vendredi 30 décembre 2011

2011, une année dantesque !


L’année 2011 qui va s’achever dans quelques heures, de par les nombreux évènements et rebondissements majeurs qui l’auront jalonnée, aura vu ses mois défiler comme un véritable film hollywoodien à grand spectacle, et restera certainement gravée dans les annales de l’histoire du monde contemporain.

- Le printemps arabe où des peuples vivant sous le joug de tyrans se sont émancipés pour prendre leur destin en main, restera le sommet incontestable des nombreux évènements survenus au cours de cette année de feu.
Les images chocs sont légions et le sort tragique de Kadhafi demeurera comme l’un des symboles forts d’une révolution des peuples arabes que personne ne croyait possible et n'imaginait même pas dans les rêves les plus fous.
Et la contagion de ces révoltes jusqu’en Syrie, où chaque jours des dizaines de gens courageux continuent de donner leur vie pour la liberté, montre à quel point il est difficile, malgré les succès enregistrés en Tunisie, en Egypte et en Libye de bousculer des privilèges "monarchiques" acquis illégalement depuis des décennies.

- La destitution par la force de l’ivoirien Gbagbo qui, comme de nombreux chefs d’états africains n’a pas hésité à se parjurer pour étancher à tout prix sa soif de pouvoir, restera également comme un signal fondamental envoyé à ceux qui continuent encore de s’accrocher à une fonction qu’ils se sont octroyés de manière frauduleuse et à considérer leur pays comme leur propriété privée.

- La disparition de Ben Laden, exécuté par les forces spéciales américaines, qui aura enfin payé pour ses crimes après 10 longues années de traque, aura constitué également un moment clé de cette année hors norme.

- Le tsunami du Japon, qui provoquera la plus grave catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl, ne s’effacera sans doute jamais de nos mémoires, tant les images du déferlement des vagues, qui ont tout balayé sur leur passage aura tétanisé chacun d’entre nous devant son écran de télévision.

- La folie meurtrière en Norvège de cet épouvantable individu, Anders Behring Breivik, qui aura massacré à lui tout seul 77 personnes et ce, sans éprouver le moindre remord, aura traumatisé tout un pays et consterné d'effroi le monde entier.

 - La grave crise économique des pays de la zone euro, plongeant l’Europe au bord de la faillite, a démontré l’imminence du déclin d’un continent qui a perdu sa prédominance économique au profit de puissances émergentes comme la Chine, l’Inde et le Brésil, appelées à jouer très rapidement les tous premiers rôles sur la scène mondiale.

- Pour les français plus particulièrement, l’affaire DSK aura marqué les esprits et sans doute privé le pays du seul homme de gauche véritablement capable de tenir le cap du navire France dans cet océan d’incertitudes où l'horizon continue d'apparaître flou.

- Tout récemment, la mort de l’un des plus sinistres dictateurs de la planète, le coréen Kim Jong-il, qui aura martyrisé impitoyablement son propre peuple en continuant de lui imposer la plus abominable machine à endoctriner et à tuer qu’est le communisme, est peut-être porteuse d'espoir, même s'il faut modérer ses illusions avec l'avènement de son fils sans doute à peine moins détraqué que son cinglé de père.

Tous ces évènements qui auront monopolisé simultanément ou à tour de rôle l’actualité internationale ont donc fait de cette année 2011 un cru d’une exceptionnelle qualité où un ouragan  d'une force démesurée s’est abattu sur un monde en pleine mutation.

Alors que ce blog vient de fêter son premier anniversaire en ce mois de décembre 2011, c’est avec un grand plaisir que je souhaite à tout le monde un très bon réveillon de la Saint-Sylvestre et une excellente année 2012.
Je remercie tous les gens qui ont pris sur leur temps précieux pour lire mes articles et particulièrement ceux qui se sont fidèlement "amarrés" à ce blog en inscrivant des commentaires que j’ai toujours lus avec un intérêt soutenu.
Et j’achèverai ces dernières lignes de l’année 2011 en évoquant le souvenir de mon papa qui nous a quittés voici 18 mois.
Aussi loin que je me souvienne, il a toujours été féru d’actualité et les quotidiens comme les hebdomadaires ont toujours occupé une place importante dans sa vie.
Je lui dois mon goût pour cette actualité qui marque la France et le monde et je sais qu'il aurait été mon lecteur le plus assidu.
Ceci, pour le plaisir tout simple de se chamailler très amicalement avec moi sur nos divergences de vues et de m'entreprendre de vive voix sur nos opinions respectives…sous l’arbre à palabres.

Très bonne année 2012 à tous et merci encore du fond du cœur pour l'attention et la sollicitude que vous avez bien voulu généreusement accorder à ma modeste plume.

