lundi 21 février 2011

Kadhafi dans l'oeil du cyclone


Après Ben Ali et Moubarak, le régime de Kadhafi vacille à son tour et la Libye est en feu.
Il est encore difficile d'affirmer que c'est l'hallali pour ce fou criminel mais tous les signes montrent que son régime sanguinaire est aux abois et rencontre de plus en plus de difficultés pour résister à la pression populaire.
Malgré les massacres atroces perpétrés par les forces de l'ordre, les militaires et des mercenaires, le peuple libyen tient bon et continue sa progression qui mène vers la liberté.
La pression est de plus en plus intense même si, malheureusement, les morts s'accumulent par centaines en ce lundi sanglant.
Des unités militaires ont fait défection et se sont ralliées aux mouvements de contestations.
Des pilotes d'avions de guerre ont préféré s'enfuir avec leurs machines vers l'ile de Malte plutôt que de tirer sur leurs compatriotes.
Le ministre de la justice et des ambassadeurs ont donné leur démission et plusieurs villes du pays, dont Benghazi, seraient tombées ce lundi aux mains des manifestants.
Au fil des jours, la peur change de camp.
Kadhafi n'est sans doute pas encore fini car on connait sa férocité et sa folie meurtrière mais l'espoir de le voir disparaître de la scène internationale et de quitter son trône n'a jamais été aussi intense.
J'espère sincèrement que cet épouvantable individu ne se remettra pas des évènements qui touchent la Libye et ce, quoi qu'il arrive.
Quand bien même il réussirait par miracle à se maintenir au pouvoir, les centaines de gens qu'il a fait massacrer ces derniers jours et qu'il tuera encore prochainement, ne pourront plus jamais passer à la trappe de l'oubli comme autrefois.
Cependant, même si je veux croire que les temps ont changé depuis la révolution tunisienne, je me méfie comme de la peste de certains pays tels que les Usa, le Royaume Uni, l'Italie et la France qui ont rayé bien vite de leur mémoire les attentats du 747 de la Pan Am, en 1988 au dessus de Lokerbie et du DC-10 d'UTA, en 1989 dans le désert du Ténéré.
Comment peut-on comprendre qu'un terroriste notoirement connu, ayant pratiquement pignon sur rue, ait pu survivre jusque là en ayant commandité de telles horreurs ?
Comment concevoir que certains états, sous prétexte de marchés juteux, encore une fois, aient accepté de tourner la page du sang versé, des membres déchiquetés, des êtres chers disparus dans le seul but de faire du business ?
Et je garde encore en travers de la gorge la tente ridicule de ce Bédouin pitoyable installée dans les jardins de l'hôtel Marigny en 2007, lors d'une scandaleuse visite officielle en France.
Je ne me souviens pas avoir jamais eu aussi honte de mon pays à cette époque alors que les "salam alikoum" et le tapis rouge étaient de rigueur.
A chaque image de ce despote en plein Paris, qui défilait sur mon écran de télévision, je songeais aux amis que j'ai perdus dans le vol UT 772, le 19 septembre 1989 entre Brazzaville et la capitale française.
J'ignore ce qu'il adviendra de cet innommable dictateur dans les prochains jours, les prochaines semaines, le monde étant tellement cynique et les hommes politiques ayant oublié depuis longtemps le sens du mot honneur, mais je ne formule qu'un seul désire le concernant :
Le voir dans la même situation que Saddam Hussein un certain 30 décembre 2006 à l'aube.
Alors, je pourrai enfin crier du fond du cœur : JUSTICE EST FAITE !!
Mais il est encore trop tôt pour se réjouir, car la bête immonde ne s'avouera pas vaincue aussi facilement et le sang devra sans doute encore beaucoup couler en terre libyenne.
Et qui sait si ce "charmant personnage" ne tombera pas les armes à la main pour éviter la sentence populaire ?

