dimanche 30 janvier 2011

La polémique sur le mariage Homosexuel

 

En France, le Conseil Constitutionnel a donc refusé de statuer sur le mariage homosexuel en renvoyant, entre les mains des politiques, la décision de changer la législation sur ce sujet pour le moins délicat.
Cela n'est pas une surprise et on s'y attendait tous un peu même si beaucoup de couples homosexuels fondaient d'immenses espoirs quant à la décision des Sages.
Ces derniers ont donc maintenu le principe de la constitution française et du code civil selon lequel le mariage est : "l'union entre un homme et une femme".
De nombreux couples gays ont traduit la décision du Conseil Constitutionnel par une réponse catégoriquement négative.
Or, ce n'est pas le cas. 
Je rappelle que le Conseil Constitutionnel, qui a été saisi par un couple gay pour statuer sur le sujet, n'a pas vocation à se prononcer contre les textes de la constitution française mais au contraire à indiquer si la situation est conforme à ceux-ci. 
Or, en l'occurrence, elle l'est sans aucun doute possible.
En refusant actuellement de célébrer un mariage gay, l'état ne viole pas la constitution mais en applique les termes indiqués par le code civil en vigueur.
Il appartiendra donc aux politiques, à l'assemblée nationale et au sénat, de formuler des propositions afin qu'une modification de la loi soit possible.
Il est donc fort probable que le mariage gay aura toute sa place dans les débats au cours de la prochaine campagne des élections présidentielles de 2012.
Aussi, la question majeure qui se pose est de savoir si l'opinion publique serait favorable à l'autorisation du mariage par les couples homosexuels. 
Selon un dernier sondage, 58% des français accepteraient une révision du code civil. 
Cela signifie que la société a considérablement évolué au fil des décennies et que tout porte à croire que dans les 2 années à venir, un couple gay aura sans doute tout le loisir de se marier à la marie, comme n'importe quel autre couple hétérosexuel. 
Il est donc nécessaire d'attendre encore, même si je peux comprendre l'impatience des couples gays pacsés qui n'ont toujours pas les mêmes droits, en termes de fiscalité ou de succession, que les gens mariés.
Il ne faudrait pas non plus vouloir avancer plus vite que la musique.
Si une dizaine de pays dans le monde autorise le mariage entre personnes du même sexe, dans de nombreux pays, essentiellement du sud, l'homosexualité est considérée comme un crime et est parfois punie de mort.
On peut toujours accuser la France d'état rétrograde et de tous les vilains mots de la terre sous le coup de la déception mais le courant de pensée a tout de même considérablement évolué dans l'approche de l'homosexualité. 
Certes, on ne pourra jamais empêcher certains esprits sectaires, voire déphasés ou dégénérés, de crier au scandale, à la honte et de prêcher la violence contre les personnes gays, mais chacun sait que la nature humaine ne fonde aucune limite en matière de bêtises.
Quoi qu'il en soit, les couples homosexuels finiront par obtenir gain de cause.
Il faut seulement laisser le temps au temps.
La patience est une grande vertu dont les homosexuelles seraient bien avisés de s'inspirer.
Nous connaissons tous ce proverbe qui est attribué à Rablais : "Tout vient à point, qui peut attendre".
Et Voltaire aimait à dire : "Il faut savoir cultiver son jardin".

vendredi 28 janvier 2011

Gabon : La pantalonnade d'André Mba Obame


Il faut avouer que Monsieur Mba Obame aura surpris tout le monde en s'autoproclamant président de la République Gabonaise le 25 janvier dernier et en formant un gouvernement parallèle.
On peut se demander qu'est-ce qui est passé par la tête de cet homme, pourtant très intelligent,  pour procéder à un tel acte presque un an et demi après le résultat du scrutin présidentiel qui a désigné Monsieur Ali Ben Bongo président de la République Gabonaise.

Pour rappel, les résultats que l'on dit officiels des 3 principaux acteurs politiques, entérinés par la Cour constitutionnelle étaient les suivants :
Mr Bongo 41.79%
Mr Mamboundou 25.66%
Mr Obame 25.33%

