une différence entre un islam modéré ou plus ou moins modéré, qui peut accepter en son sein des femmes portant librement le voile intégral et un islam radical qui n'a pour seul but que d'imposer par la force des idées d'un autre âge à tous les musulmans, où qu'ils se trouvent.
Ce n'est pas la femme qui porte le voile intégral qui doit inspirer la méfiance et la crainte mais l'imam qui ne parle pas un mot de français et qui prêche la haine de l'occident à des jeunes désœuvrés dans certaines mosquées ou caves de France.
Si la première doit être perçue avec tolérance et bienveillance, le second doit être combattu avec la plus extrême fermeté et considéré comme un danger pour la laïcité et donc pour le pays.
L'islam, le vrai, celui qui véhicule des principes de tolérance et de paix, a donc toute sa place dans la société  laïque et française.
C'est pourquoi, il me parait nécessaire d'accompagner son essor en facilitant, en toute conformité avec la loi en vigueur, la construction de lieux de culte qui permettraient aux musulmans de vivre leur foi avec plus de dignité.
Ceci, tout en surveillant étroitement les points de dérives qui ne sont pas négligeables et donc naturellement inquiétants.
Mais au moment où l'islam, par sa branche radicale, fait naître des peurs qui ne sont pas toujours dénuées de fondement, il est regrettable que les principaux responsables de cette religion en France soient plus enclins à critiquer d'autres dérives condamnables, qui proviennent de milieux d'extrême droite, qu'à fustiger les abus de langage et de comportement d'une minorité d'islamistes haineux qui n'a aucunement l'intention de respecter les lois républicaines et qui, de ce fait, n'a pas vocation à demeurer sur le territoire français.
Pourquoi tant d'ardeur à dénoncer les esprits malsains et nauséabonds chez les autres alors qu'on en trouve juste devant sa porte ?
Il est essentiel cependant d'évoquer ce concept particulier et si sensible où les musulmans placent la loi du coran bien avant celle de la république, contrairement aux chrétiens qui expriment leurs croyances tout en accordant la priorité aux règles qui sied à tout citoyen.
Cette différence qu'il ne faut jamais négliger explique, sans l'excuser, les raisons pour lesquelles certains musulmans, très pratiquants, ne comprennent pas et n'acceptent pas que les lois définies par l'état laïc soient supérieures à celles qui sont indiquées dans le coran.
Et si l'immense majorité des musulmans a la volonté de respecter les lois républicaines, une minorité, très active, les renie viscéralement et donne malheureusement une image absolument déplorable de leur religion, dans laquelle la pratique de la charia demeure le sommet de l'intolérance.
Quand à la laïcité dont l'état est le garant, celle-ci ne devrait jamais se départir des principes fondamentaux qui ont fait son succès et qui ont permis logiquement à l'islam de s'installer durablement en France, au fil des décennies.
Si elle doit impérativement s'adapter aux nombreux changements et défis de la société, cela ne signifie pas qu'elle s'arroge le droit de restreindre certaines libertés.
Cependant, malgré l'estime et le respect que j'éprouve pour la religion musulmane, dont certains de mes amis proches sont issus, je n'oublie pas qu'il n'existe dans le monde aucun pays en terre d'islam qui peut se targuer d'être foncièrement une démocratie telle que nous la concevons en occident.
Notre conception de la liberté n'est pas une vérité qui doit s'imposer au monde mais je pense particulièrement à certains pays du Moyen Orient qui manient la dictature religieuse à l'excès, où construire une église est interdit et où porter la croix est considéré comme un blasphème qui peut mener en prison.
Or, ce sont ces mêmes pays qui ont imposé ces lois scélérates, au mépris de la tolérance religieuse prônée par le coran, qui critiquent aujourd'hui, avec la plus grande véhémence, les récentes décisions de l'état français qui, je ne saurai le nier, demeurent discutables.