mardi 15 février 2011

L'affaire Florence Cassez



La condamnation de Florence Cassez par la justice Mexicaine à 60 ans de prison pour complicité d'enlèvement et séquestration empoisonne depuis longtemps les relations entre la France et le Mexique.
En première instance, cette jeune femme avait été condamnée à 96 ans de prison, rien que ça.
On peut se demander à combien de siècles celle-ci aurait été condamnée si elle avait commis un assassinat.
En partant du principe que Florence Cassez peut être coupable des faits qui lui sont reprochés, la disproportionnalité de la peine, par rapport au crime commis, est inacceptable, même si on a le désir de respecter l'indépendance de la justice mexicaine.
Cependant, dans l'affaire Cassez, de nombreuses interrogations demeurent sur sa culpabilité et c'est la raison pour laquelle, il est encore plus difficile d'accepter un verdict aussi sévère.
Lorsque Florence Cassez est arrêtée par la police mexicaine en décembre 2005, des actions troublantes et douteuses sont réalisées par la suite par les autorités locales.
Son arrestation réelle est effectuée sur une route, dans un véhicule conduit par son ex petit ami qui est soupçonné d'enlèvement et de séquestration avec violence.
Au cours de l'interrogatoire de la jeune femme par l'Agence Fédéral d'Investigation, (AFI), la police monte un scénario de capture digne d'un film de série B qui n'a rien à voir avec la réalité.
La télévision nous montre, 24 heures plus tard dans un ranch, l'arrestation prétendument en direct, de Florence Cassez  et de son ex petit ami ainsi que la libération de quelques 3 ou 4 personnes victimes d'un kidnapping.
Ce jour là, la police, qui joue un remake de Rambo, redore un blason mille fois terni dans des actions passées.
On apprendra deux mois plus tard, au cours d'une émission télévisée, alors que le chef de l'Agence Fédérale d'Investigation commente le soi disant coup de filet au ranch et après un appel téléphonique de Florence Cassez depuis sa prison, que l'arrestation décrite n'est qu'un montage médiatique.
Le chef de l'AFI finira pas concéder qu'il s'agissait d'une reconstitution de l'arrestation qui, pourtant, n'a jamais eu lieu au ranch mais sur une route.
Certes, cela ne remet pas en cause l'éventuelle culpabilité de Florence Cassez, même si un grave défaut de procédure apparaît, mais nous sommes tout de même en droit, après un  tel spectacle Hollywoodien, de nous demander jusqu'où les autorités mexicaines sont allées dans la manipulation de cette triste affaire.
Lorsque l'on sait que l'ensemble du corps policier mexicain est gangréné jusqu'à la moelle par la corruption, qu'il est courant de manipuler des témoins et d'en trouver des fictifs pour faire avancer les affaires en cours, on ne peut qu'être circonspect devant l'étalage d'un tel scénario dont le but principal est de mettre en valeur les forces de police mexicaines.
Et par la suite, les suspicions envers la police mais aussi la justice mexicaine se feront de plus en plus précises.
Peut-on d'ailleurs encore parler de suspicions?
En effet, dans l'affaire Cassez, on assiste à la disparition de certaines preuves qui pouvaient innocenter la jeune femme, à l'apparition d'autres qui la condamnent, à des témoignages à décharge qui ne sont pas pris en compte, sauf lorsqu'ils se transforment miraculeusement à charge.
D'autre part, un témoin important prétend, dans un premier temps, avoir vu des choses qui confirment la culpabilité de la française de manière irréfutable mais revient par la suite sur son témoignage en affirmant qu'il a été torturé pour charger Florence Cassez.