samedi 24 décembre 2011

France - Turquie : Brouille sur fond de génocide


L’Assemblée nationale française a adopté ce 22 décembre 2011 la proposition de loi visant à pénaliser la négation de tous les génocides, dont celui perpétré contre les arméniens.
Cette proposition de loi, qui doit encore être entérinée par le Sénat en janvier 2012, prévoit un an d’emprisonnement et 45 000 euros d'amende à l'encontre de toute personne qui nierait de manière "outrancière" tout génocide reconnu par la France.
Actuellement, seule la négation du génocide juif était considérée comme un délit, donc réprimée.
La France affirme ainsi vouloir créer une loi plus cohérente, où tous les génocides seraient considérés sur un même pied d'égalité.
Mais au-delà d'un débat éminemment sensible et profondément douloureux, je n'ai jamais compris la nécessité de réprimer des individus pour négation de génocide et je conteste vivement cette démarche comme j'ai réfuté celle qui concernait la Shoah.
Je traduis cette proposition de loi comme une nouvelle tentative de restreindre la liberté d'expression qui, de ce fait, porte atteinte à l'article 4 de la constitution de 1958 qui garantit les expressions pluralistes des opinions.
Certes, la Cour européenne des droits de l'homme a rappelé récemment qu'on ne pouvait se prévaloir de la liberté d'expression, pour détruire les droits de l'homme et saper les fondements de la démocratie.
Il y a tout de même une différence énorme entre le fait d'approuver un génocide qui est condamnable avec la plus extrême sévérité et celui de le nier.
D'autre part, la proximité de cette proposition de loi avec l'échéance des élections présidentielles en avril 2012 n'est certainement pas une simple coïncidence.
La France ayant reconnu officiellement et fort justement le génocide arménien en janvier 2001, l'adoption de cette proposition de loi ne revêtait aucun caractère d'urgence.
Dans le cas contraire, pourquoi n'avoir pas procédé à ce vote au cours des 4 dernières années mais seulement à 5 mois du scrutin présidentiel ?
En effet, comment ne pas soupçonner la droite, majoritaire à l'Assemblée nationale, d'avoir cherché ici à s’attirer les faveurs des 500 000 français d'origine arménienne ?
Cela dit, chacun sait que si la gauche était à la place de la droite en ce mois de décembre 2011, elle aurait agi exactement de la même manière.
Aussi, les circonstances de ce vote, malgré les drames de l'histoire, me paraissent assez rocambolesques.
Peut-on véritablement prendre au sérieux le résultat d'un scrutin alors que plus de 90% des députés étaient absents, la plupart pour cause de vacances de Noël ?
En effet, ceux-ci n'étaient pas plus de cinquante au moment du vote à l'Assemblée nationale qui regroupe 577 députés.
Et si cette proposition de loi a été véritablement plébiscitée par une très large majorité des politiques présents dans l'hémicycle, de droite comme de gauche, moins de 10% des représentants du peuple auront donc entraîné la France dans une crise diplomatique majeure avec la Turquie.
Tant qu'à s'attirer les foudres d'un grand pays comme la Turquie, il aurait été plus crédible de le faire en s'assurant au moins la présence de 50% des membres de l'Assemblée nationale.
Il faut cependant admettre que quelque soit la période à laquelle cette proposition de loi aurait été votée, quelque soit le nombre de députés présents à l'Assemblée nationale, l'issu du scrutin ne faisant aucun doute, une nouvelle crise avec les turcs était inévitable. 
Les relations entre le premier ministre turque Erdogan et Monsieur Sarkozy sont exécrables depuis que ce dernier, en 2007, s'est ouvertement montré hostile à l'intégration de la Turquie dans l'Union européenne.
La Turquie ne se prive donc pas pour entretenir, quasi religieusement, une susceptibilité à fleure de peau dès qu'un litige intervient avec la France.
Monsieur Erdogan, qui n'a eu de cesse d’œuvrer pendant le conflit Libyen pour tenter de briser la dynamique française, a parfaitement fait comprendre à Monsieur Sarkozy que la Turquie ne devait plus être systématiquement considérée comme un pays allié, ni ami mais également comme un potentiel adversaire qu'il faudra se préparer à affronter sur la scène internationale.
Le conflit libyen a donc considérablement accru la méfiance qui prévalait déjà entre les 2 hommes qui n'ont aucune estime l'un pour l'autre.
Et si Monsieur Sarkozy a commis parfois quelques maladresses incontestables, le consternant Monsieur Erdogan vient une nouvelle fois de prouver au monde qu'il n'a jamais brillé pour sa finesse d'esprit mais plutôt pour la brutalité excessive de ses actes et de son langage, pour le moins incompatibles avec les usages diplomatiques.
Et bien qu'on puisse comprendre la sensibilité de la Turquie dès lors que le sujet sur le génocide arménien revient à l’ordre du jour, à trop vouloir sur-réagir, de manière disproportionnée, celle-ci en devient suspecte et on aurait plutôt tendance à vouloir creuser plus profondément dans les annales de l’histoire pour en savoir encore plus sur les circonstance du génocide arménien.
Pour rappel, l'article 301 du nouveau code pénal turc, qui réprime les insultes aux institutions et à l'identité turques, a servi de base au lancement de poursuites à l'encontre de plusieurs intellectuels qui ont dénoncé les massacres contre les arméniens.
Je pense particulièrement au prix Nobel de littérature 2006, l'écrivain Orhan Pamuk, qui a été poursuivi dans son propre pays pour atteinte ouverte à l'image de l'armée après avoir déclaré dans un magasine :
" Un million d'arméniens et 30 000 kurdes ont été tués sur ces terres, mais personne d'autre que moi n'ose le dire." 
Heureusement pour lui, un procureur d'Istanbul a fini par classer l'affaire.
Le fait d'avoir constitué un article de loi qui ouvre la porte à des poursuites de ce genre démontre bien que l'état turc ne souhaite pas remuer les poubelles de son histoire et entend punir quiconque le fera.
En attendant, cette nouvelle crise franco-turque va causer des dégâts sans doute importants auprès des entreprises hexagonales fortement implantées dans ce pays.
Ces dernières peuvent donc émettre de sérieuses craintes pour la pérennité de leurs contrats en cours et à venir.
Je fais allusion aux grands groupes que sont Alstom, Areva, Axa, Carrefour, Gdf/Suez, Psa, Renaud et Vinci qui ont des intérêts importants en Turquie et qui seront très probablement éloignés de tous les marchés potentiels ou en cours de négociation.
D'autres entreprises françaises, de moindre importance, subiront également des dégâts collatéraux non négligeables, assortis de tracasseries administratives de toute sorte.
Nous connaissons parfaitement les méthodes de rétorsions turques qui ne changent jamais.
Cependant, la France étant le troisième investisseur dans le pays et ses entreprises employant plus de 100 000 personnes, les représailles de la Turquie auront donc également des répercutions sur sa propre économie qui, il est vrai, avec un taux de croissance enviable de 8%, peut s'offrir le luxe de bouter hors de son marché local un certain nombre d'entreprises tricolores.
Il va cependant falloir que la Turquie si fière, si arrogante et si imbus d'elle même, modère quelque peu son désir ardant de punir trop sévèrement son cinquième partenaire économique.
Dans un monde où les grandes économies sont devenues interdépendantes et sont imbriquées les unes dans les autres, sanctionner trop lourdement un état avec lequel on entretien d'étroites relations commerciales revient souvent à se tirer une balle dans le pied.
Et si le divorce entre la France et la Turquie est peut probable, il appartiendra tout de même à l’hexagone d'étudier très rigoureusement les conséquences, pour ses entreprises, des sanctions inévitables que Monsieur Erdogan va se faire une joie non dissimulée d'appliquer rapidement.
J'ose espérer que Monsieur Sarkozy, dans le cadre de la réciprocité, n'hésitera pas de son côté à étudier toutes les solutions possibles pour rendre à la Turquie coup pour coup et ce, même si cela doit égratigner sérieusement les relations diplomatiques, économiques et commerciales entre les deux pays.
La Turquie doit comprendre définitivement que la France définit souverainement sa politique et que le chantage économique ne saurait constituer un moyen de pression qui viserait à manipuler l'histoire à sa guise.
Après tout, rien n'empêche l'ancien empire Ottoman de promulguer une loi condamnant tous les génocides et crimes commis depuis la nuit des temps, qu'il jugera opportun de mettre sur le dos de la France.
La Turquie semble d'ailleurs s'atteler à cette tâche afin de bien lui mettre la tête dans ses propres immondices historiques.
Il faut en convenir, cela est de bonne guerre.
Il est fort possible que Monsieur Erdogan, qui paraît être un grand connaisseur en matière de génocide, nous sorte prochainement une liste exhaustive de tous les crimes contre l'humanité perpétrés par la France.
Je ne serais d'ailleurs pas étonné si ce Monsieur trouvait le moyen, tout compte fait, d'imputer à la France une partie importante des responsabilités turques dans le génocide arménien.
Quoi qu'il en soit, la France ne gagnera rien dans sa brouille avec la Turquie et a beaucoup à perdre.
Cette proposition de loi, qui a mis le feu aux poudres, ne vaut pas une rupture avec un pays qui, même si à mon sens n'a pas vocation à entrer dans l'Union européenne, n'en demeure pas moins un acteur qui compte sur la scène internationale et spécialement au moyen orient.
Cela n'implique pas pour autant qu'il faille recevoir des gifles sans asséner en retour des coups de pieds dans le derrière. 
Et les problèmes ne sont pas terminés car il semble certain que le Sénat, dans quelques semaines, entérinera cette loi.
Il reviendra alors au Conseil constitutionnel de statuer définitivement, en déclarant la loi conforme ou non conforme à la constitution.

