mardi 29 mars 2011

France : Les cantonales confirment la progression du Front National


Comme cela était prévu après les résultats du premier tour, la droite aura donc pris une déculottée dans ces élections cantonales dont il faudra tout de même en modérer l'impact au vu du taux d’abstention enregistré qui est de 54%.
Ce taux, qui a atteint des records, démontre le peu d'intérêt que les français éprouvent pour ce genre d'élections mais également dénote une érosion massive de leur esprit républicain où les hommes politiques sont perçus avec beaucoup de méfiance et sont l'objet de peu d'estime.
En dehors de ce fait éminemment regrettable, nous constatons que le Front National poursuit sa progression avec des scores encore jamais enregistrés depuis sa création en 1971.
Marine Le Pen est donc plus fringante que jamais.
Et à côté de cette avancée constante du FN, la victoire de la gauche et la fessée assénée par les électeurs à la droite, me semblent revêtir une importance bien secondaire.
Alors que certains prédisent une défaite mémorable de Mr Sarkozy aux prochaines élections présidentielles de 2012, je ne peux m'empêcher de focaliser sur un élément infiniment plus important à me yeux :
La présence éventuelle de Marine Le Pen au second tour des prochaines présidentielles.
Je me souviens encore du "tsunami" provoqué par le résultat de son cher papa au second tour des présidentielles de 2002.
Un "Tsunami" qui avait permis à Jacques Chirac d'obtenir un score à la soviétique au cours de ce second tour, faisant de ce dernier un président mal élu, puisque l'ensemble de la gauche avait appelé logiquement à voter pour lui afin de barrer la route au Front National.
En effet, je détesterai devoir voter en faveur de convictions politiques qui ne seraient pas les miennes, dans le but d'empêcher le Front National de s'emparer d'une fonction censée refléter l'image de la France dans sa plus pure expression démocratique.
Les hommes et les femmes de droite, comme de gauche, ont un travail colossale à accomplir pour tenter d'inverser une tendance qui semble actuellement impossible à contrecarrer.
Or, cela me semble bien mal parti lorsqu'on observe les chamailleries lamentables de quelques responsables de la droite qui se rejettent  plus ou moins la responsabilité de la lourde défaite des cantonales.
Il m'aurait paru infiniment plus judicieux de resserrer les rangs tout en réglant ses comptes exclusivement en famille et non pas devant la France entière.
Quant à la gauche qui ne sait toujours pas quel sera son candidat aux prochaines présidentielles, attendant le bon vouloir de Dominique Strauss Kahn, il sera important de gérer au mieux l'éventuelle tentative de Ségolène Royal de faire cavalier seul.
Une multiplication des candidats appartenant à un même parti augmenterait considérablement les chances du FN de se retrouver au second tour.
Il faut espérer que le parti socialiste ne s'endorme pas sur ses lauriers car le syndrome Jospin pourrait fort bien réapparaitre avec les conséquences que l'on connait.
Il est fondamental de bien comprendre que c'est dans toutes ces incertitudes et atermoiements affligeants que le FN puisera, au fil des mois, les voix dont il aura besoin pour se maintenir au second tour des présidentielles de 2012.
Pour l'instant, Marine Le Pen a raison de sourire et elle aurait bien tort de s'en priver.
Et si le temps pour cette dernière est à la jubilation, il reste à espérer que les beaux jours du FN ne se transforment pas, peu à peu, en soleil d'Austerlitz.