Des témoins disparaissent, d'autres apparaissent, bref, c'est un désordre indescriptible qui démontre malheureusement ce que l'on savait déjà, à savoir que la police et la justice mexicaine constituent un  immense capharnaüm qui agit en fonction d'intérêts politiques et financiers obscurs, dans un milieu sans foi ni loi.
Si tout est mis en œuvre pour que Florence Cassez apparaisse coupable dans cette affaire, l'action et l'acharnement inouï des autorités locales font sérieusement penser qu'elle n'est que le bouc émissaire d'un jeu politico-judiciaire qui ne vise qu'à redonner une bonne image de la police et de la justice mexicaine trop souvent mais justement dévalorisées ces dernières années.
Même l'église catholique mexicaine et plusieurs associations des droits de l'homme viennent de prendre récemment fait et cause pour Florence Cassez.
Dans l'un des pays les plus catholiques du monde, cette position de l'église est un vrai pavé dans la mare judiciaire et a interpelé une partie non négligeable de l'opinion publique mexicaine.
Cela n'a pas empêché dernièrement la justice de ce pays de rejeter le recours en cassation de Florence Cassez et de confirmer les 60 années de prison.
En conséquence, le sujet prend donc désormais des allures d'affaire d'état et les relations entre la France et le Mexique viennent de se tendre sérieusement.
En effet, le président Sarkozy ayant décrété que l'année du Mexique en France serait dédiée à Florence Cassez, la réaction des autorités mexicaines ne s'est pas faite attendre.
Mexico a décidé de boycotter, du moins temporairement,  cette année du Mexique et de ne plus participer à son organisation.
La réaction est somme tout logique et la France aurait sans aucun doute agi de même, confrontée à une telle situation.
Alors que l'affaire Cassez divise l'opinion mexicaine autant qu'elle tend les relations entre la France et le Mexique, il est regrettable que Monsieur Sarkozy, sous le coup de l'émotion, ait poussé un peu trop loin son engagement personnel et n'ait pas cherché à temporiser la décision de justice mais au contraire, ait cru bon d'attiser le feu en prenant  en otage l'année du Mexique en France.
Je pense qu'il aurait été bien plus avisé de continuer à organiser cet évènement en marge de l'affaire Cassez tout en s'activant en coulisse pour trouver des solutions qui ne fassent pas perdre la face au Mexique.
Il est bien difficile aujourd'hui de savoir comment la France pourra agir pour arracher Florence Cassez à ses geôles mexicaines et lui éviter de passer encore 55 ans derrière les barreaux, une peine absolument injustifiable, même s'il s'avérait qu'elle était coupable, ce qui est loin d'être le cas.
Il est à souhaiter que Monsieur Sarkozy fasse preuve d'un peu plus de sang froid en garantissant au Mexique que la célébration de ce pays en France, en cette année 2011, ne se transforme pas en slogans et manifestations de tout genre pour Florence Cassez.
On ne peut pas décemment inviter un pays pour rendre hommage à sa culture et profiter de l'occasion pour lui asséner des reproches, même si ceux-ci sont fondés.
Il est urgent de trouver une juste mesure entre le sentiment légitime d'extrême injustice qui habite l'état français vis à vis de Florence Cassez et la nécessité de maintenir des relations étroites avec le Mexique, comme cela a toujours été le cas.
Ce n'est pas en humiliant le Mexique et en nous brouillant avec un ami de longue date que nous parviendrons à améliorer le sort d'une jeune femme dont le moral aujourd'hui doit être au plus bas.