lundi 19 décembre 2011

Législatives gabonaises de 2011 : Les élections sans la démocratie


Les élections législatives gabonaises du 17 décembre dont le résultat officiel n’est pas attendu avant jeudi prochain vont, comme prévu, confirmer la toute puissance du parti présidentiel, le PDG (Parti Démocratique Gabonais) qui va s’offrir une très confortable majorité absolue à l’assemblée nationale en raflant certainement plus de 90% des sièges.
Cela sera sans aucun doute un raz-de-marée tant le pourcentage d’électeurs ayant voté pour le PDG sera élevé.
Ainsi, aux yeux de la communauté internationale, le chef de l’état aura légalement et officiellement toute latitude pour asseoir sa politique économique et sociale.
Certes, il n’était pas nécessaire de connaître le résultat de ces législatives pour confirmer l'omnipotence du PDG qui n’a jamais eu véritablement de rival politique crédible et sérieux, que ce soit depuis l’élection du nouveau président en 2009 ou lors du règne du précédent chef de l’état disparu.
Cependant, comme le taux d’abstention sera certainement très important, suite à la demande de boycott des urnes par les divers opposants au régime, on est tout de même en droit de se demander si ces élections législatives revêtent une quelconque signification quand à la sensibilité politique réelle du peuple gabonais en cette fin d’année 2011.
Les futurs vainqueurs affirment déjà que si les électeurs de l’opposition n’ont pas cru bon de participer au scrutin, cela est de leur seule responsabilité et qu’ils ont agi en totale liberté de conscience.
Effectivement, il me paraît difficile de contredire de tels arguments dont la logique ne se discute pas.
Néanmoins, cela n’enlève rien au fait que le résultat final ne pourra être que tronqué et ne correspondra en aucune manière aux différents courants de pensée qui jalonnent les terrains politiques et socio-culturels du pays.
Imaginez, demain, qu’au cours des prochaines élections présidentielles en France en 2012, Monsieur Sarkozy et l’UMP, Madame Le Pen et le FN décident de ne pas être candidats, de ne désigner personne d'autre, et donnent pour instructions à leurs électeurs de boycotter les bureaux de vote.
En admettant que les électeurs obtempèrent, nous verrions sans doute une déferlante socialiste s’emparer du pouvoir avec un score à la soviétique et ce, malgré une abstention très élevée.
C’est exactement ce qu’il vient de se produire au cours de ces dernières élections législatives au Gabon.
La seule victoire que l’opposition tentera donc de revendiquer est le taux d’abstention qui prouverait, selon elle, que les gabonais ne sont pas séniles et qu’ils savaient parfaitement que les dés étaient pipés bien avant le départ de la campagne électorale.
Faudrait-il encore que le véritable taux des abstentionnistes soit réellement communiqué par les instances gouvernementales...
Cela dit, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur la crédibilité d’une opposition totalement déboussolée depuis l’élection présidentielle de 2009, désorganisée comme jamais et gangrenée par les luttes de clans.
Celle-ci n’a pas trouvé le courage politique d’affronter le "loup" dans sa tanière, de peur de recevoir des morsures trop acérées.
Qu’elle perception pouvons-nous avoir de chefs d’opposition qui refusent d’aller au feu pour tenter malgré tout de peser sur un scrutin qui n’était pas joué d’avance si ces derniers étaient parvenus à mettre en place une sorte d’union sacrée ?
On pensait que les erreurs pitoyables commises lors de la dernière élection présidentielle de 2009, qui a vu des dizaines de prétendus leaders de l’opposition défendre uniquement leur intérêt personnel au lieu de s’unir autour d’un seul homme pour le bien du pays, n’allaient pas se renouveler.
On imaginait qu’un consensus serait enfin trouvé pour ne pas rater une nouvelle fois un épisode historique de l’histoire politique du Gabon.
Mais au lieu de cela, nous avons vu une pseudo opposition, plus ou moins réunie autour de quelques anciens barons du parti présidentiel le PDG, conditionner sa participation aux élections législatives à l’introduction de la biométrie censée sécuriser la bonne tenue du vote.
L'absence de la biométrie, même si elle est regrettable, n'a certainement pas entaché sérieusement les résultats du scrutin, et elle ne peut expliquer la lâcheté et le manque flagrant d’ardeur de ces soi-disant cadors dans un duel politique qui n'a jamais eu lieu faute de combattants.
En effets, toutes les forces vives de l’opposition se sont couchées pour éviter les coups, donnant ainsi à la victoire du PDG des allures de triomphe éclatant.
Et si, à vaincre sans péril on triomphe sans gloire, lorsque l'adversaire fuit le "champ de bataille" sans même tirer un seul "coup de fusil", le triomphe du vainqueur gagnerait à demeurer modeste.
Je crois que le combat pour l’obtention de plus de liberté en Afrique est une lutte de très longue haleine et ce n’est pas en déposant les armes ou en pratiquant la politique de la chaise vide, comme l’opposition gabonaise vient de le faire, qu’elle permettra au pays de devenir une véritable démocratie.
L’abstention, même massive lors d’une élection, fait toujours le jeu de ceux qui l’ont gagnée et les conforte on ne peut plus dans leur rôle et dans leurs ambitions.
En politique, les absents ont toujours tort et leurs revendications n’offrent plus aucune crédibilité dès lors qu’ils n’ont pas su ou voulu rassembler pour peser sur le cours des évènements.
Aujourd’hui, on peut affirmer sans risque que l’opposition gabonaise, déjà moribonde, n’existe plus et n’a plus aucune raison de perdurer dans son organisation actuelle.
En refusant la confrontation, celle-ci aura porté un coup fatal à l'avènement d'une démocratie naissante au Gabon.
Les seuls responsables de ce pitoyable fiasco sont les Mba Obame, Eyéghé Ndong et Oyé Mba qui avaient mis en œuvre la stratégie du régime précédent avant d’entrer en dissidence et qui, de ce fait, connaissaient parfaitement les méandres et les ficelles du jeu politique pratiqué par le chef de l'état à l'époque en fonction, et aussi par l'homme qui actuellement est à la tête du pays.
De nombreux gabonais pensaient donc, à juste titre, que ces hommes politiques, de grande expérience, passés dans le camp de l'opposition, allaient engager dans leur combat leurs solides connaissances de l'adversaire pour mieux le contrer sur son propre terrain.
Ce fut un clash retentissant dans le néant des ambitions personnelles de roitelets insignifiants, incapables de se trouver un chef pour conduire un mouvement susceptible de changer la donne politique.
Les belles paroles pompeuses et inutiles se sont multipliées sans jamais apporter de solutions pour parvenir à une opposition unie, capable de faire vaciller par les urnes le pouvoir en place.
Les têtes pensantes du régime actuel ont donc de très beaux jours devant elles et toutes les portes sont désormais ouvertes pour qu’elles exercent une domination sans partage au sein d'un état où le mot ALTERNANCE n’a jamais eu la moindre signification depuis l’indépendance.
Et malheureusement, ce n’est pas la fameuse émergence du Gabon qui redonnera des couleurs à un paysage électoral dont le gris, terriblement déprimant, confine au désespoir.
Il reste seulement à espérer que le Gabon poursuivra son évolution sur le plan économique car, il faut le dire, il  progresse malgré l'absence de démocratie.
En effet, qu’on ne s’y trompe pas; S’il est difficile d'accepter qu’il n’y ait qu’un seul chemin possible à suivre au Gabon, celui d’un seul homme et de son parti, il serait malhonnête de nier que malgré des erreurs commises par excès de zèle et de brutalité, certaines bonnes choses ont été entreprises depuis 2009.
Le Gabon avance malgré tout à petits pas sur la voie de l’émergence dont la lumière, encore lointaine, est perceptible et il faut reconnaître qu’il a été fait en 2 années plus que ce qui a été réalisé lors de la dernière décennie, où le pays n'a pratiquement pas progressé au cours de cette période.
Cela n'explique et n’excuse en rien le fait que le peuple gabonais n’ait pas d’autres solutions envisageables, à l'aube de l'année 2012, que celles imposées par la volonté unique d'un homme, qui gouverne totalement seul, le plus souvent à la hussarde, et qui n’a jamais convaincu sur sa réelle légitimité à la tête de l'état.
 "Si le gabonais est servile et fort peu belliqueux, il n’est pas dupe."
 C'est sans doute la seule leçon que le PDG pourra tirer de l'abstention importante des électeurs au cours de ces élections législatives sans intérêt, dénuées de tout suspense et tellement orphelines de ce mot qu'on appelle DEMOCRATIE.

vendredi 25 novembre 2011

La lettre d’un père à sa fille


Il y a ce réveil matinal le plus douloureux de ton existence, ces mots si cruels qu'aucun père ne souhaiterait jamais prononcer.
Il y a ces cris stridents, ce cataclysme qui emporte tes rêves dans les plus sombres abysses et ce jour maudit qui à jamais restera gravé au plus profond de ton cœur.

Il s’appelait Equinore et il était pour toi le plus majestueux des chevaux.
Il était ce rayon de soleil qui embrasait ton cœur de mille feux, ce fidèle compagnon qui te transportait dans un monde magique, ce vent violent qui poussait irrésistiblement ton présent vers l’avenir.
Il possédait cette prestance naturelle que tu admirais tant, cette fougue juvénile que tu adorais et qui te donnait le vertige, ce don unique pour t’apporter la paix intérieure.
Il représentait ton défi permanent, ton art de vivre, ta raison d’être.
Il calmait tes angoisses et colmatait les brèches de tes incertitudes.
Il était le sourire sur tes lèvres, l’étincelle dans tes yeux, la première lumière du petit matin.

Equinore nous a quittés pour rejoindre ses amis qui avant lui ont fait le grand voyage.
Tu sais, là où les prairies sont toujours vertes, où le temps ne compte plus, là où le froid ne s'engouffre jamais malgré les rigueurs de l'hiver, là où la plénitude de l'âme règne avec tant d’acuité.

Il reposait sur l'herbe, endormi pour toujours, les yeux ouverts, le regard apaisé.
Je t’ai vu courir vers lui pour l'étreindre longuement, éperdument.
J’ai ressenti dans la poitrine cette immense douleur qui a envahi tout ton être.
J’ai entendu tes sanglots briser le silence du recueillement.
J’ai écouté tes mots d’amour qui le suppliaient de te revenir.
J’ai fermé les yeux pour ne plus penser, serré les poings pour ne plus pleurer.
Je t’ai pris dans mes bras pour te consoler, mais je n’ai pas pu empêcher ton cœur meurtri de se consumer.
Et dans cette nuit soudaine, si trouble, si noire, tellement glaciale, en cherchant désespérément à ne pas sombrer dans le souffle de la peine, j’ai trouvé une lueur d’espoir qui m’a guidé vers toi pour te dire que le meilleur reste malgré tout à venir.

Tu le sais, seul le temps atténue les plus grands chagrins et permet au mal de s'enfuir.
Les saisons qui se succèdent cicatrisent peu à peu les blessures les plus vives.
Et dans la dérive de ces moments uniques à jamais perdus, tu puiseras la force de te reconstruire.
Un jour viendra où tu cesseras d'errer sur les sentiers de ta détresse.

Tu murmureras son nom et tu évoqueras son souvenir empreint d'une douce chaleur.
Tu raconteras à tous où tu l'as connu, pourquoi tu l'as voulu, comment tu l'as aimé.
Et ce sont des larmes d'amour, des larmes de joie qui glisseront alors sur tes joues.
Tu es si jeune, au printemps de cette vie qui est encore devant toi, qui te tend la main.
Et aussi vrai que tu existes, tu surferas de nouveau sur la vague du bonheur qui t'emportera vers un autre amour, un autre LUI.