vendredi 18 mars 2011

Libye : L'honneur retrouvé de la communauté internationale


Cette nuit, le Conseil de sécurité de l'Onu a donc autorisé le recours à la force contre les forces du colonel Kadhafi en ouvrant la voie à des frappes aériennes sur le territoire libyen.
La décision a été saluée à Benghazi, le fief des insurgés libyens, par une explosion de joie dans les rues.
Embrassades, pleurs et concert de klaxons se sont donc succédés toute la nuit avec ce retour de l'espoir.
Le drapeau français aura même flotté dans la ville pour remercier l'hexagone de son action très importante dans les décisions qui viennent d'être prises.
Ayant appelé de mes vœux une réaction de la communauté internationale, je peux donc que me réjouir des mesures adoptées par l'Onu mais je me garderai cependant de crier victoire et de me bercer d'illusions trop hâtives.
En effet, la communauté internationale a accusé un retard conséquent avant de prendre cette décision salutaire et aujourd'hui, les données sur le terrain sont différentes car les troupes loyalistes sont désormais parvenues aux portes de Benghazi.
Au regard de cette situation, il n'est pas certain qu'une simple zone d'exclusion aérienne soit suffisante et celle-ci ne pourra que constituer une première étape avant des frappes aériennes directement dirigées contre l'artillerie et les chars libyens.
La réalité d'aujourd'hui est donc différente de celle d'hier et il va falloir adapter l'intervention militaire de la communauté internationale en fonction des derniers évènements, en évitant d'avoir un coup de retard sur Kadhafi, ce qui me semble être le cas actuellement.
Certes, ce "charmant" Monsieur nous réserve naturellement quelques mauvaises surprises mais il sait désormais qu'il ne peut plus agir à sa guise en Libye et surtout que les insurgés, qui tiennent Benghazi, sont transcendés par la décision de L'Onu et qu'ils vont se battre avec une détermination sans réserves.
La donne est en train de changer et je suis convaincu que même un fou comme Kadhafi en a réellement conscience, malgré le fait qu'il s'accrochera au pouvoir peut-être jusqu'à la mort.
Aussi, je suis persuadé qu'il va chercher à temporiser et à embrouiller tout le monde pour gagner du temps et empêcher les premières frappes aériennes.
J'écoutais hier son discours à l'intention de la population de Benghazi et nous étions véritablement dans l'irréel. 
J'avais l'impression d'assister au monologue d'un abruti dégénéré qui avait le plus grand mal à contenir sa haine viscérale envers une partie de son peuple.
La France qui aura été aux avant-postes de la demande d'intervention pour stopper Kadhafi n'est sans doute pas au bout de ses peines.
Avec ses alliées, elle va devoir maintenant passer aux actes et la tâche qui l'attend s'annonce ardue car déloger Kadhafi uniquement par des frappes aériennes sera sans doute insuffisant à court terme et il faudra certainement envisager le déploiement de soldats sur le terrain afin de finir le travail.
Dans le cas contraire, le temps jouera pour Kadhafi et le risque d'enlisement deviendra une réalité.
Et nous connaissons tous la manière dont Kadhafi exerce sa vengeance lorsqu'il fait payer aux occidentaux leurs velléités à son encontre.
Tant qu'il sera en mesure de nuire, on peut formuler de légitimes inquiétudes sur l'éventualité d'un attentat sur le territoire français ou sur un vol Air France.
Une extrême prudence sera donc de rigueur même si cela ne sera peut-être pas suffisant pour éviter le pire.
C'est la raison pour laquelle, mort ou vif,  il faut à tout prix obtenir sa chute.
Dans le cas contraire, nous ne pourrons plus jamais dormir tranquille, où que nous soyons, et ce sont des larmes de sang qui couleront sur notre visage.