samedi 12 février 2011

L'Egypte entre à son tour dans l'histoire


La révolution tunisienne aura donc fait, comme on l'espérait, boule de neige.
L'Egypte, ce grand pays à l'histoire tant de fois millénaire, aura donc succombé à ce vent de liberté qui souffle avec tant de force dans le monde arabe depuis plusieurs mois.
Même Monsieur Moubarak, si solidement installé sur son trône et prévenu de l'expérience tunisienne, n'aura pas résisté longtemps à la pression de tout un peuple dont les évènements du pays du jasmin l'auront convaincu qu'il pouvait tenir lui aussi son destin entre les mains, pourvu que le courage, la ténacité et l'abnégation soient au rendez-vous.
L'Egypte ne sera donc plus jamais la même et l'après Moubarak apporte d'immenses espoirs qu'il était impossible de concevoir il y a encore quelques semaines.
Avec la Tunisie et l'Egypte, nous avons vraiment le sentiment de vivre un moment crucial pour l'avenir de toute la région mais aussi du monde. 
Comme en Tunisie, l'armée aura joué une rôle éminemment protecteur envers le peuple pour lui permettre de réaliser son objectif. 
Celle-ci, étant désormais en charge d'assurer une transition démocratique, va continuer d'exercer un rôle central dans la suite des évènements.
Il va lui falloir organiser des élections présidentielles réellement démocratiques pour changer définitivement la trajectoire de l'histoire.
La démocratisation du monde arabe est en marche même s'il convient malgré tout de demeurer extrêmement prudent sur l'avenir.
L'immense espoir suscité par ce vent de liberté irrésistible ne doit pas occulter les dangers qui pourraient survenir et le peuple égyptien doit veiller à ne pas se faire voler sa révolution.
Les intentions de l'armée, qui a désormais tous les pouvoirs, restent incertaines et il ne faut pas trop se précipiter dans un optimisme béat qui pourrait nous ramener douloureusement à une réalité que nous n'attendions pas.
Il ne faut pas oublier que les militaires constituaient l'élément clé du système qui vient de tomber et il serait risquer de penser qu'on peut se débarrasser, d'un simple revers de la main, d'un régime autoritaire même si le principal acteur vient de baisser le rideau.
Tant que des élections libres n'auront pas abouti à l'avènement d'un président démocratique, la prudence devra rester de mise.
Un premier objectif majeur a été atteint mais il reste à réaliser le rêve, celui de la liberté.
Et le pays des pharaons a encore beaucoup de chemin à parcourir pour que le soleil qui se lève enfin parvienne à son zénith.
En dehors de l'armée, un terrible danger, infiniment plus dangereux, va tenter de s'incruster par tous les moyens dans le nouveau paysage politique égyptien. 
Je pense, non sans effroi,  à l'organisation islamique "les Frères Musulmans" qui, depuis plusieurs décennies, croupie dans l'ombre, attend son heure pour sortir de sa tanière.
Or, cette heure est arrivée et plus que jamais la prudence s'impose à tous les niveaux.
 L'organisation islamique des Frères Musulmans est la confrérie égyptienne la plus ancienne et la plus puissante du monde arabe. 
Son influence y est considérable et c'est elle qui a donné naissance au djihad, qu'on appelle improprement la guerre sainte au lieu de la guerre juste.
Il ne faut absolument jamais perdre de vue que la devise des Frères Musulmans met en lumière une idéologie qui n'a rien à voir avec la démocratie, ni de près, ni de loin : 
 "Dieu est notre but, le prophète notre chef, le Coran notre constitution, le djihad notre voie, le martyr notre plus grande espérance".
 On pourrait ajouter à cette devise sans risquer de se tromper : 
"Et le terrorisme notre bras armé".
Il est bien évident que cette organisation, avec le départ de Monsieur Moubarak, se voit offrir une chance unique de tenter de mettre la main sur le pays.
Il ne fait aucun doute que malgré sa relative discrétion parmi les révolutionnaires égyptiens, celle-ci, qui avance encore à pas feutrés, ne va pas tarder à abattre ses cartes pour annoncer la couleur.
Et l'éventualité de voir ressurgir une situation à l'iranienne, après le départ du shah, est très loin d'être négligeable. 
Les barbus sont sans aucun doute sur les starting-block, prêts à imposer à la moindre opportunité la loi de la charia et l'obscurantisme qui va de paire.
On peut donc comprendre aisément l'inquiétude d'Israël qui était parvenu à instaurer avec l'Egypte de Moubarak un climat de paix et de confiance réciproque.
La révolution égyptienne, aussi salutaire quelle soit, va donc engendrer de nombreuses incertitudes pour l'état hébreux qui possède une frontière commune avec l'Egypte.
Il faut espérer que le peuple égyptien, épris de liberté, ne se laisse pas manipuler par un dogme venu d'une autre époque qui, au lieu d'apporter la paix, instaurerait une nouvelle dictature mille fois  plus dangereuse que la précédente.
De ce fait, ce n'est pas seulement Israël qui aurait à craindre pour sa sécurité mais tous les pays occidentaux, en tête desquels, de par leur proximité géographique, la France et l'Italie seraient particulièrement concernées.
Aujourd'hui donc, si la place reste logiquement à l'espoir, à la joie, aux congratulations, demain demeure rempli d'aléas difficilement maitrisables.
Et je veux croire que les larmes de bonheur que nous voyons actuellement couler dans les yeux du peuple égyptien ne se transforment pas en flots de sang par la faute d'une bande de barbus nostalgiques du moyen âge et prêcheurs de haine de l'occident.
La révolution française, est là pour nous rappeler que la déchéance d'un roi dictateur n'a pas apporté, dans l'immédiat, la liberté tant espérée mais une autre dictature bien plus sanguinaire, avide de têtes coupées.
Quoi qu'il en soit, on peut se demander après la Tunisie et l'Egypte quel sera  désormais le prochain pays dont le peuple exigera sa part de démocratie et de liberté.
A qui le tour ?
Je rêve du crépuscule de Kadhafi mais cette chimère, entretenue depuis tant d'années, n'est-elle pas trop démesurée ?