Je t'aime Laëti

mardi 15 novembre 2011

Les Lions Indomptables : La conduite indigente d'une bande de "bras cassés"


Avant l'annulation de la rencontre amicale de football entre l'Algérie et le Cameroun, je pensais qu'il n'y avait que les joueurs de l'équipe de France, dans ce bas monde, pour déshonorer sans vergogne le maillot national et ridiculiser aux yeux de la planète toute entière leur propre pays.
Je fais naturellement allusion à la pantalonnade de Knysna lors de la dernière coupe du monde de football en Afrique du Sud où les responsables, à mon grand désappointement, n'ont pas été réellement sanctionnés alors qu'ils ne devraient plus jamais porter le maillot bleu.
Mais la bêtise humaine possède décidément d'innombrables sources de régénérescence et c'est sans doute la seule chose que l'homme, spécialement dans le monde du football, soit en mesure de faire progresser régulièrement à pas de géant.
L'incroyable et inacceptable comportement des Lions Indomptables qui viennent de refuser de jouer un match amical, prévu de longue date contre l'Algérie le 15 novembre et ce, quelques heures seulement avant le coup d'envoi, dénote de l’irresponsabilité et de la cupidité d'individus dont beaucoup ne doivent qu'à leur prétendu talent de ne pas pointer à l'usine, de ne pas faire la plonge dans un restaurant où de ne pas vivre dans la misère.
Les raisons invoquées par les joueurs, qui poussent la tartuferie à son extrême en réitérant dans un communiqué leur engagement patriotique, sont qu'ils n'ont pas reçu, de la part de la Fédération camerounaise, leur prime de présence qui se monterait globalement pour l'ensemble de l'équipe à 33 000 euros.
Si on divise cette somme par un nombre approximatif de joueurs, il n'est pas nécessaire d'avoir fait de hautes études pour affirmer que la somme par personne est relativement dérisoire.
Le non versement de cette prime qui justifierait, si on comprend bien les joueurs, l'humiliation infligée à leur pays, restera sans doute pour longtemps dans les annales de la stupidité collective d'un sport où l'argent roi, qui a pourri toutes les consciences, régit depuis trop longtemps les actions et les décisions entreprises directement sur le terrain.
Lorsqu'on parvient à un niveau aussi sordide, où même l'amour du maillot national se monnaie, il n'y a plus beaucoup de place pour le spectacle, le don de soi et la dignité.
Et lorsqu'on sait que ces multimillionnaires en euros, incapables de qualifier leur pays pour la prochaine coupe d'Afrique des nations de 2012, gagnent en un mois ce que l'écrasante majorité des camerounais n'imaginerait même pas percevoir dans toute une vie de dur labeur, il y a de quoi avoir la nausée et désespérer du genre humain.
Mais au-delà de la décision imbécile d'une bande de voyous minables, trop gâtée par la vie et déconnectée de la réalité par l'argent facile, infiniment plus douée pour dépenser sa fortune et jouer les cadors que pour taper dans un ballon et marquer des buts, au-delà de l'image déplorable qu'elle projette sur le Cameroun qui n'avait véritablement pas besoin de cela, les conséquences de son acte vont jusqu'à pénaliser gravement l'Algérie et ses nombreux fans du ballon rond.
En effet, la rencontre qui devait se dérouler à Alger avait attiré près de 80 000 spectateurs qui ont déjà payé leur billet et qu'il faudra rembourser.
Plusieurs chaînes de télévision ont acheté les droits de retransmission du match qui devait se jouer à guichet fermé.
Le préjudice pour l'Algérie est donc énorme et celle-ci va certainement saisir la Confédération africaine de football pour demander réparation.
Ce n'est pas la première fois que la Fédération camerounaise de football se voit contrainte d'annuler, pour diverses autres raisons, un match des Lions Indomptables.
Il serait enfin temps que la FIFA elle même se penche très sérieusement sur ce problème récurent, en infligeant des sanctions qui viseraient en priorité à interdire l'équipe nationale du Cameroun de toute compétition jusqu'à la fin de la prochaine coupe du monde en juillet 2014.
Quant à la Fédération camerounaise de football dont l'incurie et la corruption sont légendaires, quelque soit ses torts dans cette honteuse affaire, celle-ci redorerait quelque peu son blason, si souvent terni, si elle prenait les décisions qui s'imposent, à savoir radier pour plusieurs années de l'équipe nationale les meneurs responsables de ce lamentable fiasco.
Si on persiste à tolérer que de pitoyables "charlots" humilient impunément leur pays sans qu'ils en paient le prix fort, on ouvre la porte à toutes les dérives inimaginables.
Il me semble donc primordial que le Cameroun et les hautes instances du football mondial s'accordent pour éliminer les trop nombreuses brebis galeuses qui gangrènent le football camerounais, ce dernier venant de démontrer une nouvelle fois qu'il se trouve en situation de totale déliquescence.
Mais il ne faut pas rêver !
Je reste persuadé que la CAF n'infligera qu'une amende sportive à la Fédération camerounaise de football, qui elle même, s'empressera de tourner une nouvelle fois la page d'un épisode sans doute perçu comme simplement...embarrassant.
Pauvre Cameroun, tombé si bas sur le baromètre du prestige international !

samedi 5 novembre 2011

Charlie Hebdo et la vengeance de l'obscurentisme


Les 100 coups de fouet promis par la caricature de Mahomet devront sans doute être infligés à tous les employés de Charlie Hebdo car il est certain qu'aucun d'entre eux n'aura trouvé matière à rire dans l'incendie criminel qui a ravagé leurs locaux et détruit leur outil de travail ce mercredi 2 novembre 2011.
Les probables représailles qui ont été pratiquées en réponse à la parution du dernier numéro de Charlie Hedbo consacré à la charia, où le prophète Mahomet est brocardé, constituent un acte criminel d'une gravité absolue. 
Il convient cependant de demeurer relativement prudent quant à l'identité des auteurs de cet incendie et surtout de ne pas procéder à des amalgames hasardeux qui tendraient à stigmatiser une religion en particulier et à faire le procès d'une certaine catégorie de la population qui vit paisiblement en France.
On se doute bien que, sauf colossale surprise, les auteurs de cette acte insensé ne sont pas des catholiques ou des juifs intégristes mais en aucune manière on ne peut se permettre de viser particulièrement telle ou telle religion sous prétexte que des "déchets de l'humanité" ont cru bon de transformer les 100 coups de fouet en feu de l'enfer contre ceux dont l'exercice de la satyre est le métier.
L'enquête qui a été ouverte se chargera peut-être de nous éclairer sur l'identité des responsables de ce forfait afin qu'ils soient châtiés avec la plus extrême des fermetés, eux et leurs éventuels commanditaires.
Si ceux-ci étaient retrouvés, il appartiendra à la justice de procéder à un exemple exceptionnel dans la sévérité de la peine car le message doit être parfaitement clair pour ceux qui se complaisent dans l’obscurantisme moyenâgeux et qui n'ont comme seul discours que celui de la violence.
Cette triste affaire relance naturellement le vieux débat sur la liberté d'expression de la presse face à une minorité d'individus intégristes qui n'a pas sa place au sein de la République et qui, malheureusement, continue de se répandre insidieusement et dangereusement parmi nous chaque jour.
Dans tout pays démocratique, la liberté d’expression est un droit inaliénable et elle ne saurait faire l'objet d'une quelconque négociation.
Cependant, cette fameuse liberté d'expression que nous invoquons à toutes les sauces, ne signifie pas qu'on soit autorisé à dire ou à dessiner tout et n'importe quoi, sans tenir compte d'un certain nombre de principes auxquels on ne devrait jamais déroger.
Dans le domaine de la religion, il serait avisé de se référer à l'histoire de l'humanité pour encourager un minimum de retenue sur des sujets susceptibles d’exacerber les passions les plus violentes.
Depuis que les religions existent, les hommes ont impitoyablement massacré leurs semblables au nom d'un prétendu dieu et d'une foi qui ont engendré tellement de haine de par le monde qu'une prudence systématique devrait être de rigueur dans l'expression de certaines idées.
Et au regard de l'histoire des religions, composée trop souvent de fleuves de sang et de larmes, certains journalistes ne peuvent pas sans cesse revendiquer la liberté d'expression pour s'engager sur des chemins de traverse qui les amènent à franchir trop régulièrement les frontières du blasphème et de la provocation.
On peut condamner sans ambages les prêtres pédophiles, critiquer vivement le port ostentatoire de signes religieux, dénoncer l'ostracisme de quelques comportements et obliger les intégristes de tout bord à se conformer aux lois en vigueur, par la force si nécessaire, mais on doit éviter de tourner en dérision certains symboles religieux et encore plus d'insulter ceux qui sont considérés comme des prophètes.
Si au nom de la liberté d'expression, tout doit être permis et si aucune limite n'est tracée, comment identifier les repères qui imposent un minimum de sens déontologique, de respect de l'autre et de savoir vivre ?
Le fait de refuser d'entendre ceux qui s'indignent sincèrement devant des atteintes trop lourdes portées à leur sensibilité religieuse, n'est-il pas en soi un manque flagrant de tolérance ?
En conséquence, ne pourrait-on pas évoquer une forme de dictature de la démocratie au même titre que nous dénonçons le despotisme de certaines religions ?
Si l'intolérance religieuse est liberticide, la liberté telle que nous la concevons en occident peut-elle survivre durablement à ses nombreux excès ?
Bien des questions demeurent en suspend lorsqu'il s'agit de faire cohabiter nos valeurs occidentales avec des valeurs différentes mais qui ne sont pas forcément aux antipodes des nôtres.
En s'attaquant à ce qui est foncièrement sacré pour certains et en s'autorisant toutes les outrances, Charlie Hebdo a pris des risques connus mais non mesurés.
Et dans ce domaine, il est très rare de semer le vent sans récolter la tempête.
Qu'on ne s'y trompe pas; Je ne cherche pas à relativiser l'acte inqualifiable des auteurs de l'incendie des locaux de Charlie Hebdo mais tout simplement à expliquer que des provocations trop zélées, dénuées de toute décence et du moindre respect, peuvent attiser les feux de la haine.
Les gens de Charlie Hebdo, peut-être un peu trop arrogants dans leur attitude, s'estimant protégés par le boulier de la liberté d'expression, n'ont sans doute jamais apprécié, à leur juste mesure, les nombreuses menaces perpétrées contre leur journal
Et à cet effet, la mise à exécution de celles-ci ne constitue pas en l’occurrence une réelle surprise.

vendredi 21 octobre 2011

Kadhafi : Game over !