mercredi 13 avril 2011

Gbagbo est tombé

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Laurent Gbagbo aura donc fini par renoncer, malgré lui, à un pouvoir qu'il avait usurpé après des mois de tergiversations politiques, de massacres qui restent encore à quantifier et une guerre plus ou moins éclaire des forces du président Ouattara. 
L'homme, défait, a été contraint de se rendre et les images d'un ex président, en maillot de corps, les yeux hagards, humilié par ses vainqueurs, on fait le tour du monde. 
On peut naturellement se réjouir de l'épilogue de cette épopée meurtrière où le sang aura beaucoup coulé et où l'image du continent Africain ne sera pas sortie grandie, bien au contraire.
Je regrette cependant quelque peu l'humiliation médiatique qui a été imposée à un homme qui, voici encore quelques mois, était le chef d'état reconnu d'un pays souverain.
La côte d'Ivoire respire enfin et peut désormais se projeter vers un avenir que l'on souhaite meilleur.
Mais le sera t'il réellement dans les jours, les semaines ou les mois à venir ? 
Ce pays meurtri depuis tant d'années, gangréné par la corruption et dont 47% des Ivoiriens auraient voté pour Laurent Gbagbo ne va pas devenir du jour au lendemain un havre de paix.
Il n'est pas déraisonnable d'affirmer que pour le président Ouattara, le plus dur commence après la chute de Laurent Gbagbo.
Sa tâche s'annonce gigantesque, voire démentielle car elle n'est constituée que d'urgences un peu partout dans le pays.
Au delà de la situation sanitaire qui est catastrophique et qu'il va falloir résoudre dans les plus brefs délais, le président Ouattara va devoir œuvrer pour reconstruire l'économie de la Côte d'Ivoire, lui donner des institutions solides, réconcilier le peuple qui reste malgré tout très divisé, mais aussi faire montre d'une extrême impartialité en poursuivant ceux qui ont commis des crimes contre l'humanité et ce, quelque soit le camp auxquels ils appartiennent.
Dans cette guerre fratricide, qui pourrait encore perdurer avec des actes ponctuels de guérilla, les bourreaux auront sévi des deux côtés et il est bien évident que le camp de Laurent Gbagbo n'a pas eu le monopole des viols et des tueries à la chaine.
Mais cela ne signifiera pas qu'il faille profiter de la nécessité de procéder à des enquêtes, afin que justice soit faite, pour régler des comptes qui ne seraient pas directement liés aux massacres perpétrés par les deux parties.
Le désir qui anime Monsieur Ouattara d'unir tous les Ivoiriens, devra se concrétiser par des actes qui tendent à empêcher des représailles contre les vaincus ou d'autres crimes qui pourraient être commis par des bandes incontrôlées, qui  profiteraient de la situation encore chaotique qui règne actuellement.
A cet effet, la communauté internationale et les forces de l'Onu auront sans doute un grand rôle à jouer pour aider Monsieur Ouattara à sécuriser et à pacifier l'ensemble du pays.
Quant à l'avenir de Laurent Gbagbo, il dépendra beaucoup des reproches que la justice, qu'il faut espérer juste et impartiale, formulera à son encontre.
Il en va de même pour son épouse, Simone, qui s'est souvent montrée impitoyable et qui aura peut-être plus de comptes à rendre que Laurent Gbagbo.
Je ne peux m'empêcher de songer au tristement célèbre Blé Goudé, le "chef tonton macoute" de ces prétendus patriotes, bandits sans foi ni loi, qui ont excellé dans les exactions de toute sorte depuis de nombreuses années.
Il est bien difficile de savoir si, actuellement en fuite et activement recherché, il survivra à la chute de son maitre, trop de gens lui vouant une haine féroce.
Je ne doute pas que Monsieur Ouattara aura donné des instructions fermes pour que cet individu soit capturé vivant et qu'il réponde, devant la justice de son pays, du rôle qu'il a joué dans les crimes commis contre une partie du peuple Ivoirien.
Le chemin qui mène à la paix est encore long et semé d'embuches plus dangereuses les unes que les autres.
Aussi, il est fort peu probable que la fonction du président Ouattara soit enviée par qui que ce soit en l'état actuel des choses, sauf peut-être par Laurent Gbagbo.
Il reste à espérer, en dehors de toutes les bonnes choses que l'on peut souhaiter à la Côte d'Ivoire, que cette fin de règne mouvementée aura constitué un message sérieux envoyé en direction de certains chefs d'états mal élus, qui ont truqué les élections de leur pays et qui continuent de croire qu'ils pourront indéfiniment et impunément s'octroyer les gouvernes de leur nation comme si elles étaient leur propriété privée.
A bon entendeur, salut !