Il paraît évident que les évènements en Côte d'Ivoire et en Tunisie auront donné quelques idées saugrenues à Monsieur Bma Obame.
Mais c'est surtout un documentaire de France 2 sur la françafrique qui aura exacerbé toutes les attentions de celui-ci puisqu'un personnage haut placé de la diplomatie française aura reconnu que les résultats des élections présidentielles avaient été inversés au profit de Monsieur Bongo qui n'aurait obtenu que 37% des voix contre 42% pour Monsieur Bma Obame.
André Mba Obame a toujours crié qu'il était le vrai gagnant des élections présidentielles gabonaises en août 2009 mais, en toute objectivité, s'autoproclamer président de la République, 17 mois après les faits, n'est pas sérieux et donne l'impression qu'on assiste à une véritable mascarade qui pourrait faire sourire s'il ne s'agissait pas des destinés d'un pays.
Monsieur Mba Obame aurait été beaucoup plus crédible et moins ridicule aux yeux de la communauté internationale si cette auto proclamation s'était décidée quelques jours ou quelques semaines après la tombée des résultats alors que les voies légales de recours sont désormais épuisées depuis fort longtemps.
A cette période troublée du Gabon, en août et septembre 2009, qui a vu surgir des émeutes, essentiellement à Port-Gentil, son combat contre une éventuelle magouille électorale aurait trouvé des oreilles bien plus attentives.
En agissant de la sorte, André Mba Obame s'est montré totalement contre productif.
Son parti, l'Union Nationale, vient d'être dissout par le gouvernement gabonais et il a donné par la même occasion toutes les armes au président Bongo pour se débarrasser de l'un de ses principaux opposants politiques, laissant ainsi les mains encore plus libres à ce dernier sur la scène nationale.
Beaucoup rétorqueront que le président Bongo avait déjà les mains libres pour faire ce que bon lui semble dans le pays sans trouver aucune contestation mais tout de même, André Mba Obame représentait un semblant d'opposition qui pouvait titiller de temps à autre l'homme actuellement au pouvoir.
Il est donc difficile de comprendre comment un homme réfléchi et mesuré comme Monsieur Mba Obame a pu se laisser entraîner dans une aventure aussi grotesque et sans lendemain.
Le voilà désormais considéré comme un renégat, dépossédé de son immunité parlementaire et passible d'un procès pour crime de haute trahison.
Certes, il est possible que là où il a trouvé refuge actuellement, dans les bureaux des Nations Unies, un arrangement soit trouvé avec le gouvernement gabonais pour éviter qu'André Mba Obame soit considéré comme un martyr.
Le président Bongo a peut-être tout à gagner sur la scène nationale et internationale en faisant preuve de clémence envers son opposant, tout en lui imposant des directives plus ou moins draconiennes sur la conduite à tenir à l'avenir.
Il faudra donc attendre les jour prochains pour connaître le sort qui sera réservé à André Mba Obame.
Dans notre pays le Gabon, en général, les choses finissent toujours par s'arranger pourvu que certains reviennent à la raison.
Je ne terminerai pas sans reconnaître que l'attitude d'André Mba Obame nous conduit tout de même à nous poser de nouveau des questions sur le résultat réel des élections présidentielles au Gabon en 2009.
Nous avons tous notre idée sur le sujet !
Et même s'il est bien trop tard pour argumenter en la matière, on peut se demander si le peuple gabonais, souvent muet et trop servile, n'a pas raté en août et septembre 2009 l'occasion unique d'entrer dans l'histoire et de faire la révolution de l'okoumé avant celle que nous connaissons bien désormais, celle du jasmin.
Le Gabon a toujours été un havre de paix, contrairement aux pays voisins.
Et sans doute qu'il y a un prix à payer pour préserver cette quiétude qui nous est chère à tous.
Ceci, au nom de la concorde qui ne doit souffrir d'aucune pantalonnade.

dimanche 23 janvier 2011

Côte d'Ivoire : Il faut sonner la fin de la récréation

Gbagbo et Ouattara

Après maintes et maintes tentatives infructueuses pour faire comprendre à Mr Gbagbo qu'il ne peut plus continuer à usurper un pouvoir qui n'est plus le sien, nous en sommes toujours au même point aujourd'hui et ce, malgré les diverses sanctions financières qui ont été appliquées pour le forcer à quitter un fauteuil qui ne lui appartient plus.
Tout ce qui pouvait être tenté l'a été avec ces nombreux émissaires africains désignés pour trouver une solution et qui sont toujours revenus bredouille de leurs négociations.
Nous sommes donc dans l'impasse totale et Mr Gbagbo, le "boulanger", a de nouveau roulé tout le monde dans la farine en ridiculisant l'ensemble de la communauté africaine et internationale.
Et le message qui est envoyé aux autres pays africains est catastrophique pour l'avenir de la démocratie sur le continent noir.
Il est certain qu'à ce jour, au regard de la situation présente, tous les petits dictateurs accrochés à leur pouvoir y trouveront dans cette aventure Ivoirienne un espoir immense de continuer à exercer leur fonction, quelque soit le prochain résultat des élections présidentielles de leur pays. 
Et s'ils sont trop âgés pour continuer d'occuper leur poste, leur progéniture peut voir l'avenir avec un optimisme béa. 
Elle même, comme on l'a d'ailleurs déjà observé, aura tout le loisir d'organiser des élections truquées pour poursuivre "l'œuvre salvatrice" du papa ou de la maman à la retraite ou au cimetière.
Il n'est pas trop tard cependant pour agir.
Il est encore temps de rectifier le tir et d'envoyer un message clair et ferme aux actuels et futurs présidents imposteurs.
Les innombrables tentatives pour trouver une solution en Côte d'Ivoire ayant échoué, les sanctions financières tardant à faire leur effet, le temps des palabres sous le baobab du village est désormais révolu.
Mr Gbagbo et toute sa clique n'ayant pas entendu le message de la communauté internationale, il me parait absolument primordial de passer à la vitesse supérieure pour permettre enfin à Mr Ouattara d'exercer son mandat présidentiel que le peuple Ivoirien, dans sa majorité, lui a confié.
La récréation est terminée !
Il faut désormais fermer la porte aux discussions stériles, interminables et humiliantes pour ouvrir celle qui mène à l'intervention militaire.
Trop de temps a été perdu en faveur de Mr Gbagbo, lui permettant ainsi d'engager de nombreux mercenaires à sa solde et d'acheter une grande quantité d'armes, augmentant alors considérablement les risques pour les éventuelles troupes qui pourraient être amenées à le chasser du pouvoir.
Et malheureusement, il serait désormais très risqué de faire appel à de quelconques troupes régulières, plus ou moins bien aguerries, pour investir le palais présidentiel.  
Les pertes seraient trop importantes des deux côtés et le but n'est pas d'engendrer un massacre général, loin de là.
Seules des forces spéciales, des troupes d'élite maitrisant parfaitement les interventions chirurgicales seraient à même, avec un minimum de pertes de chaque côté, de prendre par la force le contrôle du palais de Mr Gbagbo.
Mais excepté en Afrique du Sud, existe t'il en nombre suffisant de tels soldats sur le continent africain ?
Je ne parle pas de la force Licorne qui, avec des renforts extérieurs français, serait en mesure de réaliser ce genre d'opération dans les délais les plus brefs.
Je continue de penser que la France n'a rien à faire dans ce conflit sur le terrain, si ce n'est de protéger ses ressortissants contre les très probables exactions des "tontons macoutes" de Mr Blé Goudé qui n'attendent qu'un seul signe de leur maitre pour commencer leur funeste besogne contre les étrangers et les partisans de Mr Ouattara.
Quoiqu'il en soit, l'Afrique doit assumer ses responsabilités à tous les niveaux et trouver la solution la moins traumatisante possible pour éjecter un usurpateur d'un pouvoir qu'il ne détient plus.
Avec beaucoup de regrets, je ne vois plus d'autre solution que la force militaire aujourd'hui et il serait bon que les meilleures troupes des pays africains, susceptibles d'intervenir, trouvent une cohésion efficace pour former un bloc offensif relativement puissant, à même de faire le ménage en Côte d'Ivoire avec le minimum de pertes.
Pour l'honneur de l'Afrique, des africains et de la démocratie.