lundi 7 février 2011

Lorsque le lobby juif impose la loi de la repentance permanente


Aussi loin que je me souvienne, au plus profond de ma mémoire, dès mon plus jeune âge, à la télévision, j'ai toujours eu le souvenir de ces films, de ces séries ou de ces reportages dont le sujet abordé était la Shoah.
Régulièrement, au fil des années, des décennies, les programmes télévisés ont traité de ce domaine douloureux qui m'a souvent horrifié.
Et en passionné d'histoire que je suis, cette terrible période reste indubitablement un élément fondamental de mes connaissances sur les évènements qui ont marqué l'humanité.
Aujourd'hui, à l'aube de mes cinquante printemps, sans vouloir paraître présomptueux, peu d'éléments essentiels concernant la "solution finale" a échappé à mon attention, à ma soif de savoir, à mon désir  de comprendre.
Jamais d'ailleurs au cours de l'histoire médiatique, les gens auront vu et revu un tel sujet s'inviter régulièrement dans leurs programmes télévisés.
Et sur le plan littéraire, personnellement, le journal d'Anne Frank, cette jeune fille formidable, et l'histoire de sa courte vie, auront marqué mon adolescence et souvent embué mes yeux de larmes.
J'ai toujours pensé qu'il était primordial de raconter la Shoah pour que jamais l'oubli ne s'installe et pour rendre hommage à des gens qui ont subi des horreurs inimaginables, que seul l'homme est capable de commettre dans le but de détruire son prochain.
Le devoir de mémoire m'est toujours apparu indispensable afin que l'être humain puisse se servir des monstruosités perpétrées jadis pour ne jamais les renouveler.
Pourtant, de tout temps, l'homme n'a jamais retenu les leçons du passé.
Après s'être contenté de discours éloquents pour sensibiliser les foules et des "plus jamais ça" de circonstance, il s'est toujours empressé de reprendre son naturel violent pour reproduire ailleurs d'autres crimes abominables contre ses semblables.
Mais les horreurs de l'humanité n'ont pas commencé ni fini avec la Shoah et celle-ci ne détient pas, malheureusement, le monopole de l'extermination de l'homme par l'homme même si, en nombre de victimes, on a atteint, ici, des chiffres effroyables.
Je songe aux chrétiens massacrés sous l'ère romaine, aux amérindiens exterminés au cours de la colonisation des Amériques par les européens, aux innombrables victimes africaines de l'esclavage et de la colonisation, aux arméniens éliminés par les turcs, aux tutsis du Rwanda, aux bosniaques de l'ex Yougoslavie et j'en oublie d'autres encore.
Je garde cependant pour la fin le pire de tous les massacres de masse et dont on ne parle pratiquement jamais malgré ses 80 millions de victimes dans le monde, le communisme. 
Sans doute que cette tuerie là, qui s'est prolongée sur de nombreuses années n'est pas suffisamment fédératrice pour impliquer les foules et intéresser les médias.
Staline, Mao et Pol Pot, là où ils se trouvent, doivent bien rigoler tous les trois.
Peu importe en fait que des gens aient été exterminés pour leurs différences religieuses, leur couleur de peau ou leur refus d'adhérer à un idéal politique, le résultat final est le même, la destruction massive de l'espèce humaine.
Aujourd'hui, je crois que beaucoup a été fait dans les médias, dans la littérature pour qu'on se souvienne particulièrement de la Shoah et cela est plus que légitime même s'il faut en convenir, il existe deux poids deux mesures dans le traitement des génocides ou des massacres de masse.
Aussi, les gens de confession juive, ne peuvent plus éternellement s'inscrire en victimes uniques et permanentes de l'humanité.
Le lobby juif, trop puissant à mon goût et très actif dans certains pays occidentaux, ne peut plus continuer de tenter inlassablement de culpabiliser la terre entière au nom de la Shoah et de ce fait, de réclamer péremptoirement par ci et là des excuses ou des gestes de repentance pour tout et parfois n'importe quoi.
Le dernier épisode en date où le lobby juif américain a exigé le repentir de la SNCF pour le transport de 76 000 français de confession juive vers les camps d'extermination pendant la seconde guerre mondiale, aura été pour moi la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.
STOP, C'EST ASSEZ !!!
Cette repentance conditionnait l'acceptation de la candidature de la SNCF à la construction d'une ligne de train à grande vitesse aux Etats-Unis.
Bien-sûr, au regard des enjeux financiers qui concernent plusieurs dizaines de milliards de dollars en cas d'obtention du contrat, on peut comprendre que la SNCF, par l'intermédiaire de son Président Directeur Général, ait accepté de se soumettre à une sorte de "commedia dell'arte" entièrement imposée.