Après 42 ans de règne sans partage, où il a impitoyablement entretenu une des dictatures les plus sanguinaires qui ait existée, Kadhafi est mort comme il a vécu : 
Dans la violence et le sang !
Actuellement, il y existe une grande confusion sur les circonstances exactes de sa mort alors qu'une vidéo montre qu'il a été capturé vivant par les combattants du CNT.
La version donnée par le CNT sur une fusillade qui serait intervenue entre ses gardes du corps et les ex rebelles, juste après sa capture où il aurait été victime de tirs croisés, est fort peu convaincante.
Tout au long de cette révolution libyenne, les combattants du CNT ont de nombreuses fois démontré, non seulement qu'ils n'étaient pas très disciplinés, mais aussi qu'ils magnaient la désinformation avec la même dextérité que leur ancien maitre Kadhafi.
Beaucoup d'entre eux n'ont d'ailleurs rien à envier à ce dernier en matière de cruauté et de sauvagerie.
Une exécution sommaire de Kadhafi est infiniment plus probable que la version officielle mais il y a peu de chance pour que cette thèse, gênante pour le CNT, soit confirmée.
Si on peut regretter la mort du tyran avant qu'il ne soit jugé pour les très nombreux crimes qu'il a commis et les attentats qu'il a organisés, on peut se réjouir que l'ère Kadhafi soit définitivement révolue.
Par ailleurs, quelques dirigeants occidentaux et certains anciens chefs d'état à la retraite, ne sont surement pas mécontents de la disparition prématurée de l'ancien guide libyen.
En effet, avec Kadhafi disparaissent quelques éventuelles révélations sur les compromissions d'une partie d'entre eux.
Dans un passé plus ou moins récent, nos chers hommes politiques, toujours prompts à faire la morale aux autres, pour des raisons purement commerciales, n'ont pas hésité à recevoir "leur amis" Kadhafi en grandes pompes, feignant d'oublier le passé terroriste d'une ordure qui les méprisait et qui se moquait ouvertement d'eux.
Pour ce qui est de l'avenir proche de la Libye, si la fin de Kadhafi met officiellement un terme à une guerre qui aura duré plus de 7 mois, la liesse générale qui prévaut dans tout le pays ne doit pas faire oublier que le chemin de la paix reste encore long car les défis à relever sont gigantesques dans un pays qui ne possède aucune expérience de la démocratie.
Incontestablement, une grande éclaircie remplie d'espoir est apparue dans le ciel libyen  pour tout un peuple privé de liberté depuis toujours, mais celle-ci pourrait laisser rapidement la place à une énorme masse nuageuse contenant de cruelles désillusions venues des égoïsmes et des intérêts personnels de tel ou tel clan.
Par le jeu d'alliances de circonstances entre certains chefs tribaux qui ne s'apprécient pas forcément, le risque d'éparpillement et d'affrontements internes au sein de l'ex rébellion est loin d'être négligeable, et les conflits d'intérêts pourraient largement prendre le dessus sur toute velléité de paix.
Il ne faut jamais perdre de vue que la notion de tribu est très développée en Libye et qu'elle prime avant toute autre forme de considération, même nationale.
Et on peut déjà imaginer les divers chefs de guerre se disputer tel ou tel privilège ou revendiquer quelques récompenses qu'ils estimeront avoir méritées pour leur aide à chasser Kadhafi du pouvoir.
Il y aura certainement des mécontents, des frustrés et ceux-ci voudront sans doute le faire savoir.
La capacité du CNT, en cette fin de conflit, à rassembler les hommes et à gérer la transition démocratique  sera déterminante pour l'avenir du pays.
Les responsabilités du gouvernement en place sont donc colossales et bien des embûches sont à prévoir avant de parler de paix et de démocratie.
Il faut espérer que l'expérience douloureuse de l'après guerre en Irak, éclairera les différents protagonistes libyens sur les erreurs à ne pas commettre pour gagner la paix, souvent bien plus difficile à obtenir qu'une victoire militaire.
Dans le cas contraire, le sacrifice de ceux qui ont donné leur vie pour la liberté aura été totalement inutile et c'est de nouveau l'horreur qui règnera en Libye.
Un autre élément et non des moindres, demeure extrêmement préoccupant parce qu'il touche directement à la sécurité des compagnies aériennes internationales.
De très nombreuses armes, dont des missiles à courte portée ont disparu des différents dépôts de munitions disséminés sur l'ensemble du territoire.
Or, celles-ci ne sont pas perdues pour tout le monde.
Il est très probable que les terroristes de l'Aqmi aient bénéficié de ces disparitions soudaines et qu'ils se soient emparés d'engins redoutables dont ils voudront se servir à l'avenir contre des cibles occidentales ou contre des pays africains.
Je pense particulièrement à d'éventuels attentats contre des avions civils aux abords des aéroports.
Il faut donc s'attendre malheureusement à cette éventualité et à moyen terme, l'élimination du régime de Kadhafi risque d'avoir un goût amer, même si elle était absolument nécessaire.
Il est donc encore difficile de se projeter dans l'avenir post Kadhafi tant les aléas sont nombreux et périlleux.
Je ne terminerai pas sans reconnaître un certain panache à Kadhafi et cela me coûte de l'avouer tant ce sale type me faisait horreur.
Celui-ci a toujours affirmé qu'il ne se rendrait jamais et qu'il combattrait jusqu'à la mort.
Sans doute aurait-il pu quitter son pays par des voix détournées comme l'ont fait déjà avant lui d'autres tyrans.
Cela n'a pas été le cas et il s'est battu jusqu'au bout, comme il l'avait indiqué aux médias internationaux.
Et le fait qu'il soit mort après une résistance acharnée, au cours d'une sortie désespérée de son fief de Syrte, a démontré que l'homme n'était pas dépourvu de courage.
Avec la présence des avions de l'Otan  qui patrouillaient dans le ciel de Syrte et des troupes du CNT qui l'encerclaient, il n'avait pratiquement aucune chance d'en sortir indemne.
Et dans une telle situation où tout est perdu, le courage ne laisse jamais indifférent, quelque soit la valeur ou la réputation de l'homme qui en fait preuve.
Aussi, je ne peux m'empêcher de réprouver sincèrement les images d'extrême violence que nous avons visionnées dans les médias et qui montrent un homme seul face au déferlement de haine d'une foule de sauvages dont les individus, prononçant le nom d'allah, se sont non seulement déshonorés par leur acte indigne mais ont discrédité gravement le gouvernement en place, le CNT.
Si j'ai ardemment appelé de mes vœux la chute de Kadhafi, en aucune manière je n'aurais souhaité l'exécution sommaire d'un homme prisonnier, blessé de surcroît, et qui ne menaçait plus personne.
Ce qui s'est passé dans les faubourgs de Syrte va à l'encontre des principes élémentaires de justice qui font que, même si la peine de mort aurait sans doute été requise par les juges libyens pour les atrocités commises, à partir de l'instant où Kadhafi a été capturé vivant, seul un procès pouvait décider de son sort.
Mais quoi qu'il en soit, aussi paradoxal que cela puisse paraître, hier soir devant ma télévision,  pendant quelques minutes, j'ai mis de côté mes convictions les plus solides.
J'ai ouvert une bouteille de champagne et j'ai pensé à mes amis disparus dans l'explosion du vol UT772 d'Uta, un certain 19 septembre 1989.
Avec émotion, je me suis remémoré un passé fait de rires, de plaisanteries et d'instants de vie inoubliables.
J'ai levé ma coupe pleine et après 22 années d'attente, sans le moindre remord, les yeux humides, je n'ai pu m'empêcher de crier : 
JUSTICE EST FAITE !!
Que voulez-vous, même votre serviteur a ses faiblesses !