samedi 22 janvier 2011

Céline, cet écrivain maudit


50 ans après sa disparition, revoilà Luis-Ferdinand Destouches, dit Céline, qui revient hanter l’univers littéraire français.
Alors que son nom figurait sur la liste des célébrations nationales pour 2011, le ministre de la culture Frédéric Mitterrand, au nom des valeurs de la république, a décidé de retirer l’auteur des prochaines commémorations.
Ceci, afin de stopper la polémique qui enflait de jour en jour, au risque de nous replonger dans les heures les plus sombres de l’histoire de France.
Qui était donc cet écrivain que certains qualifient d’auteur de génie et d’autres de pourriture infâme ?
Jamais sans doute un auteur n’aura suscité à la fois autant d’engouement et d’indignation.
Son extraordinaire premier roman publié en 1932, “Voyage au bout de la nuit“, lui aura valu une immense notoriété et une vague de commentaires sans précédent dans la critique littéraire française.
La description d’un monde dominé par l’abject, la boucherie et l’absurdité de la première guerre mondiale, la colonisation et ses travers immondes, la misère et la médiocrité humaine dans son sens le plus absolu, et l’emploi d’un vocabulaire ordurier, révolutionne l’univers littéraire des années 30.
Dans le contexte de l’époque, le choc est terrible et il est impossible de rester indifférent ou en marge du sujet.
On prend violemment parti pour ou contre Céline.
Cependant, il n’y a là pas encore matière à lui vouer une haine tenace, provenant du fin fond des entrailles.
C’est à l’aube de la seconde guerre mondiale, que Céline va révéler une personnalité immonde par la publication de nombreux pamphlets marqués par un antisémitisme d’une violence inouïe.
Son attirance pour les milieux d’extrême droite française pro-nazis, son soutien indéfectible à l’Allemagne pendant la guerre et son plongeon dans la collaboration à outrance avec Pétain et l’occupant en feront un paria de la pire espèce.
Céline sera obligé de quitter la France pour éviter des représailles mortelles.
Son étrange amnistie par la suite lui permettra de revenir alors, qu’à mon humble avis, sa place était devant un peloton d’exécution pour avoir encouragé à la haine raciale contre des français et pour avoir trahi son pays en adulant l’ennemie de l’époque et en souhaitant ouvertement la victoire d'Hitler.
On comprendra donc par la suite, au fil des décennies, les nombreuses polémiques que cet homme, somme toute peu recommandable, aura suscitées.
Ceci dit, à quoi bon le nier, d’autres romans parus dans les années 50 auront une nouvelle fois démontré l’immense talent d’écrivain de Céline.
Mais ce génie de l’écriture, qui était un parfait salaud, ne pourra jamais faire oublier son odieux passé.
Dans ce cas bien précis, la mémoire demeure toujours indélébile.
De ce fait, quelques soient les qualités littéraires de cet homme, même si la flamme de la haine ne mène jamais nulle part, commémorer un tel individu aurait été une insulte insupportable à la mémoire de ceux qui ont été massacrés pour leur appartenance à une certaine communauté, et aux hommes et aux femmes qui ont donné leur vie pour libérer leur pays du joug nazi.
Monsieur Serge Klarsfeld, inlassable défenseur de la cause juive, aura sans doute œuvré avec, comme d’habitude, beaucoup de passion pour influencer le ministre de la culture dans sa prise de décision.
Si je soutiens sans réserve son combat dans cette affaire, je regrette néanmoins que Monsieur Klarsfeld, grand flic de la pensée s’il en est, soit beaucoup moins regardant lorsqu’Israël commet des crimes contre le peuple palestinien.
Et ce silence coupable, qui dénote un art certain pour l’indignation sélective, amoindri considérablement le crédit qu'on pourrait lui accorder.
Mais cela est un autre débat et Céline restera, heureusement, à la place qui est la sienne, six pieds sous terre.