A cet effet, il est hautement regrettable que Monsieur Guillaume Pepy n'ait pas cru bon d'ajouter, au cours de son discours sur la prétendue repentance de son entreprise, qu'il ne fallait pas oublier les 800 cheminots exécutés par les nazis et les 1200 autres déportés pour des faits de résistance pendant l'occupation.
Que cela plaise ou non à nos amis juifs, la SNCF aura été aussi un haut lieu de la résistance française à l'occupant.
Il faut se remettre dans le contexte de l'époque.
Alors que la convention d'armistice a été signée en 1940 entre la France vaincue et l'Allemagne victorieuse, les nazis ont réquisitionné la SNCF et en ont pris le contrôle total dans l'organisation et la prise des décisions. 
Au cours de cette période très sombre, rien n'échappait aux nazis qui se sont servis d'un matériel déjà existant pour accomplir leur basse besogne.
Naturellement, je ne cherche pas à minimiser ces ignobles voyages au bout de l'enfer de ces dizaines de milliers de malheureux dans les trains de la SNCF mais je me demande en quoi cette entreprise était responsable des décisions prises par l'ennemi nazi en territoire occupé voici plus de 70 ans ?
Pour moi, ce genre de repentance est aussi incongru que si on exigeait de quelqu'un des regrets publics après le vol de sa voiture où on aurait commis par la suite un terrible crime.
Oui, il y en a assez !
Il y en a assez de ces tentatives régulières et parfois grotesques de faire passer des non-juifs pour des coupables potentiels dès qu'il est constaté des divergences d'opinion.
A force de crier à la repentance permanente, à force de conspuer et d'accuser d'antisémitisme toute personne qui n'irait pas dans le sens des idées et des objectifs provenant du lobby juif, la démarche devient contre productive, lassante et plus encore, nauséabonde.
Je me poserai toujours la question de savoir qu'elle valeur peut refléter une repentance comme celle qui a été formulée par la SNCF lorsque celle-ci a été imposée par le chantage de personnages  aux motivations douteuses qui, souvent, tendent à se croire au dessus des lois sous prétexte que l'humanité entière leur devrait réparation.
Nous évoluons là, dans le monde de l'hypocrisie absolue.
Au risque de déplaire fortement, je me permettrai de rafraichir l'esprit un peu trop sélectif de certains individus dont les symptômes étonnants de la maladie d'Alzheimer ne peuvent effacer de la mémoire collective des taches à jamais indélébiles.
Je pense tout particulièrement à l'état d'Israël que j'ai souvent admiré mais dont on ne peut occulter certaines actions ou inactions politiques et militaires dans lesquelles les massacres de Sabra et Chatila constituent un sommet de l'horreur, un acte caractérisé de crime contre l'humanité.
On peut avoir subi les pires atrocités et se fourvoyer malgré tout dans des évènements où la non assistance à peuple en danger fait de vous des complices d'un carnage qui vous déshonore durablement.
Qui viendra donc aujourd'hui demander des comptes à l'état d'Israël pour avoir laissé exterminer volontairement quelques milliers de réfugiés palestiniens par une milice libanaise dont les nazis auraient été fiers des méthodes employées ?
La repentance que le peuple palestinien attend depuis près de 30 ans surviendra t'elle un jour ?
Vous voyez donc combien il est aisé de trouver quelques failles profondes au sein d'un lobby qui revendique un passé de martyr mais qui est souvent tenté de manipuler les sentiments de culpabilité des uns pour que d'autres avancent leurs propres intérêts idéologiques, politiques ou stratégiques.
Et surtout, qu'on ne vienne pas m'accuser d'antisémitisme primaire sous prétexte que je ne serais pas politiquement correct en rappelant ce triste épisode de l'histoire d'Israël.
Beaucoup de nations dans le monde portent un fardeau plus ou moins lourd, même le pays de la Terre Promise.
Et il est donc important de procéder d'abord au ménage chez soi si on souhaite demeurer crédible lorsque l'on a pour objectif de passer, continuellement et de manière ostentatoire, la serpillière chez les autres.
Mon émotion pour les horreurs de la Shoah, aussi vive soit-elle,  ne me conduira jamais à fermer les yeux sur les égarements coupables de quelques descendants des victimes de la "solution finale".
Quant à la repentance permanente imposée par certains groupes d'individus, elle doit prendre fin et il faut cesser de baisser la tête et de détourner les yeux lorsqu'on tente indignement de nous faire endosser indirectement des crimes qui ne nous concernent pas et qui n'ont donc aucune raison d'assombrir notre présent ou notre avenir.
Les vrais amis se trouvent toujours parmi ceux qui nous disent la vérité dans les moments les plus délicats, surtout lorsque celle-ci est pénible à entendre, voire inacceptable.