jeudi 13 octobre 2011

Mayotte, ce petit coin de France qui se rebelle contre la vie chère


Mayotte, petite île de l'archipel des Comores  composée de 190 000 habitants environ, située entre Madagascar et le Mozambique, département français depuis le 31 mars 2011, est agitée depuis quelques semaines par un grand mouvement social, contre la vie chère.
Les grèves et les nombreux barrages érigés sur les principaux axes routiers par les manifestants, paralysent en partie l'île et risquent de se transformer en mouvement d'insurrection dont les conséquences pourraient s'avérer dramatiques si aucun compromis n'était trouvé dans les jours à venir.
En effet, les heurts violents entre les contestataires et les forces de l'ordre laissent présager un drame inéluctable si le calme ne revient pas dans les plus brefs délais.
Sous la pression des manifestants, les commerces sont fermés et par mesure de sécurité, les administrations et les banques gardent leurs portes closes ou n'ouvrent que très partiellement.
Peu à peu, la pénurie s'installe et la nourriture commence à manquer.
Alors que des rumeurs de coupures générales volontaires d'eau et d'électricité se font de plus en plus persistantes, que le carburant est devenu rare, la vie déjà compliquée des mahorais risque de se transformer en enfer quotidien.
Et malgré le fait que la tension semble actuellement légèrement retombée, le climat demeure explosif, tout pouvant dégénérer au moindre incident anodin.
Les raisons de la colère mahoraise sont pourtant simples et compréhensibles :
Les entreprises de la grande distribution, qui règnent en maitres absolus sur  le commerce de l'alimentation locale, appliquent des prix de plus en plus insupportables pour la population.
Cette dernière, excédée par le coût élevé de la vie, à l'initiative de la CGT de la CFDT et de certaines associations de consommateurs, réclame une baisse de prix sur une dizaine de produits de première nécessité tel que le lait, le riz, la viande et surtout les ailes de poulet rôti, le plat favoris des mahorais.
Il peut effectivement paraitre incompréhensible, pour ne donner qu'un seul exemple parmi tant d'autres, que sur l'île de la Réunion, éloignée de 1 500 km, le prix de 12 yaourts soit fixé à 2.50 euros alors que pour ce même tarif il n'est possible d'en acheter que 4 à Mayotte.
On peut difficilement comprendre pourquoi Mayotte demeure le département d'outre-mer où le coût de la vie est le plus élevé alors que le niveau de vie est le plus bas.
Certains argumenteront que Mayotte doit importer de nombreux produits alimentaires qui, par conséquent, sont taxés, qu'il n'y a pas de vols directs entre la métropole et l'île et que , de ce fait, cette importation, qui transite par la Réunion, est inévitablement onéreuse.
Si cet argument peut être concevable, il se discute car une telle différence de prix entre la Réunion et Mayotte demeure injustifiable.
Et le mouvement social, actuellement en cours, paraît donc totalement légitime tant les prix sont devenus rédhibitoires par rapport aux revenus de la population.
Pour l'instant, aucun accord n'a été trouvé avec les autorités locales pour mettre un terme aux dérives d'une grande distribution qui, sans nul doute, a dépassé la mesure du tolérable.
Les mahorais qui se sentent de plus en plus considérés par la métropole comme des citoyens de seconde zone, entendent bien défendre leur droit le plus élémentaire qui est celui de pouvoir se nourrir décemment.
Il serait assurément difficile de ne pas soutenir les revendications de la population dont le bien fondé est incontestable.
Et malheureusement, dans ce cas précis, il n'y a que dans la grève et dans les manifestations que les gens ont la possibilité de se faire entendre pour interpeler les représentants de l'état et obliger certains commerçants rapaces à lâcher du lest.
Mais les mahorais, doivent cependant prendre garde à ne pas se laisser manipuler par certains syndicalistes qui seraient plus motivés par la perspective de créer du désordre, à quelques mois des élections présidentielles, que par les justes revendications de la population locale.
Ils ne doivent pas non plus se laisser déborder par une racaille locale minoritaire, plus encline à piller les magasins, à racketter et à pousser les forces de l'ordre à commettre des bavures, qu'à s'inquiéter réellement des conséquence de la vie chère.
Il convient donc pour les mahorais de demeurer extrêmement prudents dans les mouvements de foule où sévissent des agitateurs dont les objectifs principaux sont de mettre le feu aux poudres pour  profiter des évènements.
Et lorsqu'on observe des jeunes entre 10 et 15 ans lancer des cailloux sur les forces de l'ordre, on  peut s'interroger sur le degré exact de la manipulation dont fait l'objet une partie de la jeunesse mahoraise.
On ne peut donc s'étonner par la suite, tout en le réprouvant, qu'un petit garçon ait malheureusement perdu un œil dans un accrochage avec les forces de l'ordre, si ce n'est de se poser la question sur les raisons de sa présence au milieu de manifestants qui tentaient d'encercler une poignée de policiers.
Dans ce conflit social, il est stupéfiant de constater le silence assourdissant du gouvernement qui semble adopter la politique de l'autruche ou se conformer au fameux adage : "Le chien aboie, la caravane passe"
Je ne doute pas que le premier ministre François Fillon entretienne un contact permanent avec le préfet de Mayotte mais l'absence de réaction officielle de l'état me paraît somme toute troublante et inexplicable, confinant d'ailleurs au mépris et à la faute professionnelle lourde.
Et les médias français se sont pas en reste en matière d'indifférence puisque les divers journaux télévisés n'évoquent que très peu les évènements qui se déroulent à Mayotte.
Même RFI, la prétendue radio de l'Afrique, ne donne que des informations parcellaires sur la situation locale.
Sans doute que les uns et les autres attendent le premier mort avant de s'intéresser de plus près à un conflit qui, visiblement, semble trop éloigné de la métropole pour susciter de l'intérêt.
Quant aux comoriens de Moutsamoudou, de Fomboni et de Moroni, sur les trois îles sœurs indépendantes, j'imagine qu'ils hallucinent certainement en observant leurs frères mahorais se rebeller contre la vie chère, alors qu'ils sont confrontés eux-mêmes à un profond dénuement sans aucun espoir d'avenir meilleur.
Aussi, les manifestations contre la vie chère s'ajoutant désormais aux ingérables et insolutionnables problèmes de l'immigration clandestine en provenance des Comores, Mayotte risque de devenir une épine très douloureuse dans le pied de la métropole si ce climat malsain perdure encore.
Mais il serait hypocrite de le nier,  pour la France, Mayotte représente depuis longtemps un boulet qui ne rapporte strictement rien sinon des ennuis en perspective.
En 1975, le gouvernement de l'époque, au cours du référendum pour plébisciter l'indépendance de l'archipel, a été décontenancé par le choix des mahorais de maintenir leur île au sein de la République française.
Et le nouveau référendum organisé en 1976, qui a confirmé massivement ce choix, n'a pas laissé d'autre alternative à l'hexagone que de garder Mayotte dans son giron administratif sans savoir véritablement quoi en faire.
Et même si aujourd'hui Mayotte peut être considérée comme privilégiée par rapport aux Comores indépendantes, lorsqu'on compare son niveau de développement à celui de l'île de la Réunion, on a l'impression que les deux départements ne vivent pas dans la même décennie.
Il faut bien-sûr reconnaître que la métropole subvient financièrement à une grande partie des besoins majeurs de l'île car dans le cas contraire la misère serait totale à Mayotte mais il reste encore beaucoup à faire dans le domaine économique et social pour hisser ce nouveau département d'outre-mer au niveau de la Réunion.
Mais quoi qu'il en soit, rien ne justifie que les hommes politiques de la métropole, et le gouvernement en particulier, se désintéressent de ce nouveau département qui, par son statut, doit impérativement bénéficier des mêmes attentions que n'importe quel autre département français.
Si l'île de Mayotte est devenue un département d'outre-mer, c'est aussi parce que la France n'a pas souhaité le contraire.
Il lui appartient donc de prendre ses responsabilités en intervenant directement dans un conflit que l'état doit résoudre en arbitrant avec justesse, honnêteté et impartialité.
Cela dit, la tension qui sévit actuellement à Mayotte, quel qu'en soit le bien fondé, me rappelle que j'ai toujours été opposé à l'appartenance de l'île à la France dès lors que les trois autres îles de l'archipel des Comores se sont prononcées pour l'indépendance en 1975, contrairement à Mayotte.
J'ai donc toujours pensé que les revendications régulières des divers "monarques polichinelles" de l'Union des Comores pour que l'île de Mayotte soit rattachée à leur pays, étaient on ne peut plus légitimes.
Il y a tout de même une certaine forme d'incongruité à voir ce petit archipel coupé en deux parties, l'une comorienne, l'autre française.
Une anomalie de l'histoire aura séparé et éloigné définitivement un même peuple.
Car on peut retourner le problème dans tous les sens, à Mayotte comme aux Comores, il n'y a que des Comoriens, au même titre qu'il n'y avait que des allemands des 2 côtés du mur de Berlin.
Il est donc assez affligeant de constater que les mahorais, certes logiquement exaspérés par l'immigration comorienne, oublient qu'ils sont avant tout, eux aussi, des comoriens, souvent originaires des iles d'Anjouan et des Grandes Comores.
Les mahorais possèdent la même religion, la même langue et les mêmes coutumes que les comoriens et l'appartenance de Mayotte à la France ne pourra jamais changer cette réalité.
Je regrette donc cette situation de séparation car géographiquement elle est absurde mais aussi parce que je reste convaincu que "l'amour" des mahorais pour la France est bien plus dicté par les besoins de l'estomac que par un quelconque sentiment patriotique envers la métropole.
Il suffit d'observer dans quel état économique déplorable se trouvent les Comores, dont la population misérable tente chaque jour d'émigrer sur l'ile sœur de Mayotte au péril de sa vie, pour comprendre l'extrême motivation des mahorais à rester français à tout prix, même si beaucoup d'entre eux maitrisent encore bien mal la langue de Molière et n'entendent rien à l'histoire de leur pays...la France.
Mais comment agirions-nous à leur place ?
Poser cette question, c'est déjà y répondre.
Et vu sous cet angle, nous sommes tous des mahorais !