mercredi 19 janvier 2011

Lorsqu'un artiste tunisien rejette sa distinction francaise


Monsieur Jellel Gasteli, artiste tunisien photographe de renom, a décidé dernièrement de restituer sa distinction de Chevalier dans l'Ordre des Arts et des Lettres à l'ambassadeur de France en Tunisie.
Ceci, parce qu'il estime que la France a bafoué sa propre dignité et surtout celle du peuple tunisien par son attitude au cours des manifestations qui ont entraîné le départ de Ben Ali.
Monsieur Gasteli est un monument de la photographie et, de par ses nombreux voyages, il connaît bien le monde. 
Il connaît surtout très bien la France puisqu’il y a vécu de nombreuses années et qu’il y retourne régulièrement pour son travail.
Ses reproches concernant l’attitude du gouvernement français me semblent en partie justifiés par ce manque de réaction de la classe politique, au moment des manifestations de la rue où des gens se sont fait tuer par les bourreaux de Ben Ali.
Je préfère même ne pas parler des commentaires affligeants de Michèle Alliot-Marie dont la stupidité me laisse sans voix.
Cependant, j’ai beau remonté dans les archives de ces dernières semaines, aucun autre pays n’a particulièrement réagi pendant les violences en Tunisie. 
Les diplomaties occidentales se sont contentées d’appeler timidement au calme et à la fin des violences.
L’Europe et les Usa ont été totalement dépassés par l'ampleur des évènements qui se sont déroulés, tout étant allé très vite.
Cela n’est pas une excuse mais un fait et la France ne saurait en détenir seule la responsabilité.
On peut le déplorer mais Ben Ali a toujours été un allié cajolé par les puissances occidentales pour ses positions anti-islamiques et, il faut le dire, pour la répression qu’il exerçait à l’encontre des intégristes. 
Cette attitude lui a valu une grande mansuétude de la part des occidentaux qui ont fermé pudiquement les yeux sur les nombreuses autres exactions que Ben Ali a commises contre son peuple. 
Si j’ai bonne mémoire, du temps de Mr Mitterrand, Ben Ali était déjà perçu comme un homme extrêmement recommandable par la France qui le choyait à tout va.
Les gouvernements changent mais la politique étrangère demeure globalement la même.
On appelle cela la raison d’état ou la realpolitik dont le cynisme paraît souvent déroutant.
Là où je suis en total désaccord avec Mr Gasteli c’est lorsqu’il affirme que la France a bafoué la dignité du peuple Tunisien.
Peut-on proférer raisonnablement de telles accusations lorsqu'un pays a accueilli la très grande majorité des opposants de Ben Ali, et non des moindres, pendant plus de 20 ans ?
Je pense ne pas me tromper en affirmant que si la France a toujours maintenu des liens étroits avec Ben Ali, comme l'a fait d'ailleurs la plupart des pays occidentaux, les opposants au régime tunisien n'ont jamais eu de problèmes particuliers pour se réfugier dans l'hexagone.
Si quelqu’un a bafoué la dignité du peuple tunisien, c’est Ben Ali lui même avec toute sa clique de mafieux et personne d'autre.
Et cela a duré 23 longues années. 
Je regrette de ce fait que Mr Gasteli soit infiniment plus prompt à s'en prendre aux dirigeants français, certes non exempts de critiques, qu'à un dictateur qui n'a jamais hésité à tyranniser ses compatriotes chaque fois qu'il l'estimait nécessaire, portant ainsi gravement et réellement atteinte à la dignité de tout un peuple.
Aussi, bien que je ne me souvienne pas que Mr Gasteli ait formulé la moindre critique envers Ben Ali lorsque ce dernier était encore au pouvoir, je me garderai d'en tirer la moindre conclusion et d'y trouver matière à indignation.
Tout ceci, pour dire que si critiquer l’attitude de la France me parait fondé suite à son inaction et à ses maladresses au cours des derniers évènements de Tunisie, lui reprocher d’avoir bafoué la dignité de tout un peuple, me semble quelque peu démesuré et pour le moins simpliste.
Je veux voir en cette accusation très dure, l’expression d’une immense déception envers la France, un pays auquel Mr Gasteli a toujours été profondément attaché, malgré les incohérences qui le caractérisent dans sa politique étrangère.
Il est en tous les cas parfaitement dans son droit en décidant de rendre sa "breloque" à l’ambassadeur de France à Tunis et je peux même en comprendre la motivation.
Dans quelques années, un président de droite ou de gauche trouvera bien le moyen de la lui redonner, lorsque l’amertume se sera apaisée.
Si le temps ne permet pas l’oubli, il adoucit les rancunes les plus tenaces.