jeudi 3 février 2011

Affaire Laëtitia : Un rendez-vous dans le monde de l'horreur


Tout le monde était convaincu que Laëtitia,18 ans, était morte et qu'il n'y avait pratiquement plus aucun espoir de la revoir vivante.
Chacun savait qu'on finirait pas retrouver son corps un jour ou l'autre et, au delà de la colère et de la haine, toutes nos pensées, terriblement émues, se dirigeaient vers une famille effondrée de douleur.
Mais personne, vraiment personne ne pouvait imaginer que le monstre qui a tué Laëtitia était capable d'avoir mutilé son corps avec un tel acharnement, une telle abomination.
Il y a des atrocités que l'on ne voit que dans les films d'horreur et on n'imagine pas un seul instant que la fiction puisse rattraper la réalité.
On ne saura sans doute jamais ce qui s'est passé dans la tête de l'innommable et énigmatique Tony Meilhon le jour où il a décidé de commettre son acte insensé et inimaginable pour le commun des mortels.
Pourtant, bien avant ce drame, il était de notoriété publique que ce salopard de la pire espèce, plusieurs fois incarcéré, était excessivement dangereux pour la société. 
Sa propre famille, avant sa libération de prison, avait prévenu la justice qu'il ne fallait pas le remettre en liberté car, forcément, une tragédie allait survenir.
Au vu des antécédents de ce terrifiant personnage, il se pose donc incontestablement le problème du suivi des individus jugés dangereux au moment où ils sont relâchés par la justice après avoir purgé leur peine.
En l'occurrence, dans cette affaire, la justice a gravement failli à ses devoirs.
Cependant, avant de chercher à condamner tel ou tel magistrat ou autre homme de loi qui pourrait être accusé de laxisme,  il serait sans doute plus avisé d'analyser en profondeur le système judiciaire français qui, cela ne fait aucun doute, paraît totalement désarmé lorsque des prédateurs fous, ayant purgé leur peine, se retrouvent de nouveau en liberté.
Contrairement à ce que prétend Monsieur Sarkozy qui est toujours avide de grandes phrases chocs dans les moments d'émotion, cet horrible drame n'est pas seulement issu d'une éventuelle faute humaine mais avant tout d'un dysfonctionnement extrêmement grave d'un système judiciaire dont l'édifice actuel est devenu un réel danger pour la société.
Des réformes importantes s'imposent assurément pour redonner une certaine forme de crédibilité à cette  justice qui a été incapable d'évoluer avec son époque.
A sa décharge, le manque permanent d'effectifs dont elle souffre a considérablement aggravé les choses et ne permet pas toujours le traitement prioritaire de certains cas très sensibles.
Or, dans ce domaine bien précis, la responsabilité du chef de l'état et du gouvernement me semble plus ou moins engagée et ne saurait être ignorée.
Après ce qui vient de se passer, au regard de tant de défaillance, comment avoir confiance désormais en la capacité de la justice à rendre le droit ?
Comment ne pas avoir peur pour nos enfants lorsqu'il existe une chance, même infime, pour qu'un dégénéré, parfaitement connu des services de police et en totale liberté, attende le moment opportun pour frapper ?
Les citoyens que nous sommes, devant les carences de l'état, ne sont-ils pas totalement démunis face à de tels psychopathes au sadisme abject ?
On ne peut pas assurément empêcher nos enfants de vivre leur vie, de s'épanouir au sein même de la société parce que nous craignons sans cesse pour leur sécurité.
Cette existence serait insupportable tant pour nous que pour notre progéniture.
Il existe peu de réponses aux questions posées et malheureusement, il faut nous en remettre au destin et à la chance pour que jamais nos enfants ne croisent la route d'un nouveau Tony Meilhon qui, peut-être, rode déjà quelque part, à quelques dizaines de mètres de ses futures proies, de ce à quoi nous tenons le plus au monde.
Quant à moi, je me demande comment il me serait possible de garder un minimum de lucidité si ma famille était la victime d'un tel boucher.
Je crois qu'en de très rares occasions, la douleur, lorsqu'elle atteint un certain paroxysme, peut transformer un simple père de famille en une bête impitoyable, ivre de vengeance et que rien ne saurait arrêter.