lundi 14 mars 2011

Il faut stopper Kadhafi


Comme on pouvait le craindre, après avoir été décontenancé par l'avancée des rebelles, la surprise passée, Kadhafi s'est réorganisé et a repris du poil de la bête.
Chaque jour il regagne le terrain perdu face à des combattants mal armés et peu aguerris.
Les troupes du colonel Kadhafi, appuyées par l'aviation qui bombarde intensivement les positions rebelles, progressent désormais rapidement vers l'Est du pays, après avoir repris plusieurs villes et villages aux insurgés.
Benghazi, le fief de l'insurrection libyenne, va se retrouver rapidement menacé par une stratégie d'encerclement qui sera fatale si la communauté internationale continue de regarder les images à la télévision sans réagir.
En observant attentivement une carte sur l'avancée actuelle des soldats et des mercenaires de Kadhafi, on peut aisément deviner quelles seront les prochaines étapes pour tenter de reprendre le contrôle total du territoire Libyen.
Il n'est pas besoin de se prétendre expert militaire pour se faire une idée plus ou moins précise de la tactique qui sera employée pour réaliser l'objectif principal de Kadhafi qui est de s'emparer de Benghazi, la seconde ville du pays, actuellement entre les mains de l'insurrection.
Pour cela, il suffira de reprendre la ville d'Ajdabiya, de contourner Benghazi pour investir Tobrouk afin de parvenir à une manœuvre d'encerclement des insurgés.
Les rebelles n'auraient alors d'autre alternative que de tenir jusqu'à la mort Benghazi ou de tenter une échappatoire improbable vers la mer, sonnant ainsi le glas de la révolution libyenne.
Dans l'état actuel des choses, l'insurrection libyenne est en passe d'être matée et son avenir proche est l'anéantissement total dans un bain de sang aux conséquences monstrueuses.
Car il ne faut se faire aucune illusion !
Kadhafi exterminera jusqu'au dernier les insurgés et tous les gens qui ont cru en l'avènement d'une ère nouvelle, comme cela a été le cas en Tunisie et en Egypte.
Avec l’état d’esprit qui est le sien, il ne trouvera pas d'autre solution que de faire un exemple afin qu'une telle mésaventure, qui aura constitué une terrible humiliation pour lui, ne se reproduise plus.
Et pendant ce temps, les pays européens, comme d'habitude, se disputent sur la méthode à employer pour éviter le bain de sang redouté.
Un temps qui joue cruellement en faveur de Kadhafi.
La France et Le Royaume Uni préconisent une intervention par la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne afin d'empêcher Kadhafi d'utiliser son aviation alors que d'autres pays, dont la fébrilité fait peine à voir, préfèrent se replier sur eux mêmes, fermer les yeux et se boucher les oreilles pour ne pas entendre les appels au secours d'un peuple dont le destin est désormais en ballotage très défavorable.
Alors qu'une réunion des ministres des affaires étrangères du G8 aura lieu ce lundi à Paris, Monsieur Juppé, le chef de la diplomatie française, a appelé à une accélération des efforts internationaux pour l'instauration de cette fameuse zone d'exclusion aérienne.
La ligue arabe étant elle même favorable à cette solution de la dernière chance, devant l’avancée de Kadhafi et les massacres à venir, il est fondamental que dans les prochains jours l'UE et le Conseil de sécurité parviennent à un accord afin de légitimer une intervention imminente.
Ceci, en parfaite concertation avec la ligue arabe qui doit être associée à toutes les décisions qui seront prises.
Et si un accord ne pouvait intervenir, laissant ainsi toute latitude à Kadhafi d'exterminer une partie de son peuple, il appartiendra alors aux deux seuls états européens ayant eu le courage de préconiser une intervention militaire, la France et la Grande Bretagne, de prendre leurs responsabilités devant l'histoire.
Alors que Monsieur Obama hésite à ouvrir un nouveau front sous son mandat présidentiel, l'Afghanistan et l'Irak occupant l'essentiel du potentiel militaire américain, j'ose croire qu'il entrera lui aussi dans la partie pour participer à une opération de sauvetage dont les Etats-Unis ne peuvent rester à l'écart, au regard du drame qui est en train de se jouer sous nos yeux.