mardi 18 janvier 2011

La guérison miraculeuse de soeur Marie Simon-Pierre


La fameuse guérison miraculeuse de soeur Marie Simon-Pierre, qui était atteinte de la maladie de Parkinson, restera comme l'un de ces grands mystères qui aura été reconnu par l'église catholique depuis son existence.
Cette sœur de la congrégation des Maternités Catholiques aurait décidé de faire quelques prières à Jean Paul II, disparu quelques mois plus tôt, pour lui demander sa guérison.
Et lorsqu'un matin de juin 2005, soeur Marie se réveille guérie, sans aucune douleur ni paralysie, il y a effectivement tout lieu de crier au miracle puisque sa maladie, incurable, a bien été constatée par le monde médical.
Cette soudaine guérison, confirmée par les médecins qui n'ont pu en expliquer la cause, est alors attribuée par sœur Marie à Jean Paul II.
La congrégation pour la Cause des Saints, après une enquête très approfondie, a reconnu à l'unanimité comme "miraculeuse" la guérison de Soeur Marie Simon-Pierre. 
Et ce miracle, attribué à l'ancien pape Jean-Paul II, a ouvert la voie à la béatification de ce dernier, annoncée pour le mois de mai prochain par Benoît XVI.
Marx disait que la religion est l'opium du peuple.
Ceci, pour mieux souligner le caractère illusoire de l'opposition homme-dieu.
Celui-ci dénonçait quelque peu l'imagination trop fertile de l'homme qui, dans ses fantasmes et pour essayer de se sortir de sa misère, cherchait à obtenir ce qu'il ne possédait pas au travers d'un reflet imaginaire qui ouvrait la voie à un monde idéal.
Je ne vais pas commencer ici un sujet de philosophie pour préciser la pensée de Marx  sur la religion qui serait l'opium du peuple mais j'ai toujours été interpelé par le bon sens de cette phrase qui m'a toujours paru apporter bien des réponses aux croyances religieuses dont la foi est censée déplacer des montagnes.
Sœur Marie Simon-Pierre a prié Jean Paule II et elle a été guérie !
Jusque là, rien ne me gêne et il est de la liberté de chacun de croire ou de ne pas croire qu'il existe un rapport direct entre les prières de la bonne sœur et sa guérison par l'ancien pape tant aimé.
On a la foi ou on ne l'a pas !
En revanche, la question que je me pose est de savoir si le Vatican, ayant absolument besoin de trouver un miracle qui serait attribué à Jean Paul II pour le béatifier, n'aurait pas sauté sur l'occasion pour enfin officialiser un évènement que la pression populaire, intense, réclamait pratiquement depuis le premier jour de sa mort.
Soeur Marie dont je ne doute pas qu'elle ait réellement été guérie de manière inexpliquée de la maladie de Parkinson, n'aurait-elle pas été doucement influencée par les autorités religieuses pour attribuer le miracle de sa guérison à Jean Paul II ?
Sans doute que nous ne saurons jamais le fin mot de l'histoire qui, de fait, arrange bien le Vatican.
Celui-ci aura trouvé son fameux miracle pour béatifier très rapidement un pape adulé et répondre enfin à la pression de l'opinion publique catholique.
Amen !

samedi 15 janvier 2011

La révolution de la jeunesse tunisienne ou le jour de la véritable indépendance de la Tunisie


Ils l'ont fait !
Les jeunes de Tunisie ont dégagé leur dictateur Ben Ali.
Ce dernier, après 23 ans de pouvoir sans partage, s'est enfui pour trouver refuge en Arabie Saoudite.
Sous la pression de la rue et face au courage inouï de tout un peuple uni dans un même but, il n'a eu d'autre alternative que d'abandonner son trône.
Celui qui en 1987 s'était emparé par la force des rênes de la Tunisie vient de les abandonner, forcé à son tour.
Comme je l'avais déjà indiqué dans un article précédent, l´étincelle qui a mis le feu aux poudres est partie de Sidi Bouzid au centre-ouest du pays le 17 décembre dernier.
Rappelez-vous, ce jour là, Mohamed Bouazizi, 26 ans, diplômé chômeur, pour survivre, est contraint de vendre des légumes à la sauvette.
Des agents municipaux lui confisquent sa marchandise.
Désespéré, au bout du rouleau, lassé par la misère qui le détruit peu à peu, il s'immole par le feu.
Sa mort va exacerber les frustrations immenses de toute une jeunesse dont l'horizon est plombé depuis de nombreuses années et ce, malgré une économie tunisienne qui se porte relativement bien.
Ben Ali était certes un dictateur qui, pour régner, a étouffé toutes les libertés fondamentales de son peuple mais il aura tout de même accompli, à une certaine époque, de bonnes choses sur le plan économique et social.
Sous sa présidence, l'économie tunisienne était classée en 2007 première dans le domaine de la compétitivité sur le continent Africain et l'émancipation des femmes, le développement de la culture et de la formation des jeunes sont des réalisations qui incombent à Ben Ali.
Quoiqu'on puisse penser de cet homme, qui a le sang  de nombreux tunisiens sur les mains et qui devra un jour en répondre devant les lois de son pays, son bilan économique et social ne saurait être tiré uniquement dans le négatif.
Cependant, son modèle économique, basé essentiellement sur le tourisme, les industries offshore et sur l'accord d'association avec l'Union Européenne aura créé des déséquilibres importants qu'il ne sera jamais parvenu à rétablir.
Certaines régions n'ont jamais profité du boum économique tunisien voici quelques années et se sont retrouvées totalement marginalisées, abandonnées à leur sort malgré les appels au secours et les rares révoltes qui, chaque fois, ont été  réprimées dans la violence.
Les nombreux flux migratoires, provenant des régions défavorisées, vers les principales zones urbaines ont créé un chômage de masse que l'économie du pays  ne pouvait absorber.
A ce chômage s'est ajouté, avec la crise internationale, celui des milliers de jeunes diplômés qui, après de longues études, ne voyaient aucune porte s'ouvrir pour leur offrir un travail décent, en rapport avec leurs capacités.
Le sacrifice suprême de Mohamed Bouazizi n'aura dont pas été inutile puisqu'aujourd'hui, grâce à lui,  l'histoire s'est mise en marche pour faire entrer le peuple tunisien dans la légende révolutionnaire des peuples opprimés qui se sont libérés.
Les promesses de dernières minutes d'un dictateur aux abois n'auront servi à rien face à la colère du peuple bien décidé à en finir avec la tyrannie.
La révolution de jasmin est donc enclenchée.
Avant de s'enfuir Ben Ali, a confié l'intérim du pouvoir au  Premier ministre, Mohamed Ghannouchi qui n'est autre qu'un proche du dictateur déchu. 
Mais en fin de matinée, ce samedi, le président du Parlement tunisien, Fouad Mbazaa a été proclamé président par intérim par le Conseil constitutionnel, écartant ainsi la possibilité d'un éventuel retour à la tête de l'Etat de Ben Ali. 
Malgré tout ce qui s'est passé ces dernières heures, les prochains jours seront déterminants pour l'avenir du pays.
En effet, si chasser un homme tel que Ben Ali est un réel fait de gloire pour le peuple tunisien, celui-ci ne servira à rien si la transition qui s'instaure actuellement, accompagnée dans l'immédiat par un certain chaos, ne se fait pas dans un climat apaisé et dénué de toute violence.
Celui-ci sera inutile si un autre dictateur vient prendre la place du précédent et si un nouveau régime corrompu impose sa loi à tous.
Il appartient donc au peuple tunisien de rester extrêmement vigilant pour que sa victoire historique ne soit pas détournée du chemin de la liberté auquel elle est destinée.
Et si dans les prochaines semaines, pour la première fois depuis l'indépendance de la Tunisie, un président réellement démocrate était élu par le peuple tunisien, nous pourrons affirmer que la page Ben Ali est définitivement tournée. 
Mieux encore, nous pourrons dire fièrement que 50 ans de dictature ont volé en éclat et que le vrai jour de l'indépendance tunisienne a commencé au moment ou Ben Ali a fui le pays.
D'autre part, il sera intéressant à l'avenir d'observer quel impact cette révolution aura sur les autres pays dont les chefs d'états se sont imposés illégalement au pouvoir depuis plusieurs décennies  ou  se sont arrangés  pour remplacer un membre de leur famille à la tête de l'état, même lorsque les urnes ont donné un verdict qui leur était défavorable. 
Il faut espérer que la révolution du jasmin fera boule de neige sur le continent africain en interpelant tous les peuples qui n'osent prendre leur destin en main et qui continuent d'accepter l'intolérable par peur et par fatalité.
Et en souvenir de tous ces héros anonymes qui sont tombés sous les balles d'un  régime impitoyable, j'ai  la terrible envie de crier : 
"Vive la Tunisie, vive la jeunesse tunisienne".