lundi 10 octobre 2011

Lorsque les primaires socialistes donnent une leçon de démocratie

 

Le premier tour des primaires socialistes s’étant achevé avec les résultats que nous connaissons, ma toute première impression est qu’il est fort probable qu’il aura précipité dans un gouffre sans fond les ambitions politiques de Ségolène Royale.
Ses larmes émouvantes, touchantes, après sa lourde défaite, ont mis à nu l’immense et légitime déception d'une femme dont l’heure de gloire restera sans doute à jamais gravée dans le rôle majeur qu’elle a tenu chez les socialistes lors des élections présidentielles de 2007.
Cela dit, il ne m'a jamais semblé qu'elle ait jamais eu les épaules assez solides pour lutter contre une bête politique comme Nicolas Sarkozy et encore moins pour devenir chef de l’état.
Quant à Arnaud Montebourg dont les 17% de voix obtenues le rendent  incontournable pour le second tour, son rôle de futur "faiseur de roi" va attirer les convoitise des deux finalistes que sont François Hollande et Martine Aubry.
Mais au-delà des clivages droite-gauche, des ambitions politiques des uns et des autres, l’organisation de ces primaires socialistes, quelque soit le vainqueur final, aura tout de même démontré la bonne santé de la démocratie en France.
Je n’ai encore jamais voté pour un candidat ou un président socialiste, les accointances douteuses avec le parti communiste, même actuellement plus que moribond, ayant toujours constitué pour moi un rejet radical et viscéral, mais je dois reconnaitre que ces primaires inédites sont une réussite et  imposent à la droite de tirer des leçons le plus rapidement possible.
Je pense particulièrement à la nécessité de réunir pour la droite tout son électorat dès le premier tour des prochaines présidentielles et d'œuvrer pour dissuader les habituels votes de défiance dont le FN tire toujours avantage.
En effet,  l'expérience malheureuse de Lionel Jospin en avril 2002 doit toujours demeurer dans les esprits.
Quant au secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, en ne retenant du premier tour de ces primaires  que seuls quatre français sur cent ont participé, sa mauvaise foi et son manque d'humilité m'ont semblé affligeantes et son état d'esprit m'est apparu particulièrement indigent.
La droite ferait une énorme erreur en sous-estimant la portée de ce scrutin où les 2 millions et demi de gens qui ont voté représentent environ 6% de la totalité des électeurs français inscrits sur les listes électorales.
Monsieur Copé, trop souvent arrogant, devrait mieux s’instruire de l’histoire politique américaine où les primaires, depuis longtemps intégrées dans le paysage politique local,  ne mobilisent en moyenne que 8% des inscrits sur les listes électorales.
Est-il nécessaire de rappeler le triomphe de monsieur Obama, issu lui-même de ces primaires américaines ?
Certes, il est de bonne guerre pour la droite de tenter de minimiser la portée des primaires socialistes et de  feindre d'ignorer la leçon démocratique infligée, mais ce n’est pas en tentant de tromper les futurs électeurs sur la réalité politique actuelle qu’elle parviendra à maintenir Nicolas Sarkozy à la présidence du pays.
J’aurais véritablement préféré que Jean-François Copé, décidément bien antipathique, reconnaisse humblement que les primaires socialistes étaient au moins un relatif succès et qu’il appartenait désormais à la droite d’en tirer des leçons en vue des élections présidentielles de 2012.
Mais nous n’avons rien entendu de la sorte sinon des propos navrants qui indiquent en fait surtout le désarroi dans lequel se trouve l’ensemble de la droite à 6 mois des présidentielles.
Que cela plaise ou non, au mois d’avril prochain, Nicolas Sarkozy aura en face de lui un candidat socialiste porté par un électorat puissant dont il n’aurait aucune chance de résister si les présidentielles se déroulaient aujourd'hui.
Il n’est pas possible que monsieur Copé, malgré sa suffisance, ne se rende pas compte de ce qui se passe actuellement dans le monde politique français.
Cet homme ne peut pas être stupide au point de s'affubler volontairement d'œillères !!
Aussi, si je ne voterai pas pour un homme ou une femme de gauche en avril prochain, je pense tout de même que l’alternance en matière politique est aussi une preuve de la bonne santé démocratique d’une nation.
Me situant avant tout comme un simple républicain et n’ayant pas de sensibilité politique particulière pour tel ou tel parti, une victoire socialiste en avril prochain, si elle me décevrait de par la qualité de l'homme ou de la femme qui serait élu, ne constituerait pas une catastrophe.
En effet, il ne serait pas inintéressant d’observer la manière dont les socialistes se débrouilleraient pour gérer la crise économique et quelle politique ils adopteraient pour tenter d’enrailler les maux de la France alors qu’ils ont passé leur temps à décrier systématiquement toutes les initiatives de Nicolas Sarkozy qui, force est de le reconnaître, n’étaient pas toujours bien avisées.
En se retrouvant de l’autre côté de la barrière, la donne serait différente et ce n’est pas sans déplaisir que j’observerais la gauche se débattre à son tour dans les méandres d'une crise économique mondiale dont on ne voit pas la fin mais dont, je l'espère pour la France, elle finira par s’atténuer, quelque soit l'homme, la femme et le gouvernement au pouvoir.
Dans moins d'une semaine, nous saurons donc qui croisera le fer avec monsieur Sarkozy et la tendance de l'opinion publique étant ce qu'elle est actuellement, il est probable que c'est le prochain président de la République française que nous découvrirons alors.
Malheureusement pour la France, dans la perspective d'une victoire présidentielle de la gauche, l'absence de Dsk se fera durement ressentir, même si actuellement, elle redonne une toute petite chance à Nicolas Sarkozy de se maintenir au pouvoir.
Je fais allusion à l'homme politique et économique qu'est Dsk, à ses grandes compétences professionnelles indubitables et incontestées et non pas à l'individu pitoyable qui tente de culbuter les femmes qu'il rencontre.
Cet homme là, le professionnel au sens le plus noble du terme, était une grande chance pour la France.
Il avait une réelle stature de chef d'état contrairement à François Hollande ou à Martine Aubry qui ne m'ont toujours pas convaincu quant à l'éventuel exercice d'une telle fonction, loin de là.
Et si Jean-François Copé n'a pas conscience qu'une étape extrêmement importante de la vie politique  française sera franchie dimanche prochain, il vaut mieux pour la droite qu'il se consacre à la cueillette des roses pendant les 6 mois à venir, car leur odeur risque fortement de se retrouver dans l'air du temps pour quelques longues années.

lundi 19 septembre 2011

DSK : Les confessions maitrisées d’une interview calibrée sur mesure



J’ai été quelque peu déçu par l’intervention télévisée et tant attendue de Dsk qui, s’il a reconnu une faute morale de sa part dans l’affaire Nafissatou Diallo, n’a tout de même donné aucune explication sur ce qui s’est réellement passé dans cette fameuse suite du Sofitel.
Je ne m’attendais pas à ce qu’il nous communique des détails crus ou sordides sur sa relation consentie ou forcée avec cette femme de chambre mais j’aurais souhaité qu’il nous apporte quelques précisions sur les circonstances qui ont fait qu’il s’est retrouvé seul avec Nafissatou Diallo dans sa suite et sur le moment précis où les évènements se sont emballés pour lui échapper totalement.
Je crois également que le fait d’être interviewé par Claire Chazal, une amie proche de son épouse Anne Sinclair, a somme toute considérablement dénaturé un entretien trop policé et donc sans saveur.
A aucun moment, la présentatrice du journal de TF1 n’a cherché à pousser Dsk dans ses derniers retranchements et ses questions peu incisives ont démontré une certaine connivence dans la conduite du débat où le manque de spontanéité des protagonistes m’est apparu flagrant.
J’ai souvent ressenti cette désagréable impression que tout semblait convenu d’avance, comme préfabriqué, et que Dsk avait surement beaucoup répété les mots, les phrases et même les geste avant de se présenter sur le plateau de TF1.
Tout paraissait impeccablement orchestré, comme si nous assistions à une pièce de théâtre.
Aussi, Dsk au cours de son interview, s’est trop souvent appuyé, comme un prête sur sa bible, sur la copie du rapport officiel du procureur américain qui, soi-disant, l’innocentait de toutes les charges qui pesaient contre lui.
En réalité, ce rapport ne le dédouane pas explicitement des accusations formulées à son encontre mais évoque plutôt l’absence de preuves formelles quant au viol, et surtout la présence de doutes alimentés par les mensonges et les contradictions de Nafissatou Diallo.
Dsk a bénéficié d'une sorte de non lieu parce que la bonne moralité de son accusatrice a été remise en question mais cela ne fait pas de lui un innocent, contrairement à ce qu'il a tenté de nous faire croire.