Pour la France, qui est le seul pays à avoir formellement reconnu le Conseil National de Transition créé par les insurgés, une action urgente s'impose avant leur élimination.
Certes, cette reconnaissance m'aura incontestablement paru hâtive et il ne fait pas de doute que si Kadhafi ressortait, par malheur, vainqueur de la guerre civile libyenne, il le ferait payer à la France, en premier lieu par des représailles économiques majeures et plus tard, par des actions plus en rapport avec sa folie meurtrière.
Autrement dit, au point de non retour où les relations entre la France et Kadhafi sont parvenues aujourd'hui, il serait fort prudent et somme toute très avisé d’éviter les avions d'Air France et les sites touristiques de Paris.
Le président Sarkozy a fait un pari bien téméraire sur l'avenir en sous estimant peut-être la capacité à rebondir de Kadhafi et en sur estimant certainement les moyens de l'insurrection.
Néanmoins, si celui-ci s'avérait gagnant, sa réputation internationale en sortirait considérablement renforcée avec une plus-value importante sur la scène intérieure.
Dans le cas contraire, nous ne sommes pas sortis de "l'auberge" libyenne.
Le Bédouin sanguinaire n'a jamais oublié la série de raclées mémorables que l'armée française lui a infligée dans les sables du désert tchadien dans les années 80, et sa vengeance s'est traduite par l'attentat sur le DC10 d'UTA en 1989.
La différence entre une victoire et une défaite politico-stratégique se joue souvent sur de simples petits détails qui, à eux seuls, font l'histoire.
Cependant, dans l'immédiat, le but principal n'est pas de se projeter sur la vengeance certaine de ce tyran fou contre la France, s'il se maintenait au pouvoir, mais de l'empêcher de réaliser son objectif en s'emparant de Benghazi avant que la ville ne devienne le Diên Biên Pfu des insurgés.
Bien-sûr, la création d'une zone d'exclusion aérienne demande des moyens extrêmement importants puisqu'on estime qu'il faudrait environ 200 avions de combat et de surveillance pour que celle-ci soit efficace et ce, avec toute la logistique que cela imposerait pour maintenir en situation opérationnelle tous ces aéronefs.
Plusieurs bases proches de la Libye seraient nécessaires pour mettre en œuvre ces moyens aériens.
Je pense particulièrement à la Sicile dont on peut espérer que l'Italie donnerait son accord pour occuper les bases et les aéroports existant sur l'ile.
Des navires de guerre spécialisés dans la lutte anti-aérienne seraient obligatoires pour surveiller toutes les tentatives libyennes de prendre l'air et permettre la destruction des bombardiers libyens.
Si la France et le Royaume Uni devaient intervenir seuls, le porte-avions Charles de Gaulle constituerait alors la force la plus prompte pour soutenir Benghazi, en croisant au large des côtes libyennes.
Cependant, il faut être réaliste, l'intervention unilatérale des deux principales puissances militaires européennes risque d'être perçue par certains pays comme une nouvelle forme de colonialisme avec tous les malentendus que cela suggère.
C'est la raison pour laquelle, même avec l'appuie diplomatique de la ligue arabe, il me parait absolument nécessaire que les pays appartenant à cette organisation participent militairement aux éventuelles prochaines opérations sur la Libye.
Le passé colonial de la France et du Royaume Uni ne permet pas une intervention sans le soutien militaire des pays de la ligue arabe, même si leur accord diplomatique est déjà acquis.
Les jours à venir seront donc décisifs pour l'avenir de la Libye où le destin de milliers d'hommes courageux va se jouer dans les bureaux cossus de l'Elysée à Paris, dans ceux de l'ONU à New-York et, peut-être, au siège de l'UE à Bruxelles.
Désormais, les heures comptent et la fenêtre d'opportunité pour la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne se referme peu à peu.
Et j'ai le plus grand mal à imaginer, qu'ayant eu une occasion unique de nous débarrasser de l'un des plus terribles dictateurs du continent africain, nous n'ayons pas été capables de saisir l'opportunité que les insurgés  libyens nous ont donnée en sacrifiant leur vie pour la liberté.