PS : Les photos qui composent cet article sont de Nacer Talel.

vendredi 14 janvier 2011

Eric Zemmour en question



Eric Zemmour, journaliste au Figaro mais surtout chroniqueur et polémiste de renom dans plusieurs émissions de télévision est jugé actuellement pour diffamation et provocation à la haine raciale.
Plusieurs associations, des droits de l’Homme ont porté plainte devant les tribunaux après avoir retenu contre lui des propos prononcés sur Canal + en mars 2010.
En effet, Eric Zemmour avait affirmé :

 « Les Français issus de l'immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c’est comme ça, c’est un fait »

Dans le feu de la discussion, au cours de l’émission en question, Eric Zemmour a sans aucun doute employé une phrase que l’on pourrait qualifier d’inopportune.
Cependant, les propos tenus par ce dernier sont-ils foncièrement inexacts ?
Cela ne paraît pas être le cas mais bien au contraire, révèle une vérité incontestable, aussi déplaisante soit-elle.
Ayant quelques amis dans la police et pour avoir discuté régulièrement avec eux, je sais que les divers listings tenus par les commissariats des petites et grandes agglomérations indiquent que près de 60% des infractions commises par les gens sont attribuées à des individus dont les noms ont une consonance maghrébine ou africaine.
Aussi, j’ai beau retourné dans tous les sens la phrase de Monsieur Zemmour, je ne parviens pas, avec la meilleure volonté du monde, à trouver la moindre provocation à la haine raciale.
Il me semble que ces nombreuses associations des droits de l’Homme, dont l’existence demeure fondamentale à mes yeux, ont un sens de la susceptibilité très prononcé et procèdent à une dénonciation très sélective des prétendues propos racistes employés par les uns et les autres au travers des médias.
Je doute en effet fortement, que SOS Racisme ou la Licra auraient envoyé Monsieur Zemmour devant les tribunaux s’il avait prononcé la phrase suivante :
 « Les Français de souche sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des pédophiles sont blancs, c’est comme ça, c’est un fait »
Aujourd’hui, dans notre société, lorsqu'il s'agit de débattre sur le thème de l'immigration, il se trouvera toujours une association, prétendument bien-pensante, pour vous accuser de racisme, de discrimination, de fascisme et d’autres termes aussi méprisables les uns que les autres dès que vous oserez dévoiler le fond de votre pensée.
Cette remise en cause systématique de la liberté d’expression, dès qu’on aborde ce sujet délicat, pour ne pas dire tabou, me paraît insupportable.
Je n’apprécie pas spécialement Eric Zemmour dont les constantes et péremptoires certitudes m’indisposent le plus souvent.
Les gens qui ne doutent jamais de rien et qui donnent sans cesse l’impression de détenir la vérité ne m’inspirent pas confiance.
Quoiqu’il en soit, la teneur de ses propos me semble plus relever d’une analyse personnelle en rapport avec la délinquance et l’immigration que d’une volonté délibérée de fustiger les gens de couleur et les maghrébins dont l’immense majorité mérite le plus grand respect.
La question qu’on est en droit de se poser aujourd’hui avec cet afflux de plaintes, suite à tel ou tel mot prononcé ici et là, est de savoir si la liberté d’expression, si chère à notre culture, ne serait pas en grave danger de disparition dès qu’on ose transgresser la ligne hypocrite du politiquement correct, qui annihile le débat républicain en imposant un système de pensée unique.
Cette surveillance généralisée de la pensée me rappelle les pires heures du régime de Vichy ou encore, plus récemment, celles de l'abominable communisme dans les pays de l'est.
Naturellement, il n'est pas question un seul instant de se servir du droit à s'exprimer librement pour errer sur des chemins de traverses où l'insulte ferait figure de cheval de bataille. 
Il y a tout un monde entre la libre expression de ses idées et le déballage d'un vocabulaire nauséabond, contraire au respect des valeurs républicaines.
Il appartient bien entendu à la justice de se prononcer sur la teneur des propos d’Eric Zemmour mais le verdict qu’elle annoncera à l’issu du procès intenté par certaines associations des droits de l’Homme préfigurera immanquablement de l’avenir de cette liberté d’expression qui tient tant à cœur au peuple français.
Et si nous ôtons les soupapes de sécurité qui garantissent notre droit à l’expression, nos plus brillantes plumes, nos plus fameux orateurs, de peur de se retrouver dans les geôles de l’état, finiront par pratiquer l’autocensure de leurs idées les plus profondes pour nous agrémenter de textes et de discours fades et sans saveurs, préfabriqués dans le moule de l’air du temps, que certains esprits vicieux et tourmentés, à titre purement personnel, tentent de nous inoculer par la force des tribunaux.