Ceci dit, il fallait tout de même un certain courage pour s’exprimer devant des millions de français après les accusations graves portées contre lui et je conçois que l’exercice, bien qu'obligatoire, eu égard à sa notoriété, était difficile et certainement très éprouvant pour les nerfs.
D’où, probablement, le choix d'une Claire Chazal complaisante pour diriger un débat qui se voulait apaisé et la nécessité de régler, comme du papier à musique, tous les éléments de l'interview afin d’éviter des balbutiements ou des réponses inappropriées, qui risquaient d'engendrer des interprétations erronées de la part de l'opinion publique.

Mais si Dsk a regretté le mal qu’il a fait à sa femme, à ses enfants et à ses amis, j’ai trouvé choquant qu’il n’ait pas formulé la moindre excuse auprès des français.
Sa conduite pour le moins douteuse et plus que tendancieuse, qui lui a valu de se retrouver dans une situation judiciaire périlleuse, aura sonné le glas de ses ambitions  présidentielles en 2012.
Et à cet effet, il a plongé des millions de gens, qui croyaient fortement en lui, dans une sorte de désœuvrement politique où le doute et l’incompréhension ont soudainement remplacé l’espoir.
Plus grave encore, comme je l'ai déjà indiqué dans un précédent article, au regard de ses hautes responsabilités au sein du FMI, son comportement aura sévèrement porté atteinte à l'honneur de son pays, la France, qui a été profondément humiliée.
Le rendez-vous manqué de Dsk, avec ses éventuels nombreux partisans en 2012 et le déshonneur qu'il a infligé à son pays, méritaient incontestablement un mea-culpa particulier qui aurait dû obligatoirement se traduire par de plates excuses auprès des français.
L'opinion publique est toujours sensible au repentir, surtout s’il s'adresse spécialement à elle et à la nation.
Le scénario mis au point par ses conseillers en communication ne prévoyait donc pas ce genre d’attention qui aurait apporté une certaine forme de panache à un homme dont la sincérité des paroles ne m'a pas foncièrement convaincu.
Dsk semble avoir oublié que son addiction aux femmes a changé la donne politique de la France et que le candidat qui sera élu en mai 2012 aura certainement profité de son goût immodéré et indécent pour la gent féminine.
Et en se référant aux sondages qui le plébiscitaient avant ses frasques américaines, je serais tenté de dire que le prochain président de la République, à défaut d'avoir été mal élu, sera un président de circonstances, peut-être choisi par dépit.
Car, quelque soit le mérite du prochain vainqueur des futures présidentielles, une sordide "histoire de fesses" lui aura considérablement facilité la tâche.
Etant persuadé que Dsk possède réellement la stature d'un chef d'état, même si je ne lui aurais pas forcément donné mon suffrage,  j'éprouve un grand sentiment de gâchis.
Les hautes compétences d'un tel homme, au service de la France, se seraient avérées fondamentales dans la lutte contre cette impitoyable crise économique appelée à durer.

mardi 13 septembre 2011

Robert Bourgi : Le déballage affligeant d'un bouffon éconduit


Les déclarations de Robert Bourgi, sur les valises d'argent qu'il aurait livrées à Jacques Chirac, Dominique  Villepin, voire Jean-Marie Le Pen, mettent en pleine lumière le financement occulte de la vie politique française et le côté obscur de cette fameuse françafrique au marigot décidément bien nauséabond.
Les accusations à l’emporte-pièce de cet homme de l'ombre, qui se dit  porteur de valises de la république et qui reconnait n’avoir strictement aucune preuve de ce qu’il avance, n’ont certainement pas pour but, comme il l’affirme sans aucune honte, de soulager sa conscience et de vouloir une France propre.
Un personnage comme Robert Bourgi n’a pas plus de conscience que les divers hommes politiques qu’il a servis pendant de nombreuses années et se fiche royalement de l'état de propreté de la France,
Ce barbouze en costume cravate, avocat à ses heures perdues, ne fera jamais croire, que sous l'apparat d'une Jeanne d’Arc des temps modernes, une révélation divine lui a commandé de faire le ménage dans le monde politique français en étalant les immondices de la république sur la voie publique.
On peut s'interroger sur les raisons de ce déballage infect qui donne une image épouvantable de la politique telle qu’elle est pratiquée en France mais surtout de la morale des politiciens qui s'évertuent à jouer les vierges effarouchées chaque fois qu’une accusation les montre du doigt mais qui se comportent en fait comme de véritables « petites frappes » sans scrupules.
Jacques Chirac, Dominique Villepin et Jean Marie Le Pen  sont donc les premières « victimes » des accusations  fracassantes d’un homme au repentir bien trop tardif pour être honnête, qui aura servi pendant 25 ans les intérêts d’une république de coquins et d’escrocs.
Certes, le fait que des roitelets africains aient financé les campagnes électorales de certains hommes politiques français à coups de valises remplies d'argent n’est pas réellement un scoop au sens le plus noble du terme.
Des rumeurs persistantes indiquaient depuis longtemps que certains chefs d'état d’Afrique excellaient dans cette pratique depuis plusieurs décennies en agissant discrètement dans l’arrière-cour marécageuse de la françafrique.
Mais jusque là, personne n’avait osé porter des accusassions publiques nominatives et la bombe qui vient d’exploser, un 11 septembre s’il vous plait, cela ne s'invente pas, risque de produire des dégâts collatéraux  dont certains hommes politiques, et non des moindres, auront peut-être grand mal à se relever.
En effet, ces dénonciations en appellent sans doute d’autres car les langues vont peut-être désormais se délier et nous ne sommes pas au bout de nos surprises quant aux prochaines allégations qui viendront certainement poindre à l'horizon, dans les jours et les semaines à venir.
La gravité et la précision des accusations vont certainement amener l’ouverture d’une enquête de justice même si celle-ci a très peu de chance d’aboutir, par manque de preuves et du fait de la prescription de certaines actions.
Monsieur Bourgi, qui a certainement profité très largement du système et qui a décidé de
« passer à table » après tant d’années, ne met en cause que les sieurs Chirac, Villepin et Le Pen alors que c’est sans doute toute la classe politique française, de droite comme de gauche, qui a bénéficié de la générosité des présidents africains.
Une possible vengeance de celui qu'on appelle le « bouffon éconduit », pour avoir été écarté des sphères du pouvoir à une certaine époque et qui s'en est senti humilié,  me parait plus que probable.
Le problème pour cet homme à l'influence certaine, qui a une connaissance très poussée des méthodes de la françafrique et qui se dit très proche de Nicolas Sarkozy, est que ses révélations soudaines, par ricochet, risquent de mettre directement en cause son propre ami président qui n’est sans doute pas tout blanc dans cette histoire de versements d'argent.
En effet, peut-on croire sérieusement que Monsieur Sarkozy n’aurait pas suivi l’exemple de ses prédécesseurs en acceptant lui aussi quelques valises bien remplies pour financer sa dernière campagne présidentielle ? 
Et dans cette république bananière qu'est devenue la France, à travers les accusations de Robert Bourgi, ce sont les principes même de la démocratie qui sont remis en cause.
Aussi, sans préjuger de ce qu'il adviendra des soupçons qui pèsent lourdement sur la classe politique française, on s'explique on ne peut mieux désormais les complaisances coupables de nos dirigeants envers certains régimes africains, champions du viol caractérisé des droits de l'homme, de la tricherie électorale flagrante et des biens mal acquis.
Entre racailles, quelque soit la couleur de peau, la nationalité, la solidarité reste de rigueur et on se comprend toujours !
Il faut espérer que les dénonciations aux motivations douteuses de ce Monsieur Bourgi servent au moins à éradiquer définitivement des procédés mafieux qui portent atteinte à l'intégrité de toute une nation.
La France va devoir balayer fermement devant sa porte avant de jouer de nouveau les éternelles donneuses de leçons aux quatre coins d’un monde qui, actuellement, doit se pouffer de rire.
Quant à ceux qui là-bas en Afrique fustigent, à juste titre, les hommes politiques français pour leur cupidité honteuse alors que le continent a encore tant besoin d'argent pour se développer, qu'ils n'oublient que pour danser le tango, il faut être deux.
On ne peut pas critiquer le corrompu sans demander des comptes au corrupteur.