mercredi 9 mars 2011

Marine Le Pen, la grande menace

 

L’envol de Marie Le Pen dans les deux derniers sondages sur les intentions de vote au premier tour de la prochaine élection présidentielle de 2012, aura constitué un véritable reflet des interrogations des français.
Si on peut toujours argumenter que la réalité d’aujourd’hui ne sera certainement pas celle de demain, on ne peut nier que ce qui ressort de ces sondages est incontestablement une indication politique précise qui témoigne de l’inquiétude de plus en plus profonde d'une forte minorité de la population.
Et lorsque l’on observe actuellement la médiocrité des débats politiques, tant à droite qu’à gauche, on peut comprendre aisément l’état d’esprit d’une partie des électeurs qui ne savent plus où se situer dans un univers où ils ne trouvent plus leur place.
Je crois qu’il serait inutile de tenter, comme d'habitude, de diaboliser le FN qui ne bénéficie tout simplement que de l’expression démocratique des français, même si dans l’affaire, il ne s’agit que de simples sondages trop éloignés de l’élection présidentielle pour créer une quelconque panique.
Cependant, ce coup de semonce, qui reste un sérieux avertissement pour les politiques de droite et de gauche, doit être rapidement pris en compte dans les prochaines stratégies de campagne.
Si les inquiétudes des français ne sont pas rapidement atténuées par des actes concrets, des projets innovants et des propositions convaincantes, Marine Le Pen poursuivra sa route du succès pour se faufiler au second tour de la prochaine élection présidentielle.
Et si nous savons tous qu'elle ne sera pas en mesure de remporter le scrutin, la droite et la gauche lui faisant barrage par une union de circonstance comme en avril  2002, le fait que Marine Le Pen puisse se retrouver au second tour sonnerait une nouvelle fois la faillite des politiques et démontrerait  aussi leur extrême médiocrité.
D’ailleurs, en toute objectivité, au regard des derniers sondages, je me demande si celle-ci reste encore à démontrer !
Marine Le Pen semble avoir choisi une stratégie plus nuancée que son père en évitant les dérapages verbaux réguliers tout en formulant quelques phrases chocs.
Celle-ci n’en est que plus dangereuse car elle a parfaitement pris conscience qu’en adoptant une méthode plus policée, elle touchera forcement un éventail plus vaste d'électeurs qui lui donneront des chances importantes de se maintenir au second tour de l’élection présidentielle.
Or, l'objectif principal de Marine Le Pen est bien de parvenir à ce second tour comme l'a fait son père, même si je crois qu'elle est parfaitement consciente que le défi suivant serait insurmontable pour les raisons évoquées plus haut.
Le passé à montré que les français aimaient jouer avec le feu en n'hésitant pas, dans un premier tour de scrutin présidentiel, à voter uniquement par défiance envers les mastodontes politiques.
Et à ce petit jeu du chat et de la souris, inévitablement, un gros calibre de la politique y laissera des plumes.
Qui, mieux que Monsieur Jospin, peut le confirmer ?
Et comme il est dans la nature humaine de ne jamais retenir les leçons de l'histoire, la probabilité d'un remake du scrutin présidentiel de 2002 est plus forte que jamais.
Et, transi d'effroi, j'en ai déjà la chaire de poule !


dimanche 6 mars 2011

Tunisie : La duplicité des médias français.