Et le pire reste à venir car ces prétendus défenseurs des êtres opprimés, inconscients de leurs propres dérives, ouvrent un immense boulevard au Front National, au risque de voir son représentant se retrouver au second tour de la prochaine élection présidentielle de 2012.
Cela ne vous rappelle rien ?

jeudi 13 janvier 2011

La France en guerre au Sahel


Les terroristes islamiques ont donc réussi à frapper une nouvelle fois la France au Sahel en enlevant, dans un restaurant très fréquenté 2 jeunes français et ce, en plein centre de Niamey, la capitale Nigérienne.
Leur exécution par la suite, dans les sables du désert, aura pétri d’effroi toute une communauté d’expatriés qui sait désormais qu’elle ne peut être en sécurité nulle part dans toute la zone sahélienne.
Il ne fait pas de doute que l’action d’éclat d’une bande de tueurs sans foi ni loi, dans une zone sensée être sécurisée par les autorités locales fera date et que, de ce fait, toutes les habitudes de vie des expatriés à la peau blanche vont s’en trouver considérablement bouleversées.
Ceux-ci vont donc rester cloîtrés chez eux à la nuit tombée et le temps des petites soirées sympathiques dans les restaurants, bars et boites de nuit locaux est désormais révolu.
Quel qu’ait  pu être le sort des tueurs dans la nuit du désert, ce qu’ils ont réalisé peut  être considéré comme  une grande victoire médiatique et psychologique.
Une victoire médiatique parce que le monde entier aura parlé de leur action.
Une victoire psychologique parce qu’ils auront réussi à instaurer la peur chez les occidentaux en démontrant qu’aucune zone, même sécurisée, ne peut leur être interdite.
L’Aqmi, puisqu’il faut la citer, peut se targuer d’une belle réussite et la France, incontestablement, se trouve en difficulté dans tous les pays du Sahel.
Cela dit, en faisant intervenir à plusieurs reprises ses forces spéciales, la France bien que touchée, continue de lancer un message clair aux barbares du désert.
« Vous pouvez certes nous frapper en enlevant et en tuant nos compatriotes mais nous aussi nous avons la possibilité de vous poursuivre et de vous détruire. Nous avons la volonté de vous combattre et vous ne pourrez plus désormais vous considérer en totale sécurité lorsque vous nous attaquerez »
Je ne pense pas que cette nouvelle stratégie de la France au Sahel empêchera l’Aqmi de frapper à nouveau mais il me parait évident que tout être humain, si on peut appeler ces individus des êtres humains, y réfléchit toujours à deux fois avant d’entreprendre une action criminelle s’il sait que l’impunité n’existe plus et que son repère n’est plus un sanctuaire.
A deux reprises la France à lancé ses soldats aux trousses des terroristes de l’Aqmi.
Et si chaque fois, les otages n’ont pu être sauvés, les pertes en hommes enregistrées par les terroristes sont un coup dur porté à cette organisation criminelle.
Il ne faut pas se faire d’illusions cependant.
La France ne gagnera pas la guerre du désert au Sahel.
Elle peut seulement limiter la casse en essayant de rendre coup pour coup comme elle le fait déjà, en espérant un jour tuer ou capturer le chef principal de l’Aqmi.
Mais quand bien même, un autre chef le remplacera et encore un autre puis un autre avec de nouveaux combattants toujours disponibles.
La guerre contre le terrorisme moderne, dans des zones très étendues, ne se gagne pas.
La France, comme les autres pays occidentaux, n’aura d’autre choix que de tenter de briser temporairement l’élan des terroristes en les éliminant dès que cela sera possible mais elle n’en viendra jamais à bout.
L’exemple du Pakistan, de l’Irak et bien sûr de l’Afghanistan en sont tous les jours une preuve irréfutable.
Je ne terminerai pas sans lever mon chapeau à l’opposition française et particulièrement au parti socialiste qui a su aller au-delà des clivages politiques et des divergences pour soutenir l’action de la France dans sa dernière intervention contre la barbarie et ce, malgré la perte des otages.
Certes, il reste encore bien des zones d’ombre sur ce qui s’est passé sur le terrain et sur la mort des 2 jeunes français mais en attendant d’y voir plus clair, avec sans doute l'arrivée de nouvelles révélations sur cette triste affaire, il est bon de constater que l’union sacrée existe en France lorsque le pays se trouve en difficulté dans son combat contre le terrorisme.
Ce comportement, est aussi un message sans ambigüité envers l’Aqmi.
Le pays ressert les liens lorsqu’il est attaqué !

vendredi 7 janvier 2011

La jeunesse tunisienne en colère


Suite au suicide d’un jeune homme désespéré qui s’est immolé par le feu à Sidi Bouzid, la protestation sociale de la jeunesse tunisienne prend de l’ampleur un peu plus chaque jour.
On pourrait se demander pourquoi maintenant alors que le chômage et la corruption sont depuis longtemps des facteurs très importants de l’économie tunisienne même si cette dernière, malgré les contrecoups de la crise internationale, demeure en relative bonne santé.
Le triste sort d’un jeune homme aura donc été l’élément déclencheur d’une contestation dont on ne sait pas où celle-ci aboutira.
Le problème principal est que, depuis longtemps, l’économie tunisienne ne peut absorber les milliers de jeunes qui chaque année, leur diplôme universitaire en poche, recherchent un emploi dans le pays.
Ces jeunes, souvent brillants, se retrouvent donc en situation extrêmement précaire et sont forcés, pour survivre, d’exercer des activités peu lucratives, voire misérables, qui ne correspondent en rien à l’instruction et au savoir qui leur ont été inculqués.
Or, si cette situation peut être tolérée dans un temps limité, il va sans dire que le désespoir engendré par un provisoire qui tend à devenir définitif, remet en cause tous les principes fondamentaux de cette brillante jeunesse qui aspire logiquement au bonheur et à des responsabilités plus conformes à ses compétences.
Je crois aussi que l'accès à la culture et au savoir, bien plus développé que dans les années 80 et 90, que l'arrivée d'internet qui est une ouverture unique sur le monde, malgré la surveillance étroite du web par les services de renseignements, ont permis une approche de la réalité des choses infiniment plus lucide que ce qui est inlassablement véhiculé dans les médias contrôlés par le pouvoir en place.
La jeunesse tunisienne n'entend plus qu'un seul discours propagandiste et est parfaitement informée des affaires du monde. Elle n'est plus aussi malléable et il n’est plus possible de la manipuler.
Le régime de Monsieur Ben Ali, dont les commandes sont uniquement entre les mains de sa famille, est toujours resté très fermé, cloisonné et le culte de la personnalité confine à l'obsession.
Seuls les proches du pouvoir, du clan Ben Ali, accèdent aux postes à responsabilités et s’enrichissent dans le sillage d’un système corrompu à l’extrême.
Sous prétexte de lutter contre l’islamisme radical, la liberté d’expression et d’entreprendre demeure pratiquement inexistante.
Les opposants sont sans cesse harcelés, emprisonnés voire éliminés au nom d’une lutte sans merci contre l’intégrisme.
En arguant de la nécessité absolue de combattre ce fléau pour préserver les valeurs de la Tunisie, le régime a tissé une redoutable toile d’araignée qui surveille étroitement tous les secteurs d’activités du pays.
Ce combat est la raison essentielle pour laquelle les principaux partenaires européens de la Tunisie se complaisent dans un silence embarrassé, tant il est vrai, il faut le reconnaître, que le régime tunisien a toujours été d’une aide majeure dans le domaine de la lutte contre le terrorisme islamique.
De ce fait, la jeunesse tunisienne n’aura sans doute rien à attendre des pays européens qui vouent une reconnaissance infaillible au pouvoir en place et préfèrent fermer les yeux sur ce qui se passe dans le pays.
Elle demeurera donc seule face à son combat pour tenter de changer les choses et il est malheureusement probable que celui-ci sera extrêmement difficile à gagner malgré les contestations nombreuses qui fusent dans les rues mais surtout, quotidiennement sur le net que le régime ne peut contrôler en totalité.
Il faut espérer que Monsieur Ben Ali aura suffisamment de retenue pour ne pas martyriser un peuple dont la jeunesse mérite incontestablement de voir ses espoirs réalisés.
J'ose croire que, malgré l'absence totale de la presse internationale, qui a l'interdiction formelle d'exercer son travail d'information sur ces évènements, ce "charmant" monsieur disposera d'un minimum de bon sens pour entendre la voix brisée d'une jeunesse désespérée et pour proposer des solutions qui ne font pas appel à la force et aux baïonnettes. 
Mais peut-être suis-je d'une naïveté désespérante en affirmant cela.
Quoiqu'il en soit, la jeunesse tunisienne à son destin entre les mains et elle doit le forcer en faisant sa révolution.