Avec la révolution tunisienne, les médias français ont battu des records de bêtises et d’hypocrisie qui dépassent l’entendement et qui donnent le tournis.
Nous avons pu lire et entendre des centaines de fois que la France avait lamentablement raté le début de la révolution tunisienne en ne prévoyant pas les évènements qui allaient survenir et pire encore, on lui a reproché ses bonnes relations avec l’ancien président Ben Ali.
Bref, la France serait subitement devenue un pays aveugle, sectaire, qui se compromettrait avec les dictateurs de la planète et sa diplomatie serait à la rue.
Je souhaiterais bien savoir où étaient ces médias française ces vingt cinq dernières années, alors que Ben Ali était le maitre incontesté de la Tunisie et que les relations avec la France étaient considérées, à l’unanimité, en tout point excellentes.
Où se trouvaient donc ces fameux professionnels de l'information qui aujourd'hui critiquent tant leur pays, lorsque Ben Ali était reçu à Paris avec tous les honneurs dus à son rang ou lorsque ce dernier invitait nos dirigeants, en grandes pompes, dans ses palais palais de Tunis ou d'ailleurs.
Je me souviens parfaitement du ton enivrant des médias hexagonaux qui ne cessaient de vanter les relations exceptionnelles qui prévalaient entre la France et la Tunisie, entre le président Ben Ali et le président français du moment.
Je me rappelle parfaitement les mots dithyrambiques de tous ces médias qui se félicitaient de l’excellence des relations franco-tunisiennes.
En revanche, je n’ai pas gardé en mémoire une quelconque inquiétude concernant le peuple tunisien qui, pourtant, subissait bien ces deux dernières décennies le joug impitoyable de Ben Ali.
Même après le sacrifice de Mohamed Bouazizi, jusqu’à ce que Ben Ali quitte précipitamment la Tunisie, tout allait bien dans le meilleur des mondes et la tyrannie du pouvoir tunisien sur son propre peuple, les médias français, si vertueux, si prompts à condamner l'immoralité, feignaient toujours de l’ignorer.
En l’espace de quelques heures, la presse et les télévisons, sans honte, sans scrupules, ont joué les outragés, les offusqués, les vierges effarouchées, en balayant sans vergogne toutes ces nombreuses années d’excellents rapports entre les deux nations, pour s’attaquer subitement à leur propre pays jusqu’à en faire le paria de la révolution tunisienne, devant même Ben Ali.
Ce comportement, pour le moins troublant, me rappelle amèrement celui des résistants de la “dernière heure“ lors de la libération, à la fin de la seconde guerre mondiale.
Ceux-là même qui, lorsqu'ils n'ont pas joyeusement collaboré avec l'ennemi, ont fermé les yeux sans broncher sur les exactions des nazis et qui, soudainement, s'égaraient dans de piteux excès de zèle, destinés à montrer leur grand amour de la liberté.
Certes, les faits sont différents mais la relative similitude des attitudes comparées me semble édifiante.
Certains grattes papiers ou journalistes de seconde zone, dont beaucoup passent leurs journées assis le derrière dans un fauteuil en parfaite sécurité, se complaisent dans une malhonnêteté intellectuelle qui confine à l’écœurement.
Plusieurs médias français et la presse en particulier, véhiculent de plus en plus des informations au raz des caniveaux, qui égrènent un relent d’égout donnant la nausée.
On assiste désormais régulièrement à une désinformation des faits traités par une manipulation à grande échelle des évènements qui parsèment notre monde.
On part d’un sujet d'actualité réel en falsifiant une partie de la vérité pour allécher le lecteur ou l’auditeur afin de mieux vendre l’information et de créer du sensationnel.
L'objectif principal n’est plus obligatoirement d’informer mais d’émouvoir et de choquer.
Et pour y parvenir, tous les moyens sont employés, les omissions comme les mensonges, pourvus qu'ils soient gobés par la fibre sentimentale du lecteur et de l'auditeur.
On me reprochera, peut-être à juste titre, une trop grande sévérité et de placer l'ensemble de l'univers médiatique sous le sceau de la suspicion.
Je sais qu'il existe d'excellents journalistes qui, chaque jour, risquent leur vie sur le terrain et dont la seule motivation est d'effectuer un travail de grande qualité, dans l'impartialité la plus absolue.
Cependant, dans le traitement de la révolution tunisienne spécialement, il ne me semble pas évident de  mettre en exergue quelques éléments de valeur, à l'intérieur de ce panier de crabes où se débat une forte minorité d'individus qui s'affiche en donneuse de leçons mais qui est dénuée de tout sens déontologique, se moquant de la véracité des renseignements projetés, et dont le seul objectif est de fabriquer de l’audimat ou de vendre son  torchon à tout prix.
Je ne terminerai pas sans défier quiconque de me donner le nom d’un grand pays qui a prévu la révolution tunisienne et qui n’a pas entretenu de bonnes relations avec Ben Ali, donc avec la Tunisie.
En politique et en économie, il n'y a jamais eu de "Madame soleil" mais du pragmatisme, rien que du pragmatisme, confirmant si besoin en était encore, que les pays n'ont pas foncièrement d'amis mais uniquement des intérêts.
Aussi, quelque soit le cinéma que les médias français tentent de nous imposer, souvent non sans arrières pensées politiques, les relations entre la France et la Tunisie continueront de demeurer excellentes malgré  les quelques couacs passés.
Leurs intérêts réciproques sont d'une importance trop vitale pour qu'il en soit autrement.